12 Septembre 1642, Lyon


12 SEPTEMBRE 1642

Henri de CINQ MARS et François-Auguste de THOU

sont exécutés Place des Terreaux à LYON

Henri COIFFIER DE RUZE D’EFFIAT 

Marquis de CINQ MARS

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Présenté par Richelieu au Roi LOUIS XIII, Henri COIFFIER DE RUZÉ D’EFFIAT MARQUIS DE CINQ-MARS, âgé de 19 ans à beaucoup de fougue, d’esprit, et d’humour et sait plaire au Roi, il en devient le favori et obtient la charge de « Grand Ecuyer de France », titre des plus honorifiques. Se croyant plus fort que RICHELIEU, il pense pouvoir le supplanter et envisage d’épouser, Marie de Gonzague-Nevers, princesse de Mantoue, qui était une des plus riches fortunes du royaume et d’un rang social bien supérieur au sien.

Richelieu ayant refusé ce mariage, il en tient rigueur au Cardinal et se lie à ses ennemis dont Gaston d’Orléans, le frère de louis XIII, la reine mère, François de Thou, son ami et jeune conseiller au Parlement, Louis d’Astarac, marquis de Fontrailles, et le Duc de Bouillon,  pour fomenter un complot contre le Cardinal.

Richelieu du fait de sa politique n’était pas populaire, les impôts augmentaient en raison des guerres menées pour asseoir le pouvoir royal et restaurer la puissance de la France vis-à-vis des maisons des Habsbourg d’Espagne et d’Autriche.

Ils préparent donc un traité avec l’Espagne, le Roi Philippe IV en guerre avec la France depuis le 19 mai 1635, devant fournir fantassins, cavaliers, et 400 000 écus pour payer une armée levée en France et une garnison à Sedan. La Paix signée par Gaston d’Orléans, la France restituerait toutes les villes prises. Le Roi verserait une pensions annuelle de 120 000 écus à Gaston d’Orléans, et 40  000 écus à Cinq Mars.

« On déclare unanimement qu’on ne prend en ceci aucune chose contre le Roi Très Chrétien et au préjudice de ses États, ni contre les droits et autorités de la reine Très Chrétienne régnante, mais au contraire on aura soin de les maintenir en tout ce qui lui appartient». La conspiration était bien dirigée contre Richelieu et non contre le Roi ou la Reine.

Le traité est signé le 13.03.1642 grâce au marquis de Fontrailles.

Cinq Mars va essayer de nombreuses fois de suggérer au roi d’écarter Richelieu du pouvoir, et même de l’éliminer.

Le favori, lui suggéra :

La voie la plus courte et la plus rapide est de le faire assassiner quand il viendra dans l’appartement de Votre Majesté où les gardes du Cardinal n’entrent pas ! Interloqué le roi resta silencieux puis répondit : – Il est cardinal et prêtre, je serai excommunié

Le Roi écoutait d’une oreille, mais gardait toute sa confiance au Cardinal de RICHELIEU.

Par lettre, Louis XIII assurait toujours à son ministre le même attachement : «Quelque faux bruit qu’on fasse courir, je vous aime plus que jamais. Il y a trop longtemps que nous sommes ensemble pour être jamais séparés».

Le Roi prit le chemin du Roussillon pour mettre le siège devant Perpignan.

Ils cherchèrent à mettre leur projet à exécution à Lyon où la Cour s’arrêta le 17.02.1642, mais Richelieu ne se présenta pas seul devant le roi mais accompagné de son capitaine des gardes. Il ne se passa rien ce jour là. L’attentat fut manqué.

Arrivé à Narbonne, Richelieu tomba malade, le roi continua seul jusqu’à Perpignan

Le 11 Juin 1642, RICHELIEU reçut une copie du traité félon, certainement « offert » par la Reine Anne d’Autriche, pour se mettre bien avec le Roi et son ministre, les sachant malades tous les deux, et pensant à une régence possible.

N’étant pas en très bon terme avec son époux, du fait de son intelligence avec l’ennemi, il l’avait plusieurs fois menacée de la séparer de ses enfants. Elle montrait ainsi ses bons sentiments en dénonçant les conjurés.

Le roi eut du mal à croire que son favori était impliqué dans cette intrigue, mais il signa  leur arrestation.

Francois-Auguste de Thou

François-Auguste de THOU

Le 12 Juin François-Auguste de THOU fut arrêté à Narbonne, M. de BOUILLON en Italie, ils furent transféré en carrosse, avec 600 gardes, jusqu’au château de Pierre-Scize, transformé en prison d’état.

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Le 7 juillet, Gaston d’Orléans fut obligé d’avouer par lettre à Richelieu, sa participation au complot, et la reconnaissance du traité qu’il authentifia et demanda clémence à son frère qui lui fit savoir que :

«  Pour mon frère, s’il me découvre tout ce qu’il a fait sans réserve, il recevra les effets de ma bonté, comme il en a reçu plusieurs fois par le passé « .

De Thou remonta le Rhône avec le Cardinal RICHELIEU, dans 2 barques, dont une pour le Cardinal avec ses armoiries,  ils arrivèrent à Lyon le 11.09.1642, lieu choisi du procès.

Le soir même, les 2 amis se trouvent réunis pour un semblant de procès, ou Cinq Mars essaie d’innocenter son ami, car celui n’avait pas conspiré, mais seulement refusé d’être le délateur de son ami, en ne révélant pas le complot ourdi,  mais les 2 hommes sont condamnés à mort dans les 24 heures. A l’unanimité pour Cinq Mars, et François-Auguste de THOU par douze voix contre deux.

Cinq-Mars et de Thou sont donc arrêtés et condamnés à la peine capitale pour trahison.

Un échafaud est placé sur la Place des Terreaux en face de l’Hôtel de Ville, le bourreau venant de mourir, on offrit une prime à celui qui  remplirait les fonctions.

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Le 12 septembre 1642 , en fin d’après-midi, furent menés vers le lieu du supplice,

Cinq Mars vêtu de manière élégante avec un chapeau : « Il revêtit un habit de drap brun couvert de larges dentelles d’or, des chausses de soie verte liées par un ruban blanc, son vaste manteau écarlate à gros boutons d’argent, un chapeau noir dont l’aile était relevée à la catalane » et De Thou tout de noir vêtu, furent assistés par des aumôniers, dont le Père Malavalette, à qui Cinq Mars remis ses habits, une boite portant le portrait d’une femme et quelques diamants, demandant au prêtre de brûler l’ensemble et de vendre le reste pour le donner aux pauvres.

Cinq Mars passe le premier sur l’échafaud et sa tête tombe, il a 22 ans.

Pour François-Auguste de Thou, le bourreau novice s’y prit mal et ne finit sa tâche qu’au 7ème coup, un vrai supplice, la foule d’ailleurs était outré et sans la présence de la troupe, elle aurait massacré le bourreau. Il était âgé de 35 ans.

La conjuration prit fin ce jour là. Les Chefs véritables étaient pourtant : le Duc d’Orléans  : Gaston, le frère du roi, qui bénéficie d’une mesure de clémence,  dénonce ses complices : le Duc de Bouillon  et le Comte de Soisson (mort à la bataille de Sedan)

Cinq Mars fut enseveli à l’Eglise des Feuillants où son frère lui fit construire une chapelle. (Le couvent a disparu ainsi que les restes de Cinq-Mars)

Le corps de François-Auguste de Thou fut déposé aux Carmélites, son cœur envoyé à Paris, pour qu’il soit enseveli dans le tombeau des ses aïeux son père Jacques Auguste et son grand père Christophe de THOU en l’Eglise Saint André des Arts. (détruite en 1822)

La mère d’Henri de Cinq Mars la maréchale d’EFFIAT, fut exilée en Touraine.

En même temps que la mort des conjurés, Richelieu  apprenait que Perpignan avait capitulé le 9.09.1642 ;

Il lui restait cependant moins de 3 mois à vivre, puisqu’il mourut le 4 décembre 1642.

Louis XIII  décéda le 20 Avril 1643 au Château de Saint Germain en Laye, désignant sa femme Anne d’Autriche comme régente du futur Louis XIV.

Ancien couvent des Feuillants, grande rue des Feuillants. Les Feuillants se sont installés  en 1619, et ont été chassés à la révolution. L’ensemble actuel des bâtiments  ont été édifiés de 1662 à 1664 par l’architecte Perret et le maçon Girardon.

En 1740, les Feuillants vendent la partie des terrains qui donnent sur la rue pour faire construire des logements. Ceux ci sont toujours en place, coté ouest et ont fait l’objet d’une importante rénovation en 2005. La rue a été ouverte en 1749, le long du monastère. Le n°6 contient une traboule menant à la rue de Thou. Le coté est de cette dernière rue est constitué du dos des immeubles lotis en 1740. Depuis la montée saint-Sébastien voisine, on peut voir le toit  qui marque le couvent.

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CHATEAU DE PIERRE-SCIZE 

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La forteresse de Pierre-Scize, édifiée vers 1010 par l’archevêque de Lyon, était à l’origine un château fort destiné à la défense nord-ouest de la ville et situé au-dessus de l’actuel quai Pierre-Scize bordant la Saône (son nom signifie «pierre sciée ou entaillée»).

Suivant la légende, à l’époque romaine,  le rocher sur lequel a été édifié le château s’avançait jusqu’au milieu de la Sâone formant un tout avec le rocher de l’aigle où se trouve le fort Saint Jean. C’est le gendre de l’empereur Auguste, Agrippa qui aurait fait couper le rocher pour la création de 4 artères pour relier la Ville aux provinces d’Occident.  D’où le nom de « petra inciza » puis « pierre encize » et pierre scize : pierre coupée,  à moins que l’origine ne soit dut tout simplement à la forme de la roche donnant l’impression qu’elle a été sciée.

D’abord demeure de l’Archevêque de Lyon, puis propriété du roi au XVème siècle, Louis XI la transforme en prison d’état, les prisonniers les plus célèbres furent :

* Duc de Nemours en 1476,

* Le Baron des Adrets en 1570,

* Le marquis de Sade en 1768.

* En 1793, les révolutionnaires détruisent l’édifice, qu’ils qualifient «d’effroi du genre humain ».

 

CHATEAU D’EFFIAT  63260 Effiat

Chateau Effiat

Depuis 1856, date de son acquisition par Léonce de MOROGES, la même famille occupe le Château  d’Effiat. Le propriétaire actuel est Hubert de MOROGES ; c’est la 5ème génération du nom. Construit au début du 17ème siècle, classé Monument Historique, il est précédé d’une cour d’honneur fermée par un portail aux armes des Effiat.

HISTORIQUE

A l’emplacement du château, se trouvait autrefois un manoir du 14ème siècle   adossé à une motte féodale (situé à gauche du château actuel quand on regarde   celui-ci depuis la perspective des jardins et du plan d’eau ; l’aile gauche   en faisait partie).

En 1557,   Gilbert COIFFIER achète le manoir. Il construit ensuite la partie centrale   actuelle avec un crépis en rectangles blancs (2ème moitié du 16ème). C’est   son petit fils, Antoine (Marquis et Maréchal d’Effiat, Surintendant des  Finances sous Louis XIII, Grand Maître de l’Artillerie, Gouverneur du   Bourbonnais et du Puy-de-Dôme et père de CINQ-MARS qui, lui, n’a jamais  participé aux destinées du château) qui agrandira et embellira Effiat à   partir des années 1620. Il hérita du château en 1610, année de son mariage   avec Marie de FOURCY et de l’apport financier de son oncle et parrain, Martin RUZÉ, pour sauver Effiat de la faillite. Quand il en devint propriétaire, il   s’aperçut que le manoir était grevé de dettes. Il pensa l’hypothéquer ou le   vendre car il était le troisième personnage du royaume après Louis XIII et   Richelieu et voulait construire un château important pour pouvoir recevoir. Son parrain, qui habitait du côté de Blois et s’occupait des mines du roi   étant très riche et sans enfant, lui légua toute sa fortune. Grâce à cet héritage,

le Maréchal d’Effiat put construire le château à l’emplacement du manoir. Militaire, il se déplaçait beaucoup et mourut de maladie en Alsace en 1632 lors d’une expédition. Sentant sa fin arriver, il fit un testament demandant à Marie de FOURCY, son épouse, de finir la maison des Oratoriens (l’église actuelle) et de réaliser l’hospice confié aux Charitains (maison de retraite actuelle). Ainsi, les  embellissements par placage en pierre de Volvic destinés à orner les façades ne seront jamais finis, comme la mise en eau des douves… Le Maréchal aurait voulu avoir de l’eau partout dans le parc. Les travaux effectués avant son décès ont seulement permis de construire la   grande pièce d’eau et celle au bas de la terrasse. Du côté du portail de   l’entrée principale, on trouve une douve sèche et des bassins préparés.

Le Maréchal voulait en construire jusqu’à la route. Du fait des sommes   engagées pour construire l’hôpital, son épouse n’a pu réaliser tous ses   souhaits. Marie de FOURCY assurera la gestion jusqu’à ce que son fils Martin   soit en âge de diriger Effiat. Ils ont eu 5 enfants (4 fils et une fille) : son   fils aîné est décédé jeune mais, ayant eu lui-même un fils, c’est ce   petit-fils du Maréchal qui a repris le château ; CINQ-MARS (Marquis Henri   COIFFIER RUZÉ, favori de Louis XIII, Grand Ecuyer de France, ) qui mourut sur   l’échafaud pour avoir conspiré contre Richelieu ; un autre fils fut Abbé de   Saint Cernin ; une fille devint Madame de la MEILLERAGE et une fille devenue   religieuse. Seul le petit fils du Maréchal d’Effiat a donc gardé le château.

Après Martin COIFFIER, se sera Antoine, son fils, qui décèdera en 1719 sans   héritier. Son cousin, Paul Jules de la PORTE gardera ce domaine trois mois puis le vendra à Louis de la Tour d’Auvergne qui le cédera à son tour à John Law en 1720. Il y restera environ 10 mois. Ses biens seront saisis après sa   faillitte et, en 1728, le château sera racheté par la famille SAMPIGNY   ISSONCOURT qui le gardera jusqu’en 1846.

C’est cette famille qui fera les trompes l’oeil en crépis pour donner   l’aspect de finition que voulait Antoine COIFFIER. Gabrielle Sidonie de   SAMPIGNY vendra cette propriété à un marchand de biens, BOUCARD, en 1846. BOUCARD n’arrivant pas à revendre ce bien suite à la révolution de 1848, tentera une vente amiable en 1853. Cette vente n’aura pas d’acheteurs et sur les conseils de l’architecte vichyssois Battillat, il commencera la démolition en transformant ce bien en carrière de pierres. Léonce de MOROGES, arrière-arrière-grand-père d’Hubert de MOROGES (propriétaire actuel) avait épousé une MANDON (famille d’Effiat très connue) quelques années avant et habitait Moulins dans l’Allier (Les MOROGES ont quitté la Bourgogne au 18ème siècle). Sur conseil de son beau-père MANDON, il vient rencontrer BOUCARD le 2 décembre 1856 et achète les restes d’Effiat. Depuis, le château est resté   dans la même famille.

La Maison des Oratoriens, école dotée d’un système de bourses devint une école militaire importante en 1776 (Desaix y fit ses études). En 1793, elle fut fermée. Napoléon voulu la réouvrir mais les propriétaires de l’époque, la famille SAMPIGNY ISSONCOURT, qui habitaient le château n’ont pas accepté car ils trouvaient que l’école était située trop près de chez eux.

L’église paroissiale était alors la chapelle de l’Ecole Militaire. Les  bâtiments abritaient la garde du Maréchal d’Effiat (à gauche en montant   l’avenue, l’Ecole Militaire étant à droite après l’église).

LE PARC

C’est un parc à l’anglaise, dessiné par André MOLLET, parrain de LE NOTRE. La terrasse de 130 mètres de long et 3 mètres de haut a été faite du temps du Maréchal par Jean LANGUILLE, de Riom, connu dans la région.

Des chênes quadri-centenaires, plantés par le Maréchal en 1624-1630, ornent   la terrasse. A la fin du 19ème siècle, leurs racines l’avaient endommagée. Celle-ci fut alors démolie, les pierres numérotées une par une, les racines coupées et un mur de glaise reconstruit afin de remettre la terrasse en   l’état initial. Sous celle-ci, des cavités abritent des sources. Le Nymphée,  situé au centre, date de la construction de la terrasse avec sa « Rocaille » illuminée (vasque, fontaine et voûte ornée   d’incrustations) à la fibre optique (unique en France par son résultat). Le grand canal a 280 mètres de long.

Quatre bornes de seigneurie délimitaient la propriété. On en a retrouvé une   seule sculptée aux armes du Maréchal.

TRAVAUX DE RESTAURATION

La toiture a été refaite par les parents du propriétaire actuel. Les communs ont été restaurés en 2002 car la tempête de 1999 les avait beaucoup abîmés.

Le parc a été entièrement refait tel qu’il était au XVIIème siècle, à   l’époque du maréchal d’Effiat, des plans ayant été retrouvés.

LES INTERIEURS

Du mobilier qui a pu être sauvé, on retrouve les époques Louis XIII, Louis   XIV et Louis XV. Il constitue une partie du mobilier du Maréchal où Richelieu a pu s’asseoir en 1629 en séjournant une dizaine de jours après avoir signé   la Paix d’Alès. Salon avec parquet à la Versailles, boiseries peintes (renaissance italienne), trumeau « forge de Vulcain » des frères Le Nain, fresques, vitraux d’époque romantique (vie de Cinq-Mars), sceau du Maréchal, fanion et souvenirs de l’école royale militaire, parchemins signés de Louis XIII et Gaston d’Orléans.

CONTACT

Monsieur Hubert de MOROGES- Château d’Effiat – 63260 Effiat
Tél. 06 08 26 98 23 – Fax, répondeur : 04 73 63 66 76

Histoire du Château et de la Famille d’EFFIAT

 

http://www.passionchateaux.com/ch_effiat.htm

En souvenir de cette épisode de l’Histoire de LYON,

Il reste une rue : la RUE DE THOU à LYON

La rue de Thou est une impasse partant de la Place Croix Paquet.

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