Le diamant rose de Louis XIV

Un diamant rose passé entre les mains de plusieurs monarques et empereurs français va être mis aux enchères, à l’occasion de la vente de haute joaillerie à Genève. Son prix devrait se situer entre 5 et 7 millions d’euros.

 

Le diamant rose est resté parmi les bijoux de la couronne pendant 225 ans. Photo AFP

Un diamant rose de 19,07 carats ayant appartenu à la royauté française, « Le Grand Mazarin », sera vendu lors de la traditionnelle vente de novembre de haute joaillerie à Genève, a indiqué ce mercredi Christie’s.

Répertorié pour la première fois parmi les biens du Cardinal Mazarin, le diamant rose est resté pendant 225 ans au sein des bijoux de la couronne, passant notamment entre les mains de l’empereur Napoléon, de Louis XVIII, de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie.

Entre 6 et 9 millions de dollars

Il a ensuite été mis aux enchères et a appartenu au célèbre joaillier français Frédéric Boucheron, puis au Baron von Derwies. Il appartient actuellement à un collectionneur privé, dont le nom n’est pas révélé.

La pierre, qui provient des mines de Golconde situées dans le sud de l’Inde, sera mise en vente le 14 novembre à Genève. Son prix devrait osciller entre 6 et 9 millions de dollars (5,1 à 7,7 millions d’euros), selon les prévisions de Christie’s.

Source : Le Dauphiné

8 Septembre

Naissance de la Vierge par Bartolome Esteban Murillo vers 1661
Musée du Louvre

 8 Septembre  : Nativité de la Vierge

Marie (en hébreu, Myriam) est la mère de Jésus-Christ. Elle a été reconnue par le concile d’Éphèse (431) comme étant vraiment la « Mère de Dieu » et occupe à ce titre une place centrale dans la foi chrétienne. Plusieurs fêtes catholiques la célèbrent, dont celle du 8 septembre  sa naissance avec pour parents, Joachim et Anne.

Depuis le VIème siècle on vénère à JERUSALEM près de la piscine de Bézatha, le lieu où serait née la Vierge Marie. C’est dans la Basilique de la Nativité-de-Marie, devenue au XIIe siècle l’église Sainte-Anne, que saint Jean de Damas a célébré le mystère de ce jour : « Venez, tous : avec allégresse fêtons la naissance de l’allégresse du monde entier ! Aujourd’hui, à partir de la nature terrestre, un ciel a été formé sur la terre. Aujourd’hui est pour le monde le commencement du salut. »

La Nativité de la sainte Vierge est mentionnée dans les homélies d’André de Crète (660-740). A Rome, on célébrait alors la dédicace de la basilique du martyr Adrien et il faudra attendre le pontificat du pape Serge I° (687-701) pour trouver une trace incontestable de la célébration de la Nativité de la sainte Vierge où le Pape, en sandales, faisait procession de la basilique Saint-Adrien à celle de Sainte-Marie-Majeure.  

C’était un 8 septembre Il y a plus de 100 ans :

 le 8 septembre 1914 : le miracle de la Marne

   

Certains historiens parlent de l’événement militaire du 8 septembre 1914 comme d’un « miracle », toujours entre guillemets, ou du « petit miracle ». Lequel « miracle » entre guillemets ils attribuent à diverses causes, mais jamais à Celle qui seule pouvait accomplir un (vrai) miracle, et qui l’a fait : la Sainte Vierge.

Le Courrier de la Manche, le 9 janvier 917, avait compilé plusieurs témoignages.

« Un prêtre allemand, blessé et fait prisonnier à la bataille de la Marne, est mort dans une ambulance française où se trouvaient des religieuses. Il leur a dit : “Comme soldat, je devrais garder le silence ; comme prêtre, je crois devoir dire ce que j’ai vu. Pendant la bataille, nous étions surpris d’être refoulés car nous étions légion comparés aux Français, et nous comptions bien arriver à Paris. Mais nous vîmes la Sainte Vierge toute habillée de blanc, avec une ceinture bleue, inclinée vers Paris… Elle nous tournait le dos et, de la main droite, semblait nous repousser.” »

Un officier allemand : « Si j’étais sur le front, je serais fusillé, car défense a été faite de raconter, sous peine de mort ce que je vais vous dire : vous avez été étonnés de notre recul si subit quand nous sommes arrivés aux portes de Paris. Nous n’avons pas pu aller plus loin,  une Vierge se tenait devant nous, les bras étendus, nous poussant chaque fois que nous avions l’ordre d’avancer. Pendant plusieurs jours nous ne savions pas si c’était une de vos saintes nationales, Geneviève ou Jeanne d’Arc. Après, nous avons compris que c’était la Sainte Vierge qui nous clouait sur place. Le 8 septembre, Elle nous repoussa avec tant de force, que tous, comme un seul homme, nous nous sommes enfuis. Ce que je vous dis, vous l’entendrez sans doute redire plus tard, car nous sommes peut-être 100.000 hommes qui l’avons vue. »

Deux officiers allemands blessés sont accompagnés par une infirmière. Entrés à l’hôpital, ils aperçoivent une statue de la Vierge de Lourdes et l’un d’eux s’écrie : « Die Frau von der Marne ! » (Oh ! La Vierge de la Marne !). Son compagnon lui désigna l’infirmière afin qu’il se taise car elle les écoutait. Elle tenta vainement de les faire parler.

Une religieuse qui soignait des blessés à Issy-les-Moulineaux :

« C’était après la bataille de la Marne. Parmi les blessés soignés à l’ambulance d’Issy, se trouvait un Allemand très grièvement atteint et jugé perdu. Grâce aux soins qui lui furent prodigués, il vécut encore plus d’un mois. Il était catholique et témoignait de grands sentiments de foi. Les infirmiers étaient tous prêtres. Il reçut les secours de la religion et ne savait comment témoigner sa gratitude. Il disait souvent : “Je voudrais faire quelque chose pour vous remercier.” Enfin, le jour où il reçut l’extrême-onction, il dit aux infirmiers : “Vous m’avez soigné avec beaucoup de charité, je veux faire quelque chose pour vous en vous racontant ce qui n’est pas à notre avantage mais qui vous fera plaisir. Je payerai ainsi un peu ma dette. Si j’étais sur le front, je serais fusillé car défense a été faite d’en parler. » Et il parla de cette visite de la Vierge qui épouvanta les soldats allemands et provoqua leur fuite.

Dans une ambulance, un soldat allemand dit à la religieuse française qui le soignait :

— Ma sœur, c’est fini, bientôt je serai mort. Je voudrais vous remercier de m’avoir si bien soigné, moi un ennemi. Alors je vais vous dire une chose qui vous fera grand plaisir. En ce moment, nous avançons beaucoup en France mais, malgré tout, à la fin c’est votre pays qui gagnera.

— Comment le savez-vous ?

 À la bataille de la Marne, nous avons vu la Sainte Vierge nous repousser. Elle vous protège contre nous. Les officiers nous ont défendu, sous peine de mort, de parler de cette vision. Mais maintenant je suis fini. Quand je serai mort vous pourrez raconter la chose, pourvu que vous ne me nommiez pas.

Témoignage d’un Allemand sur la bataille de l’Ourcq :

« Pendant plusieurs jours, toute notre division a vu devant elle, dans le ciel, une Dame blanche avec une ceinture bleue flottant et un voile blanc. Elle nous tournait le dos et nous effrayait beaucoup. Le 5 septembre 1914, nous avons reçu l’ordre d’avancer et nous avons essayé de le faire : mais la Dame a paru tellement éblouissante et nous repoussait de ses deux mains de façon si terrifiante que nous nous sommes tous enfuis. »

Témoignage d’un soldat, à Liège, après l’armistice :

« Oh ! dès le commencement de la guerre je savais bien qu’à la fin nous serions battus. Je peux bien vous dire ça car je sais bien que vous ne le répéterez pas à nos officiers. À la première bataille de la Marne, nous avions devant nous, dans le ciel, une Dame blanche qui nous tournait le dos et nous repoussait de ses deux mains. Malgré nous, nous étions pris de panique, nous ne pouvions plus avancer. Trois de nos divisions au moins ont vu cette apparition. C’était sûrement la Sainte Vierge !  À un moment, Elle nous a tellement épouvantés que nous nous sommes tous enfuis, les officiers comme les autres. Seulement, le lendemain ils ont défendu d’en parler sous peine de mort : si toute l’armée l’avait su, elle aurait été démoralisée. Pour nous, nous n’avions plus le cœur à nous battre puisque Dieu était contre nous. C’était sûr qu’on allait à la mort pour rien mais il fallait bien marcher quand même. Nous ne pouvions pas faire autrement. C’est dur la guerre ! »

A Saint-Germain-en-Laye, près de la terrasse du château, il y a un chêne qui abrite une statue de la Vierge appelée Notre Dame des Anglais, parce que Jacques II Stuart, roi d’Angleterre, exilé en 1668 au château de Saint-Germain où il mourut en 1701, aimait prier devant une statue de la Vierge, placée sur un chêne près de la terrasse. La statue, et sans doute l’arbre, ont changé, mais la dévotion demeure.

En septembre 1914, lors de la bataille de la Marne, cette Vierge fut l’objet de ferventes prières et supplications pour demander l’arrêt des armées allemandes qui menaçaient Paris. Une plaque commémorative de la Victoire de la Marne, le 8 septembre, jour de la Nativité de Marie, à été placée sous la niche en gage de reconnaissance.

  • L’apparition du 8 septembre 1914 à Versailles

[Les apparitions « musclées » de la Sainte Vierge dans les guerres ne sont pas rares. On connaît par exemple celle du 7 août 626 à Byzance, qui fut à l’origine de l’hymne acathiste, ou celle de 1655 à Czestochowa, quand l’armée suédoise qui ravageait la Pologne, après avoir assiégé le monastère pendant 40 jours, décampa le lendemain de Noël, ce qui fut le prélude de la libération du pays. J’avais aussi évoqué cette apparition en 1900 lors de la guerre des Boxers en Chine.]

Sources

La dernière robe de Marie-Antoinette

La robe de Marie-Antoinette : un secret conservé à Avignon

Peu de gens le savent, même parmi les Avignonnais : la Métropole des Doms possède une chasuble taillée dans l’étoffe de la dernière tenue portée par la reine avant son exécution

La dernière tenue portée par la reine, le 16 octobre 1793, quelques heures avant son exécution en pleine révolution.

C’est un des secrets les mieux gardés d’Avignon. À deux pas du palais des papes, dans la sacristie de la métropole des Doms, dort depuis des années au fond d’un tiroir un vêtement particulièrement précieux. À proximité de la garde-robe traditionnelle des hommes d’Église, une majestueuse aube est soustraite à la vue des profanes.

Armé d’une grosse clé, l’abbé Bréhier, qui assure les offices, ouvre avec précaution l’armoire contenant la tunique pour nous la montrer, tout en lâchant, énigmatique : »L’histoire de cette aube est méconnue, ça se sait sans se savoir… »

Aix : un trésor de Marie-Antoinette à l’Hôtel d’Olivary

Cette chasuble violette conservée de manière anonyme par la Métropole a été confectionnée à partir d’une authentique robe de… Marie-Antoinette ! C’est même la dernière tenue qu’a portée l’épouse de Louis XVI, le 16 octobre 1793, quelques heures avant son exécution en pleine révolution française.

Une histoire fascinante

Pour comprendre comment ces précieux tissus sont arrivés à Avignon, il faut embarquer dans la machine à remonter le temps.

Retour en 1793. Le roi de France Louis XVI, condamné à mort par les révolutionnaires qui ne lui pardonnent pas sa tentative de départ à l’étranger (la fuite à Varennes), est exécuté le 21 janvier 1793 à Paris sur la place de la Révolution (actuelle place de la Concorde).

À l’été, Marie-Antoinette, prisonnière au Temple, est transférée à la Conciergerie. La reine déchue est surveillée en permanence. Elle est très affaiblie, et trouve du réconfort auprès d’une servante, Rosalie Lamorlière. »Avant son exécution, Marie Antoinette ôte sa robe violette, symbole de deuil et de pénitence, et la confie à sa fidèle servante. Elle se présentera devant son bourreau le 16 octobre 1793 en jupons blancs, la couleur de la royauté », explique l’abbé Bréhier, tout en contemplant l’aube. Rosalie Lamorlière aurait précieusement conservé la robe jusqu’à son départ de la Conciergerie en 1799. La servante aurait ensuite confié le vêtement à l’abbé Véran, prêtre originaire du Comtat qui résidait à Paris.

L’abbé Bréhier présente avec précaution la tunique : »L’histoire de cette aube est méconnue, ça se sait sans se savoir… »

De retour dans le Sud, le curé fait transformer la robe violette en aube pour célébrer la messe. Au début du XIXe siècle, l’évêque d’Avignon, Jean-François Périer, rachète le fameux vêtement pour reconstituer un patrimoine à la Métropole des Doms après la révolution. Depuis, cette aube n’est que très rarement exposée. Mais, lors de grandes occasions, les prêtres n’hésitent pas à la porter pour célébrer l’office. « La dernière fois que l’aube a été revêtue, c’est à l’occasion de la mort de Jean-Paul II en 2005. On essaie de la préserver », prévient l’abbé Bréhier.

Des doutes sur l’origine de la robe ?

« Il faut faire attention à l’origine des reliques de Marie-Antoinette, tempère Ludovic Miserole, auteur d’un roman sur Rosalie Lamorlière. Des souliers, des morceaux de vêtements, voire même des cheveux, beaucoup de pseudo-reliques circulent. » Malgré certaines zones d’ombre concernant quelques dates de cette histoire, l’Abbé Bréhier l’assure : le tissu est authentique. « Les laies de soie correspondent à l’époque. L’ornement a été contrôlé par un conservateur du musée des tissus de Lyon. »

Alors, pourquoi ne pas l’exposer à la vue de tous ? « Ce n’est pas sa vocation. La sacristie n’est pas un musée », conclut l’abbé.
Rosalie a soutenu la reine en prison

Elle a été le dernier soutien de la reine. Rosalie Lamorlière, servante à la Conciergerie de 1792 à 1799, a largement contribué à adoucir le séjour en geôle de Marie-Antoinette.  » Elle lui rapportait des fleurs, du linge chaud. Elle faisait même exprès de finir son service plus tard, pour que la reine bénéficie de la lumière de la cellule« , explique Ludovic Miserole, auteur de Rosalie Lamorlière, la dernière servante de Marie-Antoinette.

Rosalie Lamorlière, la dernière servante de Marie-Antoinette, un roman de Ludovic Miserole, toujours disponible aux éditions l’atelier Mosesu.

Une visite réservée aux initiés.

À l’intérieur de l’église, aucun panneau ni fléchage n’indique la présence du précieux vêtement. Seuls les connaisseurs demandent à visiter la sacristie. « On reçoit au moins une centaine de sollicitations par an pour voir le vêtement », calcule l’Abbé Bréhier. « Des groupes passionnés d’Histoire principalement. On essaie de les recevoir tout au long de l’année dans la mesure du possible ».

Source : Femina Provence

Fête Nationale du 15 août

15 AOUT
FETE NATIONALE
DU ROYAUME DE FRANCE

Le voeu de Louis XIII par Ingre.

Le 10 février 1638, le Roi Louis XIII consacre la France à la Sainte Vierge (=> Voeu de Louis XIII).

 

Le 15 août, nous fêtons l’Assomption, une fête chrétienne dédiée à la Vierge Marie, cette fête catholique commémore la montée de la Vierge Marie dans les cieux, juste après sa mort, et qui célèbre à la fois, la mort, la résurrection, l’entrée au paradis et le couronnement de la Vierge Marie.

En 431, le concile d’Éphèse proclame Marie mère de Dieu.
Au VIe siècle, l’empereur de Byzance Maurice étend à toute l’Église byzantine la fête mariale du 15 août, déjà célébrée un peu partout en Orient. C’est la Dormition de la Mère de Dieu.
Ce n’est qu’en 813 que cette fête est prescrite comme une fête d’obligation pour l’empire de Charlemagne sous l’influence du pape Théodore lors du concile de Mayence.

En France, le roi Louis XIII,  désespérant d’avoir  un héritier après 22 ans de mariage, avec son épouse Anne d’Autriche, s’engage en Novembre 1637 à consacrer son royaume à Notre Dame si elle lui accordait la grâce d’avoir un fils.

Et le miracle eut lieu, le Roi tint sa promesse, il signe et publie  le texte solennel d’un édit de consécration le 10 février 1638,  (vœu de Louis XIII) => Le vœu de Louis XIII  ) en remerciement de la grossesse d’Anne d’Autriche qui met au monde le futur Louis XIV  le 5 septembre 1638.  Ce vœu demande à chaque paroisse d’organiser une procession tous les quinze août en l’honneur de la Vierge Marie, le Roi promettant de réaliser un maître-autel et une sculpture à Notre Dame de Paris.  

Dès lors, Louis XIII décide que le 15 août sera une fête mariale, et nationale, célébrant la Vierge Marie.

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Entre 1854 et 1950, le dogme de l’Immaculée Conception (le fait que Marie a été conçue exempte de tout pêché originel) fait débat au sein de l’Église.

En 1950, le pape Pie XII tranche et donne une définition précise de l’Assomption qui devient alors un dogme institutionnalisé.

Le concile de Vatican II en 1964 achève de fixer et valoriser le culte marial. Marie détient alors le double statut de mère et de fille de l’Eglise.

Le 15 août était en France le jour de la fête nationale jusqu’à la Révolution qui la supprima, avant d’être rétablie sous Napoléon et la Restauration, puis à nouveau supprimée en 1830.  C’est en 1880 que la date du 14 juillet a été décrétée fête nationale, et que le 15 août a été proclamé jour férié.

http://boitedependore.com/religion/assomption.htm

 

Le Roi de Chevrières

L’abbée Charles Signerin retranscrit pour le centenaire de la Révolution l’histoire locale du « Roi de Chevrières », encore vivace aujourd’hui. Le texte est écrit à la gloire du Roi de Chevrières et de sa famille. En voici le résumé :

Durant la Révolution, Chevrières fut un centre de résistance royaliste en Forez.

Entre 1793 et 1798, pendant la Terreur, alors que l’on guillotine dans toute la France, Antoine Croizier, un fermier aisé de la Badouillère, surnommé le « Roi de Chevrières » notamment du fait de sa ressemblance physique avec Louis XVI, mais aussi par son envergure de chef, dirigeait une milice locale en rébellion avec la brutalité du nouveau régime vis-à-vis des noblesses locales et du clergé, qui peut être comparée dans une moindre mesure à la Chouannerie des régions du nord-ouest, sur la même période (à noter que la région de Chambles et Lézigneux servira aussi de refuge à des exilés tentant de rejoindre l’Atlantique pour fuir le pays).

Plus de 2 000 personnes plus ou moins recherchées (notables foréziens, lyonnais et d’autres provinces encore) trouveront refuge dans les environs de Chevrières. Le Roi de Chevrières mena une lutte héroïque contre les troupes républicaines qui seront régulièrement dépêchées pour imposer la République par la force armée.

Croizier donnait notamment asile aux proscrits, les arrachant aux exactions des soldats républicains, cachant ces exilés dans les grottes et souterrains des bois sur les collines de Montjassou et Chavarey (souterrains qui ne sont à l’heure actuelle toujours pas localisés), menait des opérations de guérilla sur les unités républicaines qui osaient s’aventurer dans les monts du Lyonnais, détruisait systématiquement les symboles de la jeune république tels les arbres de la liberté censés remplacer les calvaires chrétiens. Ainsi, plusieurs dizaines de gardes républicains seront abattus par les francs-tireurs royalistes lors d’actions contre ces symboles républicains ou lorsque les républicains tenteront de détruire des calvaires. Les représailles, fermes incendiées et exécutions sommaires, seront courantes. Le très revanchard et très zélé Claude Javogues, sorte de Robespierre local qui sera le commanditaire de dizaines de guillotinages durant toute la Terreur, ordonnera plusieurs incursions qui se révéleront autant d’échecs, parfois se finissant dans le sang. Javogue sera fusillé à Paris en 1796, dans le chaos post-révolutionnaire.

Durant plusieurs années, toute la région de Chevrières sera le théâtre de violentes escarmouches et d’embuscades meurtrières entre la milice royaliste et les troupes républicaines (les « bleus » révolutionnaires contre « les blancs » royalistes), à tel point que les républicains finiront par ne plus s’aventurer dans cette région, notamment après un épisode sanglant où treize soldats d’une compagnie dépêchés depuis Saint-Étienne tombent sous les balles de mousquets dans une embuscade dans le vallon de la Gimond. Laissant de fait le terrain aux royalistes, la jeune république a par ailleurs fort à faire aux frontières et dans de nombreuses autres provinces, ce qui aura pour conséquence immédiate une bizarrerie locale au niveau des nouveaux cadastres issus de la Révolution… Chevrières sera alors appelée « la petite Vendée », les lois n’étant appliquées que partiellement, en particulier en ce qui concerne la religion (curé assermenté) et l’obligation faite de désacraliser l’église paroissiale.

Finalement, l’Assemblée Nationale sous la demande de la Convention nationale, inquiète de la tournure que prenait cette rébellion et pour éviter qu’elle ne fasse des émules (Lyon était elle aussi le fruit de troubles difficilement maîtrisés, les forces royalistes dont Croizier ont même tenté de se fédérer avec les Vendéens) ordonnera de mettre fin définitivement à cette révolte. La commune de Saint-Étienne forma un bataillon de plusieurs centaines d’hommes (la 105e demi-brigade d’infanterie de ligne) épaulé par des renforts de hussards de la cavalerie commandés par un certain Elie, et de pelotons de gendarmes venus de Montbrison, Feurs, Roanne, Chazelles et Lyon. S’ensuivit une bataille sanglante dans les bois près du château de Montuclas, qui servait de base arrière au Roi de Chevrières et qui sera saccagé par les hussards, puis des pillages et des rançonnages par les troupes républicaines (que la préfecture de Montbrison condamnera avec lenteur par la suite), et une chasse à l’homme qui dura plusieurs jours. Un gendarme sera tué durant l’assaut sur Montuclas d’un tir de mousquet royaliste, le commandant Elie sera lui aussi grièvement blessé. Les royalistes sont vaincus ou se rendent, réalisant que la lutte est vaine devant la détermination affichée. On ne connaît pas exactement le nombre de victimes de part et d’autre durant cette insurrection. Ce qui est sûr c’est que la République devra attendre 1798 pour s’implanter dans les monts du Lyonnais, après avoir payé le prix fort.

Bien plus tard durant la Seconde Restauration, Louis XVIII, curieux de connaître ce singulier personnage, recevra le Roi de Chevrières et ses frères lors d’un mariage d’une de ses cousines à Tarare, et leur octroiera en remerciement de leur loyauté à la couronne une rente de 900 francs (somme rondelette pour l’époque). Il demandera par la suite régulièrement des nouvelles de « son cousin le Roi de Chevrières ». Néanmoins, cette rente fut supprimée à l’avènement de Louis-Philippe. Ruiné par cette aventure, le Roi de Chevrières fut obligé de céder son domaine. Il meurt en 1825 à Saint-Étienne, dans la pauvreté.

Château de Chevrières (Province du Forez)

Source : www.chevrieres42.fr