L’Abbaye Royale de l’ile Barbe

ABBAYE ROYALE DE L’ILE BARBE

 Lyon n’a pas qu’une presqu’île, mais possède

aussi une île : L’ILE BARBE

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Située en amont de Lyon, sur la Saône, dans le 9° arrondissement, dans le quartier de St Rambert, l’île Barbe. L’île tirerait son nom, du latin Insula Barbara (île sauvage) et selon la légende, de pratiques druidiques qui s’y célébraient, à moins que cela ne soit du qu’à la nature sauvage des lieux.

Il est vrai qu’une statuette représentant la « déesse mère » a été découverte en 1937 à la pointe nord de l’ile, et témoigne d’un site religieux gaulois (statuette actuellement au Musée de Saint Germain-en-Laye)

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Son Origine

 Deux pèlerins chrétiens : Etienne et Pérégrin s’y établirent vers l’an 208, pour fuir les persécutions romaines de Septime Sévère.

 (En 197, deux généraux romains vont s’affronter pour le titre d’empereur romain après l’assassinat d’Helvius Pertinax : Septime Sévère ancien gouverneur de Lugdunum (186/187) et Clodius Albinus, soutenu par la population lyonnaise. La victoire de Septime Sévère grâce à sa cavalerie dans la  Plaine de Trévoux, entraîna la persécution des chrétiens à Lyon (Albin s’étant suicidé dans une maison près du Rhône), qui pour y échapper se cachèrent pour certains dans l’île)

Ils fondèrent un Ermitage dans ces lieux, et vers 240 un certain LONGIN y fonde un monastère.

Une légende raconte que ce Login n’aurait été autre que le soldat qui aurait percé le flanc du Christ de sa lance. Pour se repentir il se serait retiré dans l’ile apportant avec lui la coupe sacrée ayant recueilli le sang du Christ et le corps de Sainte Anne.

Ce graal appartenait aux joyaux du trésor de l’Abbaye et la légende dura jusqu’en 1562.

Il construit l’Eglise de Saint André, dont le premier abbé se nomme Dorothée (245 /150) qui fut enterré dans l’église, consacrée à l’époque à Saint André, puis vinrent ensuite Philète (284 /303), Julien – Christophore  Antoine – Martin qui en l’an 400 fut nommé archevêque de Lyon et fut fondateur de la règle de St Martin à l’Ile Barbe, si bien que l’île et l’Abbaye se confondent, occupant les 2/3 de la surface côté amont, le reste étant laissé inoccupé, car inondable.

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 Le monastère devient possesseur du chef de St Florent, martyrisé en 407 en Bourgogne. L’histoire raconte que les barbares lui ayant tranché la tête avec un soc de charrue, virent son corps se relever menaçant, ils s’enfuirent à toutes jambes.

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PREMIER ETABLISSEMENT MONASTIQUE DE LA REGION LYONNAISE ET UN DES PLUS ANCIENS DE LA GAULE.

En 528 Loup moine de l’Abbaye, élu évêque de Lyon, fut inhumé sur l’île, et son nom fut donné à l’église principale de l’ile avec Saint Martin de Tours. Son chef fut retrouvé après le passage des calvinistes et on peut le voir aujourd’hui à la Primatiale Saint Jean dans une châsse d’argent. Vint ensuite St Didier, évêque de Vienne, qui fut assassiné par la Reine Brunehaut (épouse de Sigebert 1er) car il avait osé critiquer ses mœurs légères.

Lieu de silence, isolé, nombreux sont ceux qui vinrent s’y réfugier.

En 650 l’Abbaye adopte la règle de St Benoît et prospère grâce aux dons et à la protection de Dagobert et de son fils Clovis II.  En 690 Saint Bonnet évêque d’Auvergne y séjourne en se rendant à Rome et y accomplit dit-on plusieurs miracles, de retour de son voyage en Italie, il y meurt en 706 d’une crise de goutte. Son corps resta 6 ans exposé en l’Eglise des Dames de St Pierre à Lyon avant de retourner à Clermont, en 712.

De part sa situation géographique, sur un lieu le passage fréquenté pour descendre la Saône, elle fut pillée à plusieurs reprises :

  • En 676 par Ebroïn maire tyrannique du palais de Neustrie sous Clotaire III, qui fit assassiner Saint Ennemond évêque de Lyon, mais du s’enfuir devant la colère des lyonnais,
  • Pillée ensuite par les Wisigoths qui la détruisent en 725.

C’est Charlemagne qui restaure le monastère et y place des religieux du Mont Cassin.

L’Abbaye se relève de ses ruines et devient au IXème siècle un grand centre culturel et d’enseignement grâce à l’Abbé Campion et à l’Archevêque Leydrade, ex bibliothécaire de Charlemagne à Aix la Chapelle, bavarois nommé de 796 à 813 à l’évêché de Lyon par le Roi Charlemagne qui dote l’Abbaye d’une bibliothèque en 768.

Ce lieu du fait de son peu de superficie, et de son isolement, est plus propice au recueillement, à l’étude, à la lecture qu’aux travaux manuels ou de jardinage, et sa bibliothèque passe pour avoir été très riche.

 Leydrade va entreprendre de grands travaux de restauration des établissements religieux à Lyon, dont St Nizier , Saint Paul, Saint Georges, et l’Abbaye de Saint-Pierre-les-nonnains, édifice recevant dès le IIIè siècle des moniales bénédictines, il abrite aujourd’hui le musée des Beaux-arts.

Charlemagne y séjourne et parmi les trésors de l’abbaye figurait l’olifant de Roland, que les moines sortaient lors des pèlerinages et des grandes fêtes catholiques. La famille des Monts d’Or dans leur château de Curis en était les héritiers, leur blason rappelle celui de la Bretagne et les armoiries de la Ville de Saint Didier au Mont d’Or s’y réfèrent, avec le huchet.

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Blason de St Didier au Mont d’Or

Il s’agit d’une évocation du blason de la famille de MONTDOR, très ancienne famille du Lyonnais Xe siècle. Ils prétendaient descendre de l’illustre Roland dit de Roncevaux d’où l’oliphant ici représenté par l’auteur du blason de St Didier.

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Blason de Curis au Mont d’Or

Un château à trois tours posé sur des monts « d’or » avec deux petites pièces au sommet, à savoir:

– Le cor (ou Olifant) du paladin Roland, cette relique ayant été, un temps, conservée au château de Curis-au-Mont-d’Or, du moins à ce qu’on raconte.
La petite croix évoque les armoiries de la famille d’Albon, propriétaire du château pendant au moins quatre siècles. »

L’abbaye compte 90 moines, l’Abbé Campion obtient du Roi Louis le Pieux en 816 le droit d’entretenir trois bateaux exemptés de tout péage sur la Saône, le Rhône et le Doubs. Il obtient également le privilège de l’immunité et la confirmation des privilèges de l’Abbaye, ce qui contribuera à la renommée de l’Abbaye, la plus grande de la région lyonnaise et même de France. Haut lieu de pèlerinage en raison de nombreuses reliques, les paroisses s’y rendaient en dévotion

En 934, les Hongrois envahissent l’île qui une fois encore se relève grâce à Lothaire et Conrad le Pacifique, roi de Bourgogne et vainqueur des Hongrois.

 PERIODE FASTE  du X au XIIIe siècle

L’Age d’or ( 971 à 1240 )

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En 1070  l’Abbé Ogier fait construire la Chapelle Notre Dame de Grâce

 Au fil des ans, le patrimoine de l’Abbaye s’agrandit du fait des donations, acquisitions, legs, oblations, comprenant des terres autour du prieuré, le long de la Saône, des terres de la Dombes avec des étangs. Elle possédait 113 églises et 48 prieurés.

 On note des biens :

Autour de l’Abbaye : elle possédait les paroisses du Mont d’Or, Poleymieux, Curis, Albigny, Saint Cyr, Saint Didier, Saint Germain.

Puis celles de Caluire,  (lieu dit la grange en les Caluères)

 En Bresse : Bressoles, Montluel, Beynost, Vancia, Sathonay , Rillieux

Dans le Jarez : A St Rambert – St Paul en Cornillon

Dans les Monts du Lyonnais : A Thurins, St Martin en Haut – Rontalon

St Jean d’Ardières dans le Beaujolais

En Provence :  A Salon

Dans le Dauphiné : A Chavanoz ..

L’Abbaye n’exploitait pas elle-même mais possédait des vassaux.

Déjà du temps de Clovis II  l’Abbaye détenait «  Dix Villas » à St Paul les Trois Châteaux en 640, des possessions dans le Tricastin : à Bollène, St Igier, Ste Marie de Crosses …

Elle possédait également des vignes, des arbres fruitiers, un moulin, un étang, le droit de vinage, taxe payée par les tenanciers pour avoir le droit de tirer le vin.

De part son diplôme d’immunité datant de 861, l’Abbaye était juridiquement indépendante, ayant le droit d’exercer la justice directement, soit par l’intermédiaire de prévôts, ce qui apportait des revenus. L’autre source de revenus était la dîme, (le 10ème des récoltes).

En 1362 lors de l’inventaire des biens, on utilisa un rouleau de 43 peaux de velin de 33 mètre de longueur.

Impossible de passer sous silence la « Fêtes des Merveilles », cérémonie religieuse annuelle, du IX au XIII ème siècle, commémorant les Saints Martyrs de Lyon. Elle avait lieu le 2 juin fête de Saint Pothin, et fut ensuite déplacée le Mardi avant la Saint Jean.

Elle consistait en une procession fluviale sur la Saône, où tout le clergé de Lyon était présent, le chapitre, les prêtres de la Cathédrale retrouvaient ceux de Saint Just, de Saint Paul, les moines de l’Abbaye de l’ile Barbe et d’Ainay. Depuis Vaise lieu supposé de l’arrestation de Saint Epipode dit aussi Saint Epipoy et de Saint Alexandre, tous les dignitaires participaient ainsi que les lyonnais.

En 177 Epipode se cachait quai Pierre Scize, près d’un puits. Dans sa tentative de fuite il aurait perdu une sandale en sautant la margelle de ce puits, (d’où son nom Epipoy), l’eau du puits par la suite accomplit de nombreux miracles.

Recueilli à Vaise par une veuve, il fut dénoncé, et arrêté avec Alexandre.

Epipode fut décapité, et Alexandre crucifié. Les corps des deux saints furent ensevelis près de Saint Irénée, en l’Eglise Saint Irénée construite au Vème siècle. Leurs dépouilles furent détruites par les protestants en 1562.

Des bateaux richement parés les attendaient,  et ils descendaient la Saône en chantant les laudes et matines jusqu’à l’île Barbe l’archevêque se rendait jusqu’au cloître de l’Abbaye ou le sacristain criait à haute voix trois fois de suite : Hosanna ! Hosanna ! Hosanna ! tout le monde répondait : Noël, Noël.

La porte de l’Eglise alors s’ouvrait pour la célébration de la messe par le clergé de Saint Jean, et l’exposition des reliques. Un déjeuner était servi sur place.

Pour le retour la procession prévoyait des haltes à l’Eglise d’Ainay pour prier, puis auprès de Saint Pothin, enfin à l’Eglise St Michel et l’Eglise St Nizier.

Cette fête mi-religieuse, mi-païenne, donnait lieu à de nombreuses réjouissances, notamment une fois la procession religieuse passée, des lyonnais entassés sur un bateau prénommé Bucentaure, au Pont de Pierre, attendaient qu’un homme laisse tomber depuis l’arche des Merveilles, un taureau vivant, dans la Saône, pour le récupérer et le ramener sur la rive vers le port du Temple où l’animal était tué dans la rue appelée «  Ecorche Bœuf », sa chair servait alors pour le repas de la fête.

Cette procession existait encore en 1312, mais fut abolie définitivement en 1402.

Car la date du 10 avril 1312 marque le rattachement du Lyonnais au royaume de France par le traité de Vienne.

 LYON était la ville du Saint Empire romain germanique, à la mort de Charlemagne, Lyon fut attribué à Lothaire et non à Charles et fit donc partie du royaume d’Arles, qui en 933 unissait la Haute et la Basse Bourgogne, puis le royaume fut cédé à l’Empereur Conrad II, très éloigné géographiquement. Une rivalité entre le Comte du Forez Guigue II et l’Archevêque de Lyon s’établit et par la Bulle d’Or de 1157, l’empereur d’Allemagne dut trancher il donna l’autorité à l’Archevêque Héracle de Montboissier ainsi que les droits régaliens, mais cela ne fut pas du goût du Comte du Forez qui attaqua Lyon, Guigue II sollicita l’intervention du roi de France Louis VII (1137/1180) et un nouveau contrat signé en 1173 confirma le Forez et le Roannais pour le Comte , Lyon et le Lyonnais pour l’archevêque.

Les querelles continuèrent entre les chanoines et les bourgeois lyonnais quant à l’administration de la Ville, en 1269 le Roi Saint Louis fut appelé pour faire justice et régler le conflit, une trêve fut instaurée et après la mort du roi, son fils, Philippe III le Hardi (1270/1285), puis Philippe Le Bel (1285/1314) imposent un gardiateur, officier royal chargé de rendre justice et de surveiller la ville.

Le Roi de passage à Lyon en 1307 pour le couronnement du pape Clément V à Saint Just, donne en fief la Ville de Lyon à l’Archevêque par deux lettres dites « les Philippines »

Mais l’Archevêque Pierre de Savoie (1308 /1332) se révolte en chassant la garnison royale de Saint Just, et refuse de prêter serment au Roi, celui–ci envoie son fils le futur Louis X (1314/1316) qui après un siège de 3 mois emprisonne Pierre de Savoie qui se verra contraint de se soumettre par le traité de Vienne signé le 10 avril 1312,  il abandonne la souveraineté de la Ville et reconnait le rattachement du Lyonnais au royaume de France. 

Le 21 juin 1320, la ville promulgue la charte dite « Sapaudine » (de Savoie) confirmant les privilèges des métiers et consacrant la réunification de Lyon au Royaume.

 LE  MONASTERE

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L’accès se faisant par bateaux par l’entremise de deux ports, un pour les pèlerins, un pour la communauté.

Les plus anciens bâtiments furent fondés par Longin vers 250, le prieuré et la Chapelle Saint André à la pointe Nord de l’Ile, devenue la Chapelle Sainte Anne.

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En arrivant on apercevait:

La Chapelle Notre Dame, édifiée au XIème siècle, par l’abbé Ogier (1070) qui était réservée aux pèlerins, avec une nef de 14 m de long sur 6,70 m de large un clocher carré. Celui qui récitait une prière y gagnait des indulgences

Puis on passait la porte Notre Dame, dans la dîmerie, avant d’entrer dans le monastère, la maison abbatiale avait un grand cloitre ogival

 A côté se trouvait l’Eglise St Martin et St Loup, une nef de 23 m de long sur 15m de large  puis un cloitre et un réfectoire, le cimetière et l’infirmerie, la porte Sainte Anne ramenait au port.

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 Puis le château fort « le Chatelar » maison forte, à côté « du palais de Charlemagne »  ou se trouvait la bibliothèque.

Des trois églises médiévales (Notre Dame, Saint Loup et Sainte Anne) il ne reste aujourd’hui que l’église romane Notre Dame.

Les mariniers qui passaient devant l’Abbaye, se découvraient et gardaient le silence devant ce lieu de très haute notoriété, et le commandant debout à la poupe criait : « Ile salut »

 

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« Vue de l’Ile Barbe prise de la rive gauche
de la Saône près de Lyon », dessin
de Pierre-Nicolas Wery (1770-1827),
gravure de Benedikt Piringer (1780-1826),
Collection Bibliothèque municipale de Lyon, 6719.

Le supérieur était un Abbé élu par les moines, et père du monastère.

Venait ensuite le Chapelain prieur,  qui secondait l’Abbé.

Puis les Prieurs, nommés par l’Abbé.

L’Abbaye comprenait également des sacristains, des infirmiers, l’hôtelier, le portier, le cellérier et le communier s’occupaient du ravitaillement, avec le réfectorier.

Les Abbés étaient de hauts et puissants seigneurs, avec de nombreux vassaux, il n’était pas rare qu’ils gouvernent le diocèse en absence de l’archevêque.

 FIN DE L’ABBAYE

Après la mort d’André de Marzé en 1328, la décadence vint d’un laissé aller, l’Abbaye étant alors dirigée par des commendataires, qui ne respectent plus l’ordre de St Benoit, et mènent une vie mondaine.

L’abbé Antoine d’Albon de St André entreprend de grands travaux amenant l’eau de la maison abbatiale. A sa mort en 1525 il passe le relais à son neveu, Antoine, Abbé de Savigny à 14 ans, il fut archevêque de Lyon en 1563. Du fait de la sécurisation de l’Abbaye en 1549 par le Pape, les règles ne sont plus les mêmes, les religieux deviennent chanoines et ne sont obligés de rester dans l’ile que 6 mois dans l’année, quant à l’Abbé, il n’est pas tenu de séjourner sur place.

 En 1562, l’Abbaye est détruite par les protestants du baron des Adrets, qui jettent dans la Saône les 4 cloches du clocher carré de l’Eglise St Martin, les pierres des édifices disparaissent également, et la bibliothèque est détruite, l’Abbé d’Albon réussit cependant à sauver quelques manuscrits précieux, transportés aux archives de St Jean, beaucoup datant de l’an 800.

 En 1619, l’Abbé Camille de Neuville restaure l’église St Loup qui est remise en état. L’Abbé demande à Claude le Laboureur, qu’il nomme prieur de rétablir l’ordre, mais celui-ci s’oppose régulièrement aux chanoines de Lyon et doit s’en aller. On lui doit un livre sur l’ile barbe : « Les masures de l’Ile Barbe »

Claude le Laboureur fut prévôt du chapitre de 1630 à 1660, il déclarait : « Depuis 600 ans et davantage, la Vierge s’est délectée de ce lieu et elle y a toujours fait une profuse largesse de ses grâces à ceux qui l’ont invoquée ».

En effet : en 1591 : le Consulat de Lyon vient apporter un calice en argent en remerciement contre la peste

En 1630 Louis XIII ayant été malade à Lyon et guéri alors qu’on le croyait perdu, Anne d’Autriche et Marie de Médicis viendront à Pied de Lyon en remerciement, se prosterner dans la chapelle devant la Vierge. Elle fut l’objet de la dévotion des Lyonnais pendant de nombreuses années, avant de s’effacer devant la popularité croissante de la basilique de Fourvière.

De 1693 à 1741 le prévôt du Chapitre fut Antoine VII de Télys de St Cyr de Valorges

En 1740 le monastère fut réuni au Chapitre de l’Eglise de Lyon

En 1741, le Pape Benoit XIV supprime le titre de l’Abbaye, qui va devenir une maison de retraite pour recueillir les prêtres et ce jusqu’en 1783.

En 1793, sous la révolution, l’île Barbe est vendue comme bien national à M. François Perrinel avoué à Lyon rue St Jean l’achète pour 166 000 livres.

En 1734 un pont en bois est construit pas l’architecte Cotton, pour arriver jusqu’à l’île.

En 1827 le pont suspendu prend le relais reliant les 2 rives droite et gauche de la Saône.

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Site important historiquement et archéologiquement, il est classé monument historique.

Rendez-vous des lyonnais encore de nos jours, l’on peut y visiter l’Eglise romane Notre Dame, il comprend un restaurant « Relais et Château « en son centre.

Pour ceux qui souhaiteraient visiter l’île, les horaires d’ouverture sont les suivants : 

Lundi de 6 H à 18 H

Du Mardi au Samedi : 6 H à 20 H

Le Dimanche : 6 H à 13 H

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Comme vous avez eu le mérite de lire cet article jusqu’au bout, pour vous récompenser en prime je vais vous raconter ou pour certains vous rappeler l’histoire de l’Île aux faisans dans les Pyrénées atlantique.

 

L’ILE AUX FAISANS

Petite île à la frontière franco-espagnole, de 6820 m², située sur la Bidassoa, au niveau de l’estuaire où se font face Hendaye et Fontarrabie.

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 Cette île est très particulière pour plusieurs raisons :

  • Cette Ile est interdite au public
  • Cette Ile est à la fois espagnole et française, et possède le statut de condominium, elle appartient à la fois à la France du 1eraoût au 31 janvier et du 1erfévrier au 31 juillet à l’Espagne et sa gestion est donc alternative tous les 6 mois. C’est l’exception d’une souveraineté alternée sur un même endroit.
  • Cette Ile est un lieu historique présent plusieurs fois dans l’histoire de France :

En 1615 : Il y eu un échange de fiancées :

 –  La sœur d’Henri IV roi de France Elisabeth est promise au roi d’Espagne Philippe IV

–  La sœur de Philippe IV, Anne d’Autriche est promise à Louis  XIII, frère d’Elisabeth.

  • Les ambassadeurs des 2 pays procédèrent dans cette île à l’échange des fiancées. :

 En 1659 :  Il aura fallu  3 mois de tractations entre le Cardinal Mazarin, et Don Luis de Haro, soit 24 rencontres pour fixer les frontières entre la France et l’Espagne, et les bases du traité des Pyrénées, dont une des clauses est que Louis XIV doit épouser l’infante Marie-Thérèse d’Autriche, ils sont pourtant doublement cousins germains comme on le voit plus haut.

D’où le nom de « L’ile de la Conférence ».

 En 1660  : Le 5 et 6 juin, eu lieu la rencontre de Louis XIV roi de France et de Marie-Thérèse d’Autriche fille de Philippe IV d’Espagne (oncle de Louis XIV) et d’Elisabeth de France, afin de signer le traité dit des Pyrénées, et célébrer leur mariage qui eu lieu le 9 juin 1660 en l’Eglise Saint-Jean Baptiste de Saint-Jean-de-Luz.

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Entrevue Louis XIV et Philippe V à l’île aux Faisans

par Charles Le Brun

Cette alliance permettra à Louis XIV de faire monter sur le trône Philippe de France, son 2ème petit-fils, qui succédera à son grand oncle Charles II, dernier Habsbourg à régner sur l’Espagne sous le nom de Philippe V

 Le 2/12/1856 eu lieu à Bayonne la signature du traité de Bayonne, qui ratifie celui des Pyrénées, complété par celui du 14/04/1862 signé entre Napoléon III et Isabelle II, afin de consolider la paix entre les deux pays et mettre fin aux querelles entre les pêcheurs des deux rives.

Un monument commémoratif de la conférence de 1659 a été élevé en 1861 sur l’île des Faisans par les deux pays.

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Mémorial du traité des Pyrénées

La convention signée le 27/03/1901 établit les droits de police et de justice sur l’île, les deux états  exerçant une co-souveraineté d’où l’instauration de ce condominium insulaire, avec un statut unique en Europe, la surveillance étant assuré par un Vice Roi, en l’occurrence par la Marine Nationale, de la base navale de l’Adour, succédant ainsi aux Commissaires royaux.

Ce vice-roi  ayant la responsabilité des activités nautiques et de la Pêche dans la Bidassoa, mais aussi dans la baie de Txingudi, lieu de mouillage de plus de 500 navires par an.

Du fait d’économie budgétaire le Ministre de la Défense Jean Yves le Drian a annoncé la fermeture en 2015 de la base navale de l’Adour créée en 1983, supprimant le titre qui devrait être dévolu au commandant de la marine de Bordeaux, l’administration devant continuer d’être assurée par une petite cellule militaire de Bayonne.

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 Sources : wikipedia et Ile Barbe de Joseph Picot