Fête Nationale du 15 août

15 AOUT
FETE NATIONALE
DU ROYAUME DE FRANCE

Le voeu de Louis XIII par Ingre.

Le 10 février 1638, le Roi Louis XIII consacre la France à la Sainte Vierge (=> Voeu de Louis XIII).

 

Le 15 août, nous fêtons l’Assomption, une fête chrétienne dédiée à la Vierge Marie, cette fête catholique commémore la montée de la Vierge Marie dans les cieux, juste après sa mort, et qui célèbre à la fois, la mort, la résurrection, l’entrée au paradis et le couronnement de la Vierge Marie.

En 431, le concile d’Éphèse proclame Marie mère de Dieu.
Au VIe siècle, l’empereur de Byzance Maurice étend à toute l’Église byzantine la fête mariale du 15 août, déjà célébrée un peu partout en Orient. C’est la Dormition de la Mère de Dieu.
Ce n’est qu’en 813 que cette fête est prescrite comme une fête d’obligation pour l’empire de Charlemagne sous l’influence du pape Théodore lors du concile de Mayence.

En France, le roi Louis XIII,  désespérant d’avoir  un héritier après 22 ans de mariage, avec son épouse Anne d’Autriche, s’engage en Novembre 1637 à consacrer son royaume à Notre Dame si elle lui accordait la grâce d’avoir un fils.

Et le miracle eut lieu, le Roi tint sa promesse, il signe et publie  le texte solennel d’un édit de consécration le 10 février 1638,  (vœu de Louis XIII) => Le vœu de Louis XIII  ) en remerciement de la grossesse d’Anne d’Autriche qui met au monde le futur Louis XIV  le 5 septembre 1638.  Ce vœu demande à chaque paroisse d’organiser une procession tous les quinze août en l’honneur de la Vierge Marie, le Roi promettant de réaliser un maître-autel et une sculpture à Notre Dame de Paris.  

Dès lors, Louis XIII décide que le 15 août sera une fête mariale, et nationale, célébrant la Vierge Marie.

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Entre 1854 et 1950, le dogme de l’Immaculée Conception (le fait que Marie a été conçue exempte de tout pêché originel) fait débat au sein de l’Église.

En 1950, le pape Pie XII tranche et donne une définition précise de l’Assomption qui devient alors un dogme institutionnalisé.

Le concile de Vatican II en 1964 achève de fixer et valoriser le culte marial. Marie détient alors le double statut de mère et de fille de l’Eglise.

Le 15 août était en France le jour de la fête nationale jusqu’à la Révolution qui la supprima, avant d’être rétablie sous Napoléon et la Restauration, puis à nouveau supprimée en 1830.  C’est en 1880 que la date du 14 juillet a été décrétée fête nationale, et que le 15 août a été proclamé jour férié.

http://boitedependore.com/religion/assomption.htm

 

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Le Roi de Chevrières

L’abbée Charles Signerin retranscrit pour le centenaire de la Révolution l’histoire locale du « Roi de Chevrières », encore vivace aujourd’hui. Le texte est écrit à la gloire du Roi de Chevrières et de sa famille. En voici le résumé :

Durant la Révolution, Chevrières fut un centre de résistance royaliste en Forez.

Entre 1793 et 1798, pendant la Terreur, alors que l’on guillotine dans toute la France, Antoine Croizier, un fermier aisé de la Badouillère, surnommé le « Roi de Chevrières » notamment du fait de sa ressemblance physique avec Louis XVI, mais aussi par son envergure de chef, dirigeait une milice locale en rébellion avec la brutalité du nouveau régime vis-à-vis des noblesses locales et du clergé, qui peut être comparée dans une moindre mesure à la Chouannerie des régions du nord-ouest, sur la même période (à noter que la région de Chambles et Lézigneux servira aussi de refuge à des exilés tentant de rejoindre l’Atlantique pour fuir le pays).

Plus de 2 000 personnes plus ou moins recherchées (notables foréziens, lyonnais et d’autres provinces encore) trouveront refuge dans les environs de Chevrières. Le Roi de Chevrières mena une lutte héroïque contre les troupes républicaines qui seront régulièrement dépêchées pour imposer la République par la force armée.

Croizier donnait notamment asile aux proscrits, les arrachant aux exactions des soldats républicains, cachant ces exilés dans les grottes et souterrains des bois sur les collines de Montjassou et Chavarey (souterrains qui ne sont à l’heure actuelle toujours pas localisés), menait des opérations de guérilla sur les unités républicaines qui osaient s’aventurer dans les monts du Lyonnais, détruisait systématiquement les symboles de la jeune république tels les arbres de la liberté censés remplacer les calvaires chrétiens. Ainsi, plusieurs dizaines de gardes républicains seront abattus par les francs-tireurs royalistes lors d’actions contre ces symboles républicains ou lorsque les républicains tenteront de détruire des calvaires. Les représailles, fermes incendiées et exécutions sommaires, seront courantes. Le très revanchard et très zélé Claude Javogues, sorte de Robespierre local qui sera le commanditaire de dizaines de guillotinages durant toute la Terreur, ordonnera plusieurs incursions qui se révéleront autant d’échecs, parfois se finissant dans le sang. Javogue sera fusillé à Paris en 1796, dans le chaos post-révolutionnaire.

Durant plusieurs années, toute la région de Chevrières sera le théâtre de violentes escarmouches et d’embuscades meurtrières entre la milice royaliste et les troupes républicaines (les « bleus » révolutionnaires contre « les blancs » royalistes), à tel point que les républicains finiront par ne plus s’aventurer dans cette région, notamment après un épisode sanglant où treize soldats d’une compagnie dépêchés depuis Saint-Étienne tombent sous les balles de mousquets dans une embuscade dans le vallon de la Gimond. Laissant de fait le terrain aux royalistes, la jeune république a par ailleurs fort à faire aux frontières et dans de nombreuses autres provinces, ce qui aura pour conséquence immédiate une bizarrerie locale au niveau des nouveaux cadastres issus de la Révolution… Chevrières sera alors appelée « la petite Vendée », les lois n’étant appliquées que partiellement, en particulier en ce qui concerne la religion (curé assermenté) et l’obligation faite de désacraliser l’église paroissiale.

Finalement, l’Assemblée Nationale sous la demande de la Convention nationale, inquiète de la tournure que prenait cette rébellion et pour éviter qu’elle ne fasse des émules (Lyon était elle aussi le fruit de troubles difficilement maîtrisés, les forces royalistes dont Croizier ont même tenté de se fédérer avec les Vendéens) ordonnera de mettre fin définitivement à cette révolte. La commune de Saint-Étienne forma un bataillon de plusieurs centaines d’hommes (la 105e demi-brigade d’infanterie de ligne) épaulé par des renforts de hussards de la cavalerie commandés par un certain Elie, et de pelotons de gendarmes venus de Montbrison, Feurs, Roanne, Chazelles et Lyon. S’ensuivit une bataille sanglante dans les bois près du château de Montuclas, qui servait de base arrière au Roi de Chevrières et qui sera saccagé par les hussards, puis des pillages et des rançonnages par les troupes républicaines (que la préfecture de Montbrison condamnera avec lenteur par la suite), et une chasse à l’homme qui dura plusieurs jours. Un gendarme sera tué durant l’assaut sur Montuclas d’un tir de mousquet royaliste, le commandant Elie sera lui aussi grièvement blessé. Les royalistes sont vaincus ou se rendent, réalisant que la lutte est vaine devant la détermination affichée. On ne connaît pas exactement le nombre de victimes de part et d’autre durant cette insurrection. Ce qui est sûr c’est que la République devra attendre 1798 pour s’implanter dans les monts du Lyonnais, après avoir payé le prix fort.

Bien plus tard durant la Seconde Restauration, Louis XVIII, curieux de connaître ce singulier personnage, recevra le Roi de Chevrières et ses frères lors d’un mariage d’une de ses cousines à Tarare, et leur octroiera en remerciement de leur loyauté à la couronne une rente de 900 francs (somme rondelette pour l’époque). Il demandera par la suite régulièrement des nouvelles de « son cousin le Roi de Chevrières ». Néanmoins, cette rente fut supprimée à l’avènement de Louis-Philippe. Ruiné par cette aventure, le Roi de Chevrières fut obligé de céder son domaine. Il meurt en 1825 à Saint-Étienne, dans la pauvreté.

Château de Chevrières (Province du Forez)

Source : www.chevrieres42.fr

 

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Bon été 2017 à tous

BON  ETE  2017  A TOUS

N’hésitez pas à visiter notre rubrique : Actualités des Châteaux 2017 

dans le menu sur votre droite,

vous donnant quelques idées de promenades, et de spectacles. 

Notamment les châteaux de Sully, de Brissac, de Chenonceau,  d’Azay le Rideau restauré, de Saint-Fargeau et bien d’autres…

Bonne visite, et bonnes vacances.

 

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Le Diable Vauvert

Nous sommes aux alentours de l’an Mil. Un homme assiste à la messe assis sur les marches de l’église Saint-Barthélémy, sur l’île de la Cité, à Paris. Il s’agit de Robert II, dit le Pieux, qui sera roi de France, de 996 à 1031. Excommunié par le pape Grégoire V pour des raisons purement politiques, il lui est désormais interdit de pénétrer dans une église.

Soudain, un certain Abbon, abbé de Fleury, suivi de deux femmes, approche du monarque et exhibe sous ses yeux un monstre que le douteux ecclésiastique présente comme étant le résultat des amours « coupables » du roi avec Berthe de Bourgogne. Sur un plat vermeil repose un corps d’enfant mort-né apparemment doté d’un cou et d’une tête de canard. Ce sinistre montage fut vraisemblablement confectionné dans le seul but d’impressionner le souverain et de le persuader de retourner dans le sein de l’église en renonçant à son mariage avec Berthe de Bourgogne. Quant au véritable dauphin, il aurait survécu à sa naissance et,  ravi à sa mère,  aurait été confié à des moines,  avant de disparaître dans les brumes de l’histoire du royaume de France.

Excommunié et harcelé par ses ennemis, Robert le Pieux va s’établir hors de Paris, dans un vallon de vignes que l’on nomma alors Vauvert, c’est-à-dire le « Val vert ». Ce vallon correspond à l’actuel « Jardin du Luxembourg » (6e arrondissement).

Le Diable Vauvert.

Robert fut finalement contraint de céder aux pressions papales et se remaria. Toutefois, lorsqu’il mourut, son château fut abandonné et tomba rapidement en ruines. Le château d’un roi excommunié ne pouvait qu’avoir une réputation sinistre et celle-ci ne fit que se renforcer lorsqu’une population de mendiants et de brigands élit domicile dans ses ruines. Leur inconduite,  leurs cris et leurs hurlements finirent par établir définitivement la réputation d’endroit maléfique et hanté,  acquise par l’ancien château du roi Robert.

Pour compléter cet infernal tableau, il convient de souligner que l’on trouvait dans les alentours du château, de nombreuses carrières dans lesquelles le vent,  en s’y engouffrant,  émettait un son lugubre.

Au 13ème siècle, la réputation sulfureuse du château de Vauvert était intacte. Aussi, en 1259 (ou 1257), Louis IX dit « Saint Louis » (règne : 1236-1270), décida-t-il de concéder le terrain de Vauvert aux Chartreux qui y établirent un couvent. Jusqu’à cette époque, les frères Chartreux étaient logés à Gentilly d’où ils pouvaient voir les ruines du château du roi Robert qui avaient alors la réputation d’être hantées par une foule de fantômes,  de spectres et de monstres les plus divers. Parmi eux se trouvait,  dit-on,  un être de couleur verte,   mi-homme, mi-serpent, doté d’une grande barbe également verte (ou blanche) et armé d’une massue : le Diable Vauvert.

La réputation maléfique de l’endroit résista à la présence des Chartreux. Ainsi, au 16ème siècle, des réunions sabbatiques s’y tenaient toujours, présidées, disait-on,  par le Grand Diable Vauvert dont on prétendait qu’il parcourait la rue d’Enfer sur un char enflammé et qu’il étranglait tous ceux qu’il rencontrait sur son passage…

En outre, des terrains marécageux laissaient échapper des gaz de leurs eaux méphitiques. Ce phénomène donnait naissances à des « feux follets »  que l’on considéra longtemps comme les âmes errantes des enfants  non-baptisés.

Au 18ème siècle,  quelques charlatans firent « voir le Diable »  à leurs naïves victimes dans les carrières de Gentilly et celles, toutes proches, de Bicêtre.

Quant au couvent des Chartreux de Vauvert, il prospéra jusqu’à la Révolution française et deviendra même célèbre pour ses pépinières, celles-là même qui ont été conservées jusqu’à nos jours dans la partie méridionale du Jardin du Luxembourg.

La légende du Diable Vauvert donna naissance à la célèbre expression « aller au diable Vauvert » (et non, comme on l’entend parfois, « aller au diable au vert »,  ce qui ne signifie rien), qui évoque une expédition hasardeuse, incertaine,  lointaine,  dangereuse,  dont on risque de ne pas revenir.

 Eric TIMMERMANS

https://www.parisvox.info/2017/06/27/histoire-de-paris-diable-vauvert/
Sources : Dictionnaire du Diable, Roland Villeneuve, Omnibus, 1998 / Dictionnaire du diable, des démons et sorciers, Pierre Ripert, Maxi-Poche Références, 2003 / Enigmes, légendes et mystères du Vieux Paris, Patrick Hemmler, Editions Jean-Paul Gisserot, 2006 / Guide de Paris mystérieux », Les guides noirs, Editions Tchou Princesse, 1979.

Bien que l’origine de l’expression soit liée au château de Vauvert à Gentilly ou bien à l’abbaye de Vauvert, maison de Chartreux située rue d’Enfer à Paris, d’autres hypothèses préconisent l’origine du nom  à un sanctuaire dédié à Notre Dame de la Vallée Verte, à Vauvert dans le Gard  ou après la représentation des « Mystères », se jouaient les Diableries, spectacles profanes offerts jadis aux pèlerins de Saint Jacques de Compostelle.

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