Siège de Lyon et capitulation le 9 octobre 1793

LE SIEGE DE LYON 1793

Le Siège de Lyon va commencer du

7 août au 9 octobre 1793

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Siège de Lyon, Octobre 1793 (Gravure coloriée, fin XVIIème,

remaniée pour figurer le siège de Lyon à la fin du XVIIIème 

 Archives du Rhône, Lyon)

      Au début la révolution a été plus ou moins bien acceptée sur Lyon, des fédéralistes avaient été élus, tout c’est accéléré à l’arrivée du piémontais Joseph CHALIER, irascible chef des Jacobins locaux, désireux d’installer un tribunal révolutionnaire, d’imposer une taxe révolutionnaire  pour lever une armée, il fait même installer une guillotine place des Terreaux.

          Il rêve d’en découdre et d’imposer une dictature. Grâce à ses appuis parisiens il obtient de l’Assemblée Législative la destitution du district lyonnais et du département, puis il installe des hommes à lui aux postes clefs. Il fait placarder des affiches du style « Aristocrates, modérés tremblez, les eaux du Rhône charrieront vos cadavres jusqu’aux océans épouvantés…Mourrez ou faites mourir, il faut épurer la République…« 

       On traquait les prêtres insermentés on accusait les épiciers d’accaparer les vivres, il inventa des Commissions de pillage pour se partager les marchandises volées…Dès la connaissance de l’exécution du Roi, il est déchaîné, « Le jour des vengeances est arrivé…il nous faut un tribunal révolutionnaire »

        Le 28 Janvier 1793, il réunit une horde place des Terreaux qui jura d’exterminer tout ce qui existait à Lyon d’aristocrates, de feuillandins et de modérés On rédigea des listes de suspects, on commença à emprisonner…

               Dans la nuit du 4 au 5 février trois cents commissaires entourés du peuple en arme forcent les maisons des suspects, des milliers de personnes sont arrachées au sommeil, traînées à l’hôtel de ville devant une Commission d’épuration avant d’être jetés dans des cachots, on rançonne les victimes… Fin février il y eu une réaction des contre révolutionnaires qui forcèrent les portes du club des Jacobins, ceux-ci s’enfuirent.

              Dès le lendemain Chalier écrit à Paris que la situation à Lyon est alarmante, que les royalistes se regroupent et veulent massacrer les sans-culottes et demande l’envoi de commissaires pour multiplier les visites domiciliaires de nuit et de troupes républicaines. Mais ces  troupes refusent d’exécuter les ordres sanguinaires des commissaires de la Convention. A la mi-Mai les listes de suspects se multiplient. On fait fabriquer des piques pour armer les sans-culottes, on crée un comité de salut public pour forcer les Lyonnais suspects à payer un impôt forcé dans les 24h… .

              Mais devant les meurtres des jacobins de Chalier les Lyonnais se révoltent le 29 Mai et s’emparent de l’hôtel de ville, de l’Arsenal…On se bat dans les rues, le canon tonne, la place des Terreaux est couverte de morts. On raconte que pour exciter leurs défenseurs les jacobins leur firent boire du vin mêlé de poudre à canon… Les Lyonnais vainqueurs formèrent des cortèges joyeux, on dansa sur les places, on mit des chandelles aux fenêtres, et Chalier est renversé, jugé et condamné par le tribunal de Lyon qui le fera guillotiner le 16 Juillet 1793.  Ce personnage imbu de sa personne est le principal responsable du siège de la ville . En effet les Jacobins parisiens pensent que la ville est en rébellion contre la Convention Nationale, et qu’il s’agit d’un soulèvement royaliste, alors qu’il ne s’agissait que d’un mouvement d’auto-défense contre la dictature de Chalier.

             Si à Lyon les modérés sont au pouvoir, c’est l’inverse à Paris les Montagnards chassent les Girondins. Du coup la victoire des Lyonnais est considérée comme un mouvement insurrectionnel, Marat et Robespierre demandent la levée d’une armée pour punir Lyon.

Le Siège de Lyon va commencer le 7 août jusqu’au 9 octobre 1793.

Les lyonnais vont résister pendant 2 mois, soit 62 jours de luttes acharnées avec des troupes comptant moins de 10 000 hommes, contre les troupes républicaines totalisant plus de 65 000 hommes, commandées par le Général KELLERMAN.

Le 22 septembre : La Ville est bombardée avec des boulets chauffés au rouge et par des projectiles incendiaires.

 Le 29 septembre :  le Fort de Ste Foy tombe et les troupes républicaines avancent et entrent dans la Ville.  Lyon est prise.

Une trêve est instaurée jusqu’au 7 octobre pour ouvrir des négociations, mais les Forts de St Irénée, et St  Just tombent également.

Le 9 octobre :  les autorités civiles de Lyon capitulent

 

Le Général Comte PERRIN de PRECY tente de sortir par Vaise avec 1500 hommes et 200 cavaliers ;

Si l’avant-garde arrive à passer, l’arrière garde commandée par le Comte de Virieu est anéantie dans le défilé de St Cyr.

Les derniers hommes de PRECY, une petite centaine, errent dans le Beaujolais, Poleymieux,  Les Chères, Alix, Theizé, Oingt, St Romain de Popey; poursuivis par les Républicains et les habitants de ces villages.

Ils furent massacrés au Mont Popey le 11 Octobre 1793, le Général Comte PERRIN de PRECY parvint à se cacher, puis rejoignit Ste Agathe en Donzy avant de gagner la Suisse en janvier 1794.

 

12 Octobre : Après la reddition de la ville, la Convention promulgua ce fameux décret du 12 octobre :

 » Citoyens, la liberté est entrée dans Lyon, le 9 de ce mois… Le Comité a dit que les traîtres doivent être pris, leur punition doit être prompte…Mais laisserez-vous subsister une ville qui, par sa rébellion, a fait couler le sang des patriotes ?…Ce n’est pas une ville…Elle doit être ensevelie sous ses ruines… »

Article premier : Il sera nommé par la Convention Nationale, sur présentation du Comité de Salut Public, une commission extraordinaire de cinq membres pour faire punir militairement et sans délai les contre-révolutionnaires de Lyon.

Article deux : Tous les habitants de Lyon seront désarmés. Leurs armes sur le champ seront distribuées aux défenseurs de la Patrie. Une partie en sera remise aux patriotes de Lyon qui ont été opprimés par les contre-révolutionnaires.

Article trois : La ville de Lyon sera détruite. Tout ce qui fut habité par le riche sera démoli. Il ne restera que les maisons des pauvres, les habitations des patriotes égorgés, les édifices spécialement employés à l’industrie, les monuments consacrés à l’humanité et à l’instruction publique.

Article quatre : Le nom de Lyon sera effacé du tableau des villes de la république et portera désormais le nom de ” Ville affranchie “.

Article cinq : Il sera élevé sur les ruines de Lyon une colonne qui attestera à la postérité les crimes et la punition des royalistes avec cette inscription :

Lyon fit la guerre à la liberté, Lyon n’est plus !

La Ville doit porter le nom de «  Commune Affranchie », et c’est la terreur rouge qui s’abat sur Lyon jusqu’en  Avril 1794

La répression sera terrible : 1876 lyonnais sont condamnés et exécutés, guillotinés, fusillés ou mitraillés.

 5 Décembre 1793 : 271 personnes furent tirées à bout portant par des canons chargés à mitraille dans la plaine des Brotteaux (certains reposent dans la crypte de la Chapelle Expiatoire Rue de Créqui  Lyon)

Brotteaux-copie-1

Il a fallu à la Convention vingt-huit mille bombes, douze mille boulets, cinq mille obus, six mille cartouches à mitraille, neuf cent mille cartouches ordinaires, trois cent mille livres de poudre pour réduire à merci six mille défenseurs de Lyon, et ruiner l’une des plus belles et des plus fières cités de toute l’Europe (mille six cents maisons furent détruites pendant le siège)

 

Le chant de ces héros lyonnais  :

I. Aujourd’hui la ligue noire Vient se livrer à nos coups. Ami, verse-nous à boire Et la victoire est à nous. Triples yeux ! remplis mon verre: Le vin fait de bons guerriers; Bacchus mon Dieu tutélaire Arrosera nos lauriers.

II. Un plat bougre nous menace, La colère est sur son front. Crancé, foutre, quelle audace ! Veut nous faire la leçon : A nous, jour de Dieu, j’enrage ! Nous le fléau des pervers, Nous dont le mâle courage Se foutrait de l’univers.

III. Verse donc cher camarade, De soif tu me fais languir ; Verse encore une rasade, Et je veux vaincre ou mourir. J’en veux foutre cent par terre, Et de sang tout inonder. Oui je veux, dans la poussière, Rouler Albitte et Crancé.

IV. Gauthier, scélérat perfide, Assassin du Lyonnais ; Et toi Crancé, parricide, L’horreur de tous les Français, Ambitieux sanguinaires ! Les Lyonnais sont tous prêts : Ils embrassent leurs frères, Mais puniront vos forfaits.

V. Peut-être au sein de la gloire Un foutu morceau de plomb M’enverra sur l’onde noire, Vers ce bougre de Caron. Content, je perdrai la vie, Je m’en fous, j’aurai vaincu ; Quand on meurt pour sa patrie, N’a-t-on pas assez vécu ?

VI. Femme nargue le veuvage Quand j’aurai rendu l’esprit ; Dis-moi, foutre, est-on moins sage Quand on n’a pas de mari? Mais garde-toi qu’un faux frère Te fasse jamais la cour ; Celui qui tremble à la guerre Est un Jean-Foutre en amour.

VII. Tout l’univers nous contemple, Amis frappons-en plus fort ; Au monde donnons l’exemple, Aux brigands donnons la mort. Canonniers ! brûlez l’amorce ; Redoublons tous nos efforts, Faisons-leur entrer par force La vérité dans le corps.

VIII. La liberté, la patrie, Voilà le vœu de nos cœurs ! Pour cette muse chérie Nous jurons d’être vainqueurs. C’en est fait, le canon gronde, Nous ne voulons plus de paix. Que tous les brigands du monde Soient aux pieds des Lyonnais!

IX. Précy conduit nos phalanges, Les lauriers seront pour nous, Et du Rhône jusqu’au Gange On dira que sous nos coups, Des envoyés sanguinaires Ont vu près de nos remparts Une famille de frères Qui pour père a le dieu Mars.

X. J’entends une canonnade : Vite allons à l’ennemi ! Mais avant, une rasade A la santé de Précy; Son nom qu’annonce la gloire Seul fait trembler Montessuy. On est sûr de la victoire Quand on combat avec lui.

Pour l’écouter :

  JOSEPH  FOUCHE

            L’homme chargé de la répression à LYON, surnommé « mitrailleur de Lyon », pour avoir substitué à la guillotine, jugée trop lente, l’exécution de masse des habitants jugés suspects par la mitraille (des canons tiraient sur des groupes de plusieurs dizaines de condamnés). 1 683 Lyonnais sont victimes de la répression de Fouché.

 COUTHON  

                Sur la Place Bellecour,  (foyer de la révolution) ce paralytique  frappait  avec un petit marteau les façades destinées à être démolies, chassant les occupants, pour laisser la place aux démolisseurs enragés et le lendemain les immeubles avaient disparu. Il recevra avec Fouché les félicitations de l’Assemblée.

Pour en savoir plus lire :  LYON pendant la Révolution d’Albert CHAMPDOR – Editions Albert Guillot et pour la sortie du Général Comte de PRECY : Les Muscadins de Theizé – Jacques BRANCIARD – Editions du POUTAN…..

http://lyon.novopress.info