Ymbert de Batarnay

YMBERT DE BATARNAY

Né vers 1438, mort le 12 mai 1523 à Montrésor à 85 ans

                        Conseiller de 4 rois de France :                                                            

  • Louis XI (1423 / 1483) Roi en 1461
  • Charles VIII  (1470 / 1498) Roi en 1483
  • Louis XII (1462 / 1515) Roi en 1498  et
  • François 1er  (1494 / 1547) Roi en 1515 ;

Il était également le grand père maternel de la favorite d’Henri II : Diane de Poitiers

Le Dauphin Louis en désaccord avec son père Charles VII s’occupait de son gouvernement du Dauphiné, lorsque que lors d’une visite de ses terres dans la région de Vienne et Romans, vers 1455, il rencontra Ymbert de Batarnay,  (natif du Dauphiné) qui l’impressionna par sa dextérité pour chasser le faucon, et il l’attacha à son service. Devenu Roi, Louis XI  le nomma écuyer le 6.08.1461  valet de chambre,  garde et Capitaine du Mont St Michel.

Il l’envoya comme Capitaine des Places de Blaye et Dax en Guyenne, et il devint en 1465 Conseiller et Chambellan du Roi. Le roi l’envoie à Bourges en 1474, ville qui s’était rebellée à la suite d’une nouvelle taxe, puis en Roussillon.  Il aida le Roi lors de la prise de Perpignan et de la conquête du Roussillon en 1475,

Grâce au Roi, il fait un riche mariage avec Georgette de Montchenu, les parents opposés au Roi, perdirent leurs biens , et la Seigneurie du Bouchage qui revint toutefois à leur gendre.

Fin diplomate, bon gestionnaire aussi bien de ses biens propres, que de ceux de l’état, il sut se rendre indispensable.

Charles VIII, sur les recommandations de son père le garde à son service. Il est envoyé à Milan en juin 1494, puis en Allemagne en 1494, en Castille en 1497, et fait merveille pour aplanir et apaiser les conflits,  maintenir les Orléanais dans le Royaume alors que leur Duc les pousse à la révolte.

Sous Louis XII, il l’accompagne à Gênes en 1509, et continue ses missions diplomatiques.

François 1er lui demanda malgré sa vieillesse, par marque de confiance de s’occuper de la négociation du mariage de Renée de France Fille de Louis XII avec Charles d’Autriche,  de surveiller ses filles et le nomma  gouverneur du Dauphin François en 1518,

Le personnage :  Avide de biens, il sut acquérir de nombreux domaines, notamment dans le Dauphiné, puis le château de Bridoré,  en Indre et Loire, il reconstruisit le château de Montrésor. Louis XI l’appelait d’ailleurs «  le riche  comte »

 

Le château de Bridoré

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Chateau de BRIDORE

Le château de Bridoré se situe à proximité de la commune de Loches . Bâti sur un site élevé le donjon  domine de 30 m tous les environs.
Autour du donjon le château se compose d’un quadrilatère de 80m x 40 divisé en 2 parties, la cour basse qui abritait la garnison et les services et la cour haute composée du logis du seigneur et de la chapelle .
La forteresse de Bridoré a été édifiée au XIV° siècle sous Charles V par le maréchal de France Jean I°Le Meingre (1310-1368 ) puis par son fils Jean II Le Meingre dit Boucicaut , Maréchal de France sous Charles VI et compagnon de Du Guesclin .
Imbert de Bastarnay (1438-1523) conseiller du roi Louis XI, chambellan à la cour royale, achète Bridoré en 1475. Il met au point le principe de la défense enterrée, dont s’inspira Vauban : la caponnière il réhausse le donjon qui atteint ainsi 30 m et le couvre d’une charpente avec des échauguettes.
En 1641, le marquis de Viantais acquiert Bridoré . Une de ses filles fonde à Beaulieu -les -Loches le couvent des Viantaises; le fief de Bridoré leur appartient jusqu’à la révolution .
Vendu comme bien national à la révolution, il reste dans la même famille jusqu’à aujourd’hui Classé monument historique en 1911, restauré par les peintres Simone Lefèvre-Mouveau et Pierre Mouveau  c’est maintenant leur fille Véronique qui assure la conservation et la restauration de ce site.

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La Collégiale de Montrésor

On lui doit la construction de la Collégiale de Montrésor vers 1523, souhaitant en faire la sépulture de sa famille, mais il meurt en 1523 avant la fin des travaux en 1541 .  Dédiée à St Jean Baptiste, cette collégiale est considérée comme l’un des chefs d’œuvre de l’architecture de la première Renaissance. Elle abrite le tombeau en albâtre de son fondateur, des tableaux du XVIe siècle, une annonciation de Philippe de Champaigne et de belles stalles du XVIe siècle.

Vers 1550, le fils d’Imbert, René de Bastarnay, fera édifier au sud de la Collégiale une chapelle dédiée à Notre Dame de Lorette (sacristie). 

La collégiale forme une croix de Lorraine, à laquelle s’adossera au midi Notre Dame de Lorette. Long de 34m, large de 8m70, l’édifice est composé de cinq travées voûtées d’ogive avec des liernes interrompues à mi-distance et terminées de clés. Les deux chapelles de part et d’autre du chœur ont des voûtes à caisson et sont reliées aux bras du transept par deux couloirs voûtés en berceau. Sur les dix huit fenêtres initialement prévues seulement sept baies sont encore ouvertes, certaines n’ayant probablement jamais été percées et d’autre murées. 

La façade ouest présente deux portes à cintre surbaissé, encadrées de colonnes ornées de fines arabesques. Ces baies sont surmontées de niches à coquille abritant cinq statues malheureusement décapitées lors de la Révolution, on peut néanmoins reconnaître de gauche à droite : St Jean-Baptiste patron de l’église, Saint Marc Saint Jean, Saint Luc et Saint Matthieu ; de part et d’autre de cette galerie, la scène de l’Annonciation avec la Vierge et l’Ange Gabriel, au-dessous de cette scène, de part et d’autre toujours, une femme et un homme décapités, peut-être les représentations d’Imbert de Batarnay et de Georgette de Montchenu.

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Quatre bas-reliefs figurent sur cette façade des épisodes de la vie de Jésus : en haut à hauteur de la verrière, le Christ devant le grand-prètre Caïphe et le Christ devant Ponce-Pilate ; plus bas le jardin des oliviers et le portement de croix.

A mi-hauteur sur la façade un bandeau représente les quatre grands prophètes : Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et Daniel. Le bandeau supérieur lui enserre la Collégiale  de ses multiples personnages sculptés à mi-corps, dans un ressaut, les armoiries des Batarnay ont été bûchées lors de la Révolution. On note dans cet ensemble Renaissance les contreforts surmontés de pinacles qui montrent encore des influences gothiques.

Au-dessus de l’entrée latérale sud, on peut voir dans des médaillons d’élégants bas-reliefs symbolisant des scènes de la vie de Jésus : l’Annonciation, la Nativité, l’Adoration des mages… On remarque sur le front de l’arc les instruments de la passion du Christ. Plus haut trois niches vides surmontées d’anges.

  L’intérieur de l’église présente aussi beaucoup d’intérêt. Dans la nef, le tombeau des Batarnay qui a été, comme en témoigne une inscription, restauré en 1875 par la comtesse Xavier Branicka et placé dans cette entrée. Il était autrefois dans le chœur mais avait été démoli en 1793.

 

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Le soubassement carré du tombeau abrite des niches dans lesquelles on trouve les apôtres, mais aussi, près des angles, les quatre évangélistes et leurs attributs : Saint Matthieu et l’Ange, Saint Jean et l’Aigle, Saint Luc et le bœuf, Saint Marc et le Lion.

Les trois gisants sont encadrés par quatre anges agenouillés qui portent les armes des défunts.

Au premier plan, le gisant en marbre blanc d’Imbert de Batarnay avec les traits tirés de l’homme âgé ; on remarque son collier fait de coquilles d’où pend une médaille de St Michel symbolisant son appartenance à l’ordre de St Michel créé en 1470 par Louis XI.

TOMBEAU

 

A côté de lui, son épouse Georgette de Montchenu,  dont les pieds reposent sur deux griffons et  leur fils François de Batarnay mort jeune en 1513.
Au dessus du tombeau la fenêtre du pignon ouverte en 1876 avec un très beau vitrail Renaissance, autrefois placé dans le chœur, celui-ci fut restauré et installé là par la comtesse Branicka. Ce vitrail représente Saint Pierre, Saint Jean l’Evangéliste et Saint Jean-Baptiste.

Vitraux

La toile dans la chapelle nord attenante au chœur est une magnifique Annonciation du XVII siècle que l’on peut attribuer à Philippe de Champaigne.

CHAMPEIGNE

La Collégiale de Montrésor fait partie des chefs-d’œuvre français de la première Renaissance. Elle était inscrite dès 1840 dans la première liste des monuments historiques classés. Elle est en mauvais état à cette époque, la commune n’ayant pas d’argent pour l’entretenir. Néanmoins, en 1845, des travaux sur la toiture sont entrepris, puis on revoit quelques sculptures, mais la situation paraît toujours inquiétante comme en témoigne la lettre du 16 août 1853 du maire Chauveau au sous-préfet :

« Il n’est pas possible d’attendre plus longtemps, sauf à s’exposer à des réparations d’une très grande importance. La couverture, surtout celle du clocher, est dans un très mauvais état quelques voûtes sont aussi en mauvais état, tellement que lorsque M. le Curé en partant […] pour la procession, une pierre de la voûte, que l’on sonnait, est venue tomber sur la tête de M. le Curé, sans qu’heureusement elle lui est fait beaucoup de mal »

Le gros des travaux de couverture furent entrepris en 1868 grâce à une aide de 11000F du ministre des beaux-arts de la maison de l’Empereur. Pour ventiler les combles, quatre lucarnes en bois furent ajoutées par l’architecte des monuments historiques.

Pour la reconstruction du clocher et la restauration des voûtes il faudra attendre un don en 1875 du comte Branicki. On peut toujours voir au château la maquette de ce clocher réalisé sous la direction de l’architecte du comte, François Roguet. Le portail ouest sera restauré en 1917 et on déposera à l’intérieur le trumeau toujours visible.

http://montresor-mairie.over-blog.com/pages/Histoire_de_la_Collegiale-171313.html

 

Pour une visite intérieure de l’église de Montrésor  cliquer sur ce lien:

http://lesmouettes17.eklablog.fr/l-eglise-de-montresor-a106100282?noajax

 

Ce personnage peu connu  méritait de sortir de l’ombre et de revenir à la lumière quelques instants, pour ses nombreux services rendus auprès de 4 souverains de France,  bon serviteur, fin politique, il a contribué dans l’ombre à l’unité du Royaume de France.