Messe du 16 octobre 2010

Eglise Saint-Georges, Lyon

16 octobre 2010

 

+ Mes biens chers frères, assemblés à cette date anniversaire, nous pouvons nous demander : pourquoi célébrer une messe en l’honneur de la reine Marie-Antoinette ?

Au long des siècles de l’histoire de France et des dynasties, la monarchie française est, et a été vue comme une institution sacrée  fondée sur le baptême de Clovis et la consécration avec l’huile de la sainte ampoule. Voilà une vérité historique que garde fidèlement la « Présence du Souvenir Bourbonien ».

En voulant détruire la royauté, les révolutionnaires cherchaient à détruire l’Eglise catholique et ils ont essayé d’en faire une Eglise nationale sous la soit-disante autorité du peuple-souverain.

Si nous sommes réunis en ce jour anniversaire, ce n’est pas simplement pour faire mémoire de notre passé et regretter, sans doute que nos gouvernants ne se disent plus « lieutenant du Christ » (à l’école de Ste Jeanne d’Arc) ; ce n’est pas seulement pour refuser le culte de la déesse raison et de tous les matérialismes modernes et idoles de notre monde post-moderne ; c’est pour vivre et essayer de rayonner dans nos familles, dans la cité, de notre identité chrétienne et de notre vocation, notre mission à être « la lumière du monde » à être « les sentinelles de l’invisibles », selon la belle expression de JP II dans une lettre sur la vocation de la Femme.

« Etre la lumière du monde », non par orgueil ou élitisme, mais par humilité, en participant à la royauté du Christ en nous.  Or l’Evangile nous le dit : la souveraineté n’est pas en premier lieu un pouvoir, mais un Service : « Le Fils de l’Homme est venu pour servir et non pour être servi » ;

L’autorité, le pouvoir, la structure de la société naturelle ou surnaturelle, de la monarchie comme de l’Eglise catholique, ont pour but de réaliser les moyens mis en œuvre pour le bien commun, le bonheur temporel ou surnaturel, du  peuple de France ou du Peuple de Dieu.

Il nous faut retrouver l’ordre des choses, le bon ordonnancement du temporel et du spirituel. La modernité a coupé notre société de ses racines chrétiennes, tant en Europe, qu’en France…, et sans racines, sans la sève nourricière, les fruits et la récolte ne seront pas bons.

Alors, tournons-nous en ce mois d’octobre vers Notre-Dame du Très Saint Rosaire, ND de l’Assomption, ND Reine de F, pour implorer sa maternelle protection, elle ne peut nous le refuser, Louis XIII lui ayant consacré son royaume. Selon une belle expression, la  France est le Royaume, le jardin  de Marie. Et par Marie, par la Reine des Saints et des Anges, nous avons accès au Roi, au Christ-Roi.

La consécration de notre groupe au Sacré Cœur de Jésus, que nous ferons à l’issu de la messe auprès du baptistère, devant la statue du Christ nous montrant « ce Cœur qui a tant aimé les hommes », a pour but de nous enraciner dans les promesses de notre baptême ; puis d’en vivre intérieurement et socialement.   

Le Catéchisme de l’Église Catholique nous dit au n° 2105 « Le Christ est Roi sur toute la Création, et en particulier sur les sociétés humaines. » L’oraison de cette fête nous fait prier : « Dieu éternel et tout-puissant qui avez voulu réunir toutes choses dans votre Fils bien-aimé, Roi de l’univers, accordez, dans votre bonté, à la grande famille des nations, déchirée par la blessure du péché, de se soumettre à son joug plein de bonté. Lui qui, étant Dieu, vit et règne avec Vous » ; et la Préface précise: « Le Royaume du Christ est royaume de vérité et de vie, royaume de sainteté et de grâce, royaume de justice, d’amour et de paix. »

En instituant la fête du Christ-Roi, que nous fêterons bientôt,  le Pape Pie XI a voulu proclamer solennellement la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ sur le monde. Le Christ est Roi des familles et des cités, des peuples et des nations, le roi de l’univers entier.

Que le Sacré-Cœur, que ND de France, St Michel archange, Ste Jeanne d’Arc et Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, que tous les Saints de France protègent notre pays et nos familles +

Abbé Tancrède Leroux, recteur.