Nouvel an – Message de Mgr le Duc d’Anjou

En ce premier jour de l’année, faisons le vœu d’une France qui retrouve l’esprit de la volonté collective. La volonté qui fait gagner, et ouvre des voies nouvelles.

Pour ce faire la France doit reprendre en mains ses destinées et retrouver l’amour de son histoire, de ses traditions et de ses grands hommes.

Louis, Duc d’Anjou

Monseigneur porte le  cordon et la plaque de chevalier de l’ordre du Saint-Esprit. L’insigne est formé d’une croix de Malte avec des fleurs de lys dans les angles.

Au centre de la croix se trouve une colombe la tête à l’envers. L’ordre a été fondé en 1578 par Henri III.

https://www.psbenlyonnais.fr/les-ordres-de-chevalerie/

Joyeux Noël

JOYEUX  NOEL  2021

L’Adoration des Mages / Pierre-Charles Trémolières 1735

Le président et les membres du Conseil  d’Administration de Présence du Souvenir Bourbonien en Lyonnais

 vous souhaitent une sainte et belle  fête de Noël 2021 entourée de tous ceux qui vous sont chers, remplie de paix, d’amour, de partage et d’espérance

Sainte et heureuse fête de la Nativité à tous !

« Venez à notre secours et sauvez-nous ! » :

  Daignez Vous souvenir, Seigneur, que dans les circonstances douloureuses de notre histoire, Vous en avez fait l’instrument de vos Miséricordes à notre égard. Nous ne saurions l’oublier. C’est pourquoi nous Vous conjurons de conserver à notre patrie, coupable mais si malheureuse, la Protection dont Vous l’avez jadis entourée par le ministère de cet Archange vainqueur.

« Au nom du Sacré-Cœur de Jésus et par l’intercession de Marie Immaculée, très humblement prosternés devant Votre Majesté, ô Dieu Tout-Puissant, nous Vous supplions de bien vouloir envoyer Saint Michel pour qu’il nous secoure dans notre détresse.

 C’est à Vous que nous avons recours, ô Marie Immaculée, notre douce Médiatrice, qui êtes la Reine du Ciel et de la terre. Nous Vous en supplions très humblement, daignez encore intercéder pour nous.

 Demandez à Dieu qu’Il envoie Saint Michel et ses Anges pour écarter tous les obstacles qui s’opposent au règne du Sacré-Cœur dans nos âmes, dans nos familles et dans la France entière.

 Et vous, ô Saint Michel, prince des milices célestes, venez à nous. Nous vous appelons de tous nos vœux ! Vous êtes l’Ange gardien de l’Eglise et de la France, c’est vous qui avez inspiré et soutenu Jeanne d’Arc dans sa mission libératrice. Venez encore à notre secours et sauvez-nous !

Dieu vous a confié les âmes qui, rachetées par le Sauveur, doivent être admises au bonheur du Ciel. Accomplissez donc sur nous la mission sublime dont le Seigneur vous a chargé.

 Nous plaçons tous nos intérêts spirituels, nos âmes, nos familles, nos paroisses, la France entière, sous votre puissante protection.

Nous en avons la ferme espérance, vous ne laisserez pas mourir le peuple qui vous a été confié ! Combattez avec nous contre l’enfer déchaîné, et par la vertu divine dont vous êtes revêtu, après avoir donné la victoire à l’Eglise ici-bas, conduisez nos âmes à l’éternelle Patrie. Ainsi soit-il. »

Martin Drexler – Sacristain à Notre-Dame de Paris mort en 1902

Message de Mgr le Duc d’Anjou

Cinquième édition de la NUIT DU BIEN COMMUN,
Les co-fondateurs de cet évènement annuel qui se propage dans toute la France et l’Europe : les « mousquetaires du don », que sont Stanislas Billot de Lochner, Pierre-Edouard Stérin et Thibault Farrenq ont permis à 12 associations de venir présenter leur projet et de repartir avec plus d’un million de dons.
Ce 15 novembre 2021 à l’OLYMPIA en présence du Prince Louis de BOURBON PARME

La Nuit du Bien Commun – Message de Mgr le Duc d’Anjou

J’ai été très touché et heureux de participer lundi à l’Olympia à la 5° édition de La Nuit du Bien Commun. Cette grande soirée de générosité met en lumière des associations au service des plus fragiles et pour le bien de tous. Ces entrepreneurs sociaux nous poussent à voir toujours plus loin et plus grand.

La soirée était magnifique et les coeurs généreux.

Le Bien commun ainsi est réaffirmé et redevient l’objectif de ceux qui sont les pionniers lucides du monde d’après.

Louis, Duc d’Anjou

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Éditorial publié dans Valeurs Actuelles n° 4432, 4 novembre 2021.

Perdu de vue par un État devenu distributeur de droits, le Bien commun est redécouvert par les structures élémentaires de la société, qui le remettent au cœur du monde de demain.

Comme le beau, le juste ou le vrai, le bien faisait partie de l’armature fondatrice de notre société, héritage de 15 siècles de message chrétien. Dans la sphère publique on parlait plus couramment de bien public ou commun, parangon de la chose publique ou Res publica résultant d’une longue tradition politique qui reposait sur l’État garant des intérêts supérieurs de tous. L’homme doit y tendre tout autant que l’État, du moins est-ce ainsi que je le ressens comme descendant de Saint Louis. Cette volonté, autant individuelle que collective, de se transcender par le don et la gratuité, donne du sens à la vie privée et à la pratique publique.

La France a pu, ainsi, développer son modèle social, le roi étant dès les premiers capétiens, le garant de ce bien commun, de ce bien public qui a permis à la Couronne puis à l’État de conserver longtemps sa qualité d’arbitre des passions. L’actuelle crise des institutions a fait vaciller cette notion de bien commun au profit d’intérêts privés plus ou moins puissants et contradictoires. Ce qu’on croyait immuable comme découlant d’un droit naturel jusqu’alors évident pour tous, peu à peu s’est délité. L’action publique détachée de la finalité du bien commun qui permet de souder la nation, n’assure plus le consensus social nécessaire à la communauté de destin.

Notre société post-moderne est celle de l’individualisme sans frein qui conduit à laisser les plus humbles sur le bord de la route. Au bien commun et au service, la société, trop souvent, s’est mise à préférer la revendication de droits inspirés par des minorités. Des droits, sur tout et pour tout : au logement, à la santé, à l’enfant voire au sexe ; droits économiques, civiques, droits sociaux etc. Cette accumulation crée autant de dérèglements, car ces droits n’ont plus, pour les équilibrer, les devoirs que la finalité du bien public garantissait. Le lien social s’est distendu et la redistribution par l’État, l’impôt et les privilèges sectoriels ne peuvent y suffire.

Comme dans toutes les crises, par une subsidiarité bien comprise, le bien commun est désormais réhabilité par la sphère privée. C’est dans le cercle des familles et d’entrepreneurs sachant aller hors des sentiers battus que le retour de la recherche du Bien commun apparait désormais comme essentiel pour que la société puisse retrouver du sens et se réinscrire dans des perspectives d’un futur collectif et partagé. Le bien commun a l’avantage de pouvoir être exercé par tous. Riches et pauvres, enfants ou adultes sont sur ce point à égalité. Mû par ce souci, chacun peut agir en donnant un peu plus que ce qu’il reçoit, en partageant se part de gratuité. Pour les plus riches c’est l’occasion de rappeler que la propriété est plus une fonction qu’une richesse. Plus un service qu’un privilège. Que l’avoir ne peut remplacer l’être.

Tendre au Bien commun est le fait d’une société ordonnée à des fins supérieures et qui dépasse l’égoïsme de la satisfaction individuelle. La société à laquelle aspirent tous ceux qui ne se retrouvent plus dans celle qui leur est actuellement offerte. Sans lui l’édifie social est ébranlé. Il est, en effet, le premier lien entre les hommes qui permet à chacun de recevoir et de donner jusqu’au sacrifice s’il le faut. Cela était naturel pour nos aïeux. Le bien commun habitait « ceux de 14 », honorés cette semaine, comme il anime toujours nos soldats qui veillent pour nous, dans des opérations souvent lointaines. Sans le sens du bien commun que serait le devoir ? Ces exemples signifient qu’au-delà de la démission qui frappe un grand nombre, il y a le sursaut d’autres. Voilà ce qui compte !

Heureusement, le souci du bien commun anime les meilleurs, ne fussent-ils encore qu’une petite cohorte. Je suis admiratif des expériences dont on me fait part, d’initiatives comme celle de la Nuit du Bien Commun. Là c’est une Fondation, ici un fonds de dotation, là encore, des actions ponctuelles. Autant de projets au service du Bien commun. De plus en plus de personnes se rendent compte que le modèle actuel de société est à bout puisqu’il ne sert plus l’homme. Face à tant de vacuité et de perversions des idées et parfois même des institutions, des principes supérieurs sont redécouverts non seulement pour eux-mêmes mais encore plus parce qu’ils sont reconnus comme fondamentaux. Sans eux, la vie commune est impossible. Ce sont la défense de la vie de la conception aux derniers jours, la primauté de la famille naturelle et du respect de son devoir d’éduquer les enfants.

Le Bien commun ainsi est progressivement réaffirmé et redevient l’objectif de ceux qui sont les pionniers lucides du monde d’après. Tel est ce dont témoignent les dossiers qui seront présentés lors de la Nuit du Bien commun dont la majorité porte sur la famille, la formation et l’accompagnement à la personne. Ils méritent tous d’être aidés. Ainsi, le bien commun redevient un puissant levier du dynamisme social dont a tant besoin la France d’aujourd’hui pour préparer celle de demain.

Louis, Duc d’Anjou

« Reconstruire Notre-Dame à l’identique s’inscrit dans un processus de résilience nationale »

Laurent Ottavi – published on 13/11/21

Véritable historien des cathédrales, Mathieu Lours revient dans « Notre-Dame des siècles, une passion française » (Cerf), sur le lien unique entre Notre-Dame de Paris et l’histoire de la France. Il répond aux questions de Aleteia.

Dans le magnifique album Notre-Dame des siècles, une passion française(Cerf), Mathieu Lours, historien de l’architecture religieuse et professeur à l’université de Cergy-Pontoise, montre combien Notre-Dame de Paris se situe au cœur de l’idée nationale. La cathédrale est pour lui bien plus qu’un simple lieu de mémoire puisque son histoire continue aujourd’hui à s’écrire, toujours confondue avec celle de la France. 

Aleteia : vous écrivez au début de votre livre que Notre-Dame de Paris est « à la fois un traité de théologie catholique, un roman fantastique et un livre d’histoire », le dernier point étant l’objet du livre. Qu’entendez-vous par « livre d’histoire » dans ce contexte ?
Mathieu Lours : Notre-Dame est un édifice achevé au début du XIVe siècle. Elle a alors été léguée en héritage au clergé qui l’habite et au roi qui l’utilise politiquement. Elle existe ensuite pendant huit siècles sous sa forme actuelle. L’architecture et le décor sont en quelque sorte l’écume de tout un océan lié aux évolutions politiques, sociales, économiques du royaume de France. Si l’on considère uniquement la cathédrale du point de vue stylistique, nous perdons de vue tout le terreau sur lequel a germé cette architecture gothique. Nous comprenons mal, surtout, la passion déclenchée par l’incendie, en 2019. 

Pourquoi avoir choisi un parcours chronologique ?J’ai longtemps hésité entre chronologie et parcours thématique. La seconde option aurait demandé une parfaite maîtrise de la chronologie de la part du lecteur. J’ai donc choisi la première option mais sans m’y restreindre. Je vois l’Histoire comme la rencontre d’une horizontalité (comprendre une époque dans tout ce qu’elle a de cohérent) et d’une verticalité (comment se fait le passage d’une période à une autre : transitions, ruptures, continuités). J’ai, par conséquent, préféré suivre le déroulement de la chronologie verticale et m’arrêter à certains moments clés où je rétablissais l’horizontalité. Ce choix permettait d’articuler au mieux l’analyse et le récit, car l’histoire est aussi un récit. Le lecteur aime d’ailleurs être emmené dans un récit qui a un début, une suite et, heureusement pour Notre-Dame, pas de fin pour le moment. 

En quoi Notre-Dame fut-elle au cœur de la naissance de l’idée nationale ?
Cela s’explique par le fait qu’elle est fondée pour assurer la continuité spirituelle entre l’Empire romain et le Moyen Âge. Elle est construite pour être le siège de l’évêque, soit le fonctionnaire de la religion romaine devenue officielle en 383. Notre-Dame devient par la suite un des lieux de légitimation des rois mérovingiens : Childebert va notamment réaliser de profonds travaux de transformation dans la basilique de l’antiquité tardive ; il se comporte ainsi comme un empereur en montrant que, dans son royaume des Francs, il est toujours le protecteur de la foi et celui qui assure l’évergétisme, les donations aux grands édifices publics par exemple.

NOTRE DAME DE PARIS
Enluminure de Jean Fouquet représentant Notre-Dame de Paris au fond, XVe siècle

Artokoloro / Quint Lox / ARTOKOLORO QUINT LOX / Aurimages via AFP

Quels liens entre le trône et la nation incarne Notre-Dame ?
Le lieu légitimant pour le pouvoir royal est l’abbatiale de Saint-Denis : s’y trouvent les tombes des rois et les insignes de la royauté conservés en dehors du moment du sacre. L’autre lieu majeur pour la royauté est Reims, lieu du sacre. Notre-Dame, elle, incarne l’exercice du pouvoir. À partir du moment où le roi siège dans l’île de la cité de manière fixe, soit à partir de Philippe Auguste même si l’on pourrait remonter encore à l’an 1000 avec les Robertiens, les rois se rendent à Notre-Dame pour les grandes fêtes de l’année et les mariages princiers y ont lieu. Lorsqu’on part en croisade, l’oriflamme est prise à Saint-Denis mais le départ se fait de Paris. Surtout, après le sacre, c’est à Notre-Dame que le roi de France vient prêter serment de défendre les libertés des Églises gallicanes face aux prétentions du Pape. En échange, l’Église gallicane défend l’indépendance du roi face au Pape et à l’empereur. Ce pacte politique a lieu à Notre-Dame. 

Comment la cathédrale traverse-t-elle ensuite la Révolution ?
De façon paradoxale. Elle est à la fois profanée et heureusement sauvegardée. Pourquoi le culte de la Liberté, de la Raison ou de l’Être suprême, les trois formes qu’a pris le culte révolutionnaire, a eu besoin de Notre-Dame ? Parce qu’elle est devenue en 1790 la propriété de la nation comme tous les autres biens du clergé. Si la nation change de religion, c’est dans son temple qu’elle doit continuer à s’écrire. Les révolutionnaires, et notamment la Commune insurrectionnelle de Paris, cherchent d’ailleurs à récupérer Notre-Dame en tant que symbole de l’identité nationale. Le culte y est rétabli finalement en 1795 grâce à des pétitions de citoyens catholiques. 

Le Sacre de Napoléon et Joséphine à Notre-Dame de Paris par le peintre David.

Le Premier Empire est-il le prolongement de la Révolution de ce point de vue ?
L’Empire est la suite de cette logique révolutionnaire : Notre-Dame devient le principal temple de la nation.Napoléon souhaite se faire enterrer à Saint-Denis mais il ne veut pas de Reims qui fait partie de l’Ancien Régime et fait, surtout, partie d’une mystique (les rois thaumaturges, la sainte Ampoule) que Napoléon ne veut surtout pas prolonger. Il veut apparaître comme un souverain des Lumières, fondé sur la raison et le respect de la loi républicaine. Son couronnement est d’ailleurs un double sacre : après avoir couronné Joséphine et s’être couronné soi-même, il s’est rendu dans la nef sur une gigantesque tribune pour prêter le serment civique. Le Pape, entre temps, est parti car trop de choses dans le code civil sont contraires au catholicisme, comme le divorce. 

Depuis dix-sept siècles, à part trois années pendant la Révolution, l’édifice de Notre-Dame, même s’il a changé de forme, n’a pas changé de fonction et est toujours affecté au culte catholique.

Comment se réarticule, après la Révolution et l’Empire, le lien de Notre-Dame avec la nation ?Il se pérennise car Notre-Dame demeure une propriété nationale jusqu’à aujourd’hui, ce qui a été confirmé en 1905. Pour une autre raison également : il y a l’idée que pour habiter la légitimité nationale, il faut rencontrer l’histoire de France où l’héritage chrétien est très présent. Depuis dix-sept siècles, à part trois années pendant la Révolution, l’édifice de Notre-Dame, même s’il a changé de forme, n’a pas changé de fonction et est toujours affecté au culte catholique. Notre-Dame permet aux dirigeants de s’inscrire dans une civilisation et donne un sens à l’Histoire.

En quoi Notre-Dame a-t-elle aussi été, pendant tous ces siècles, le théâtre d’une certaine séparation du politique et du religieux ?
Elle est un lieu où le politique essaie d’utiliser le religieux. C’est vrai depuis Philippe le Bel qui organise les premiers états généraux à Notre-Dame en 1302. Elle est aussi un lieu de divorces, sous la Révolution mais aussi à partir du moment où la République est dominée par l’anticléricalisme (1881) jusqu’au rétablissement des relations diplomatiques avec le Saint-Siège en 1921. Pendant ces quarante années, les chefs d’État et de gouvernements ne se rendent pas aux grandes cérémonies à Notre-Dame, même après le ralliement des catholiques à la République. Clémenceau n’a, par exemple, jamais mis les pieds dans les cérémonies organisées à Notre-Dame pour la célébration de la victoire de 1918 ! L’apaisement des relations entre le Saint-Siège et la France et, surtout, la Première Guerre mondiale avec la mise en avant de figures nationales qui font consensus comme Jeanne d’Arc, ont permis d’entrer par la suite dans une période moins tendue entre catholicisme et politique. 

notre dame de paris
Les portails de Notre-Dame de Paris protégés pendant la Première Guerre mondiale.

Musée Carnavalet – Public Domain Dedication (CC0 1.0)

Pourquoi écrivez-vous que Notre-Dame est plus qu’un lieu de mémoire ? La mémoire est associée au passé. Or, le présent et le futur s’écrivent encore à Notre-Dame qui est aujourd’hui un lieu à la fois culturel et cultuel. Elle est en ce sens comme toutes les églises à leurs échelles, non pas un lieu fossile mais actif. 

Cela explique-t-il la portée symbolique de l’incendie de 2019 ?
Oui. Chacun a vu, alors, brûler ce qu’il a voulu voir : un monument, une cathédrale, la réminiscence d’un dessin animé, d’une lecture, de son enfance. Cet incendie renvoyait aussi à tous les drames nationaux. La reconstruction de Notre-Dame s’inscrit, d’autre part, dans un processus bien particulier : il s’agissait, au début, de reconstruire en plus moderne la cathédrale ; c’est devenu un chantier qui accompagne la sortie d’une pandémie avec une crise civique (privation de certaines libertés) et une crise économique. Reconstruire Notre-Dame à l’identique s’inscrit donc aujourd’hui dans un processus de résilience nationale.

NOTRE DAME DES SIECLES

Notre-Dame des siècles, une passion française, par Mathieu Lours, Cerf, novembre 2021.

https:// fr.aleteia.org/2021/11/13/reconstruire-notre-dame-a-lidentique-sinscrit-dans-un-processus-de-resilience-nationale/

Message de Mgr Viganò

Message de Mgr Viganò pour la manifestation contre les mesures pandémiques dans la Confédération Helvétique

Bern, le 12 novembre 2021

Chers amis,

Beaucoup d’entre vous n’auraient jamais pensé que la Suisse finirait par suivre l’Italie et d’autres nations en s’adaptant docilement aux diktats de l’élite, y compris en matière d’urgence pandémique. Votre Confédération, en effet, est déjà très en avance sur les autres pays sur la voie de la mondialisation et l’empreinte du Nouvel Ordre Mondial est très marquée dans la vie des grandes villes suisses. Et tout comme la Suède a été épargnée par les lockdown et les masques, on aurait pu penser qu’en Suisse aussi, les mesures destinées prétendument à contenir la contagion n’auraient pas adopté le modèle désastreux dont l’Italie est un triste exemple. D’autre part, le Forum Économique Mondial étant basé à Davos, certains d’entre vous auraient pu espérer que Klaus Schwab vous aurait épargné d’expérimenter vous aussi ce qui attend l’ensemble de l’humanité, si seulement nous laissons se réaliser son délirant Great Reset[1], partagé par l’ONU sous le nom d’Agenda 2030[2]. Pourtant, si vous pensez à ce qui vous a été montré le 1er juin 2016 avec l’ouverture du tunnel du Saint Gothard, vous devriez avoir une idée des principes qui inspirent ce Nouvel Ordre.[3]

Vous êtes ici aujourd’hui pour protester contre le renforcement des mesures sanitaires et de contrôle, adoptées par le gouvernement fédéral suisse sous le prétexte de la soi-disant pandémie. Ce qui est prévu pour la Suisse, comme vous le savez, a également été adopté en tout ou en partie dans d’autres pays, dont l’Italie et la France. La discrimination à l’encontre des personnes non vaccinées est déjà une réalité dans de nombreux pays, tout comme le suivi des citoyens au moyen de passeports vaccinal, la suspension du salaire pour ceux qui ne se soumettent pas aux contrôles et la possibilité pour les Autorités publiques de légiférer en dérogation aux lois ordinaires et à la Constitution elle-même.

Mais laissez-moi vous poser quelques questions.

Protestez-vous parce que vos libertés constitutionnelles sont restreintes, ou parce que vous vous rendez compte que ces premières mesures de contrôle ne sont que la première étape d’une annulation progressive de votre liberté individuelle, absorbée par un État/Médecin qui décide de vous soigner à votre place, un État/Patron qui décide si et quand vous pouvez sortir de chez vous, travailler, aller au restaurant, voyager ?

Manifestez-vous contre le passeport vert tout en acceptant le récit de la pandémie et des vaccins, ou avez-vous réalisé que cette farce colossale est basée sur un virus produit en laboratoire et répandu pour créer une urgence pandémique qui donnerait un prétexte pour mettre l’humanité entière sous contrôle ?

Êtes-vous descendus dans la rue parce que vous êtes agacés de devoir scanner votre QR-code pour entrer au bureau ou à l’usine et que, de toute façon, vous vous êtes inoculé le sérum génique expérimental, ou êtes-vous bien conscients de l’inefficacité de ces soi-disant vaccins, du risque d’effets indésirables même très graves à court et à long terme, et de l’absence de responsabilité des entreprises pharmaceutiques qui vous utilisent comme cobayes et qui, si vous tombez malade ou mourez, n’auront  pas à payer de dommages ni à répondre devant un quelconque tribunal ?

Et enfin : avez-vous décidé de protester parce que la liberté de ne pas être soumis à des contrôles sanitaires que vous invoquez est la même liberté au nom de laquelle vous considérez comme juste le droit de tuer les enfants dans le ventre de leur mère, les personnes âgées et les malades sur leur lit d’hôpital ? La même liberté qui légitimerait les unions homosexuelles et la théorie du genre ? Est-ce là la liberté à laquelle vous faites appel ? La liberté d’offenser la Loi du Seigneur, de blasphémer Son Nom, de violer la loi naturelle qu’Il a inscrite dans le cœur de chaque homme ?

Parce que si tout ce que vous voulez, c’est être libre de faire ce que vous voulez, votre manifestation n’a aucun sens : ce sont précisément ceux qui vous parlent d’égalité des sexes, de droit à la « santé reproductive », d’euthanasie, de maternité de substitution et de liberté sexuelle qui vous tiennent tous désormais sous leur emprise, décidant de ce qui est bon pour vous au nom de « votre bien », de la santé publique ou de la protection de la planète. Ce sont eux qui combineront bientôt votre laissez-passer vert avec votre carte d’identité numérique, votre compte bancaire, votre statut fiscal, salarial, de sécurité sociale et de santé, et qui, ce faisant – pour « votre bien » – pourront décider si vous pouvez travailler, voyager, aller au restaurant, acheter un steak ou des insectes.

Cette liberté vous a fait croire que vous êtes « libre », tandis que ceux qui veulent que vous soyez des serviteurs obéissants vous laissent courir avec la laisse, vous donnant l’illusion de pouvoir faire ce que vous voulez, d’avoir le « droit » d’avorter, de vivre à l’encontre des préceptes de la morale naturelle et chrétienne, de pouvoir vous comporter comme si Dieu n’existait pas, comme si vous n’auriez jamais à comparaître devant Lui au jour du jugement.

Mais cela n’est pas la liberté : c’est la licence, c’est le libertinage. La liberté de damner vos âmes, pas la liberté de vivre honnêtement et de mériter le paradis. La vraie liberté, en revanche, est la faculté d’agir dans les limites du Bien, et c’est la liberté à laquelle vous devez aspirer, c’est la liberté que vous devez revendiquer avec courage et fierté, c’est la liberté qui « vous rendra libres » (Jn 8,32).

La liberté de choisir de ne pas se laisser tromper par les promesses de ceux qui prévoient un avenir meilleur, écodurable, inclusif, tolérant, résilient et gender fluid, tout en vous obligeant à n’acheter que les produits qu’ils ont mis à disposition sur Internet, à commander votre déjeuner et votre dîner par livraison (delivery), à vous faire soigner par télémédecine, à suivre des cours à distance, à ne pas aller au bureau grâce au smart working. 

Je parle de la liberté de dire non à ceux qui, tout en vous promettant des progrès dans le monde du travail et en vous montrant avec enthousiasme le temps libre dont vous pourrez profiter avec des horaires réduits, réduisent votre salaire, suppriment la protection syndicale, vous privent des moyens de subsistance pour faire vivre une famille, vous obligent à vivre dans des appartements toujours plus petits, toujours plus anonymes, toujours plus dans les banlieues. De dire non à ceux qui vous privent d’abord de l’autonomie d’un travail en créant du chômage et en éliminant les spécialisations professionnelles, et qui vous offrent ensuite le revenu de citoyenneté avec lequel vous rendre esclave, soumis au chantage d’un État qui décide des conditions dans lesquelles vous pouvez travailler.

La liberté que vous devez revendiquer, c’est de ne pas accepter passivement le récit médiatique, la fraude colossale de toute une catégorie asservie à l’élite, engagée dans la diffusion du mensonge et de la censure de la vérité, payée pour plaire au pouvoir et réprimer la dissidence ; la liberté d’exiger des journalistes qu’ils retrouvent la dignité de l’éthique professionnelle, de la déontologie, et non l’infamie de la servitude courtisane à des maîtres jamais rassasiés de pouvoir.

La liberté de parole que vous devez tous invoquer, et en particulier ceux d’entre vous qui ont des rôles de responsabilité ou qui exercent des professions liées à l’urgence actuelle – médecins, paramédicaux, forces de l’ordre, magistrats, politiciens – est la liberté de révéler la corruption, les conflits d’intérêts, la connivence, le silence et la complicité d’un système fondé sur la tromperie, la fraude, le terrorisme psychologique et la manipulation de la réalité. La liberté de refuser de consentir à un crime contre l’humanité exécuté avec une détermination impitoyable.

Nous pouvons nous demander si, avec la victoire de ce référendum le 28 novembre, quelque chose va changer. La Constitution suisse favorise la participation active des citoyens et donnera un signal fort au Conseil fédéral pour qu’il renonce à ses intentions. Mais ne pensez pas que votre combat pour les droits fondamentaux s’arrête là : l’attaque est mondiale et chacun doit être conscient de la menace qui pèse sur nous tous.

Il ne s’agit pas d’une bataille dans laquelle nous pouvons vaincre l’ennemi commun avec la seule force humaine : il s’agit d’une bataille historique dans laquelle les destinées de l’humanité dans son ensemble sont en jeu, ainsi que celles de chacun de nous individuellement, dans le temps et dans l’éternité. Nos vies mêmes, notre identité, notre individualité sont en jeu. Et surtout : les partisans du Great Reset sont intrinsèquement anti-chrétiens et anti-christiques, car ce « Nouvel Ordre » n’est que le chaos infernal.

Vous avez la possibilité de décider. Non pas tant si le laissez-passer vert est illégitime, mais si vous voulez renier définitivement ce qui reste de votre liberté, en laissant que vous soit imposé le cauchemar dystopique d’une tyrannie aujourd’hui sanitaire, demain écologique ou transhumaine. Et que Dieu assiste et protège les Siens.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque

12 novembre 2021

(©Traduction de Francesca de Villasmundo relue et corrigée par l’auteur pour MPI)

Notes de bas de page

[1] Voir le site du Forum économique mondial : https://www.weforum.org/great-reset/

[2] Voir le site web des Nations Unies : https://unric.org/it/agenda-2030/

[3] https://www.youtube.com/watch?v=g0B28vi3u8c

Message de Mgr Viganò pour la manifestation contre les mesures pandémiques dans la Confédération Helvétique