Poils de barbe d’Henri IV

Des poils de barbe attribués à Henri IV ont été vendus aux enchères

Paris Match | Publié le 28/09/2019 à 23h30 |Mis à jour le 29/09/2019 à 00h53 Dominique Bonnet

Portrait d’Henri IV par Frans Pourbus dit le Jeune, 1610 (collection privée) – Poils de barbe attribués à Henri IV, vendus aux enchères le 19 septembre 2019 par la Maison Ader
Portrait d’Henri IV par Frans Pourbus dit le Jeune, 1610 (collection privée) – Poils de barbe attribués à Henri IV, vendus aux enchères le 19 septembre 2019 par la Maison AderFine Art Images/Heritage Images/Getty Images – Ader

Acheter aux enchères des poils de barbe. L’idée peut paraître saugrenue, sauf quand ceux-ci sont attribués au roi de France Henri IV.

Ce 19 septembre 2019, la maison de vente parisienne Ader a mis aux enchères à l’Hôtel Drouot des armes anciennes et des souvenirs historiques. Parmi les 329 lots proposés, figuraient des poils de barbe, présentés sous verre, dans un cadre rond en bois. Estimé entre 6.000 et 8.000 euros, l’objet a été adjugé 8.960 euros. Il faut dire que ces longs poils noirs entremêlés auraient orné le visage d’un homme illustre: le roi de France Henri IV. Lequel arborait pourtant une barbe blanche, sur ses portraits à la fin de sa vie.

Poils de barbe attribués à Henri IV, vendus aux enchères le 19 septembre 2019 par la Maison Ader
Poils de barbe attribués à Henri IV, vendus aux enchères le 19 septembre 2019 par la Maison Ader© Ader

Mais la royale origine de ces restes humains serait attestée par le billet écrit à la plume qui les accompagne, ainsi que par une notice qui se découvre au dos du reliquaire. On y apprend qu’ils auraient été recueillis sur la dépouille du souverain, près de deux siècles après son assassinat en 1610 par Ravaillac alors qu’il n’avait que de 56 ans.

Exhumée, la dépouille d’Henri IV a été exposée en octobre 1792

Ce serait lors de la profanation de son tombeau -et de ceux des autres rois et reines de France- dans la basilique de Saint-Denis, pendant la Révolution française, que Louis-Mathieu Langlès, alors gardien des lieux nommé par la Convention nationale, aurait récupéré ces poils. Il les aurait donnés ensuite à Jean-Augustin Cappronnier, administrateur et conservateur de la Bibliothèque du roi Louis XVIII. Comme le rappelle la Maison Ader dans le catalogue de cette vente, «le cercueil d’Henri IV fut ouvert le 12 octobre 1792, le corps très bien conservé fut exposé jusqu’au 14 octobre. Nombre de reliques comme les cheveux, les ongles ou les poils de barbe furent prélevées entre-temps».

Notice figurant au dos du reliquaire contenant des poils de barbe attribués à Henri IV, vendus aux enchères le 19 septembre 2019 par la Maison Ader
Notice figurant au dos du reliquaire contenant des poils de barbe attribués à Henri IV, vendus aux enchères le 19 septembre 2019 par la Maison Ader© Ader

Le Tapis commandé par Louis XVIII pour la cathédrale est sauvé des flammes et des eaux

L’immense tapis de Notre-Dame de Paris sauvé des eaux

AFPVendredi, 13 septembre 2019 06:26

Paris | Quand l’immense tapis richement tissé au début du XIXe siècle pour Notre-Dame de Paris a été évacué quelques jours après l’incendie qui a ravagé la cathédrale, les experts craignaient un rapide pourrissement par l’eau. Mais de délicates opérations ont permis de le sauver, avant une restauration qui devra lui rendre tout son lustre. 

«Notre peur était qu’il pourrisse. Après l’incendie, c’était de tous côtés une course contre la montre et il y avait bien d’autres priorités. Six jours après l’incendie, soit un délai incompressible, nos équipes ont reçu l’autorisation et l’ont emmené dans nos réserves au sud de Paris», a raconté à l’AFP Hervé Lemoine, directeur du Mobilier National qui gère les meubles et objets précieux des bâtiments officiels.  AFP

Au moment de l’incendie de Notre-Dame, le 15 avril, le précieux tapis était confiné en deux parties de part et d’autre du choeur dans des caisses qui l’ont protégé du plomb fondu et des bois enflammés. 

«Quand on l’a déroulé, notre soulagement a été grand: on pouvait le sauver, il n’avait pas commencé à pourrir» sous les tonnes d’eau projetées par les pompiers, raconte le directeur. AFP

Lors des Journées européennes du patrimoine, de vendredi à dimanche prochains, une estrade surélevée permettra aux visiteurs d’en avoir une vue d’ensemble, dans la grande salle des réserves du Mobilier National. 

La restauration de ce tapis de laine de 25 sur 7,35 mètres prendra plusieurs mois et va commencer après les Journées. Sur ce tapis tissé à la manufacture de la Savonnerie entre 1825 et 1833 d’après un carton de Jacques-Louis de la Hamayde, des cornes d’abondance, des couronnes de fleurs aux couleurs vives s’entremêlent à une croix, une mitre ou encore une crosse. Des symboles royaux, dont on distingue encore les traces noires, avaient été retirés sous la Monarchie de Juillet (1830-1848) qui marque la fin de la royauté en France.  AFP

Ici et là des auréoles d’humidité, des déchirures dans la trame, des tâches, des trous provoqués par les mites.  

«On fait don de cette restauration au diocèse, il était important de montrer que, dans l’effort national, une institution comme la nôtre se mobilisait pour le sauver», explique M. Lemoine. 

Bouillon de culture

L’opération a été complexe: trempé, le tapis pesait près de trois tonnes alors qu’il n’en pèse qu’une sec. L’eau sale avait drainé avec elle poussières, matières grasses, cendres de bois brûlé. 

«Enroulé, il serait un bouillon de culture, il pouvait pourrir. Une fois déroulé, il a fallu le sécher dans une gigantesque soufflerie, puis le congeler pour éviter la prolifération des moisissures. Le replier a été compliqué, il fallait le faire entrer dans un grand conteneur réfrigéré, dont la température a été abaissée progressivement à – 35 degrés. Cette opération-là a duré 24 heures. Après, on l’a emmené ici», raconte le directeur du Mobilier National.  

Le roi Louis XVIII (1815-1824) l’avait commandé, Charles X mis en production en 1825. Terminé sous Louis-Philippe en 1838, il a été présenté une première fois au Louvre. Livré en 1843 à la cathédrale, il a été déployé pour le sacre de Napoléon III, puis au baptême du prince impérial en juin 1856.  

Il sera ensuite exposé à diverses circonstances, plutôt rarement: une visite du tzar Nicolas II, une première messe retransmise à la télévision en 1948, une visite du pape Jean Paul II… 

Le tapis de Notre-Dame sera l’attraction principale pour les visiteurs pour les Journées du patrimoine.  

Prestigieux, mais mal connu, le Mobilier national et ses différentes annexes tentent de mieux se faire connaître: ici sont conservés, restaurés des meubles, tapisseries et tapis précieux, mais sont aussi réalisées de nouvelles créations. 

https://www.journaldemontreal.com/2019/09/13/limmense-tapis-de-notre-dame-de-paris-sauve-des-eaux (cliquer sur les photos pour voir les détails)

https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/un-tresor-du-patrimoine-sauve-des-flammes-de-notre-dame-le-tapis-de-quotlouis-philippequot-va-etre-restaure-1186636.html

Procès canonique, en vue de la béatification et de la reconnaissance de 24 martyrs, durant la période de la Terreur, au Puy-en-Velay, au cours de la Révolution française.

Quel beau témoignage de foi que ces hommes et femmes innocents, qui ont perdu leur vie lors de la révolution, que ce soit à Montréjeau en Haute Garonne, comme rappelé dans un précédent article, au Puy-en-Velay, ou nombres de prêtres refusèrent de prêter serment de fidélité à la Convention, mais aussi à Feurs…., et dans toute la France où La Terreur et le Tribunal révolutionnaire fit de nombreuses victimes et où les bourreaux dénoncés par la suite pour leurs crimes odieux n’eurent jamais de compte à rendre du moins de leur vivant…

https://www.leveil.fr/puy-en-velay-43000/actualites/un-proces-en-beatification-qui-arrive-bien-tard_13621502/

Les descendants de Marguerite Audier, épouse Bauzac : Jean-Paul et Chantal Gagne, Yves Gagne, Marie-Paule Rabeyrin. © eveil

Lors d’une cérémonie, très suivie, à la chapelle du Grand séminaire au Puy-en-Velay, le diocèse a ouvert, samedi, le procès canonique, en vue de la béatification et de la reconnaissance de 24 martyrs, durant la période de la Terreur, au cours de la Révolution française. Les descendants d’une habitante de Solignac-sur-Loire témoignent.

La Terreur révolutionnaire qui fit 20.000 victimes en France n’épargna pas la Haute-Loire où 64 condamnations à mort furent prononcées qui se traduisirent par des exécutions sommaires. Les révolutionnaires ont largement eu recours à la guillotine, dressée place du Martouret au Puy-en-Velay dans les années 1793 et 1794. Le diocèse du Puy a ouvert samedi matin, au Grand séminaire, selon un rituel bien rodé, le procès canonique en vue de la béatification de 24 martyrs, mis à mort au nom de leur foi chrétienne.

Un appel à témoins lancé

Le diocèse a par la même occasion, lancé un appel à témoins auprès de descendants des personnes exécutées. Ces derniers sont invités à transmettre à l’évêché tout document de famille pouvant servir à instruire la cause des martyrs. Comme dans tout procès, un tribunal est constitué et présidé par le père Emmanuel Dursapt.

« la reconnaissance arrive bien tard. Plus de 200 ans se sont écoulés… »

JEAN-PAUL GAGNE, DESCENDANT DE MARGUERITE 

Lors de la cérémonie d’ouverture du procès en présence de l’évêque, Mgr Luc Crepy, les descendants de Marguerite Audier, épouse Bauzac, native de Solignac-sur-Loire, avaient tenu à être présents. Ils connaissaient l’histoire de leur aïeule sans se douter qu’un jour viendrait où elle pourrait être reconnue comme martyre. Pour cette sixième génération, « la reconnaissance arrive bien tard. Plus de 200 ans se sont écoulés… ». Et si un jour reconnaissance il y a. Une fois l’instruction terminée, le dossier sera transmis au Saint-Siège qui rendra son verdict dans un an, deux ans, voire davantage.

Marguerite guillotinée à 57 ans

Marguerite Audier qui a été guillotinée le 24 mai 1794, à l’âge de 57 ans, a élevé six enfants dont un seul a eu une descendance. « En Haute-Loire, 50 % des martyrs de la Révolution sont des ecclésiastiques, contre 10 % environ, ailleurs en France », explique le Ponot Jean-Paul Gagne, médecin à la retraite, un des descendants de Marguerite Audier. Cette dernière avait un fils, qui était réfractaire, ordonné prêtre à la chartreuse de Ripail en Savoie par Monseigneur de Galard où l’évêque avait trouvé refuge.

Faute de pouvoir mettre la main sur le fils, les révolutionnaires ont emmené la mère. Dans la haute vallée de la Loire, il se murmurait à l’époque qu’un dénommé Rome, révolutionnaire zélé, aurait été éconduit par Marguerite. Comment une banale histoire de coeur s’immisce-t-elle dans la grande histoire celle de la Terreur et pourrait avoir entraîné l’arrestation ?

Prêtre réfractaire avant de devenir chanoine de la cathédrale

Le fils de Marguerite et son mari ont pu s’enfuir d’Agizoux et rejoindre la vallée de la Beaume. Ils ont vu leurs biens confisqués. Cette famille de propriétaires terriens aisés possédait trois paires de bœufs, c’est pas peu dire pour l’ époque ! Des biens qui leur ont été rendus trois ans plus tard. « La Révolution a été comme effacée », constate encore Jean-Paul Gagne qui s’est penché sur cette période bien trouble de l’histoire de France.

Augustin, le fils de Marguerite est devenu supérieur du Grand Séminaire et chanoine à la cathédrale du Puy. La légende raconte que le jour de l’exécution de sa mère, une sœur l’avait revêtu d’habits de femme. Sur le passage du char conduisant à l’échafaud sa mère, il aurait béni celle-ci. Un hommage a été rendu cent ans après sa mort, à Marguerite Bauzac, née Audier, par l’abbé Fouillit lequel a retracé sa vie dans un modeste opuscule. Pour ses descendants, une béatification serait une manière de lui rendre enfin justice.

Philippe Suc

Vingt-quatre martyrs de la Terreur

Abbé François Mourier (originaire de Saint-Julien-Molhesabate), Barthélémy Best (Beaune), Marie-Anne Roche, épouse Best (Beaune), sœur Marie-Anne Garnier (Lissac), sœur Jeanne-Marie Aubert (Beaune), abbé Jean-Baptiste Abeillon (Coucouron), abbé Jean-Mathieu Vassel (Saint-Pierre-Duchamp), abbé Jacques Chabrier (Chadron), abbé Claude de Talode du Grail (Saint-Agrève), abbé Jean-Jacques Gérentes (Laussonne), abbé Jacques Perbet (Recharinges), abbé Pierre Bernardon (Sainte-Eugénie-de-Villeneuve), Marguerite Audier née Bauzac (Solignac-sur-Loire), abbé Antoine Clavel (Craponne-sur-Arzon), Catherine Boutin épouse Clavel (Craponne), abbé Jean-Baptiste Mosnier (saint-Julien-d’Ance), sœur Elisabeth Dorat (Sauvessanges), Jean Abrial Versilhac, Marie-Anne Chalendard (Yssingeaux), Isabeau Abrial (Yssingeaux).

Brève biographie des victimes

Qui étaient les prêtres, religieuses et laïcs, victimes de la Révolution française dans le diocèse du Puy ?

Abbé François MOURIER

Né et baptisé le 1er avril 1764 dans la paroisse de Saint Julien Molhesabate, il est le dernier enfant d’une famille de sept.

Au terme de ses études cléricales au Grand Séminaire du Puy, il est ordonné prêtre fin 1790 (à l’avant dernière ordination que fit au Puy Monseigneur de Galard), avant qu’il ne quitte le diocèse pour l’exil. [1]

Nommé aussitôt vicaire dans la paroisse de Beaune. Le 6 Février 1791 invité à prêter le « Serment de Fidélité » à la Constitution Civile du Clergé, il le fit « en exceptant formellement de ladite constitution tous les objets qui sont de l’autorité spirituelle de l’Église, et tout ce qui pourrait porter atteinte à la foi et à la religion. »

En septembre 1792, il demanda son passeport pour l’étranger, mais resta dans la paroisse, assumant clandestinement les charges du ministère.

Arrêté le 21 avril 1793, il réussit à échapper à ses gardes avant d’arriver au Puy. Il revint aussitôt dans sa paroisse pour y continuer son ministère, sans que la crainte de l’échafaud ne le détournât de porter à ceux qui en avaient besoin les secours de la religion.

Le 12 juin 1794, se sentant à bout de forces, il demanda l’hospitalité à un cultivateur du village de Bruac : Barthélemy Best. Deux jours après la maison était cernée par un piquet de cinquante patriotes.

Avec lui, treize personnes furent arrêtées et conduites au Puy, pour être jugées. Six furent condamnées à la peine capitale.

Le 17 juin 1794, ils étaient guillotinés sur la place du Martouret, avec un autre prêtre, jugé le même jour : l’abbé Jean Baptiste Abeillon.

Abbé Jean Baptiste ABEILLON

Né le 16 octobre 1720 et baptisé le lendemain dans l’église de Coucouron, iI était l’aîné d’une famille de six enfants, dont les trois garçons devinrent prêtres.

A l’âge de 19 ans, il entra au Grand Séminaire de Viviers. Le 19 décembre 1744, il était ordonné prêtre par l’évêque de ce diocèse.

Curé d’Arlempdes dans le diocèse du Puy, en 1782, il résignait sa charge en faveur de son jeune frère Pierre, tout en continuant d’exercer le ministère à titre de vicaire.

Après avoir eu la faiblesse de prêter le Serment de Fidélité à la Constitution, ils comprirent leur faute. Le quatrième dimanche qui suivit, ils se rétractèrent solennellement devant tous les paroissiens et leur demandèrent pardon.

Malgré la présence d’un « curé intrus » ils continuèrent leur ministère dans leur paroisse. Mais le 11 Juin 1794, l’abbé Jean Baptiste fut arrêté à Montmoulard, son village natal, et écroué au Puy.

Le 16 Juin, devant le Tribunal Criminel, il était jugé et condamné à la peine capitale qu’il subit, le dernier après les six condamnés de Beaune.

Barthélemy BEST et son épouse Marie-Anne ROCHE

Barthélemy Best est né le 13 Août et fut baptisé le 14 août 1754 à Beaune. Il épousa le 26 Juin 1776 Marie-Anne Roche, qui était née le 26 Juin 1755 et baptisée le même jour.

Ils étaient agriculteurs au village de Bruac, dans la paroisse de Beaune, avec sept enfants à charge. Ils accueillirent et donnèrent asile à l’abbé François Mourier qui, ce 12 Juin 1794, était fatigué, à bout de forces.

Marie BEST, sœur de Barthélemy

Née et baptisée le même jour 14 mars 1766 à Beaune, elle était célibataire. Elle vivait de son travail sur la ferme et de la confection de dentelle, à la manière traditionnelle dans la région.

Tous les trois furent condamnés pour avoir recélé et hébergé le prêtre Mourier.

Sœur Marie Anne GARNIER, religieuse de Saint Joseph du Puy, sœur Saint Julien

Née le 2 Février 1756, elle fut baptisée le même jour dans la paroisse de LISSAC. Elle appartenait à la communauté des religieuses de Saint Joseph de BEAUNE

Jeanne Marie AUBERT

Née au village de Largentière, tout près de Bruac le 18 novembre 1765 et baptisée le lendemain 19 novembre. Comme Sœur Anne marie Garnier, elle fut condamnée pour avoir soigné et assisté le prêtre Mourier alors qu’il était malade et alité dans la maison Best.

Abbé Jean Mathieu VASSEL

Né le 9 septembre 1758 au village de Besses, de Saint Pierre du Champ, où il fut baptisé le lendemain dans l’église paroissiale.

Il fut ordonné prêtre à une date qui nous est inconnue, pour les mêmes raisons que celle de l’abbé Mourier. La révolution le trouva vicaire à Saint Just près Chomelix. Contrairement à son curé, l’abbé Pompel, il refusa de prêter le “Serment de fidélité à la Constitution” déclarant qu’avant d’obéir aux hommes, il devait obéir à Dieu.

Arrêté Le 13 avril 1793, par la Garde Nationale de Craponne dans la commune voisine de Sauvessanges, il fut transféré au Puy, et écroué à la Maison d’arrêt. En vertu d’un décret de la Convention Nationale du 18 mars 1793, il fut jugé par un Jury militaire pour ne s’être pas conformé à la Loi du Serment, et puni de la peine capitale, il fut guillotiné le 16 avril 1793.

Il semblerait que l’abbé Vassel soit le premier martyr qui, en France, depuis les empereurs païens ait, en vertu d’un édit public donné sa vie pour la foi.

Abbé Jacques CHABRIER

Né le 7 février 1761 au bourg de Chadron, près du Monastier sur Gazeille., il fut baptisé le lendemain en l’église du village, toute proche de l’habitation de ses parents. Après son ordination sacerdotale dont on ne connaît pas la date pour les raisons déjà évoquées, il est vicaire à Alleyras. A l’exemple de son ami, l’abbé Jean Mathieu Vassel, il refusa de prêter le Serment de fidélité à la Constitution.

Appelé pour assister un malade dans un village éloigné du bourg, il tombe dans le traquenard qu’on lui avait tendu. Arrêté par un détachement de la Garde nationale de Saint Privat d’Allier, il est conduit au Puy, et incarcéré à la maison d’arrêt le 28 mai 1793.

Le lendemain il comparait devant un Jury militaire, qui le condamne à mort, pour non-respect de la Loi sur le Serment. Le jour même, la sentence est exécutée.

Abbé Claude de TALODE du GRAIL

Né le 21 juillet 1760 à Saint Agrève, dans une famille noble, profondément chrétienne. Après ses études au Collège de Bourg Saint Andéol, il entre au Grand Séminaire de Viviers. Dans les premiers mois de 1791 il est ordonné prêtre par Mgr de Savines, évêque de Viviers qui avait prêté Serment de fidélité à la Constitution.

Le jeune prêtre se retira dans sa famille. Mais craignant de les compromettre, il quitta le toit paternel pour parcourir les hauteurs de la Haute Loire limitrophes de l’Ardèche, déguisé en marchand mercier et exerçant le saint ministère.

A la mi-janvier 1794, fatigué par la marche et les intempéries il demanda l’hospitalité dans une ferme isolée. Il y resta plusieurs jours pour se remettre de sa fatigue.

Dans la nuit du 23 Janvier, suite à une dénonciation, il fut arrêté par la Garde Nationale et conduit au Puy. Il resta près de trois semaines dans l’attente de son jugement.

Le 16 février 1794, il fut condamné à la peine capitale, pour n’avoir prêté aucun des serments prescrits par les Lois. Il fut exécuté le même jour que l’abbé Jean-Jacques Gérentes.

Abbé Jean Jacques GÉRENTES

Né à la Vialette, paroisse de Laussonne, le12 Mars 1767, il fut baptisé le même jour en l’église paroissiale.

Ordonné prêtre par Monseigneur de Galard, peu de temps avant son départ pour l’exil, Il n’avait pas encore reçu de fonctions dans le diocèse lorsque le 11 décembre 1793, il fut arrêté dans le village de Mendigoules, à quelque distance de Tence, chez un cultivateur du lieu, Mathieu Poinas et son épouse qui, pour avoir hébergé un prêtre, furent déportés et eurent leurs biens confisqués.

On peut présumer que l’abbé Gérentes venait à Tence pour rencontrer Monsieur de Rachat, que l’évêque en exil avait chargé d’administrer le diocèse en son absence.

Conduit au Puy par la garde nationale, en compagnie de ses bienfaiteurs, il dut attendre près de trois semaines, le jugement qui devait le condamner à la peine capitale pour n’avoir pas prêté les serments de fidélité à la Loi. Le 16 février 1794, il fut guillotiné en compagnie de l’abbé du Grail.

Abbé Jacques PERBET

Né Le 28 juin 1732, il fut baptisé le 30 Juin, en l’église de Recharinges, Paroisse d’Araules. Au terme de ses études au Grand Séminaire du Puy il fut ordonné prêtre (si l’on se fie à des documents de famille, ce serait au printemps 1763.)

Après son ordination il fut vicaire au Chambon sur Lignon, ensuite à Saint Just près de Chomelix. Le 2 décembre 1771, il était nommé chapelain de Queyrières, qui dépendait de la paroisse de saint Hostien.

Lorsqu’arriva la tourmente révolutionnaire, il refusa de prêter le Serment de fidélité à la Constitution, ce qui lui valut d’être dénoncé comme « prêtre, aristocrate, fanatique et dangereux » Il dut alors se cacher pour assurer son ministère.

Le 25 avril 1794, il fut arrêté par une patrouille de la garde nationale à la recherche d’un royaliste notoire contre-révolutionnaire que ses amis avaient fait s’échapper la veille. Ils se vengèrent de leur déconvenue, en mettant la main sur l’abbé Perbet, âgé de 62 ans. Ils lui infligèrent les plus mauvais traitements, en l’abreuvant d’insultes, et de coups.

Ils décidèrent de le mettre à mort, en compagnie d’un autre de leurs prisonniers, sur le chemin du transfert vers la ville du Puy. Ainsi fut fait le 28 avril 1794: le prêtre réfractaire et le royaliste furent fusillés, et leurs corps rapidement enterrés sur place.

Le 13 novembre 1802, les restes de deux victimes furent exhumées. Et ceux que l’on reconnut comme étant ceux de l’abbé Perbet furent inhumés dans une chapelle latérale de l’église de Saint Pierre Eynac.

Les membres de la garde nationale qui assassinèrent l’abbé Perbet furent présentés à un tribunal qui reconnut les faits, mais refusa de reconnaître la responsabilité des coupables.

Abbé Pierre BERNARDON

Né le 22 Janvier 1747, il fut baptisé le lendemain dans la paroisse de Saint Julien de Fix. Il aurait été ordonné prêtre en 1776. Il fut vicaire à Champagnac le Vieux, à saint Vert, à Auteyrac, puis chapelain de Villeneuve de Fix en 1784.

Il avait refusé de prêter le Serment de fidélité à la Constitution civile du clergé. Il continuait d’assumer les charges de son ministère, hébergé dans l’une ou l’autre des fermes de cette région boisée et difficile d’accès. Le 11 mai 1794, alors qu’il était venu rendre visite à son vieux père âgé de 94 ans, il y fut arrêté, conduit à Brioude pour y être incarcéré.

De là, il fut transféré au Puy, pour y être jugé. Le tribunal criminel le condamna à mort « pour avoir donné la preuve du fanatisme le mieux caractérisé. » Avec lui furent condamnées et exécutées sa belle-sœur, et une cousine.

Claire BERNARDON

Née le 12 septembre 1763, elle fut baptisée le même jour au lieu de Villeneuve, de la paroisse de Fix. Cousine germaine de l’abbé, elle était employée comme servante dans la maison. Pour ne pas avoir dénoncé la présence du prêtre réfractaire et l’avoir caché, elle fut condamnée et exécutée,

Thérèse SAUGUES, épouse BERNARDON

Née le 25 juin 1732, elle fut baptisée le surlendemain, 27 Juin, dans la paroisse de Siaugues Saint Romain. Elle avait épousé Claude Bernardon le 26 Juin 1759. Elle a affirmé, dans son interrogatoire, connaître le prêtre Pierre Bernardon, depuis 34 ans. Elle habitait évidemment la maison de famille.

Pour les mêmes raisons que Claire Bernardon, elle fut condamnée et exécutée.

Marguerite AUDIER, épouse BAUZAC

Née le 28 août 1737 au village de Chassilac Paroisse de Solignac sur Loire où elle fut baptisée le même jour. Le 21 novembre 1757 elle épousa Jean Bauzac, du village d‘Agizoux, dans la même paroisse de Solignac.

Leur fils Augustin, fut ordonné prêtre, par Monseigneur de Galard, alors en exil, le 29 janvier 1792. Au début de 1794, l’abbé Augustin, exerçait son ministère dans sa paroisse natale. Il se cachait dans la maison familiale.

Dans la nuit du 18 au 19 mai 1794, la Garde nationale encercla la maison pour arrêter le prêtre. Grâce à la complicité de voisins, le prêtre et son père réussirent à s’enfuir. La maman, ainsi que ses deux filles et deux domestiques (libérées sous caution quelques heures plus tard) furent conduites sous bonne garde au Puy.

Le 21 mai, Marguerite fut présentée au Tribunal criminel et accusée d’avoir donné asile à son fils prêtre. Le jugement fut renvoyé au lendemain. Elle fut, avec son époux Jean, alors en fuite, condamnée à la peine de mort et exécutée; lui ne sera jamais repris.

Abbé Antoine CLAVEL

Né le 26 janvier 1734, à Craponne, il fut baptisé le lendemain dans l’église paroissiale. Ses études de théologie terminées, il fut ordonné prêtre et nommé vicaire dans sa paroisse natale, puis à Saint Georges l’Agricol, paroisse voisine de Craponne, enfin il revint à Craponne, vicaire et missionnaire itinérant.

Après son refus de prêter le Serment de fidélité à la Constitution il continua d’exercer son ministère, évitant de paraître le jour dans la ville de Craponne, se cachant dans les bois et les fermes qu’il connaissait bien.

Alors qu’il était venu à la maison familiale, chercher quelque réconfort, il fut dénoncé. La garde nationale encercla la maison et mit en état d’arrestation l’abbé Antoine, son frère Jean-Baptiste, sa belle-sœur Catherine, ainsi qu’un domestique et une autre personne qui se trouvait là, de passage. Arrêté le 18 Juin, il fut conduit au conduit au Puy, avec son frère et sa belle-sœur Le lendemain, ils étaient jugés et condamnés à la peine de mort. L’abbé, pour n’avoir pas respecté la Loi qui exigeait des prêtres qu’ils prêtent serment à la Constitution, Jean Baptiste et Catherine Boutin, au prétexte qu’ils avaient hébergé un prêtre réfractaire. Quelques heures après le Jugement, la sentence était exécutée.

Jean Baptiste CLAVEL

Né le 20 mai 1756, il fut baptisé le lendemain 21 mai en l’église de Craponne. Il avait épousé le 14 janvier 1777 Catherine Boutin qui était née et baptisé le 25 Septembre 1761 à Saint Georges l’Agricol. Ils exerçaient la profession d’agriculteurs, au village d’Ollias, paroisse de Craponne.

Les raisons de leur condamnation sont expliquées ci-dessus.

L’abbé Jean Baptiste MOSNIER

Né à Saint Julien d’Ance le 7 septembre 1757, il fut baptisé le même jour en l’église paroissiale toute proche. Doué d’une grande intelligence, il sollicita à 18 ans son admission au Grand Séminaire du Puy. Les registres du séminaire en font foi déjà en 1775.

En fin d’année 1780, il devait être ordonné prêtre. Les prêtres de Saint Sulpice, responsables du Séminaire, lui confient rapidement l’enseignement de la philosophie à ses Jeunes confrères. Au bout de quelques années il est nommé vicaire à Saint Maurice de Roche.

Dans les premiers jours de la tourmente révolutionnaire, il se laisse entrainer dans les tourbillons des idées nouvelles. Et il prêtera un temps le Serment exigé des prêtres. Mais bien vite il se rétractera publiquement le dimanche 8 Mai, devant la municipalité et les paroissiens rassemblés pour l’office dominical.

Dès lors, il doit se cacher pour assurer son ministère. Toujours en mouvement, de passage dans les diverses paroisses des environs, il répond à tous les appels qu’on lui adresse. L’une de ses retraites préférées se situait au village de Tourris, chez les Dorat. C’est là qu’il sera arrêté au matin du 26 Juin 1794. Transférés à Craponne, et ensuite au Puy, ce seront 21 prisonniers qui seront présentés au tribunal criminel. L’abbé Mosnier et une fille de la maison, Religieuse de Saint Dominique, seront condamnées à la peine capitale, le premier parce que n’étant pas en règle avec la Loi sur le serment, la religieuse pour avoir hébergé le prêtre réfractaire. Les 19 autres personne arrêtées seront condamnées à la réclusion temporaire ou acquittées.

Elizabeth DORAT, Sœur Saint Thomas

Née le 29 octobre 1753 au village de Tourris, Paroisse de Sauvessanges, elle fut baptisée le lendemain. Agée de 25 ans, elle demanda son admission dans la Congrégation des Religieuses Dominicaines de Craponne, ou elle prit le nom de Sœur Saint Thomas. On l’affecta à l’enseignement des petites filles de la paroisse.

Devant les menaces révolutionnaires les religieuses se dispersent et se réfugient dans leurs familles. A la maison familiale on est heureux d’accueillir l’abbé Mosnier. Il célèbrera la messe, et prendra quelques temps de repos.

Mais le 26 juin 1794 Elizabeth, Sœur Saint Thomas donnera le témoignage suprême.

Jean ABRIAL, son épouse Marie Anne CHALENDARD, leur fille Isabeau.

Ils étaient agriculteurs, en un lieu appelé « maison seule » dans la commune d’Yssingeaux. Chez eux se retiraient, à l’occasion ou plus souvent, des prêtres qui devaient se cacher, tout en assurant leur ministère dans la région. Jean Abrial était né vers 1729, à Versilhac, paroisse d’Yssingeaux, son épouse Marie Anne Chalendard), quelques années plus tard 1734 (?), et leur fille Isabeau vers 1764. Un incendie en 1888 ayant détruit les archives de la mairie d’Yssingeaux. Nous déduisons les années de naissance à partir de l’interrogatoire préalable au jugement. Nous n’avons pas davantage de traces de leur baptême.

Ils étaient croyants et s’étaient engagés généreusement dans l’accueil des prêtres réfractaires, ils n’ignoraient pas les représailles dont ils pourraient être victimes. Dans la nuit du 16 au 17 juillet, une perquisition eut lieu dans la ferme de « maison seule » La garde nationale découvrit deux cachettes et dans ces cachettes des ornements sacerdotaux, des calices, un missel, et divers objets de piété. Il n’en fallut pas plus pour que Jean Abrial, son épouse et sa fille soient arrêtés, interrogés à Yssingeaux et au Puy ou ils furent jugés parce qu’ils recelaient des prêtres réfractaires, et condamnés à la peine de mort. L’exécution de ces trois laïcs eut lieu le lendemain de leur jugement soit le 27 juillet 1794.


[1] Aucun document d’Archives Diocésaines concernant les dates d’ordination ou de nominations des prêtres ne subsiste, pour plusieurs raisons : le 22 novembre 1782 un violent incendie a ravagé la totalité de l’évêché du Puy. Après cette date, les quelques documents diocésains qui avaient dû être versés, selon la loi, aux Archives Départementales, ne nous apportent aucun renseignement précis sur le sujet.

Massacres de Montréjeau / Haute-Garonne en 1799

Message de Mgr le Duc d’Anjou à l’occasion des commémorations du soulèvement catholique et royaliste du Midi toulousain en 1799

August 17, 2019

Chers Amis, 

En cette journée de commémoration des évènements douloureux de l’été 1799, je me joins à vous par la pensée et l’émotion.

Le massacre de Montréjeau fut le dernier et non des moindres, de la terrible décennie commencée avec les événements de l’été 1789. La République, ne se contenant pas de mettre à bas les institutions qui depuis huit siècles avaient fait le bonheur de tous et la gloire de la France, était enfantée dans le sang des Français. Ces derniers, animés par leur foi ardente et leur attachement au roi le protecteur naturel de leurs libertés, furent en effet nombreux dans toutes les provinces à résister au prix souvent de leur vie. La Vendée paya un terrible tribut, et le Midi toulousain n’est pas en reste.

Mais à l’horreur des massacres, les responsables ont ajouté le déni. Le forfait exécuté, il fallait l’oublier. Ainsi les morts n’eurent ni actes de décès ni sépultures. Il fallait supprimer les traces du crime afin qu’il soit oublié et que les familles et les enfants ne puissent pas se recueillir sur la tombe des martyrs. 

Mais le sang ne s’efface pas. Deux siècles après, les descendants ont souhaité qu’enfin la lumière soit faite sur ces événements. Comme cela commence en Vendée, les archéologues se mettent à étudier les charniers où furent déposées les victimes. La science vient au secours de l’histoire. Au secours de la Vérité. 

Merci donc à tous ceux qui sont présents aujourd’hui. 

Merci aux organisateurs de l’évènement. 

Merci aux membres du Comité du souvenir des victimes de la Révolution en Midi toulousain qui œuvrent pour qu’un monument commémoratif soit érigé. Il permettra de garder la trace de ce massacre afin de rendre un hommage aux victimes. Mais au-delà il permettra de se rappeler qu’il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France. 
Que tous les saints de France veillent sur les morts de Montréjeau et continuent à inspirer les Français et les rendent fidèles à leur histoire millénaire.

Louis,
Duc d’Anjou
 

Rappel des événements toulousains, et notamment les massacres de MONTREJEAU le 19.08.1799 – Pour ne pas oublier :

Montréjeau : une commémoration pour les martyrs de la révolution
https://www.infos-toulouse.fr/2019/08/09/montrejeau-commemoration-terreur-revolution-midi/

La Royauté encore vivante

Des rois capétiens aux présidents bons à rien.

La royauté est encore bien vivante dans la France du XXIe siècle.

Ci-dessous l’article de Mediapart, bien que n’étant pas de notre bord, force est de constater que quelque soit les différences d’opinions, le constat de la situation de la France est accablant sur la politique menée actuellement dans notre pays.

La seule solution pérenne est bien une MONARCHIE, et non une VIème république, qui ne serait que la continuité de l’oligarchie / ploutocratie actuelle, une minorité de personnes qui maintient les privilèges des riches au mépris du peuple et des urgences économiques et sociales et où l’argent est la base principale du pouvoir.

Des rois capétiens aux présidents bons à rien.

Il y eut dans notre histoire hexagonale de nombreux rois, quelques empereurs dont Charlemagne, quelques révolutions et beaucoup de guerres dont les principales victimes furent à dénombrer parmi le peuple de gueux, d’illettrés et de tous les manants qui furent enrôlés de gré ou de force dans des armées aux ordres des saigneurs. Il y a depuis 1792 et la première république, l’espoir que le peuple puisse enfin décider librement de son destin sans être tributaire d’un monarque. Aujourd’hui, force est de constater que la république a choisi par le suffrage universel un président monarque avec tous les attributs qui vont avec ; un palais, un premier sinistre, un parlement servile, une première dame, une police aux ordres ainsi que la magistrature, des avantages matériels et financiers jusqu’à la mort et comble de l’ironie, un mépris total du peuple qu’il fait gazer, matraquer et gravement blesser sans le moindre remord.

La royauté nous a donné Saint Louis, Louis le Hutin, Louis le Pieux, Louis XIV dit le Roi Soleil, Louis le Prudent. Cela nous fait une sacré liste à la Prévert. Depuis les républiques se sont succédé pour nous offrir là aussi une liste non moins désespérante de président. Citons par exemple les trois derniers ; Louis l’Excité, Louis le Mou et Louis l’Arrogant, tous des fils putatifs de Louis le Florentin qui par deux décisions, tels des édits royaux, favorisa l’entrée du loup capitaliste dans la bergerie républicaine. Il y a d’abord la décision du 24 janvier 1984 qui fit disparaître la distinction entre banques de dépôt, banques d’affaire et banques de crédit ce qui aboutit à privatiser leurs bénéfices mais à contrario à nationaliser leurs pertes comme en 2008 avec la crise des subprimes et la faillite de Lehman Brothers. La deuxième décision concerne la loi de 1986 sur la déréglementation financière qui abolit les restrictions sur les mouvements des capitaux et donc favorisa le nomadisme financier. Ces deux « édits royaux » eurent des conséquences désastreuses sur notre démocratie et la santé financière de nos états.

Avec le mouvement des Gilets Jaunes, nous sommes à la croisée des chemins entre ce que le peuple désire et ce que ces monarques républicains nous imposent. Vous me direz, il n’y a plus de fermiers généraux, ces exploiteurs tant décriés par le peuple des sans-culottes et des paysans. Ils finirent pour la plupart sur l’échafaud ce qui pouvait laisser croire à leur total disparition. Erreur, de nouveaux exploiteurs sortirent de l’ombre, plus puissants et socialement plus destructeurs que les précédents. Ils se nomment GAFAM, ou Big-Pharma et ont pour sœurs toutes les multinationales exerçant aussi bien dans la mode, la finance, les hydrocarbures ou encore dans l’agroalimentaire. Ces nouveaux « maîtres du monde » ambitionnent ni plus ni moins que de faire du business sans contraintes en profitant de la loi de 1986 et de toutes celles qui par la suite leur furent bénéfiques sans qu’aucun président ne s’y opposent farouchement. Cette passivité face aux spéculateurs les rendent au minimum complices par inaction et expliquent grandement pour certains leur échec à se faire réélire.

Les accords opaques comme le CETA ou demain avec le MERCOSUR encouragent des arrangements hyper-lucratifs entre ces ultra-riches ou multinationales au détriment des états qu’ils appauvrissent inexorablement. Ceci permet d’expliquer en grande partie les mouvements sociaux qui depuis trop longtemps ébranlent le monde. En effet, les peuples supportent de moins en moins cette soumission imposée par une très petite minorité. Ce refus de domination n’est que le reflet d’une lutte des classes jamais éteinte entre possédants et exploités. À cette domination inacceptable s’ajoute des préjugés abjects envers les pauvres et les moins fortunés présentés comme des illettrés, des assistés parfois comme des inutiles. Voilà notre monde d’aujourd’hui qui ressemble fort au monde d’hier malgré quelques artifices linguistiques. Il n’y a plus de balayeurs mais des techniciens de surfaces, etc etc etc Pensez-vous que le seigneur du XIV siècles avait plus ou moins d’empathie pour ses serfs que le PDG d’UBER ou d’Amazon pour ses employés ? Posez-vous la question trois secondes… Le moyen-âge a encore des métastases qui perdurent dans notre monde.

Revenons à nos moutons… Pour ratifier le CETA honni par une bonne partie du peuple, Gilets Jaunes et agriculteurs en tête, Jupiter somme le parlement de voter en sa faveur. Et voilà que nos pauvres députés LREM, tel un troupeau de moutons s’exécutent acceptant de renier pour certains leurs anciens engagements. Habitant Auray dans le Morbihan, je n’aurais aucune difficulté à en nommer quelques uns, disons cinq sur six. Comment peuvent-ils donc aujourd’hui se plaindre de voir leur permanence saccagée ? En fait, ils ont vendu leur âme au libre-échange, à la rigueur budgétaire et plus encore à l’austérité qui expliquent grandement la fermeture des services publics. Tout cela se passe en invoquant la sempiternelle compétitivité issue du nouveau monde, mantra du libéralisme à la mode chez Louis-Vuitton dont le CETA est l’archétype.

Tous ces Louis ; l’Excité, le Mou ou l’Arrogant sont issus de la même matrice libérale du « toujours plus pour nous » et « un peu moins pour les autres ». Ils pensent la société en fonction de leur culture, de leur origine sociale et plus encore de leur patrimoine matériel et financier ce qui les éloignent de la France populaire. Devant cette parodie de démocratie, les citoyennes et citoyens ont renoncé à exprimer leur opinions considérant leur vote comme inutile. Les Gilets Jaunes ont pour leur part choisi les rond-point puis la rue. Jupiter a envoyé contre eux ses chiens de garde, signe d’une rupture de confiance entre une partie du peuple et ses dirigeants. Il a d’autre part poursuivi son matraquage médiatique en évoquant son combat contre le nationalisme du RHaine. À force de crier au loup, ce dernier va finir par le croquer comme un vulgaire avorton. Il en sera fini de notre belle république. Marianne n’aura que ces yeux pour pleurer et nos mouchoirs pour la consoler.

Mais fort heureusement, la messe n’est pas encore dite. L’été tire en longueur tandis que les jours raccourcissent. Il pleut, il grêle et Jupiter poursuit ces vacances au frais de la princesse dans le sud de la France. Il a peur peut-être de septembre et des fantômes qui déjà se dressent devant lui. Ces fantômes ne sont ni plus ni moins que ceux du CETA et des réformes programmées contre le peuple pour satisfaire aux nouveaux Fermiers Généraux, ceux qui engrangent des profits et des dividendes tranquillement assis leur cul sur un transat face à la mer bleue des Caraïbes. On vote moins ou pas du tout mais la colère n’est pas éteinte, loin de là. Je souhaite que septembre soit un beau mois, fait d’espérance et de projets. Je souhaite que le Sénat rejette le CETA. Je rêve d’un peuple uni marchant fièrement dans la rue. Je rêve, non de guillotine pour supprimer le mal mais de démocratie pour embellir la vie… Je rêve d’une sixième république qui effacera de ces tablettes tous ces Louis ; le Mou, l’Excité, le Florentin, le Vuiton et surtout le pire d’entre tous, Louis l’Arrogant qui se prenait pour Jupiter alors qu’il n’est qu’un petit salarié de notre république et l’employé de chaque française et français. Il n’est que cela et rien d’autre. Brigitte, quant à elle, devrait envisager un voyage à Varennes, la route est si belle vers l’est de la France entre septembre et octobre. Je suis certain qu’un postier, loin de la ramener à Paris, lui montrera le chemin de l’exil trop content de voir partir avec elle un employé arrogant qui n’a rien compris à notre pays et à sa fonction. Je vois déjà s’inscrire son surnom dans les manuels scolaires, « Louis l’Éborgneur », le dernier président de la V ème république.

Spartacus 2022

https://blogs.mediapart.fr/spartacus-2022/blog/120819/des-rois-capetiens-aux-presidents-bons-rien