Message de Louis XX

Message de Monseigneur Louis de Bourbon, Duc d’Anjou

Chef de la Maison de Bourbon

à l’occasion de la messe en mémoire du roi Louis XVI

Dimanche 19 janvier 2020

Chers Amis,

Avant de commencer mon message, permettez-moi de dire quelques mots à la mémoire de M. le duc de Bauffremont qui vient de nous quitter. Durant plus de soixante ans il s’est consacré, corps et âme, à la cause de la royauté légitime. Il a été au côté de mon grand-père, puis de mon père et depuis 1989 auprès de moi, j’ai pu constater combien sa fidélité était à toute épreuve. Il savait braver les tempêtes et assurer la continuité de l’action. La cause de la monarchie lui doit beaucoup à travers tout le travail qu’il a accompli. Je redis à ses enfants et à toute sa famille, combien ma peine a été profonde en apprenant l’élévation au ciel, de celui qui ne pouvait concevoir le service du roi sans celui vis-à-vis de Dieu. Qu’il repose en paix et demeure dans vos prières à vous qui savez aussi être fidèles.

Une nouvelle fois, merci de votre fidélité. Elle trouve sa source dans le souvenir du Roi Martyr et se développe dans l’espérance que vous mettez en l’avenir de notre Pays.

La France, comme en 1793, parait de nos jours bien malade. Depuis des années une crise la ronge en la faisant douter d’elle-même puisque chaque jour on l’appelle au reniement. Il faudrait qu’elle oublie les gloires de son passé, qu’elle oublie la grandeur de son histoire ? Elle se devrait d’être en repentance ? Mais de quelle repentance pourrait-il s’agir ?

Regardons le règne de Louis XVI qui, à lui seul, synthétise tous ceux qui l’ont précédé. Pour la gloire et la grandeur du pays, mises à mal par le Traité de Paris, il a su, mettre un frein à la puissance anglaise, en privant la couronne britannique de ses colonies américaines et en créant le port moderne de Cherbourg ; en matière de « justice sociale » expression qu’il fut le premier à utiliser, Louis XVI prôna la réforme fiscale ; pour tenir compte des évolutions de son temps il reconnut des droits aux Protestants et aux Juifs; dans le domaine scientifique, il encouragea les recherches les plus novatrices de l’aérostation à la machine à vapeur et à l’expédition de La Pérouse; pour améliorer les conditions de vie des « exclus sociaux » du temps il soutint les œuvres en faveur des sourds-muets et des aveugles. Oui son règne a été grand notamment par ses innovations. Il le fut car il était animé par la promesse qu’il avait faite lors de son sacre, celle du décalogue.

Le roi très chrétien, le fils aîné de l’Eglise, avait comme objectif d’assurer le bien commun de ses peuples et le salut des âmes. Voilà en quelques mots, résumé, le programme des Rois. Cela ne vaut-il pas mieux que toutes les explications peu crédibles et tentatives peu convaincantes tant elles sont loin des réalités, de nos gouvernants contemporains

Le testament de Louis XVI, relu après la messe, est empreint de Vérité, Vérité absente du langage politique actuel, ni vrai ni juste. L’ensemble du Testament reflète ainsi cette humilité du Roi qui ne cherche nullement à se justifier devant les hommes, mais s’en remet à Dieu, vrai souverain et vrai juge. Ne pas se tromper de valeur et rester en cohérence avec sa conscience. Ainsi, le premier reproche à adresser à la révolution et à la république naissante, est d’avoir inversé le sens des mots. La Liberté a supprimé les libertés ; la société ancienne reposant sur les solidarités a été peu à peu sacrifiée à tous les égoïsmes et à l’individualisme alors même qu’étaient prônées l’égalité et la fraternité. Deux siècles après Louis XVI, la société n’a jamais été aussi éclatée. Elle est à reconstruire !

 Alors, continuons à honorer la mémoire du Roi-Martyr, et sachons pour l’époque dans  laquelle nous vivons, en retirer toutes les leçons. Sachons, nous aussi, concilier la tradition et le progrès. Sachons donner du sens à nos actions. Comme Louis XVI pensons à nos compatriotes et sachons par ce que nous portons et représentons leur redonner espoir et leur rappeler les principes qui doivent régir la société humaine. Nous ne devons pas être des nostalgiques d’un ordre ancien qui ne reviendra pas, mais, au contraire, nous devons être les artisans d’un monde nouveau qui attend beaucoup de l’exemple de ce que fut la royauté française et ses réussites. Si l’histoire ne se reproduit pas, en revanche, elle peut apporter des recettes. Les deux principales qu’il faut retenir en ce début d’année sont la place centrale reconnue à l’homme de la naissance à ses fins dernières et le sens du Bien commun. Disons non à toutes les manipulations et travestissements de la vie naturelle. Disons non à la société individualiste et à ses excès depuis qu’elle a perdu le sens des autres tout en proclamant le contraire. Disons non au mensonge.

 Cela c’est à chacun de nous qu’il appartient de le faire. Il faut savoir s’engager dans nos vies professionnelles et familiales. La société ne se réformera que si nous savons, les uns et les autres prendre nos responsabilités et, pour les chrétiens, être fidèles aux promesses de notre baptême. N’est-ce pas le symbole du sacrifice de Louis XVI, il faut savoir dire non si nécessaire quand notre conscience nous le demande.

Au-delà de ce message, je souhaite, malgré les nuages amoncelés sur nos têtes, à vous tous, à vos familles, vos proches, une bonne et sainte année 2020 sous la protection de sainte Jeanne d’Arc.

Louis de Bourbon,

Duc d’Anjou

Messe anniversaire du Roi LOUIS XVI

COMPTE RENDU DE LA VISITE DE

SAR LE PRINCE REMY de BOURBON PARME

LYON LE 17 et 18 JANVIER 2020

        C’est avec un très grand plaisir que nous avons eu l’honneur d’accueillir Son Altesse Royale le Prince Rémy de BOURBON PARME, venu représenter SAR le Prince Louis, Duc d’Anjou, Chef de la Maison de France et la Princesse Marie Marguerite, Duchesse d’Anjou lors de la messe anniversaire des 227 ans de l’exécution du Roi Louis XVI.

          Nous avons visité le Musée Gallo Romain de Fourvière puis la Cité Internationale de la Gastronomie située sous le dôme des Quatre Rangs, la partie la plus ancienne du Grand Hôtel Dieu datant du XVII° siècle, ou nous avons fait quelques dégustations avant de voir quelques objets ayant appartenu aux Grands Chefs Lyonnais. 

          Le lendemain Le Prince Rémy de BOURBON PARME a été reçu à la Basilique Saint Bonaventure par le Recteur le Père Patrick ROLLIN et l’Abbé Brice MEISSONNIER. Les trompes de chasse de la Diane Lyonnaise ont animé la nef ou plus de 600 Lyonnais étaient venus pour témoigner de leur attachement au Roi martyr.

         Enfin le déjeuner a réuni les plus fidèles autour du Prince. L’Association Présence du Souvenir Bourbonien tient à remercier ici vivement toutes les personnes qui se sont déplacées ce Samedi 18 Janvier 2020 ainsi que toutes celles qui ont contribué de près ou de loin au succès de cette journée. 

      HOMELIE de l’Abbé Brice MEISSONNIER

LOUIS XVI

Lyon Basilique Saint-Bonaventure 2020

« Fils de Saint Louis, montez au Ciel ! »

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Monseigneur1,

Monsieur le Recteur2,

Mes bien chers frères,

  Au dernier instant de sa vie d’homme, à la dernière extrémité de son temps sur la terre, trahi par beaucoup, abandonné de tous, arraché à sa famille, le roi Louis XVI entendait cette parole prophétique.

Unique parole de soutien et de consolation en ce 21 janvier 1793, glacial et terrible.

Au milieu d’une foule déchainée, hystérique et devant les représentants de la Convention, le Roi Capétien entendit donc cette phrase de son confesseur, l’Abbé Edgeworth de Firmont : « Fils de Saint Louis, montez au Ciel !»

Et en cette circonstance, cette injonction n’est pas une prière, mais un ordre !

Un ordre de l’Eglise (que représente ce courageux prêtre réfractaire) au roi martyr.

Fortifié par cet ordre, Louis XVI gravit alors les marches de l’échafaud sans qu’on l’y aide, sans qu’on l’y force. « Comme un agneau immolé qu’on mène à l’abattoir ».

« Il se fit alors un grand silence » sur la place, pourtant noire de monde… Un silence assourdissant … Le même silence qui se fit au Golgotha le Vendredi Saint… Le silence de ceux qui, d’un coup ! comprennent la portée terrifiante de ce qui se passe… Un Silence de stupeur pour avoir osé défier Dieu.

Louis XVI rappelle alors son innocence, offre son pardon et prie.… Mais les tambours de Santerre couvrent ses derniers mots. Il est 10h22, le bourreau Sanson actionne le couperet de la guillotine. Louis XVI est décapité ; il avait 38 ans…

Par cette exécution, MBCF, par ce meurtre, par ce sacrifice, la toute jeune république française voulait un acte irrémissible ! Un acte qui ne permettrait plus que l’on revînt en arrière.

Car les conventionnels connaissaient bien l’Histoire de France et sa mystique…

Or le Roi de France était « Roi Très Chrétien ». Il était Roi « par la Grâce de Dieu ». Il était le « lieutenant du Christ ».  Et il fallait donc rompre le pacte historique et spirituel scellé entre la terre et le Ciel lors du baptême de Clovis ! Il fallait rompre ce pacte qui était renouvelé à chaque sacre d’un nouveau roi, à Reims !

Il ne fallait donc pas seulement éliminer Louis XVI, se débarrasser de l’homme à la va-vite, dans un fossé. Il fallait que sa mort soit publique, légale, officielle, solennelle !

Il fallait un acte qui serait vu, en même temps, comme « le point final de l’Ancien Monde » et comme « l’évènement fondateur du Nouveau. »

 Une fois le Roi exécuté, le lien serait alors rompu, la ligné serait coupée, le tronc serait déraciné, et le rubicond serait franchi.

Louis XVI était donc la victime idéale pour signifier tout cela. La convention avait besoin que le sang le plus précieux de France soit versé sur le fameux « autel de la Patrie ».

Et, en ce sens, la mort du roi fut voulue comme l’exact opposé de l’alliance millénaire entre Dieu et les français. À la mystique de l’ancestral Sacre Royal, la révolution répondit par la contre-mystique d’un acte sacrilège. Comme un « contre-baptême » : comme une messe à l’envers, dont le sacrifice serait offert non plus à Dieu (dont on voulait s’émanciper) mais tout bonnement à l’ennemi de Dieu.

Le 21 janvier 1793, c’est bien le Seigneur des Seigneurs, et non pas seulement un roi, que l’on voulut détruire.

Alors assister à la messe célébrée pour le repos de l’âme du roi Louis XVI, ce n’est pas d’abord, ni même nécessairement, manifester publiquement des opinions politiques monarchistes, c’est reconnaître que le roi Louis fut assassiné non seulement parce qu’il était le roi, mais aussi parce qu’il était le roi très-chrétien, garant d’un ordre chrétien où les princes temporels reconnaissaient, au moins dans le principe, leur subordination à Jésus-Christ, et l’autorité de son Eglise. C’est cet azur de l’ordre chrétien que l’on perdit lorsque Louis monta à l’échafaud.

Alors MBCF, vous venez prier avec beaucoup de fidélité, pour le roi Louis XVI, car vous reconnaissez en lui un homme, un chrétien, parce que vous reconnaissez que la France sur laquelle il régnait était vraiment la France, parce que vous reconnaissez que l’ordre chrétien auquel la France appartenait alors, était une réalité belle et bienfaisante dont vous déplorez la disparition. Vous dénoncez ainsi le mensonge qui, depuis plus de deux cents ans, défigure la France en niant ses origines chrétiennes, vous êtes les témoins d’une vérité qui est de moins en moins connue, parce que le monde moderne ne peut vivre que si elle reste ignorée, la vérité de la nécessaire soumission de la souveraineté temporelle, quel que soit par ailleurs le régime politique, à l’autorité de Jésus-Christ et de son Eglise.

Et à celui qui oserait dire que le roi de France n’était très-chrétien que de nom et que sa soumission à Dieu n’était que le moyen de mieux obtenir l’obéissance de ses sujets chrétiens, il  suffit de montrer le roi Louis dans ses derniers instants. Il fut vraiment soumis à Dieu, dans l’humilité d’un grand chrétien, dans la charité de Notre Seigneur, qui lui fit dire : « Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis sans que je leur en ait donné aucun sujet ». Ce sont ces paroles qui peuvent sauver la France du mensonge qui la tient captive depuis deux siècles, ces paroles qui ne sont pas autres, dans l’esprit, que celles que le Seigneur prononça sur la Croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Abbé Brice Meissonnier +

  1. SAR le prince Remy de Bourbon Parme, représentant SAR le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou et chef de la Maison de Bourbon.
  2. Monsieur l’abbé Patrick Rollin, recteur de la basilique Saint-Bonaventure à Lyon.

DISCOURS du Président Henri BURGAT 18 Janvier 2020

Monseigneur, Monsieur le Recteur,

Chers Amis,

          Je vous remercie d’être venus commémorer le 227° anniversaire de la mort du Roi Louis XVI. Je vous souhaite en mon nom et au nom du Conseil d’Administration une bonne et sainte année 2020.

          Nous remercions le Prince Rémy de BOURBON PARME venu représenter la famille Royale, puis le Recteur du Sanctuaire Saint Bonaventure le Père Patrick ROLLIN ainsi que l’Abbé Brice MEISSONNIER pour sa belle homélie, et l’équipe pastorale pour leur excellent accueil, puis Monsieur Christian LAFAYE et l’équipage de la Diane Lyonnaise ainsi que toutes les personnes qui de près ou de loin ont participé à l’élaboration et au succès de cette journée.

          Si nous continuons à célébrer une messe 227 ans après la mort du Roi Louis XVI c’est moins pour le repos de son âme que pour notre salut, pour implorer le secours du ciel, nous sommes dans l’attente d’une délivrance qui ne peut venir que d’en Haut. Il ne s’agit pas d’une nostalgie du passé mais de la volonté de ne pas oublier notre histoire, car depuis la révolution fort nous est de constater que la France est en perpétuel déclin. L’Abbé Lefranc nous avait pourtant prévenus en 1792 « Réfléchissez-y français, bientôt vous n’aurez plus de Dieu, de Roi, de religion, de patrie, de morale, de vertus, de fortune, de ressources »…

          2019 a été encore une année difficile le pouvoir a réussi à faire perdurer une situation de plus en plus désastreuse et sans issue. 2020 verra t il le retour de la Liberté ou serons nous encore sous le joug de la servitude ? Comme Jean RASPAIL nous pensons que seul un Roi pourrait apporter une solution durable à la crise actuelle. La Royauté est liée à la religion Catholique et à ses valeurs  nous dit encore Jean RASPAIL. Il n’y aura pas de salut en dehors de l’Eglise Catholique. Soyons des combattants, le salut ne dépend que de nous, nous devons réaffirmer haut et fort nos valeurs morales et chrétiennes.  Comme nous le disait Jean VAQUIE  l’Eglise nous a donné des protecteurs. Prions Saint Denis, Saint Martin, Saint Hilaire, Sainte Clotilde, Sainte Geneviève, Saint Louis, Sainte Jeanne d’Arc, ils intercéderont pour nous.

          J’espère que notre programme 2020 vous séduira, nous recevrons des conférenciers de qualité, Notre Grande Fête Catholique et Légitimiste aura lieu en Mai. Faites la connaitre autour de vous et venez nombreux.


  « Vive le Roi ! Le Vrai ! Le Bon ! Le BOURBON ! VIVE LOUIS XX !!

         Je vous remercie de votre attention, et vous souhaite un bon appétit !

 

Entretien de M. Jean RASPAIL au sujet de son nouveau livre  » Le roi est mort, vive le roi »

LU DANS VALEURS ACTUELLES : JEAN RASPAIL : « DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE À MAI 68, LES PARISIENS ONT FAIT BEAUCOUP DE MAL AU PAYS »

Et si les vertus de la royauté offraient une solution au marasme qui englue notre pays ? Une proposition pleine d’audace avancée par Jean Raspail. Entretien.

Un roi solitaire, en exil. Comme ce « roi au-delà de la mer », le roi Stuart Jacques II réfugié à la cour de France à qui ses partisans écossais rendaient hommage en levant leur verre au-dessus d’une carafe d’eau lors des toasts pour le roi. C’est à ce roi de France que s’adresse Jean Raspail, entre imaginaire et réalité, pour oser réaffirmer le principe royal et permettre à un autre royaume d’émerger. On limite bien trop souvent l’écrivain et explorateur à son prophétique Camp des saints. Pourtant, sa plume est riche de roman d’aventures, d’exploration, d’épopées fantastiques et de récits de voyage. Celui qui reçut, entre autres, le grand prix de littérature de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre, en 2003, offre avec le Roi au-delà de la mer, suite de Sire, un livre empreint de liberté et de poésie, reflétant son amour des causes (presque) perdues. Sa réédition enrichie d’une introduction, Le roi est mort, vive le roi, permet ainsi de redécouvrir un appel plein de souffle à adopter la voie de la fidélité à son âme, ses rêves et son devoir.

Valeurs actuelles. Dans votre livre, Le roi est mort, vive le roi, vous observez que « la République a même brisé les familles, la Famille, elle a tué les pères, le Père, l’honneur, le respect, et même le passé et sa transmission ». Est-ce pour cela que vous êtes royaliste ?

Jean Raspail. Ce sont des raisons qui font que je n’apprécie pas la République, mais ce ne sont pas les principales. Celles-ci tiennent à ses origines : pourquoi la République s’est-elle permis de supprimer la royauté de façon sanglante ?
Je conseille, tout particulièrement aux royalistes, pour réfléchir, d’aller visiter la nécropole des rois de la basilique de Saint-Denis. Si les gisants de pierre subsistent dans toute leur beauté, l’ossuaire royal n’est que pauvreté et dénuement. C’est la République qui, en octobre 1793, a profané les tombeaux, dégradé les corps avant de les balancer dans une fosse commune comme des ordures. De Dagobert Ier aux Bourbons, ce fut une multitude de princes, de princesses, rois et reines qui ont vu leurs sépultures violées par la fureur révolutionnaire. Je ne veux pas être au service d’une république qui a commencé d’une façon aussi épouvantable !
Je ne pense pas qu’avec un tel passé et sur de telles bases la République puisse être source de félicité. On ne peut être un partisan complet de la République quand on songe à la façon dont elle s’est déployée. Elle ne s’est d’ailleurs jamais excusée de ses forfaits. Même au bicentenaire de la mort de Louis XVI, le 21 janvier 1993, aucun haut personnage de la République n’a ouvert la bouche ou ne s’est rendu sur la tombe de Louis XVI. Le seul qui, à sa façon, l’a salué est François Mitterrand, en autorisant le grand rassemblement que j’avais organisé place de la Concorde et qui avait auparavant été interdit par le gouvernement. Finalement, notre président d’alors a estimé qu’il fallait laisser faire ce rassemblement. Il avait le sens de l’histoire.

L’étiolement de l’âme des Français est dû à la disparition progressive du sacré dans la vie de quasiment toute la population.

La royauté offre à vos yeux de bien meilleures vertus.

La royauté est une continuité. Depuis Hugues Capet et même avant, une suite de souverains se transmet par famille ou mariage cette royauté. Non seulement ils se transmettent leurs devoirs de roi auxquels ils sont éduqués dès l’enfance, mais on peut aussi supposer qu’ils sont suivis par une certaine grâce divine qu’il ne faut pas confondre avec l’expression idiote “de droit divin. C’étaient des souverains préparés à leur rôle depuis leur plus jeune âge, un peu aidés par le ciel pour œuvrer au bien commun de la France sur la durée et non pour servir leurs intérêts sur sept ou cinq ans. Le roi ne peut d’ailleurs pas avoir de programme, car il ne gouverne pas lui-même : il donne les orientations à prendre, comme la reine d’Angleterre . Commentaire de la PSB nous ne sommes pas pour une Monarchie Constitutionnelle elle n’a jamais marché en France on a trois exemples la fin de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X quatre si on rajoute le Roi des français. Quand on aura un roi de France, je redeviendrai complètement français ! Le roi incarne le pays, or, là, nous avons des dirigeants qui n’incarnent rien du tout… Je ne fais pas de la politique. Je pense juste qu’un roi peut apporter une solution, une espérance différentes aux problèmes de notre temps.
La royauté a bâti une colonne vertébrale magnifique pour notre pays. Il faut la rétablir. Il reste des descendants du roi en France et il ne faut donc pas désespérer, car la royauté est encore possible en France. C’est pour cela que j’ai écrit ce livre, pour réintégrer l’idée du roi et tout ce sentiment royal en chacun de nous, qui a existé et existe encore. Cette royauté est intrinsèquement liée à la religion chrétienne et à ses valeurs. Elle s’accompagne d’une certaine transcendance. C’est pourquoi il est très difficile qu’un royaume de France ne soit pas chrétien, et tout le problème est là actuellement…

Dans votre ouvrage, vous remarquez que « nous n’avons pas besoin d’un prince de magazine, nous avons besoin d’un prince de vitrail ». Que voulez-vous dire par cela ?

Il doit avant tout avoir les qualités morales et intérieures nécessaires pour qu’il soit digne de cet héritage qu’il a reçu. Ce n’est pas en allant se faire photographier dans les réceptions mondaines qu’il y arrivera. Le roi de France ne doit pas être l’un de ces héritiers du gotha évoluant dans un monde d’apparence, limités à promouvoir une image. Le roi, au fond, devrait être un homme de prière, d’une certaine profondeur, car il est lié, nous l’avons vu, à une certaine transcendance.

Est-ce parce que nous avons perdu tout rapport au sacré que nous ne comprenons plus le principe royal ?

Personne ou presque, effectivement, ne le comprend. Les Français ne savent plus ce que c’est. Il manque ainsi de l’âme à notre peuple que je qualifie dans l’ouvrage de “bernard-l’ermite” recroquevillé dans sa coquille… Autrefois, le roi était considéré comme le père du pays, il en était l’incarnation. C’était la France à lui tout seul. Le président de la République est un élu de quelques Français, ce n’est pas la France.
Cet étiolement de l’âme est effectivement dû à la disparition progressive du sacré dans la vie de quasiment toute la population. Les répercussions en sont catastrophiques. Certaines familles et certains religieux, comme les moines, conservent cette étincelle du sacré. Je pense d’ailleurs que ce sont ces derniers qui nous sauveront. Certains perdent, hélas, de vue que tout être humain porte en lui quelque chose de sacré sans le savoir.

« Un roi laïc, ça n’existe pas. » Pourquoi ?

Parce que cette notion du sacré est particulièrement présente dans la fonction royale, même si peu de souverains actuels semblent en avoir conscience. Lors d’une visite en France du prince Charles d’Angleterre, en 1992, la journaliste Anne Sinclair lui avait demandé si la royauté n’était pas démodée de nos jours. Il lui avait répondu : « Madame, dois-je vous rappeler que dans la royauté il y a une parcelle de sacré ? » Quelques princes, heureusement, ont encore le sens de ce principe royal.
Les rois catholiques sont sacrés à l’église depuis Clovis. Beaucoup voudraient la suppression de cette cérémonie et de cette coopération entre le pouvoir royal et le sacré, mais si Dieu existe, il le faut. Même ceux pour qui le sacré n’est qu’une imagination supérieure, car le sacre favorise l’exercice des vertus. Un des exemples récents est le roi Baudouin de Belgique. Il avait pris une décision qui lui valut beaucoup d’ennemis : refusant de signer la loi dépénalisant l’avortement, ce qu’exigeait la Constitution belge, il abdiqua quelques jours. Pourtant, ce fut un roi très aimé de son peuple, amour qui s’est fortement manifesté à sa mort. Le sacré était dans l’esprit du roi Baudouin…

Vous relevez que certains hommes et femmes conservent cette étincelle du sacré…

Outre des familles et des religieux, j’observe effectivement que certains mouvements de jeunes, comme le scoutisme, renouent avec cette notion. « Sur mon honneur et avec la grâce de Dieu, je m’engage à servir de mon mieux Dieu, l’Église et ma patrie » : la promesse scoute, quand même, a de la gueule ! Avec ça, on a quelque chose dans le ventre. Certes, on ne peut demander à la totalité de la population française de faire du scoutisme pour renouer avec la transcendance, avec ce besoin de se hausser soi-même, de devenir mieux que l’on est.

Vous appelez de vos vœux un « royaume de France parallèle » consécutif à l’affirmation publique du roi. Aurions-nous besoin de nous créer des communautés, des isolats séparés ?

Des villes, des morceaux de territoire finiront par refuser d’adhérer à la République et se rallieront au roi qui osera se lever. Mais ce royaume parallèle ne s’occuperait pas, au début, de diriger la France et se désintéresserait de la politique pour se consacrer à l’édification de ses propres valeurs. Un exemple que je prends souvent car il est parlant est le Puy du Fou. Il n’a pas de roi, mais offre une France parallèle avec ses propres valeurs, sa communauté, son hymne… de façon spontanée, il a installé en France une province qui se gouverne elle-même, tout en restant français. De même, la Patagonie offre une patrie de rechange aux désillusionnés et rassemble des centaines de sujets. Tous deux forment des isolats. Ce terme ethnologique désignait des tribus obligées de fuir leur habitat d’origine pour aller construire une autre base afin d’éviter ceux qui les menaçaient. En France, sans que nous ne le remarquions forcément, naissent ainsi de nombreux isolats. Ils sont notamment nombreux dans la jeunesse : ce sont des groupes qui ne font pas parler d’eux mais qui partagent des valeurs et des façons de penser communes.
C’est pourquoi, si un roi surgit, il trouvera des sujets parmi toutes ces personnes qui ont adopté, d’une façon ou d’une autre, une communauté, une patrie de rechange. Car beaucoup déplorent l’érosion des valeurs, de la transmission et de la notion de famille dans notre société. Il y a plus de déçus en France que de patriotes.

Je suis un révolté qui ne fait pas de révoltes.

Quel regard portez-vous sur la société actuelle ?

Je suis un révolté qui ne fait pas de révoltes. Je ne déteste pas les Français, mais je ne me sens pas solidaire des modes et morales actuelles, de ce progrès que l’on veut étendre à l’infini. Je préfère me situer aux confins, comme une sorte de cavalier observateur. La société de nos parents était bien plus saine que l’actuelle. Il est certain que Mai 68 a fait un mal horrible à la société française. C’est une de ces épidémies hystériques parisiennes qui a défiguré la capitale et empoisonné la France. De la Révolution française à Mai 68 en passant par la Commune, les Parisiens ont fait beaucoup de mal au pays. C’est pour cela que je ne vote pas aux élections municipales.

Vous concluez par l’insurrection face au nouvel ordre mondial qui s’avance…

Je n’appelle pas à une révolution, à une protestation qui prenne une forme violente. On ne pourra changer de société que quand il y aura une volonté de changement qu’on peut estimer comme étant une insurrection de l’esprit. Une révolte intérieure qui amène à s’élever contre ce qui attaque nos valeurs. Le cœur et l’âme se révoltent. La Manif pour tous est l’illustration de cette nouvelle insurrection.

Le roi est mort, vive le roi, Jean Raspail, Via Romana, 176 pages, 20 €.

SOURCE : Valeurs actuelles

JOYEUX NOEL 2019 A TOUS

Attribué à Michel I Corneille (vers 1603-1664)
La Vierge à l’Enfant
Huile sur toile – 88 x 75,5 cm
Collection particulière
Photo : Sotheby’s

Le président et les membres du Conseil  d’Administration de Présence du Souvenir Bourbonien en Lyonnais

vous souhaitent un Joyeux et Saint Noël 2019

de paix, d’amour, de partage et d’espérance

entouré de tous ceux qui vous sont chers.