Madame Elisabeth ou l’histoire d’une longue marche vers la béatification

A l’occasion de la conclusion de ses travaux, l’Assemblée plénière des évêques de France réunie à Lourdes du 3 au 8 novembre 2017, a ouvert la voie au procès de béatification de Madame Elisabeth : ce dernier épisode s’ajoute à l’histoire d’un dossier vieux de près d’un siècle.

La sœur de Louis XVI fut incarcérée à la prison du Temple, puis exécutée place de la Concorde à Paris, le 10 mai 1794 : de l’avis de tous les témoins, elle est morte en odeur de sainteté. Le pape Pie VII lorsqu’il vint à Paris pour le sacre de Napoléon Ier, passant devant le portrait de Madame Elisabeth, prononça en public cette invocation : « Sancta Elisabeth, ora pro nobis ».

Entre 1848 et 1850, fut édifiée au Petit-Montreuil où Madame Elisabeth avait son domaine et recevait les pauvres, une chapelle dédiée à sainte Elisabeth de Hongrie, chapelle aujourd’hui devenue une paroisse de Versailles.

En 1920, grâce aux efforts de Mme de Villeroy, tertiaire du Carmel de Meaux, une association est créée pour la béatification de Madame Élisabeth. Puis, en 1947 le marquis de La Franquerie lance une seconde association, approuvée par de très nombreux cardinaux et évêques.

C’est en 1953 que la cause de béatification est officiellement introduite par le cardinal-archevêque de Paris, Mgr Maurice Feltin : Madame Elisabeth est alors déclarée servante de Dieu, mais on n’ira pas plus loin, et le dossier s’endort pour de longues décennies… Jusqu’en en 2016, lorsque le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, procède à la réouverture de la cause.

=> Madame Elisabeth sur PSB Lyon

FSSPX. Actualités propose à ses lecteurs de redécouvrir le visage de la sœur du roi Louis XVI, guillotinée en 1794, à travers l’entretien accordé à Nouvelles de Chrétienté (n°128 – nov.-déc. 2011), par le Professeur Jean de Viguerie, auteur d’une biographie très remarquée : « Le sacrifice du soir : vie et mort de Madame Elisabeth » (Cerf, 2010).

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La Tapisserie de l’Apocalypse à Angers

La tapisserie de l’Apocalypse  joyau du château d’Angers.

Commandée vers 1375 par le duc Louis Ier d’Anjou, elle représente un chef-d’œuvre sans équivalent dans le monde.

Un film immersif sur la Tapisserie de l’Apocalypse a été réalisé par le Centre des monuments nationaux et Google arts et culture. On pourra en profiter pleinement grâce à l’installation inaugurée ce soir au château d’Angers. Mais on peut aussi le découvrir en ligne.

La Tapisserie de l’Apocalypse est le joyau du château d’Angers. Commandée vers 1375 par le duc Louis Ier d’Anjou, elle représente un chef-d’œuvre sans équivalent dans le monde.

100 mètres des 140 d’origine ont traversé les siècles et sont exposés dans une galerie dédiée, depuis l’année 1954.

Un partenariat entre le Centre des monuments nationaux et Google arts et culture (un département à but non-lucratif du géant de l’internet) vient d’aboutir à la réalisation d’un film. D’une durée de cinq minutes, il permet de comprendre le contexte de la fabrication de l’œuvre (notamment la Grande peste du milieu du XIVe siècle), sa symbolique mais également l’extraordinaire travail de conservation et de restauration.

 

 

Le diamant rose de Louis XIV

Un diamant rose passé entre les mains de plusieurs monarques et empereurs français va être mis aux enchères, à l’occasion de la vente de haute joaillerie à Genève. Son prix devrait se situer entre 5 et 7 millions d’euros.

 

Le diamant rose est resté parmi les bijoux de la couronne pendant 225 ans. Photo AFP

Un diamant rose de 19,07 carats ayant appartenu à la royauté française, « Le Grand Mazarin », sera vendu lors de la traditionnelle vente de novembre de haute joaillerie à Genève, a indiqué ce mercredi Christie’s.

Répertorié pour la première fois parmi les biens du Cardinal Mazarin, le diamant rose est resté pendant 225 ans au sein des bijoux de la couronne, passant notamment entre les mains de l’empereur Napoléon, de Louis XVIII, de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie.

Entre 6 et 9 millions de dollars

Il a ensuite été mis aux enchères et a appartenu au célèbre joaillier français Frédéric Boucheron, puis au Baron von Derwies. Il appartient actuellement à un collectionneur privé, dont le nom n’est pas révélé.

La pierre, qui provient des mines de Golconde situées dans le sud de l’Inde, sera mise en vente le 14 novembre à Genève. Son prix devrait osciller entre 6 et 9 millions de dollars (5,1 à 7,7 millions d’euros), selon les prévisions de Christie’s.

Source : Le Dauphiné

8 Septembre

Naissance de la Vierge par Bartolome Esteban Murillo vers 1661
Musée du Louvre

 8 Septembre  : Nativité de la Vierge

Marie (en hébreu, Myriam) est la mère de Jésus-Christ. Elle a été reconnue par le concile d’Éphèse (431) comme étant vraiment la « Mère de Dieu » et occupe à ce titre une place centrale dans la foi chrétienne. Plusieurs fêtes catholiques la célèbrent, dont celle du 8 septembre  sa naissance avec pour parents, Joachim et Anne.

Depuis le VIème siècle on vénère à JERUSALEM près de la piscine de Bézatha, le lieu où serait née la Vierge Marie. C’est dans la Basilique de la Nativité-de-Marie, devenue au XIIe siècle l’église Sainte-Anne, que saint Jean de Damas a célébré le mystère de ce jour : « Venez, tous : avec allégresse fêtons la naissance de l’allégresse du monde entier ! Aujourd’hui, à partir de la nature terrestre, un ciel a été formé sur la terre. Aujourd’hui est pour le monde le commencement du salut. »

La Nativité de la sainte Vierge est mentionnée dans les homélies d’André de Crète (660-740). A Rome, on célébrait alors la dédicace de la basilique du martyr Adrien et il faudra attendre le pontificat du pape Serge I° (687-701) pour trouver une trace incontestable de la célébration de la Nativité de la sainte Vierge où le Pape, en sandales, faisait procession de la basilique Saint-Adrien à celle de Sainte-Marie-Majeure.  

C’était un 8 septembre Il y a plus de 100 ans :

 le 8 septembre 1914 : le miracle de la Marne

   

Certains historiens parlent de l’événement militaire du 8 septembre 1914 comme d’un « miracle », toujours entre guillemets, ou du « petit miracle ». Lequel « miracle » entre guillemets ils attribuent à diverses causes, mais jamais à Celle qui seule pouvait accomplir un (vrai) miracle, et qui l’a fait : la Sainte Vierge.

Le Courrier de la Manche, le 9 janvier 917, avait compilé plusieurs témoignages.

« Un prêtre allemand, blessé et fait prisonnier à la bataille de la Marne, est mort dans une ambulance française où se trouvaient des religieuses. Il leur a dit : “Comme soldat, je devrais garder le silence ; comme prêtre, je crois devoir dire ce que j’ai vu. Pendant la bataille, nous étions surpris d’être refoulés car nous étions légion comparés aux Français, et nous comptions bien arriver à Paris. Mais nous vîmes la Sainte Vierge toute habillée de blanc, avec une ceinture bleue, inclinée vers Paris… Elle nous tournait le dos et, de la main droite, semblait nous repousser.” »

Un officier allemand : « Si j’étais sur le front, je serais fusillé, car défense a été faite de raconter, sous peine de mort ce que je vais vous dire : vous avez été étonnés de notre recul si subit quand nous sommes arrivés aux portes de Paris. Nous n’avons pas pu aller plus loin,  une Vierge se tenait devant nous, les bras étendus, nous poussant chaque fois que nous avions l’ordre d’avancer. Pendant plusieurs jours nous ne savions pas si c’était une de vos saintes nationales, Geneviève ou Jeanne d’Arc. Après, nous avons compris que c’était la Sainte Vierge qui nous clouait sur place. Le 8 septembre, Elle nous repoussa avec tant de force, que tous, comme un seul homme, nous nous sommes enfuis. Ce que je vous dis, vous l’entendrez sans doute redire plus tard, car nous sommes peut-être 100.000 hommes qui l’avons vue. »

Deux officiers allemands blessés sont accompagnés par une infirmière. Entrés à l’hôpital, ils aperçoivent une statue de la Vierge de Lourdes et l’un d’eux s’écrie : « Die Frau von der Marne ! » (Oh ! La Vierge de la Marne !). Son compagnon lui désigna l’infirmière afin qu’il se taise car elle les écoutait. Elle tenta vainement de les faire parler.

Une religieuse qui soignait des blessés à Issy-les-Moulineaux :

« C’était après la bataille de la Marne. Parmi les blessés soignés à l’ambulance d’Issy, se trouvait un Allemand très grièvement atteint et jugé perdu. Grâce aux soins qui lui furent prodigués, il vécut encore plus d’un mois. Il était catholique et témoignait de grands sentiments de foi. Les infirmiers étaient tous prêtres. Il reçut les secours de la religion et ne savait comment témoigner sa gratitude. Il disait souvent : “Je voudrais faire quelque chose pour vous remercier.” Enfin, le jour où il reçut l’extrême-onction, il dit aux infirmiers : “Vous m’avez soigné avec beaucoup de charité, je veux faire quelque chose pour vous en vous racontant ce qui n’est pas à notre avantage mais qui vous fera plaisir. Je payerai ainsi un peu ma dette. Si j’étais sur le front, je serais fusillé car défense a été faite d’en parler. » Et il parla de cette visite de la Vierge qui épouvanta les soldats allemands et provoqua leur fuite.

Dans une ambulance, un soldat allemand dit à la religieuse française qui le soignait :

— Ma sœur, c’est fini, bientôt je serai mort. Je voudrais vous remercier de m’avoir si bien soigné, moi un ennemi. Alors je vais vous dire une chose qui vous fera grand plaisir. En ce moment, nous avançons beaucoup en France mais, malgré tout, à la fin c’est votre pays qui gagnera.

— Comment le savez-vous ?

 À la bataille de la Marne, nous avons vu la Sainte Vierge nous repousser. Elle vous protège contre nous. Les officiers nous ont défendu, sous peine de mort, de parler de cette vision. Mais maintenant je suis fini. Quand je serai mort vous pourrez raconter la chose, pourvu que vous ne me nommiez pas.

Témoignage d’un Allemand sur la bataille de l’Ourcq :

« Pendant plusieurs jours, toute notre division a vu devant elle, dans le ciel, une Dame blanche avec une ceinture bleue flottant et un voile blanc. Elle nous tournait le dos et nous effrayait beaucoup. Le 5 septembre 1914, nous avons reçu l’ordre d’avancer et nous avons essayé de le faire : mais la Dame a paru tellement éblouissante et nous repoussait de ses deux mains de façon si terrifiante que nous nous sommes tous enfuis. »

Témoignage d’un soldat, à Liège, après l’armistice :

« Oh ! dès le commencement de la guerre je savais bien qu’à la fin nous serions battus. Je peux bien vous dire ça car je sais bien que vous ne le répéterez pas à nos officiers. À la première bataille de la Marne, nous avions devant nous, dans le ciel, une Dame blanche qui nous tournait le dos et nous repoussait de ses deux mains. Malgré nous, nous étions pris de panique, nous ne pouvions plus avancer. Trois de nos divisions au moins ont vu cette apparition. C’était sûrement la Sainte Vierge !  À un moment, Elle nous a tellement épouvantés que nous nous sommes tous enfuis, les officiers comme les autres. Seulement, le lendemain ils ont défendu d’en parler sous peine de mort : si toute l’armée l’avait su, elle aurait été démoralisée. Pour nous, nous n’avions plus le cœur à nous battre puisque Dieu était contre nous. C’était sûr qu’on allait à la mort pour rien mais il fallait bien marcher quand même. Nous ne pouvions pas faire autrement. C’est dur la guerre ! »

A Saint-Germain-en-Laye, près de la terrasse du château, il y a un chêne qui abrite une statue de la Vierge appelée Notre Dame des Anglais, parce que Jacques II Stuart, roi d’Angleterre, exilé en 1668 au château de Saint-Germain où il mourut en 1701, aimait prier devant une statue de la Vierge, placée sur un chêne près de la terrasse. La statue, et sans doute l’arbre, ont changé, mais la dévotion demeure.

En septembre 1914, lors de la bataille de la Marne, cette Vierge fut l’objet de ferventes prières et supplications pour demander l’arrêt des armées allemandes qui menaçaient Paris. Une plaque commémorative de la Victoire de la Marne, le 8 septembre, jour de la Nativité de Marie, à été placée sous la niche en gage de reconnaissance.

  • L’apparition du 8 septembre 1914 à Versailles

[Les apparitions « musclées » de la Sainte Vierge dans les guerres ne sont pas rares. On connaît par exemple celle du 7 août 626 à Byzance, qui fut à l’origine de l’hymne acathiste, ou celle de 1655 à Czestochowa, quand l’armée suédoise qui ravageait la Pologne, après avoir assiégé le monastère pendant 40 jours, décampa le lendemain de Noël, ce qui fut le prélude de la libération du pays. J’avais aussi évoqué cette apparition en 1900 lors de la guerre des Boxers en Chine.]

Sources