La Pérouse

Le Puy du Fou innove pour la saison 2018 avec 2 nouvelles créations : Le Mystère de La Pérouse et le Café de la Madelon, une plongée en haute mer et une autre à la Belle époque.

Nicolas de Villiers (à gauche), président et directeur artistique du Puy du Fou, présente les dernières créations originales 2018, dont le Mystère de La Pérouse. A ses côtés, quelques acteurs et Laurent Albert, directeur du parc (©DR)

40 ans et 2,26 millions de spectateurs en 2017. Le parc du Puy du Fou en Vendée n’avait encore jamais atteint un tel niveau de fréquentation.

Avec ses deux nouvelles créations, Le Mystère de La Pérouseet Le Café de la Madelon, ce record devrait encore exploser pour la nouvelle saison 2018 qui démarre samedi 7 avril.

Aurez-vous le pied marin ?

Un nouveau spectacle qui promet de fortes sensations. (©DR)

Le 7 avril prochain, lorsque le Grand Parc ouvrira ses portes, les visiteurs auront la chance de découvrir un nouveau spectacle grandiose, Le Mystère de la Pérouse. L’histoire d’un grand marin envoyé par le roi Louis XVI pour une grande expédition scientifique en 1785 à travers le monde.

A la tête de deux frégates, la Boussole et l’Astrolabe, Jean-François de La Pérouse a pour ordre de mission d’explorer tous les océans.

Une expédition à l’issue tragique

Pourquoi avoir choisi l’histoire de La Pérouse ? D’abord parce qu’en Vendée,  dans un village voisin du Puy du Fou, au Boupère, dans le château du Fief Milon exactement, vivent les descendants du lieutenant de vaisseau Augustin de Monti, qui était le bras droit de La Pérouse, en charge du commandement de l‘Astrolabe.  « L’histoire de La Pérouse sera racontée à travers le régional de l’étape ! » annonce Nicolas de Villiers, directeur artistique du Puy du Fou. Tout le savoir-faire du Puy du Fou, celui de partir d’une histoire authentique et locale pour imaginer une prouesse artistique, historique et technique.

Car, bien évidemment, ce nouveau spectacle est « inédit », unique au monde. Avec des effets spéciaux made in Puy du Fou, puisés à partir des compétences aéronautiques ou automobiles.

Le public va plonger à travers 2650 m2 de décor jusqu’à pénétrer à l’intérieur de la Boussole pour embarquer dans une aventure folle, visuelle, olfactive et sensorielle.

Le directeur artistique détaille :

« Faire tanguer le bateau, imaginer des paysages qui défilent, tout cela amplifié par 180 pistes sonores… Nous avons cherché par tous les moyens à créer un spectacle immersif »

En clair, ça va chalouper. « Les visiteurs vont se retrouver en pleine tempête et vivre les sensations qu’ont pu connaître les marins à l’époque pendant 20 minutes », promet Nicolas de Villiers.

Cette nouvelle réalisation a exigé quatre ans de travail et un investissement de 10 millions d’euros. 9 acteurs assureront le show autour de 15 000 accessoires de marin chinés.


SOURCE :  https://actu.fr/pays-de-la-loire/

Expédition La Pérouse : le mystère est presque résolu ?

PAR GARRICK HITCHCOCK, PROFESSEUR TITULAIRE HONORAIRE, ÉCOLE DE CULTURE, HISTOIRE ET LANGUE (AUSTRALIAN NATIONAL UNIVERSITY)

Personne ne sait ce que sont devenus les marins embarqués à bord de L’Astrolabe et La Boussole, les deux navires de l’expédition menée par le comte de La Pérouse, à la fin du XVIIIe siècle. Partis de Brest en 1785, vus en Australie en 1788, les bateaux ont disparu près des îles Salomon, dans l’immense océan Pacifique.

Le destin des survivants de l’expédition menée par Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse, reste un mystère depuis la disparition de ses frégates, L’Astrolabe et La Boussole. Après avoir quitté Botany Bay en mars 1788, les bateaux ont disparu, semble-t-il, dans l’immensité du Pacifique.

L’expédition partit du port de Brest en 1785. Les deux navires, transportant pas moins de 225 officiers, équipiers et scientifiques, étaient remplis de provisions et de marchandises. Les hommes avaient embarqué pour un voyage de quatre ans dans le Pacifique, sur les traces des exploits du capitaine James Cook. Le roi Louis XVI soutenait l’opération et avait même contribué à en dessiner les plans et l’itinéraire.

Escale en Australie

La Pérouse avait également pour mission d’enquêter sur la nouvelle colonie britannique en Australie. Il arriva au large de Botany Bay, en Nouvelle-Galles du Sud, en janvier 1788, juste à temps pour voir la First Fleet d’Arthur Philip mouiller l’ancre, et fut témoin des débuts de la colonisation européenne sur le continent. Pendant six semaines, les Français installèrent leurs campements sur les rives nord de la baie, devenue aujourd’hui la banlieue sud-est de Sydney, qui porte le nom de La Pérouse.

Louis XVI donnant ses instructions à La Pérouse en 1785, avant qu’il n’embarque pour sa mission fatale dans l’hémisphère sud. (Illustration : huile sur toile de Nicolas-André Monsiau, 1817, château de Versailles, domaine public)

Avant de partir en Australie, La Pérouse avait confié des lettres aux Britanniques, qu’ils devaient transmettre au ministère français de la Marine. Il y expliquait comment il prévoyait de quitter l’océan Pacifique via le détroit de Torres, la voie d’eau étroite qui sépare l’Australie et la Nouvelle-Guinée, affirmant qu’il serait de retour en France d’ici juin 1789. Mais à cette date, point de frégates : l’attente fit place à l’inquiétude. En 1791, l’Assemblée nationale commanditait une expédition à la recherche du navigateur, sans succès.

L’anecdote raconte que le roi Louis XVI, sur le chemin de la guillotine, en 1793, demanda à ceux qui le menaient à l’échafaud : « Avons-nous des nouvelles de La Pérouse ? »

 

Naufrage près de Vanikoro

C’est un capitaine irlandais particulièrement obstiné qui a finalement résolu l’énigme, presque quatre décennies plus tard. En 1826, Peter Dillon découvrit des objets venus d’Europe à Tikopia, dans les îles Salomon. Selon les habitants, ils provenaient d’une île voisine appelée Vanikoro. Dillon eut l’intuition qu’ils venaient des navires de La Pérouse.

Il obtint finalement le commandement du navire d’enquête La Recherche et aborde à Vanikoro en 1827, où il découvre le sort terrible de L’Astrolabe et de La Boussole : les deux frégates se sont abîmées sur les récifs frangeants de l’île, lors d’une tempête. Les artefacts collectés par Dillon furent emmenés à Paris, où on les identifia comme des objets appartenant bel et bien aux navires de l’expédition La Pérouse.

À gauche : le mémorial La Pérouse sur Vanikoro, érigé par Dumont d’Urville in 1828 (Photo : CC BY-SA 4.0). À droite, l’inauguration du monument (Illustration : « Les Navigateurs français : histoire des navigations, découvertes et colonisations françaises », Léon Guérin, Belin-Leprieur et Morizot, 1846 / domaine public)

Les habitants de Vanikoro ont également raconté que les survivants de l’expédition La Pérouse avaient passé plusieurs mois à construire une petite goélette à deux mâts, en utilisant à la fois le bois des forêts denses de l’île et du bois d’épaves. Une fois l’embarcation terminée, ils se sont lancés sur les flots.

Ce qu’il est advenu de ce navire et de son équipage, si désireux de rentrer en France, reste un mystère complet. Des livres et des articles sur La Pérouse posent inlassablement les mêmes questions : le navire est-il jamais sorti de la lagune de Vanikoro, ou a-t-il été attaqué par des autochtones en pirogue ? Si le bateau est sorti de la lagune, a-t-il coulé ? Ou les survivants sont-ils morts de soif ou de faim en mer ? Ou encore, ont-ils fait naufrage ailleurs dans le Pacifique ?

Un marin breton, dernier survivant ?

Un article de 1818 contient peut-être un indice sur le sort du navire qui tenta de quitter Vanikoro. Dans son numéro de décembre 1818, le Courrier de Madras relate en effet comment, en septembre de cette année-là, les navires Claudine et Mary, qui voguaient, depuis Sydney, en direction de Calcutta, ont jeté l’ancre sur l’île de Murray dans l’archipel du détroit de Torres. C’est là qu’ils ont porté secours à un marin indien, Shaik Jumaul, qui avait survécu au naufrage du navire marchand le Morning Star quatre ans plus tôt, au large de la côte nord du Queensland.

À bord du Mary, Shaik Jumaul a été interrogé au sujet de ses expériences sur l’île. Il a raconté qu’il y avait vu des épées et des mousquets, « fabriqués différemment de ceux des Anglais », ainsi qu’une boussole et une montre en or. Quand il a demandé aux insulaires où ils avaient obtenu ces objets, un vieil homme lui a expliqué comment, trente ans plus tôt, un navire s’était échoué sur la Grande Barrière de Corail, à l’approche de Murray Island. Des hommes blancs avaient quitté le bateau sur de petites embarcations, mais dans les combats qui s’ensuivirent ils périrent tous, sauf un jeune garçon, qui fut épargné et élevé par les habitants de l’île comme l’un des leurs.

De fait, la liste d’équipage de l’expédition mentionne un marin, François Mordelle, originaire de la ville portuaire de Tréguier, en Bretagne. S’agissait-il du dernier survivant de l’expédition La Pérouse ? L’article mettant en vedette la description du naufragé fut repris par de nombreux journaux en Australie, en Grande-Bretagne, en France et ailleurs, et les observateurs firent le lien avec l’expédition La Pérouse. Puis on oublia l’histoire de Shaik Jamaul.

La chronologie semble coïncider, car c’est bien trente ans plus tôt, fin 1788 ou début de 1789, que les survivants de l’expédition ont quitté Vanikoro dans leur petit navire. Les historiens ne rapportent pas la présence d’un autre navire européen dans la région à cette époque.

Cimetière marin

Le détroit de Torres, qui comprend la partie nord de la Grande Barrière de Corail, est doté de récifs, de rochers et de bancs de sable. Il est souvent décrit comme un « cimetière marin », car plus de 120 bateaux ont sombré dans ses eaux traîtresses. Le navire signalé par Shaik Jumaul fut le premier naufrage connu dans ce détroit et, de fait, dans la partie orientale du continent australien.

Est-ce que l’expédition s’est achevée par une tragédie dans le nord de l’Australie ? Avec les découvertes à venir sur le site de l’épave (sur la Grande Barrière de Corail ou dans les îles), nous en aurons peut-être la confirmation.

Il y a cependant un mystère associé à l’expédition La Pérouse que nous ne résoudrons probablement jamais. Les insulaires ont en effet montré à Shaik Jamaul les vêtements du jeune marin, pleurant en se remémorant comment, un soir, il quitta l’île en pirogue avec deux jeunes filles. Ses amis de l’île sont partis à leur recherche, mais ne les ont jamais revus.

Cherchait-il à revenir en France ? A-t-il subi un accident en mer ? Ou a-t-il connu un troisième naufrage, fatal celui-là ? Ce fut le dernier homme de l’équipage, un survivant, un naufragé. Bien que son identité et son destin restent mystérieux, sa mémoire subsiste.

Retrouvez le reportage de Sylvain Duchampt et Véronique Galy à Albi, ville natale de l’explorateur Jean-François de La Pérouse :

http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/tarn/albi/albi-nouvelle-piste-traces-perouse-1336873.html

sources  :  https://theconversation.com/expedition-la-perouse-quest-il-arrive-aux-survivants-83319

https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/7781/reader/reader.html#!preferred/1/package/7781/pub/10728/page/15