Défense de la statue de Saint-Louis à Saint-Louis du Missouri – Message de Mgr le Duc d’Anjou en français et en anglais

August 25, 2020

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En cette fête de Saint Louis, mon aïeul et mon saint patron, mes pensées et mes prières se tournent avec reconnaissance vers ces Américains courageux qui ont empêché la destruction de la statue du saint roi à Saint-Louis du Missouri. Je pense tout particulièrement à l’abbé Stephen Schumacher, mais aussi à tous les laïcs anonymes qui ont fait bloc autour de lui.

Les violences contre le patrimoine et contre notre histoire participent toujours du même processus révolutionnaire et totalitaire qui coûta la vie à Louis XVI à qui les Etats-Unis doivent tant, et, depuis, à des dizaines de millions d’êtres humains. Ce processus vise à faire table rase du passé pour créer un « homme nouveau ». Mais les hommes sont davantage que leur propre nature biologique : ils sont façonnés par l’œuvre des générations précédentes et ils ont une destinée surnaturelle. Nos saints et nos héros nous sont nécessaires pour mener une vie réellement humaine en nous offrant des modèles. Sans eux, nous ne sommes plus que des objets que les puissants du jour peuvent aisément réduire en esclavage. Ce n’est pas en vain que la piété filiale, le respect de ce que nous ont transmis nos ancêtres, l’amour de la patrie constituent le quatrième commandement du Décalogue : sans piété filiale, il ne peut exister de société durable.

Aussi, je voudrais associer à ma prière reconnaissante tous ceux qui travaillent, dans les familles, les écoles, les universités – et partout ailleurs dans nos sociétés –, à transmettre la culture occidentale qui puise aux sources gréco-romaines et chrétiennes, Seuls des barbares irresponsables pourraient vouloir jeter aux orties ce trésor si riche et si essentiel à l’épanouissement de l’homme.

Puisse Saint Louis, saint patron des chefs d’Etat, veiller sur leur mission et bénir une nouvelle floraison de la culture chrétienne pour le XXIe siècle !

Louis,
Duc d’Anjou

Un serviteur de la monarchie qui disparaît

17 juin 2020

Il y a des êtres que l’on aimerait voir immortels. Tel est le cas de Jean Raspail qui vient de rejoindre la maison du Père samedi 13 juin 2020. Il incarnait le modèle de la tradition française autant par son œuvre littéraire couronnée du Grand Prix du roman de l’Académie française que par la manière dont il avait mené sa vie avec panache. Pensons à ses explorations et notamment sa belle et courageuse expédition dans l’ancienne Louisiane française quand la France était fière d’apporter la civilisation au-delà des mers, relatée dans En canot sur les chemins du Roi. S’il défendait la tradition française par ses écrits (romans, récits et articles),  il était aussi de tous les bons combats quand Dieu ou la France étaient attaqués. Avec Jean Raspail, il n’y avait pas de transaction si l’honneur du pays était engagé. Autant dire que ces dernières années, avec la trahison de ceux – si  nombreux pour le malheur du Pays-  qui préfèrent le reniement à la grandeur, la soumission au combat, il n’était pas vraiment heureux de ce qu’il voyait autour de lui. La France qui se défaisait n’était pas celle qu’il aimait.  Elle le menait parfois au pessimisme.

Au contraire Jean Raspail se sentait bien avec les héros de toujours, les chevaliers du Moyen-âge, les grands chefs comme Turenne, Condé ou Charette. Et avec les Rois de France à qui il a rendu un vibrant hommage dans son roman Sire et en s’engageant pour les célébrations du bicentenaire de l’assassinat de Louis XVI (1993) qui ont dû beaucoup à sa notoriété et à son énergie. Toujours chantre de la tradition française faite d’honneur, de gloire et d’abnégation.

Mais peut-être fut-il aussi plus encore pour notre famille de pensée, celle du royalisme. En effet  à la fin des années 1980 il a bien connu le Prince Alphonse rencontré lors de plusieurs manifestations. Il a pu en faire notamment un beau portrait : « « Dès que j’ai eu l’honneur et le bonheur de faire la connaissance de Mgr le duc d’Anjou, puis de l’approcher et de m’entretenir longuement avec lui en différentes circonstances, j’ai immédiatement su et compris qu’il existait quelque chose de sacré dans sa personne, toute de lumineuse simplicité.

(…) C’est vrai que le duc d’Anjou [Alphonse] n’avait pas le pouvoir. Mais j’ai la conviction qu’il était dépositaire d’une parcelle de divin. Ce n’est que cela et rien de plus, la légitimité »[1]  

Ses rencontres avec le Prince Alphonse avaient permis à Jean Raspail de comprendre que le royalisme n’était pas mort en France et, après 1989, il aurait aimé tenir pour le jeune Prince Louis, le rôle qui fut, au siècle précédent, celui de Chateaubriand vis-à-vis du Comte de Chambord. La célèbre formule du poète à la Duchesse de Berry « votre fils est mon roi » était de celles qui parlaient à Jean Raspail. Les époques ne se ressemblent pas, et  cet hommage se traduisit notamment dans le roman Sire. Il fut écrit en pensant au Prince Louis qui servit de modèle au Prince Philippe du roman. Le héros jeune et pur reconquérant son royaume à cheval. C’est du moins ce que pensèrent ceux qui, à l’époque, croisèrent l’écrivain et le Prince.

Déçu par le présent mais plein d’espérance pour le futur, Jean Raspail, attendait un renouveau de la France. Renouveau passant par Reims et Saint-Denis les deux pôles de la royauté, fille aînée de l’Eglise… là où tout s’est toujours joué. Le Sacre et la permanence. Mais ces deux villes attendent encore la nouvelle Jeanne d’Arc qui ramènera le roi puisque le roi ne meurt jamais en France et qu’il suffit de le remettre dans la lumière. Dans cette attente, Jean Raspail, s’était mis en embuscade pour pouvoir la rejoindre dès que son étendard paraitrait. Il avait pour cela le royaume de Patagonie dont il avait relevé le drapeau pour la plus grande joie de tous ses amis. Ceux-ci sont nombreux et, de même que pour eux, Antoine de Tounens était devenu un symbole immortel, Jean Raspail, sera l’immortel de notre génération qui a tant besoin de modèles pour les maintenir dans les voies de l’espérance et de l’honneur d’être Français.

Source : www.legitimite.fr