Tribune du Duc d’Anjou,

 «Saint-Denis n’est pas le symbole de la nouvelle France !»

publiée dans les colonnes du Figaro 12 juin  2026

En réaction aux polémiques autour de la Ville de Saint-Denis

« Saint-Denis, la ville des rois morts et du peuple vivant. » C’est une phrase devenue à la mode. En un sens, elle n’est pas fausse. La nécropole des souverains qui ont fait la France est au cœur d’un des départements les plus jeunes du pays, un des derniers qui tire la démographie française vers le haut. Le contraste est saisissant. Comme si cette terre était rendue plus fertile grâce à un terreau sacré. Quelle chance pour le peuple de Seine-Saint-Denis que de vivre à l’ombre d’un des monuments les plus emblématiques de notre histoire. Car en effet, ce mausolée abrite les dépouilles de ceux qui, patiemment, ont bâti notre pays. Ils lui ont donné sa forme, un espace géographique – un des plus beaux qui soit – mais aussi une âme. Une âme que le monde entier nous a enviée, faite d’honneur, de justice et d’élégance. Cette longue histoire et cette construction millénaire se rappellent à nous chaque année. Ainsi, nous célébrons en 2026 les 800 ans du sacre de saint Louis, roi du peuple s’il en est. S’occupant des malades et des pauvres, soucieux de faire appliquer une bonne justice pour tous, désireux de la paix avec les États voisins. Cela serait un beau programme de gouvernement pour la France du XXIe siècle. Justice sociale, souci des plus petits et des plus faibles, paix dans le monde. Bien sûr nous pouvons aussi faire le choix de la division. De dresser une France contre l’autre. De souhaiter l’avènement d’une nouvelle contre une ancienne. De fracturer la population française en autant de peuples irréconciliables. Si nous aimons la fureur et le fracas, si nous aimons mieux déconstruire que bâtir, si nous voulons briser l’âme de notre pays et partant son peuple, alors nous pouvons suivre ces sirènes. Mais je ne saurai m’y résoudre. Ni pour la France, ni pour les Français. Je ne veux pas renvoyer dos à dos notre histoire millénaire et le peuple vivant de 2026. Je ne veux pas prendre l’un pour écraser l’autre.

En tant qu’aîné des Capétiens, je veux rappeler l’héritage de ma tradition politique : c’est celle d’une royauté qui, œuvrant pendant plus de 800 ans, a constitué sans se hâter notre territoire national. Elle a agrégé pendant des siècles des régions, des principautés, des États et des îles dont les langues, les traditions et les coutumes lui étaient différentes. L’œuvre d’unification se pensait en générations entières et non en mandature éphémère. Bien entendu, tensions et violences ont existé dans ce processus mais les rois ont mis un point d’honneur à respecter les identités sans pour autant renoncer à exercer leur souveraineté pleine et entière. Les différences et l’altérité n’ont jamais été source de peur pour les rois de France. Elles étaient assumées et unifiées dans la personne royale. Elles étaient garanties tant qu’elles ne constituaient pas une concurrence pour l’État, et tant qu’elles ne nuisaient pas à la tranquillité publique et à la paix sociale. Nous avons oublié que la détention de l’autorité et l’exercice du pouvoir impliquent forcément un respect mutuel entre celui qui la détient et qui l’exerce et celui sur lequel ils s’appliquent. L’un et l’autre ne sont pas négociables. Cela détermine à terme la cohérence politique et sociale de notre Patrie.

Soyons intraitables avec ceux qui veulent former un État dans l’État comme nous devons l’être avec ceux qui souhaitent un égalitarisme stérile qui penserait masquer des différences pourtant nécessaires à l’épanouissement d’une société. Puisons dans notre histoire des enseignements féconds plutôt que de vouloir la brocarder. Faisons-la aimer dans ce qu’elle a d’aimable aux populations qui l’ignorent. Il ne saurait y avoir de nouvelle France. Il y a encore et toujours ce même pays qui évolue, qui se renforce ou qui s’affaiblit, qui se divise ou qui s’unifie, qui s’enrichit ou qui s’appauvrit au gré des âges. Notre passé européen nous renseigne qu’aucune nation n’est éternelle. La nôtre pas plus qu’une autre. Alors ne provoquons pas sa sortie de route de l’histoire. Continuons à la faire vivre. Apprenons à trouver des repères unificateurs, inscrivons-nous dans le temps long d’une réelle continuité.

À Saint-Denis, en effet mes ancêtres capétiens, mais également mérovingiens et carolingiens sont bel et bien morts. 1500 ans d’histoire reposent dans le calme. Mais quelque part leur action est encore vivante à travers la France contemporaine. Et je désire au plus profond de moi-même que leur exemple, leur figure et leur action continuent à être de puissants ressorts fédérateurs. Le peuple vivant de la France de 2026, c’est-à-dire l’ensemble de la population française sans exception, ne saurait vivre malgré eux voire en opposition à eux. Les Français établis de longue date comme les plus récemment arrivés sont et doivent être les fils spirituels de notre histoire et de nos rois. Les premiers sont parfois oublieux de leur passé en raison des carences éducatives dramatiques de notre système d’instruction ; les seconds sont maintenus dans un état d’ignorance coupable voire même de mensonges et d’exagérations criminels. Nous ne donnons plus les clés nécessaires pour comprendre, accepter et intégrer notre histoire. Les uns la négligent, les autres ne la connaissent pas où la détestent. Quant à ceux qui considèrent la France comme une identité secondaire, voire administrative, ils ne comprennent décidément pas ce qu’est la France et doivent en tirer les conséquences. Il est grand temps de réparer toutes ces inconséquences. Il est grand temps d’arrêter de souffler sur les braises de la division qui ne demandent qu’à s’enflammer.

En tant que Chef de la Maison de Bourbon, j’aspire à incarner une forme de continuité, un repère dans lequel tous puissent se retrouver. À l’ombre d’une Couronne unificatrice, transcendance et subsidiarité peuvent se conjuguer. Verticalité et autonomies locales peuvent coexister. Retrouvons le goût des différences qui se complètent et qui ne s’opposent pas, le goût de la continuité historique, le goût de la paix entre les différents corps sociaux. Je ne veux pas voir se désagréger la France que nous ont laissé nos rois. Je veux qu’elle affronte les difficultés du temps, groupée autour d’un dénominateur commun, et qu’elle surmonte cette crise sociale, économique et identitaire. La monarchie peut être le creuset du peuple vivant de demain qui ne continuera à exister que s’il prend appui sur le peuple mort, celui de l’ensemble de nos ancêtres qui nous ont transmis ce pays, sa langue, ses coutumes et sa douceur de vivre.

Mes ancêtres les rois Henri IV et Louis XVIII, après les affres de guerres civiles qui avaient tant divisé les Français, ont chacun établi leur règne sur deux mots : paix et unité. Deux cents ans après le dernier, leur successeur n’a pas d’autre souhait pour la France. Que saint Louis, modèle des gouvernants, protège notre pays de la division, et garantisse la paix à notre temps.

Louis de Bourbon, Duc d’Anjou

« La monarchie peut être le creuset du peuple vivant de demain » – Le Salon Beige

Année du bicentenaire du sacre de Charles X

PROGRAMME de L’ INSTITUT DE LA MAISON DE BOURBON    

Mercredi 28 mai 2025, à 15h00

Visite guidée de l’exposition :

« Charles X, le dernier Sacre« ,

organisée par le Mobilier national.

Jeudi 29 mai 2025

200ème anniversaire du sacre de Charles X en la cathédrale de REIMS

– 11h00 : Messe à la cathédrale par Mgr Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims,

– 12h30 : Déjeuner au « Bistro des Anges« , 12 rue de Chanzy Reims,

– 15h00 : Conférence dans la cathédrale -« Le sacre de Charles X à Reims« , par le Professeur Patrick Demouy,

– 17h00 : Visite des caves Taittinger,

– 18h00 : Fin de journée.

Télécharger le programme

Début novembre 2025

Voyage à Gorizia (où se trouve la sépulture du roi Charles X)

Visite des palais habités par la famille royale en exil de Charles X au Comte de Chambord

Visite de l’exposition consacrée au règne de Charles X à Gorizia,

capitale européenne de la culture en 2025

Messe au couvent de La Castagnavizza

Info : https//www.royaute.info

NANTES

Louis de Bourbon regrette la disparition provisoire de la statue de son ancêtre Louis XVI

La disparition éphémère de la statue de Louis XVI à Nantes irrite l’un de ses descendants. Dans un message Facebook cinglant, le prince Louis de Bourbon, l’un des deux prétendants au trône de France, a vivement critiqué ce projet artistique. Dans le cadre du Voyage à Nantes dont l’édition estivale s’intitule «L’étrange été», la sculpture va en effet être encadrée par une structure en miroirs dissipant le souverain défunt.

«Ce dispositif invite à réinterroger la présence des symboles monarchiques dans l’espace public», explique le dossier de presse consacré à l’événement prévu du 28 juin au 31 août. L’œuvre est signée Iván Argote, un artiste colombien qui «remet en cause certains récits historiques dominants et tente d’en proposer des versions alternatives», précise le communiqué, ajoutant que son travail est souvent «empreint d’humour et de poésie».

Hier c’était saint Louis que l’on voulait déboulonner, aujourd’hui Louis XVI, demain sera donc le tour d’Henri IV ?Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou

Cette initiative contemporaine ne fait absolument pas rire Louis XX. «Je ne laisserai personne piétiner l’héritage de nos rois sans protester. Ils n’effaceront pas 1000 ans d’histoire royale en toute impunité», a réagi fermement vendredi matin le Duc d’Anjou, sur sa page Facebook. L’ancien roi de France est l’un de ses grands-oncles. «À plus d’un titre, Louis XVI s’est distingué par sa bonté et sa magnanimité envers les Français. Et seules deux statues (dans l’espace public, NDLR) honorent encore sa mémoire en France. J’entends donc qu’elles soient respectées et non qu’elles soient l’objet de lubies faussement artistiques mais vraiment révolutionnaires», défend-il, faisant référence à celle du Loroux-Bottereau. Une troisième trône au château de Caradeuc (Ille-et-Vilaine) et une dernière dans l’ancienne abbaye du village de Sorèze (Tarn). Celle de Nantes a été inaugurée dans sa version finale en 1823.

Celui qui n’hésite pas à s’exprimer publiquement, comme en 2018, où il avait soutenu les «gilets jaunes», n’exclut pas de venir à Nantes si ses déplacements le lui permettent. «Il est paradoxal que la mémoire du monarque qui a le plus fait pour l’abolition de l’esclavage soit ainsi bafouée dans la ville la plus impliquée dans la traite et qui opposa le plus de résistance à son abolition», ajoute le chef de la maison de Bourbon, contacté par Le Figaro.

Plus généralement, il regrette le manque de considération pour le passé. «Je ne sais pas si une seule période de notre histoire commune trouve grâce aux yeux des censeurs contemporains. Tous ceux qui nous ont précédés sont presque automatiquement marqués du sceau de l’infamie et du mépris collectif. Nous ne savons plus reconnaître le respect dû à ceux qui nous ont transmis un héritage séculaire dont nous ne sommes que les passeurs», expose le descendant du roi guillotiné. Tout en restant lucide. «Est-ce à dire que tout ce qui appartient à l’histoire est forcément bien ? Non, évidemment pas. Tout ne se vaut pas. Mais je ne suis pas certain que de vouloir effacer le souvenir de Louis XVI, figure politique paternelle et magnanime pour les Français de son époque, soit un très bon signal. Hier c’était saint Louis que l’on voulait déboulonner, aujourd’hui Louis XVI, demain sera donc le tour d’Henri IV ?», conclut-il. Récemment, le tribunal administratif de Dijon a estimé que la statue de Louis IX de Bourbon-Lancy (Saône-et-Loire), n’offensait pas la laïcité.

Source :  Laurène Trillard, Le Figaro Nantes

MILLENAIRE DE LA CRYPTE DE LA CATHEDRALE DE CHARTRES

Chartres, 1000 ans de Pèlerinage : rejoignez l’Histoire !

8 septembre 2024 – 15 août 2025

Depuis plus de mille ans, le voile de la Vierge Marie exposé dans la cathédrale, attire les pèlerins du monde entier. Plus d’un million de pèlerins et visiteurs ont convergé vers la cathédrale en 2022, faisant de ce lieu un sanctuaire majeur en France et en Europe.

“Si les pèlerinages ont, depuis mille ans, façonné la ville et le diocèse, il est temps d’imaginer les pèlerinages de demain, sous toutes leurs formes. Marie montre la proximité de Dieu par son Fils à toute l’humanité, nous donnant la possibilité de nous rapprocher de lui et des autres. Marcher vers Chartres, c’est marcher avec Marie, vers le Christ » – Monseigneur Christory, évêque de Chartres.

À propos de la cathédrale de Chartres
La cathédrale Notre-Dame de Chartres est un sanctuaire de pèlerinage majeur, dédié à la Vierge Marie. De renommée internationale, elle a été la première cathédrale de France inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 1979. Elle a traversé les époques résistant tantôt aux incendies, tantôt aux guerres mais en accueillant depuis toujours les pèlerins. Sa crypte, une des plus longue d’Europe accueille les pèlerins depuis l’automne 1024 pour que la Vierge prenne soin d’eux.
Située sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle et visible à plus de 30 km, elle attire le regard et fait converger les pèlerins.
La cathédrale offre à tous la joie de contempler par son architecture, ses vitraux et ses statues un modèle de l’architecture gothique.
Elle reste un espace de silence et de prière qui communique la paix.

https://www.cathedrale-chartres.org/millenaire

https://www.cathedrale-chartres.org/parcours-jubilaire-de-la-cathedrale-de-chartres

Pendant cette année anniversaire, des expositions seront proposées au musée des Beaux-Arts de Chartres. Celui-ci présentera d’abord 1 000 ans de sculptures à Chartres (du 21 septembre au 16 février 2025) ainsi que Le feu sacré, manuscrits enluminés chartrains du XIe au XIIIe siècle (du 21 septembre au 12 janvier). L’exposition Labyrinthes complétera les réjouissances du5 avril au 3 août 2025.

https:// eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/patrimoine-et-art-sacre/553382-1000-ans-de-la-crypte-de-notre-dame-de-chartres/