SAMEDI 29 MARS 2025
» De la Dynastie carolingienne à la Dynastie Capétienne 936 /1031″
Vous trouverez ci-dessous le résumé de la première partie de cette conférence portant sur : « Des Carolingiens aux Capétiens (936-1031) » que nous a transmis le Conférencier M. SAVORNIN.
I. Le règne de Louis IV d’Outremer (936-954)
A la mort du roi Raoul (3e et dernier roi « Robertien »), le 14/1/936, les Grands du royaume décident de faire revenir sur le trône un carolingien, en l’occurence, Louis IV, fils de Charles III. Louis IV avait dû fuir en Angleterre avec sa mère Ogive. C’est pour cela qu’on le surnomme Louis d’Outremer.
Louis IV est sacré à Laon le 19/6/936. Mais il ne possède que le comté de cette ville. Louis IV prend la ville de Langres durant l’été qui suit. Louis IV doit affronter les Hongrois, qui n’ont pas encore été christianisés. Ceux-ci ont en effet passé la frontière française en 937. Herbert de Vermandois en profite pour conquérir Laon. Appuyé par Arnoul de Flandre et grâce à l’usage d’une nouvelle machine de guerre, Louis IV, revenu en France, reconquiert Laon.
Louis IV et Hugues le Grand s’affrontent rapidement car Louis IV cherche à imposer son autorité. Ils s’affrontent en Lorraine. En 939, Louis IV épouse Gerberge, soeur d’Otton de Germanie. Il devient ainsi beau-frère de son concurrent car Hugues le Grand a, lui, épousé Edwige, soeur de Gerberge.
Louis IV subit une défaite à Château-Porcien (Picardie), en 941. Il se réfugie à Vienne (en France), alors capitale du royaume de Bourgogne. Il envoie certains de ses partisans plaider sa cause auprès du pape Etienne IX. En ce qui concerne le pouvoir féodal, seul le duc de Normandie, Guillaume Longue-Epée, le duc de Guyenne, Guillaume Tête d’Etoupe et le duc des Bretons, Alain, se soumettent à Louis IV.
Une trève est signée en Picardie en septembre 942. Guillaume Longue-Epée était pieux et à agit en faveur de la paix entre Louis IV et Hugues le Grand. Mais il est lâchement assassiné en 943.
Les Danois ayant attaqué la France, Louis IV riposte et il est victorieux. Il obtient à son retour en Normandie la garde et l’éducation de Richard, encore enfant, fils de Guillaume Longue-Epée et nouveau duc de Normandie.
Alors qu’il assiège Reims, Louis IV est obligé d’abandonner ce siège pour venir aider son représentant, Rodolphe le tort, attaqué par Haigrold, à la tête d’une armée danoise. Bernard le Danois, un Normand, propose à Louis IV de négocier avec Haigrold, à la demande de celui-ci. Des violences éclatent alors entre des Français et des Normands à propos du meurtre de Guillaume Longue-Epée au cours desquelles les Normands tuent les 18 comtes français qui accompagnaient Louis. Louis IV parvient à s’enfuir mais il est finalement livré par un Normand qui l’avait d’abord secouru. Après avoir été emprisonné à Rouen, il est échangé contre Richard, mais se retrouve alors prisonnier de Thibault le tricheur, comte de Blois, Chartres et Tours.
Après un an d’emprisonnement, Louis IV est finalement obligé, par Hugues le Grand, de céder son unique comté de Laon pour être libéré. Il s’installe alors à Compiègne (selon Richer et plusieurs historiens récents) ou dans le domaine de Chevregny, près de Laon.
Louis IV, allié d’Otton et de Conrad, roi de Bourgogne et époux de la soeur de Louis IV, Mathilde, reprennent Reims, ce qui permet à l’archevêque légitime de cette ville, Artaud; de s’y réinstaller. Trois conciles ont lieu, à Verdun, en 947, puis à Saint-Pierre-de-Mouzon (archevêché de Reims) et Ingelheim, en 948. Hugues le Grand est sommé de se soumettre au roi sous peine d’excommunication.
Laon est reconquise par Conrad le Roux, nouveau duc de Lorraine, pour le compte de Louis IV.
Hugues le Grand n’ayant pas cédé (bien au contraire puisqu’il a ravagé les terres de Guy, évêque de Soissons, qui venait de prendre parti pour Louis IV après avoir défendu Hugues le Grand), il est excommunié par le concile de Trèves.
Louis IV reprend Montaigu dans les environs de Laon.
Lors d’un concile à Rome en 950, le pape Agapet II confirme l’excommunication de Hugues le Grand. Cette décision du pape lui-même convainc Hugues de se soumettre. Il lui rend l’hommage féodal.
Cette soumission permet au royaume de France de retrouver la paix pendant les quatre dernières années du règne de Louis IV (950-954).
Louis IV et Hugues le Grand visitent ensemble les provinces du royaume où Louis IV reçoit notamment les hommages de l’évêque Etienne d’Auvergne, de Charles-Constantin, comte de Vienne et de Guillaume Tête d’Etoupe, duc de Guyenne et comte de Poitiers. Louis IV reprend Brienne, un repaire de brigands, près de Bar/Aube.
La mère de Louis IV, Ogive (ou Eadgive) s’étant remarié avec Herbert, comte de Meaux, fils de Herbert II de Vermandois qui avait combattu Charles III, le père de Louis IV, celui-ci décide de sanctionner sa mère en la privant de son douaire. Louis IV redonne celui-ci à sa femme, Gerberge.
Louis IV meurt d’un accident de chasse. Poursuivant un loup, son cheval trébuche et retombe sur lui. Louis meurt après une longue agonie de plusieurs semaines, le 9/9/954.
Louis IV eut à subir l’opposition de la plupart des Grands. Le conflit a freiné l’architecture. Des édifices carolingiens ont disparu: Saint-Denis, Saint-Riquier, Corbie.
Louis IV a eu 5 enfants, Lothaire en 941 (il lui succède), Mathilde en 943, un garçon mort peu après sa naissance mais dont on ignore le prénom, Henri en 953, mort peu après son baptême et son frère jumeau Charles.
Bruno Savornin
1ERE PARTIE DU COMPTE-RENDU DE CETTE CONFERENCE
Raoul meurt le 14/1/936 et est inhumé dans l’abbatiale Sainte-Colombe de Sens.
Les Grands du royaume demandent à Louis IV, fils de Charles III, de revenir d’outre-mer, c’est-à-dire d’Angleterre, pour régner. Pour cela, ils s’engagent auprès de son oncle, le roi anglais Aethelstan, oncle de Louis IV (la soeur d’Aethelstan, Ogive, avait épousé Charles III), à l’honorer, mais à condition toutefois qu’il suive leurs conseils.
Les Grands souhaitent donc un roi aux pouvoirs limités puisqu’il devrait suivre leurs conseils.
Louis IV est sacré le 19/6/936 à Laon.
Il conquiert Langres durant l’été.
Les Hongrois, après avoir ravagé la Germanie et la Lorraine, passent la frontière française en 937. De plus, Louis IV veut imposer son autorité, ce qui entraîne un autre conflit, avec Hugues le Grand, qui commence en Lorraine.
Louis IV épouse en 939 Gerberge, soeur d’Otton.
Il est battu en 941 à Château-Porcien, en Picardie. Il se réfugie à Vienne, en France, alors capitale du royaume de Bourgogne. Il envoie une délégation soutenir sa cause auprès du pape Etienne IX. Celui-ci décide de l’appuyer. Guillaume Longue-Epée (932-943), fils de Rollon et nouveau duc de Normandie, se soumet au roi et l’accueille à Rouen. Le duc de Guyenne, Guillaume tête d’Etoupe, et le duc des Bretons, Alain, le suivent dans son allégeance au roi.
Une trève est signée en Picardie en septembre 942, pour deux mois seulement. Louis parvient à s’allier avec Otton de Germanie, son beau-frère. Il convoque ses vassaux à un plaid à Attigny, sur l’Aisne.
Louis IV et Otton de Germanie se rencontrent à Attigny. Otton reproche ensuite à Hugues le Grand de faire la guerre au roi. Il lui demande de l’accompagner pour voir le roi. Hugues accepte enfin de se réconcilier avec Louis IV.
Guillaume Longue-Epée était pieux. Il a même voulu, comme Saint Louis trois siècles plus tard, devenir moine. Mais l’abbé de Jumièges lui dit qu’il est plus important pour lui de remplir sa mission de prince chrétien. Guillaume était aussi intervenu pour obliger Otton de Germanie à respecter la préséance de Louis IV lors de la conférence d’Attigny.
Guillaume est lâchement assassiné en 943, à la fin d’une journée de négociations qui avait apparemment réussi. Alors qu’il venait de partir, des Flamands lui demandent de revenir car le comte de Flandre aurait oublié de lui dire quelque chose. En fait, 4 familiers de ce comte le tuent. Guillaume est remplacé par Richard, son fils, comme duc de Normandie.
Herbert de Vermandois meurt à la fin de 943.
En décembre 943, une flotte danoise attaque le royaume de France. Le roi les attaque aussitôt avec 800 cavaliers. Il est vainqueur. Les Danois ont 9 000 morts, les Francs quelques uns. Le retour de Louis IV à Rouen est un triomphe. Il obtient d’emmener Richard, duc de Normandie, pour l’éduquer… et le garder sous son contrôle.
Simulant une maladie sur le conseil d’Osmond, un seigneur normand, et profitant d’un relachement de la surveillance, Richard parvient à s’enfuir.
A l’occasion de négociations avec Haigrold, un Danois, Louis parvient à s’enfuir, aidé par un seigneur normand. Mais celui-ci le livre finalement et il est emprisonné à Rouen. Gerberge, femme de Louis IV, ne parvient pas à le libérer bien qu’elle ait fait appel au roi de Germanie et à Hugues le Grand. Louis IV est finalement échangé contre Richard mais se retrouve prisonnier de Thibaut le Tricheur, comte de Blois, Chartres et Tours.
Otton réclame à Hugues, en tant que chef des Grands, la libération de Louis. Quant à Edouard Ier l’Ancien, roi d’Angleterre (939-946), frère d’Aethelstan, il menace d’envahir la France si Louis n’est pas libéré. Sans succès. Au contraire, Hugues le Grand répond à Edouard que les Français sauront se défendre.
Par ailleurs, aucun vassal de Louis n’intervient pour le tirer d’affaire. Il est vrai qu’il n’avait pas bien traité Richard, dont il avait la tutelle.
Un an après son incarcération, Hugues demande à Louis de lui céder Laon, la seule place dont il dispose, en échange de sa libération. Louis accepte.
Louis obtient l’appui d’Otton et de Conrad, roi de Bourgogne et époux de sa sœur Mathilde mais ils n’osent pas attaquer Laon, dont les fortifications ont été renforcées par Hugues. Mais ils parviennent à reprendre Reims et à réinstaller Artaud comme archevêque de cette ville.
Trois conciles ont lieu : à Verdun en 947, à Saint-Pierre de Mouzon (archevêché de Reims) et Ingelheim en 948. Hugues est sommé de se soumettre au roi sous peine d’excommunication et Artaud est confirmé comme archevêque de Reims.
Laon est reconquise par Conrad le Roux, nouveau duc de Lorraine, pour le compte du roi. Gui, évêque de Soissons, ancien allié de Hugues, décide d’appuyer Louis IV.
Hugues se venge en saccageant les terres de l’évêque de Soissons et celles de Reims puisque Hugues, l’ancien archevêque de Reims, a été remplacé par Artaud.
Un nouveau concile, à Trèves, avec cette fois-ci, trois évêques français au lieu d’un seul à Ingelheim, excommunie Hugues le Grand. Ce concile décide aussi de destituer Thibaud, sacré illégitimement archevêque de Reims par Hugues, et de le remplacer par un protégé de Louis IV. Louis IV reprend Montaigu, près de Laon.
Les évêques Gui d’Auxerre et Anségise de Troyes obtiennent une trève.
Le pape Agapet II convoque un concile à Rome, les précédents ayant réuni trop peu de membres du clergé. Hugues ne s’y présentant pas, le pape l’excommunie lui-même.
Hugues se soumet enfin.
Après la cérémonie d’hommage féodal, Louis IV et Hugues le Grand visitent ensemble les provinces du royaume. A Macon, Charles-Constantin, comte de Vienne, rend hommage à Louis IV. Dans cette région, Louis IV reçoit aussi l’hommage de l’évêque Etienne d’Auvergne et de Guillaume Tête d’Etoupe, duc de Guyenne et comte de Poitiers.
Louis IV reprend Brienne, un repaire de brigands, près de Bar-sur-Aube.
Edwige, mère de Louis IV et veuve de Charles III le Simple, se remarie avec Herbert, comte de Meaux, fils de Herbert II de Vermandois. Ils auront un fils, Etienne, futur comte de Meaux et de Troyes.
Comme Herbert II avait combattu son père, Louis IV sanctionne sa mère en la privant de son douaire qu’il donne à sa femme Gerberge.
Louis IV a eu 5 enfants : Lothaire en 941, Mathilde en 943, Henri en 953, mort peu après son baptême, Charles, son frère jumeau et un autre garçon dont on ne connaît pas le prénom, mort lui aussi peu après sa naissance.
Le mariage d’Eadgive avec Herbert, comte de Meaux, puis de Troyes et la paix obtenu avec le duc des Francs assure 4 ans de paix au royaume de France, de 950 à 954. A noter qu’Ermangarde, sœur de Hugues le Noir, lui succède comme duc de Bourgogne. Elle et son mari Gilbert d’Autun ont une fille unique, Liégarde, qui se marie avec Otton, fils de Hugues le Grand, ce qui lia la Bourgogne aux Capétiens.
Louis IV meurt d’un accident: poursuivant un loup, son cheval trébuche et tombe sur lui. Il meurt quelques semaines plus tard, le 9/9/954. Il est enterré dans l’abbatiale Saint Rémi. Gerberge désigne Lothaire, 13 ans, pour lui succéder. Le royaume n’est pas partagé, ce qui est une sage décision. Hugues le Grandne s’y oppose pas.
L’archevêque Artaud de Reims sacre Lothaire dans la basilique Saint-Rémi de cette ville.
Le duc de Guyenne, Guillaume Tête d’Etoupe, se rebelle mais il est vaincu par Hugues le Grand. Celui-ci meurt de maladie le 16/6/956, à 59 ans.
Louis IV a subit les inconvénients de la féodalité. Contrairement à Charlemagne, il ne possédait plus d’empire mais unique Laon qu’il a perdu, puis repris grâce à l’appui de l’Église.
Hugues le Grand était le représentant des vassaux de Louis IV. La plupart de ceux-ci étaient rebelles. Le conflit entre Louis IV et ses vassaux a freiné l’architecture. Des édifices carolingiens ont disparu : Saint-Denis, Saint-Riquier, Corbie.
Il y a toutefois eu des fondations religieuses: Adèle, duchesse de Guyenne, a fondé Saint-Cyprien à Poitiers, où elle a pris l’habit et Saint-Pierre-le-Puellier. Guillaume Longue-Epée a fondé la Trinité de Fécamp. Saint Gérard de Brogne a fondé Saint-Bertin. Arnould de Flandre a fondé Saint-Bavon de Gand et Saint-Riquier. Raoul, seigneur d’Issoudun, a fondé Sainte-Marie d’Issoudun. Le vicomte de Béziers a fondé Saint-Pierre de Lezat. Autre fondation de ce temps: Saint-Pierre de Gand.
2EME PARTIE DU COMPTE-RENDU DE CETTE CONFERENCE
A – Lothaire (954-986)
Quand Louis IV meurt en 954, Hugues le Grand est toujours le vassal le plus puissant du roi. Il possède environ 100 000 km² contre 3 000 pour Lothaire. Mais Gerberge obtint néanmoins la nomination, comme tuteur de son fils Lothaire, le nouveau roi, son oncle Brunon, archevêque de Cologne et duc de Lorraine.
Hugues marie sa fille Béatrix au comte Frédéric de Bar, un des plus grands seigneurs de Lorraine.
Suite à la mort de Gilbert de Bourgogne, son beau-fils Eudes, qui est aussi frère de Hugues Capet, devint duc de Bourgogne en 956. La Bourgogne devint ainsi capétienne.
Hugues le Grand meurt en 956. Malgré son opposition à Louis IV, il a contribué à l’unité nationale.
Lothaire est victorieux de Robert de Troyes, fils de Herbert II, puis de Renier. Il prend ensuite Dijon et se proclame souverain de Bourgogne.
La guerre reprend entre Lothaire et Hugues. Une très a toutefois lieu au début de 959. Robert de Troyes reprend Dijon au roi à l’été 959. Il expulse aussi l’évêque de Troyes, Anségise. L’archevêque Brunon entreprend alors le siège de Troyes, négocie avec Robert de Troyes et obtint la réinstallation d’Anségise sans son évêché.
Lothaire récupère Dijon.
Richard de Normandie épouse Emma, sœur de Hugues le Grand, en 960. En 961, Lothaire reçoit l’hommage d’un certain nombre de vassaux de Bourgogne.
Arnoul de Flandre meurt en 965 après avoir choisi Lothaire comme héritier et non son petit-fils Arnoul II. Les signeurs flamands se révoltent mais Lothaire leur prend Arras, Douai et Saint-Amand. Des pourparlers confirment ces conquètes mais il renonce au reste de la Flandre.
Eudes, frère de Hugues Capet, meurt aussi en 965. Les seigneurs bourguignons élisent son frère Henri comme duc.
Une fois de plus, l’archevêque Brunon convainc Lothaire et les Bourguignons, alliés de Hugues Capet, de ne pas se faire la guerre. Brunon meurt le 11/10/965, à 40 ans, chez l’archevêque Odalric. Il a été déclaré bienheureux par Pie IX en 1870. Il a su défendre la paix en assurant l’équilibre entre le fils de Gerberge (Lothaire) et les fils de Hedwige (Hugues Capet et ses frères).
Lothaire se marie avec Emma, fille de Lothaire II d’Italie, à la fin de 965.
En juillet 966, un traité de paix est signé à Gisors (Normandie) entre Lothaire, Richard, Hugues Capet et Thibaud.
Robert II de Troyes meurt en 967. Son frère Herbert devient comte de Troyes et de Meaux (il disposait déjà du comté de Meaux).
La reine-mère donne sa terre de Meersen, ainsi que quatre autres terres, à l’abbaye Saint-Rémi de Reims, en 968. Elle a été une grande reine de France.
Adalbéron devient archevêque de Metz en 969 pour remplacer Odalric. Il soumet les chanoines de son chapitre à la règle de Saint Augustin. Il réunit un synode pour reprocher à certains moines leurs infractions à la règle et faire reconstruire l’église métropolitaine de Reims qu’il jugeait «difforme et incommode»
Hugues Capet épouse Adélaïde, fille du duc de Guyenne Guillaume II Tête d’Etoupe.
Gerbert d’Aurillac est nommé écolâtre à Reims, c’est-à-dire directeur de l’école archiépiscopale. Il enseigne d’abord la dialectique (la logique) puis la rhétorique et la sophistique. Ce programme annonce avec deux siècles d’avance celui de l’Université de Paris.
En 983, Gerbert se voit confier la formation culturelle du futur Robert II. Il est élu pape sous le nom de Sylvestre II en 999.
Otton Ier meurt en 973 à 61 ans. Il est remplacé par son fils Otton II qui bat les Danois, les Bohémiens et les Polonais.
En 977, Charles, frère de Lothaire, est nommé duc de Basse-Lorraine par Otton II. Cette nomination incite Lothaire à intervenir militairement dans le but d’enlever Otton II. L’armée de Lothaire s’approche de Cambrai et ses ennemis s’enfuient. Otton est cependant prévenu à temps pour pouvoir s’enfuir à Cologne avec sa femme Theophano, d’origine bysantine.
Otton riposte en 978 : il occupe avec 60 000 hommes, dont 30 000 cavaliers, les alentours de Reims, de Laon et de Soissons. Il honore de ses présents les abbayes de Saint Rémy et de Saint médard.
Lothaire trouve refuge au comté d’Etampes que lui abandonne Hugues Capet qui renforce les défenses de Paris en prévision d’une attaque d’Otton qui arrive effectivement en novembre 978 sur les hauteurs de Montmartre.
Les troupes de Lothaire, de Hugues Capet et de Henri de Bourgogne contraignent Otton à ordonner la retraite. La plus grande partie de son armée parvint à franchir l’Aisne mais le roi de France écrase son arrière-garde qui n’avait pas encore franchi cette rivière et récupère ainsi le butin qu’avait amassé Otton.
Trahi par son frère Charles, Lothaire fait sacrer son fils Louis à Reims par l’archevêque de cette ville. Hugues obtient le maintien des reliques de Saint Magloire, évêque de Dol en Bretagne, à Paris (elles y avaient été mises en sécurité au moment de l’attaque des Danois paiens).
En 980, Lothaire et Otton se rencontrent près de Sedan. Quant à Hugues Capet, il rencontre Otton à Rome en 981 et fait un pèlerinage aux basiliques des Saints apôtres.
Grâce à leurs vassaux, de pieux évêques organisent une rencontre entre Lothaire et Hugues qui se jurent une amitié fidèle, en 982.
Otton prend Salerne aux Grecs, puis écrase les Sarrasins en Calabre en 981. Il est à nouveau victorieux contre eux en 982 et s’empare ainsi de Reggio et de Tarente.
Otton II meurt de maladie le 7/12/983 à Rome où il s’était rendu pour recevoir la bénédiction du pape Jean XIV.
Otton III, son fils, est couronné empereur le jour de Noël 983.
Charles se réconcilie avec son frère Lothaire. Mais le conflit entre les Français et les Germains continue. Lothaire assiège Liège et Cambrai. Un accord est trouvé avec l’évêque de Cambrai : il livrera cette ville au roi mais uniquement quand Lothaire aura conquis les autres places de Basse-Lorraine.
Mais Lothaire prend froid. La fièvre monte et il meurt le 2/3/986.
Courageux au combat, il manqua de stratégie après la prise d’Aix-la-Chapelle. Sa vie privée fut honnête.
B – Louis V (986-987)
Louis V, son fils, ne montre aucun goût pour les affaires politiques. Il décide de s’attacher à Charles de Lorraine.
Il fait une chute mortelle et meurt peu après, le 21/5/987, après un peu plus d’un an de règne.
Louis V avait environ 20 ans et n’avait pas d’enfant.
3EME PARTIE DU COMPTE-RENDU DE CETTE CONFERENCE
A – Hugues Capet (987-996)
Le 3/7/987, les Grands, réunis autour d’Adalbéron, élisent Hugues Capet comme roi. Celui-ci fait sacrer peu après son fils, le futur Robert II.
Gerbert devient archi-chancelier de France.
Hugues Capet meurt le 24/10/996. Il était dévot, il s’intéressait à tout ce qui était religieux. Il ne faisait la guerre que quand la justice l’exigeait. Il n’était toutefois pas un saint. S’il a renoncé de lui-même à son titre d’abbé laïc qui lui donnait un bénéfice, il a eu un bâtard: Gouzlin qui est devenu archevêque de Bourges.
Pendant son règne, l’ordre de Cluny se développe sous l’abbé Mayeul (965-994). En 972, une campagne de Guillaume d’Arles met fin à la présence musulmane en Provence.
Parmi les fondations religieuses de l’époque: Saint-Magloire de Paris, par Hugues le Grand, Saint-Spire à Corbeil, Saint-Florentin de Bonneval. Saint-Pierre d’Uzerche, Saint-Sauveur de Lodève, par son évêque Fulcran.
Flodoard (893 ou 894 – 966), chanoine de la cathédrale de Reims et Richer (mort après 998), moine de Saint-Rémi de Reims, sont des historiens très importants de l’époque.
Si les rois français sont dominés par les féodaux, il en est de même des rois germains, ce qui fera éclater la Germanie et il en était de même des rois d’Italie, pays qui a déjà disparu à l’époque des derniers carolingiens.
B – Robert II le Pieux (996-1031)
Il succède à Hugues Capet. Le pape Grégoire V constate en la nullité de son mariage avec Berthe, parente trop proche. En 1001, après avoir refusé de renvoyer Berthe pendant 5 ans, il la renvoie enfin et fait pénitence: il assiste quotidiennement à l’office, passe les nuits des grandes fêtes en oraison et couche par terre durant les temps de pénitence liturgique. Voilà ce qui lui a valu son surnom «Le pieux».
Il épouse finalement, de manière valide cette fois, Constance d’Arles, vers 1003.
Gerbert est élu pape en 999 sous le nom de Sylvestre II.
Nous devons rappeler que la peur de l’an Mil est une invention du XIXe siècle, propagée notamment par Michelet. A l’époque des faits, Richard a au contraire prêché contre cette attitude et son successeur Albon de Fleury aussi, à partir de l’Evangile, de l’Apocalypse et des prophéties de Daniel.
A la mort en 1024 de Saint Henri II de Bavière, canonisé en 1152, le pape Serge IV propose à Robert II d’être empereur d’Occident. Celui-ci refuse, peut-être à cause des difficultés pouvant venir des princes allemands et italiens.
Il meurt le 20/7/1031 de fièvre. Il aimait les pauvres: il les sert lui-même et en fait nourrir plus de 1000 dans son palais parisien. Il a même été vu en train de baiser les mains purulentes de lépreux. La tradition de guérison des écrouelles date de Robert II le Pieux.
Le cérémonial des rois de France comprend aussi le lavement des pieds de pauvres.
C’est d’ailleurs pendant une cérémonie de ce type que douze conspirateurs projettent de le tuer mais, dénoncés, ils furent arrêtés puis condamnés à la peine de mort. Mais le roi leur envoie un confesseur pour qu’ils puissent obtenir le pardon de Dieu. Ils peuvent ensuite communier et le roi change leur condamnation en simple bannissement sur leurs terres.
Pendant son règne, son fils aîné Hugues, né en 1007, héritier du trône, meurt en 1025. C’est son deuxième fils Henri, né en 1008, qui lui succédera. Son troisième fils s’appelle Robert, né en 1011 et le quatrième et dernier, Eudes, né en 1013.
Il eut enfin deux filles: Advise, née en 1005 et Adèle, née en 1009 qui épousa Richard III de Normandie en 1027. Devenue veuve après quelques mois seulement, Adèle épousa Beauduin V, comte de Flandres. Elle en eut trois enfants. Veuve à nouveau en 1067, elle reçoit le voile de veuve dans l’abbaye de Messine. Elle a été canonisée.