Guillaume TIREL dit TAILLEVENT

Pour faire écho à l’émission de Stéphane Bern :  Mardi 12 février 2018 sur la fabuleuse histoire de la restauration  veuillez trouver en complément cet article paru le 26.03.2016

GUILLAUME TIREL DIT TAILLEVENT

   1310 – 1395

                       Sous Philippe VI (Roi de 1328 à 1350)

                  Charles V (Roi de 1364 à 1380)

             et Charles VI ( Roi de 1380 à 1422)

1er écuyer de cuisine du Roi

Grand Maître Queux

Maître des Garnisons de cuisine du Roi

Né à Pont Audemer en Normandie en 1310

Marié à Jeanne Bonnard, qui décède en 1363, il épouse en secondes noces d’un milieu social plus élevé  Isabeau Le Chandelier qui décède en 1404.

Il entre au service de  Jeanne d’Évreux  3ème épouse du Roi Charles IV le Bel, comme enfant de cuisine

En 1346, il travaille pour Philippe   de Valois, (Philippe VI  Roi de 1328 à 1350)  comme écuyer et « queux » en 1355.

En 1359, Le Fils de Jean II le BON, Duc de Normandie et régent du royaume pendant la captivité de son père à Londres, le prend à son service, il y restera le temps de son règne devenu Roi sous le nom de Charles V de 1364 à 1380.

1362 : Le Duc de Normandie donne à Guillaume Tirel la somme de cent francs d’or pour services rendus, afin qu’il s’achète une maison à Paris pour être plus prêt du Roi.

En 1373, Guillaume Tirel devient « premier  queux » en somme chef de cuisine et même parallèlement sergent d’armes.

En 1380, il passe au service du Roi Charles VI (1380 / 1422) qui l’anoblît en 1381

En 1392, il devient « Maître des Garnisons de cuisine du Roi »

Lire la suite…

Le Roi de Chevrières

L’abbée Charles Signerin retranscrit pour le centenaire de la Révolution l’histoire locale du « Roi de Chevrières », encore vivace aujourd’hui. Le texte est écrit à la gloire du Roi de Chevrières et de sa famille. En voici le résumé :

Durant la Révolution, Chevrières fut un centre de résistance royaliste en Forez.

Entre 1793 et 1798, pendant la Terreur, alors que l’on guillotine dans toute la France, Antoine Croizier, un fermier aisé de la Badouillère, surnommé le « Roi de Chevrières » notamment du fait de sa ressemblance physique avec Louis XVI, mais aussi par son envergure de chef, dirigeait une milice locale en rébellion avec la brutalité du nouveau régime vis-à-vis des noblesses locales et du clergé, qui peut être comparée dans une moindre mesure à la Chouannerie des régions du nord-ouest, sur la même période (à noter que la région de Chambles et Lézigneux servira aussi de refuge à des exilés tentant de rejoindre l’Atlantique pour fuir le pays).

Plus de 2 000 personnes plus ou moins recherchées (notables foréziens, lyonnais et d’autres provinces encore) trouveront refuge dans les environs de Chevrières. Le Roi de Chevrières mena une lutte héroïque contre les troupes républicaines qui seront régulièrement dépêchées pour imposer la République par la force armée.

Croizier donnait notamment asile aux proscrits, les arrachant aux exactions des soldats républicains, cachant ces exilés dans les grottes et souterrains des bois sur les collines de Montjassou et Chavarey (souterrains qui ne sont à l’heure actuelle toujours pas localisés), menait des opérations de guérilla sur les unités républicaines qui osaient s’aventurer dans les monts du Lyonnais, détruisait systématiquement les symboles de la jeune république tels les arbres de la liberté censés remplacer les calvaires chrétiens. Ainsi, plusieurs dizaines de gardes républicains seront abattus par les francs-tireurs royalistes lors d’actions contre ces symboles républicains ou lorsque les républicains tenteront de détruire des calvaires. Les représailles, fermes incendiées et exécutions sommaires, seront courantes. Le très revanchard et très zélé Claude Javogues, sorte de Robespierre local qui sera le commanditaire de dizaines de guillotinages durant toute la Terreur, ordonnera plusieurs incursions qui se révéleront autant d’échecs, parfois se finissant dans le sang. Javogue sera fusillé à Paris en 1796, dans le chaos post-révolutionnaire.

Durant plusieurs années, toute la région de Chevrières sera le théâtre de violentes escarmouches et d’embuscades meurtrières entre la milice royaliste et les troupes républicaines (les « bleus » révolutionnaires contre « les blancs » royalistes), à tel point que les républicains finiront par ne plus s’aventurer dans cette région, notamment après un épisode sanglant où treize soldats d’une compagnie dépêchés depuis Saint-Étienne tombent sous les balles de mousquets dans une embuscade dans le vallon de la Gimond. Laissant de fait le terrain aux royalistes, la jeune république a par ailleurs fort à faire aux frontières et dans de nombreuses autres provinces, ce qui aura pour conséquence immédiate une bizarrerie locale au niveau des nouveaux cadastres issus de la Révolution… Chevrières sera alors appelée « la petite Vendée », les lois n’étant appliquées que partiellement, en particulier en ce qui concerne la religion (curé assermenté) et l’obligation faite de désacraliser l’église paroissiale.

Finalement, l’Assemblée Nationale sous la demande de la Convention nationale, inquiète de la tournure que prenait cette rébellion et pour éviter qu’elle ne fasse des émules (Lyon était elle aussi le fruit de troubles difficilement maîtrisés, les forces royalistes dont Croizier ont même tenté de se fédérer avec les Vendéens) ordonnera de mettre fin définitivement à cette révolte. La commune de Saint-Étienne forma un bataillon de plusieurs centaines d’hommes (la 105e demi-brigade d’infanterie de ligne) épaulé par des renforts de hussards de la cavalerie commandés par un certain Elie, et de pelotons de gendarmes venus de Montbrison, Feurs, Roanne, Chazelles et Lyon. S’ensuivit une bataille sanglante dans les bois près du château de Montuclas, qui servait de base arrière au Roi de Chevrières et qui sera saccagé par les hussards, puis des pillages et des rançonnages par les troupes républicaines (que la préfecture de Montbrison condamnera avec lenteur par la suite), et une chasse à l’homme qui dura plusieurs jours. Un gendarme sera tué durant l’assaut sur Montuclas d’un tir de mousquet royaliste, le commandant Elie sera lui aussi grièvement blessé. Les royalistes sont vaincus ou se rendent, réalisant que la lutte est vaine devant la détermination affichée. On ne connaît pas exactement le nombre de victimes de part et d’autre durant cette insurrection. Ce qui est sûr c’est que la République devra attendre 1798 pour s’implanter dans les monts du Lyonnais, après avoir payé le prix fort.

Bien plus tard durant la Seconde Restauration, Louis XVIII, curieux de connaître ce singulier personnage, recevra le Roi de Chevrières et ses frères lors d’un mariage d’une de ses cousines à Tarare, et leur octroiera en remerciement de leur loyauté à la couronne une rente de 900 francs (somme rondelette pour l’époque). Il demandera par la suite régulièrement des nouvelles de « son cousin le Roi de Chevrières ». Néanmoins, cette rente fut supprimée à l’avènement de Louis-Philippe. Ruiné par cette aventure, le Roi de Chevrières fut obligé de céder son domaine. Il meurt en 1825 à Saint-Étienne, dans la pauvreté.

Château de Chevrières (Province du Forez)

Source : www.chevrieres42.fr

 

Benoit Binet et Jean Quentin Baron de Champlost

BENOIT  BINET (  – 1695)

Perruquier du Roi Louis XIV

 

JEAN  QUENTIN  

Baron de CHAMPLOST (Yonne) (1637 – 1717)

Perruquier du Roi Louis XIV

 

BENOIT  BINET (    – 1695)

Perruquier du Roi Louis XIV 1638 / 1715

 Le  port de la perruque remonte très loin dans l’histoire, puis qu’elle existe déjà dans l’Antiquité, chez les Grecs, les Romains, et dans l’Egypte ancienne les femmes avaient le crâne rasé, comme Cléopâtre.  Louis XIII  en raison de sa calvitie l’adopte à la fin de sa vie, son usage va se répandre rapidement à la cour, sauf en la personne du Cardinal de Richelieu, toujours coiffé d’une calotte en satin rouge.

Tout commence pour Benoit BINET, quand Louis XIV tombe malade alors qu’il se trouve à  Calais, il est traité pendant 2 mois pour le typhus, par des médecins qui le soignent par ingestion d’antimoine et autres médicaments qui ont raison de la maladie puisqu’il guérit miraculeusement mais en y laissant ses cheveux car devient chauve à 20 ans.  Il lui faut d’urgence un perruquier, ce sera M. BINET, qui a déjà pignon sur rue, et qui pour satisfaire le souverain désireux dans un premier temps de montrer les quelques cheveux qui lui restent en les complétant par une perruque, va envoyer des émissaires dans toute la France pour trouver des cheveux de couleur identique au modèle..

Véritable créateur, artiste, il exposait ses plus belles réalisations pour le Roi et pour la Cour, dont la plus célèbre, est celle réalisée spécialement pour le roi lors de la représentation de PHEBUS aux Tuileries en 1662.  Certaines étaient tellement extravagantes, qu’on les appelait les « Binettes » perruques d’apparat, démesurées, d’où vient l’expression « avoir une drôle de Binette » expression encore utilisée de nos jours.

Son fils reprend la charge et devient Capitaine de cavalerie, chevalier de Saint Louis, et 1er valet de chambre de Monseigneur le Dauphin. Fortune faite M. BINET put faire construire à Versailles un hôtel particulier revendu plus tard à Madame du BARRY.

Il meurt en 1695  son fils lui succède jusqu’en 1716 date de sa démission.

 

Par analogie, signification des mots suivants :

BINET : Brûle-bout muni d’une pointe ou de ressorts pour brûler le bout des chandelles

Faire BINER : Brûler les bouts de bougie : Économiser – Épargner

 

JEAN QUINET

( 1637 en Touraine – 1717 à 80 ans)

Officier commensal de la Maison de Louis XIV

Perruquier ordinaire  en 1673, Porte-manteau en 1676

1er Barbier en survivance en 1676 puis en titre en 1679

1er Valet de la Garde-robe (2 charges : 1/ 1690 – 1/1697)

Maître d’Hôtel en 1706

 quentin_jean01wc

Né à la Celle-Saint-Avant en 1637 de René Quentin et d’Antoinette  BINET (tante de Benoit BINET) ;

1er Barbier en survivance en 1676 puis en titre en 1679

Il devient Perruquier du Roi en 1673, puis en 1676 1er barbier en survivance des charges que possèdent son frère aîné François Quentin dit « La Vienne », puis en titre en 1679. Les frères acquièrent de nombreuses charges d’ailleurs forts chères, ils étaient considérés comme « officiers de la maison »

Avec sa charge de porte-manteau en 1676, il a le titre d’écuyer et le droit d’entrer à cheval derrière le Roi, de monter à cheval dans la Cour du Louvre, privilège certain qui n’appartient pas à tout le monde, quotidiennement au côté du Roi, qu’il assiste depuis le lever jusqu’au coucher en recueillant le chapeau, les gants la canne, l’épée de sa Majesté  et le manteau de parade qui est installé et ôté par le porte-manteau, si le grand maître de la Garde Robe n’est pas présent. De surcroît, il est logé avec toute sa famille à la Cour.

 Il va révolutionner les perruques, avant peu esthétiques, mal faites, peu confortables, en inventant la perruque « au métier », industriel en somme puis qu’il faisait passer les cheveux au four en les entourant d’une pâte protectrice, puis il tressait les cheveux sur une coiffe pour les coudre sur un support élastique et léger; ses perruques qui vont s’exporter à l’étranger.

Le Roi ne tarit pas d’éloges et accorde à Jean Quentin le privilège par lettres patentes du 17.10.1675 octroyant « droits et privilège de faire par tout le royaume, toutes sortes de perruques au métier », ce qui  ne convient pas à la Corporation des barbiers, ni au Parlement qui rechigne à enregistrer le privilège, et refuse plusieurs fois, jusqu’à l’intervention personnelle du Roi  en mai 1681.

Les 2 frères vont être anoblis, enrichis.

Jean achète la Terre et la Seigneurie de Villiers-sur-Orge en 1687, et devient Monsieur de Villiers.  

villiers_chateau

Il est anobli avec le titre de Chevalier en Août 1693, et acquière en 1702 la terre et la baronnie de Champlost, devenant ainsi Baron de Champlost, Seigneur de Villiers-sur-Orge, Mercy, Le Bois de la Raye, Vachy…  Demeure qui restera dans la famille jusqu’en 1830, elle fut par la suite démontée, démolie, et servit de carrière aux habitants des environs. De nos jours  il n’en reste plus rien.

ruine-chateau-champlost

De son union en 1676 avec  Marie Angélique POISSON, de vingt sa cadette, 1ère femme de chambre de Marie Adelaïde de Savoie, future Duchesse de Bourgogne, et Dauphine de France en 1711, il eut de nombreux enfants  dont : ses fils Jean et Louis devinrent 1er valet de la garde robe du Roi, Jean épousa Angélique fille de Pierre Le Tessier de Montarsy, secrétaire du Roi et orfèvre bijoutier. Lire la suite…

Jeanne-Françoise Fremyot de Rabutin

Jeanne-Françoise FREMYOT

de RABUTIN

BARONNE DE CHANTAL

(1572 / 1641)

(sous le règne de Louis XIII)

Fondatrice de l’ordre de la

 Visitation Sainte Marie

Baronne

Née à Dijon le 23 Janvier 1572, décédée à Mougins le 13 Décembre 1641 à l’âge de 69 ans.

Elle a 18 mois quand elle perd sa mère, et sera élevée par sa tante. Son père Bénigne Fremyot est président à mortier au Parlement de Bourgogne. Il la marie en 1592 à Christophe de Rabutin, baron de Chantal, de cette union naitront 6 enfants élevés au Château de Bourbilly, Domaine que Jeanne-Françoise gère avec son mari,  il appartient aux Rabutin depuis 1467 légué par Celse de Rabutin oncle de son mari. Seigneurie mitoyenne de celle de Thôtes, appartenant au Président Freymot.

280px-Château_de_Bourbilly_(sud)

Château de Bourbilly

Intéressons-nous à leur descendance :

  • 1ère enfant mort né en 1592
  • 2ème enfant également mort né en 1594
  • Celse-Bénigne de Rabutin-Chantal né en 1596, mort à la bataille de l’Ile de Ré le 22/07/1627,marié à Marie de Coulanges (le père est Conseiller d’état et secrétaire des finances) en 1623, parents d’une fille prénommée Marie, Baronne de Chantal, et future Marquise de Sévigné de RABUTIN-CHANTAL mariée en 1644 avec Henri de Sévigné.

Mme de sévigné

Madame de Sévigné

  • Marie-Aimée née en 1598, décédée en 1617, se marie en 1609 avec Bernard de Sales, Baron de Thorens (1583 / 1617) frère de François de Sales, évêque de Genève, cofondateur de la Visitation avec la baronne de Chantal. Son mari, colonel, meurt lors de la guerre entre la France et l’Espagne ayant emmené sa troupe dans le Piémont. Marie-Aimée inconsolable, met au monde 3 mois plus tard, un fils qui ne vécut que quelques heures. Elle décédera des suites de ses couches, éplorée, faisant confiance à Dieu, acceptant la volonté divine, et déclarant « Je suis toute vôtre, mon Dieu, je suis toute vôtre ». Sur son lit de mort elle demanda à revêtir l’habit des novices de la Visitation, et ayant reçu l’extrême onction, elle sera enterrée avec l’habit des religieuses, la croix d’argent sur la poitrine et une couronne de roses blanches sur la tête.
  • Françoise née en 1598, décédée en 1685, et mariée en 1620 à Antoine de Toulongeon, Seigneur d’Alone décédé en 1633 à 59 ans, parents de 2 enfants Gabrielle née en 1622 et François né en 1633.
  • Charlotte : 1601 / 1610

Suite à un accident de chasse malheureux son mari décède en 1601 à l’âge de 38 ans. Veuve à 28 ans, elle vient juste d’accoucher 15 jours avant d’une petite fille, Charlotte, elle va donc habiter avec ses enfants au Château de Monthelon, chez son beau-père.

monthelon_01

Château de Monthelon

En 1604, elle fait connaissance de François de Sales Evêque de Genève, (en résidence à Annecy) pour le mariage de sa fille. Il vient souvent prêcher à Dijon, il deviendra son confesseur et l’aidera à fonder une nouvelle congrégation religieuse « La Visitation », dont le premier couvent ouvrira à Annecy, en 1610.  Le nom fut choisit par François de Sales, en référence à la visite de Marie à sa cousine Elisabeth, signe de la rencontre, de l’amitié, de la charité et de l’accueil.

Il lui reste cependant 2 enfants en bas âge, qu’elle laissera à leur grand père, son fils pour l’empêcher de s’en aller, se coucha devant la porte d’entrée, elle fut donc contrainte de l’enjamber  pour partir, et la séparation fut un vrai sacrifice.

Il lui dit «  Si je ne puis vous retenir du moins vous passerez sur le corps de votre fils »

Malgré son entrée au couvent elle s’est toujours occupée du bonheur et des biens de ses enfants. Lire la suite…

René de Longueil

RENE DE LONGUEIL (1596 – 1677)

Marquis de MAISONS

Sous le règne de Louis XIII et Louis XIV

 200px-René_de_Longueil

Issu d’une famille de la  noblesse de robe parisienne, son père Jean de Longueil (1554/1629) est Maître à la Chambre des Comptes.

Son fils René est Conseiller au Grand Conseil en 1618, puis 1er Président de la Cour des Aides en 1620.

(La Cour des Aides traite du contentieux des finances extraordinaires : fiscales)

 Les Longueil possède la Seigneurie de MAISONS depuis plus de 2 siècles, située à proximité de la résidence royale de St Germain de Laye, et à 18 km environ au Nord-Ouest de Paris, son père d’ailleurs reçoit plusieurs fois le jeune Louis XIII aimant chassé dans le secteur.

René fait un riche mariage en épousant le 22.05.1622 Madeleine Boulenc de Crèvecoeur, fille d’un riche magistrat de la Chambre des Comptes, qui lui apporte en plus de sa dot, celle des Milon et des Chevalier par sa grande tante maternelle.

Malheureusement il perd sa femme très tôt, en 1636 elle a 26 ans  et elle lui laisse 4 enfants, il ne se remariera pas, le souvenir de son épouse restera gravé dans son château par des monogrammes aux initiales entrelacées de leurs 2 prénoms. (Madeleine & René)

En 1642, il devient Président à mortier (*) au Parlement de Paris, une des plus haute fonction judiciaire et on le surnomme « Président de MAISONS », car la fortune aidant, il a entrepris de reconstruire le château familial de MAISONS dans les Yvelines, avec l’aide du plus grand architecte de l’époque en la personne de François MANSART, oncle de Jules Hardouin Mansart, (Bâtisseur de Versailles) qui va lui construire un château correspondant à son rang, fastueux, digne de recevoir le Roi sur plus de 300 Hectares. Les travaux vont durer de 1640 à 1649 .

(*) Président des Parlements comprenant 11 chambres, mortier désignant leur couvre-chef, en l’occurrence une toque de velours  noir rehaussée de 2 galons dorés)

 

280px-Château_de_Maisons-Laffitte_001

En 1645 il devient Gouverneur des Châteaux de St Germain en Laye et de Versailles, et Surintendant des finances entre 1650 et 1651 comme un certain Nicolas Fouquet, mais trois ans plus tard..

Homme très compétent il a su obtenir la confiance de Richelieu et du Roi, mais Richelieu décède en 1642 et  Louis XIII en 1643.

Mazarin occupe les fonctions de premier ministre, mais sa politique n’est pas très appréciée, d’autant qu’il augmente considérablement les impôts, tailles et aides.

En 1648 l’impôt « la Paulette » qui permettait de devenir propriétaire de sa charge et de pouvoir la transmettre, moyennant une taxe correspondant à un soixantième de la valeur de la charge, versée annuellement au roi, passe au un centième de la valeur et est la cause du début de la fronde parlementaire.

Des émeutes s’en suivent, et Mazarin fait même arrêter des conseillers du Parlement, ce qui occasionne la « journée des barricades de septembre 1648 ».

Longueil est pris entre deux feux : d’une part il ne veut pas déplaire à Mazarin ni au roi, il est aussi très proche du Prince de Condé, et solidaire des parlementaires.

Mazarin  doute un peu de sa sincérité craignant qu’il s’allie au Prince de Condé, et à Gaston d’Orléans plutôt qu’au Roi. Enfin la Cour et le Parlement recherchent une solution et des négociations s’engagent qui aboutiront au traité de Rueil le 11/03/1649 .

Après la paix de Rueil, René de Longueil reçoit en sa demeure la Reine Anne d’Autriche et son fils le jeune Roi Louis XIV âgé de 13 ans, pour un souper en avril 1651. C’est l’apothéose, le dîner est composé dit-on de 1800 pièces de gibier, 500 pains mollets et 154 bouteilles de vin.

Cela ne vous rappelle –t’il rien ?

Evidemment tout ce déploiement de magnificence fait douter de sa probité, le  coût de la demeure est évalué à 6 millions.  En septembre 1651 c’est la disgrâce, il est relevé de sa charge, tout en conservant toutefois le titre de Ministre d’Etat, et la charge de Président à Mortier.

En 1653, il perd également les charges de gouverneur des 2 châteaux St Germain en Laye et Versailles.

(Fouquet lui fut arrêté le 5.09.1661)

Longueil a plus de chance, il se retire dans son château de Maisons et à Grisolles, fief de sa femme et lieu de sa sépulture, situé près de St Pierre de Conches dans l’Eure, ou son Fils est abbé commendataire. Après 5 ans d’absence, il est rappelé à la cour, et obtient même  le marquisat pour son château de Maisons, et le Roi l’autorise privilège extrême, à clore de murs sa propriété.

Il faut dire qu’entre temps, en 1656 il a marié sa fille avec le Marquis de Soyecourt, chevalier des Ordres du Roi et Grand Maître de sa garde robe, ce qui a permit de rassurer Mazarin. Il obtient la capitainerie des chasses de MAISONS et DU MESNIL.

Les  travaux au château reprennent, Louis XIV y séjourne une nuit avec sa femme Marie Thérèse d’Autriche et son frère Philippe d’Orléans, au moment du décès de son fils au château de St Germain, alors que Versailles n’est pas encore habitable. Une place prépondérante est donnée aux chevaux par le Marquis en créant un véritable haras avec manège.

Il meurt à Paris à l’âge de 82 ans, le 1.09.1677

 Sa descendance :

  • Jean IX de Longueil Président à Mortier du Parlement de Paris, capitaine et gouverneur des Châteaux de Versailles, de St Germain en Laye et de Poissy. Décédé le 10.04.1705 à 80 ans.
  • Guillaume de Longueil : Conseiller au Parlement, abbé de Conches, mort en 1669
  • Michel meurt jeune en 1640
  • Marie- Renée de Longueil épouse de Monsieur de Belleforière Marquis de Soyecourt, Grand veneur de France, Grand maître de la garde robe du Roi.

Histoire du Château

Le  château va rester dans la famille Longueil jusqu’en 1732, puis suite à l’extinction de la branche aînée, va revenir à un descendant de la fille de René Longueil, Louis Armand de Seiglière de Bellefortière, qui endetté cherche à le vendre.

 En 1777 il appartient à Charles Philippe comte d’Artois futur Charles IX, qui entreprend des travaux jusqu’en 1784, puis les abandonne faute de moyen et d’exil. En 1791 le château est confisqué comme bien national et vendu en 1798 au citoyen Lanchère, Eleveur de chevaux, ce qui l’intéresse c’est les écuries, il ne séjournera jamais au château qu’il délaisse.

 En 1804, il devient propriété du Maréchal Jean Lannes, qui l’embellit, le meuble, s’occupe du parc et fait même l’élevage de moutons mérinos, mais il meurt à la Campagne d’Autriche le 31.05.1809 à l’âge de 40 ans. Il repose au Panthéon.

En 1818, sa veuve vend le domaine à Jacques LAFFITTE,  Propriétaire de la Banque « la Société d’escompte »  1ère banque de Paris, Ministre des Finances de Louis Philippe,
M. LAFFITTE deviendra Gouverneur de la Banque de France de 1814 à 1820.

Homme très riche, mauvais gestionnaire apparemment, il s’endette et ne peut rembourser ses dettes, aussi divise-t’il la propriété en plusieurs lots afin de réaliser une avantageuse opération immobilière. Il souhaitait construire  » une ville à la campagne » avec plus d’une centaine de maisons modestes pour la classe moyenne.

En 1836 la fortune revient mais il meurt en 1844, suivi de près par sa femme en 1849, la propriété échoit donc à leur fille unique : Ambine Laffitte, Princesse de Moskowa, car elle a épousé le fils du Maréchal Ney.

1850: Albine LAFFITTE le vend  à Charles Xavier Thomas de Colmar créateur de la Compagnie d’assurances :  » le Soleil « , qui lui aussi fait lotir un certain nombre de parcelles. 

la Ville de Maisons qui existait depuis IXème siècle, s’est appelé Maisons sur Seine jusqu’en 1882, auquel on a substitué LAFFITTE, pour devenir MAISONS-LAFFITTE en l’honneur de Jacques LAFFITTE et son plan d’urbanisation du parc.

La Ville est surnommée « cité du cheval », avec un hippodrome possédant la plus grande ligne droite d’Europe 2200 m, avec un parc  relié directement à la forêt de St Germain en Laye.

En 1877,  le château appartient au peintre Tiklan Grommé qui finit de lotir le parc sans grand succès, et abandonne le domaine qui a failli appartenir à un promoteur immobilier désireux de le détruire .

En 1905, l’état en devient propriétaire, il sera classé monument historique en 1914. Le parc ne fait plus qu’une dizaine hectares.

Château qui préfigure Versailles, le chef d’oeuvre de Mansart, et de l’architecture du XVIIème siècle, d’une beauté époustouflante aussi bien par  ses formes, que par sa décoration intérieure, son escalier en coupole, la grande galerie, l’appartement  du roi, le cabinet aux miroirs, ses parquets, ses tableaux…

 https://www.monuments-nationaux.fr/fr/actualites/a-la-une/bdd/actu/2385/la-vie-quotidienne-a-maisons-au-temps-de-louis-xiv//

 

Il existe une copie du Château de MAISONS,  en Chine, créé à 55 km de Pékin par un industriel richissime, ex garde rouge ayant fait fortune et reconverti dans l’immobilier.

 

https://www.maisonslaffitte.net/histoire