La démocratie face à la doctrine sociale de l’Eglise

La démocratie face à la Doctrine Sociale de l’Eglise

Introduction

« Je ne crains qu’une chose : les mauvais catholiques. »

Mauvais catholiques qui séparent le politique du religieux. Or, sans pour autant les réunir, il ne faut pas non plus séparer ces deux domaines étroitement liés. C’est ce que nous dit explicitement le Christ en demandant de « rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Avant de se rapporter à la D.S.E. (doctrine sociale de l’Eglise), le christianisme doit suivre le Christ Lui-même. Il faut voir le message du Christ, véritable doctrine de Rédemption. En France, il n’y a pendant longtemps pas eu besoin de DSE puisque la politique était conforme à l’enseignement catholique. Or, le Christianisme ne s’est pas uniquement étendu par la guerre mais aussi par le martyr, l’amour,…

Mais l’apparition du protestantisme divise la société. L’Eglise n’est plus à la hauteur de sa mission d’où l’ idée d’infidélité des catholiques. Dés lors, la société n’est plus fondée sur le catholicisme ce qui, au XVIIIéme siècle introduit le droit naturel sans Dieu. Le monde est alors avec le diable. Si Dieu est mort, l’homme devient une bête.

C’est Léon XIII qui inaugure la D.S.E. en adaptant St Thomas d’Aquin à son époque. Pie XI la perfectionne.

Les catholiques demeurent toujours unis face à la république. Mais, en voulant unir républicains et monarchistes, Léon XIII n’a fait que séparer les catholiques entre eux . En effet, les évêques, quoique toujours perméable aux « modes » de leur époque et donc imparfaits, n’ont jamais été contre le catholicisme comme ils le sont actuellement. C’est qu’ils ne se reconnaissent pas dans les valeurs catholiques. Comment prôner la démocratie au détriment des valeurs de l’Eglise ? D’où un antagonisme terrible dans :

1. La conception de l’Homme

Jusqu’à Rousseau, on considère l’homme, suivant la conception catholique, à l’image de Dieu mais en constatant l’effet pervers du péché originel. Pour J.J. Rousseau, l’Homme est bon !!! C’est la société qui le rend mauvais. Toutes les révolutions partent de cette idée. Celui qui empêche l’homme de s’exprimer et de vivre comme il le sent est mauvais donc n’est pas un homme.

Quand Dieu n’est pas au centre de tout, tout tombe. Quand les évêques ne croient plus en Dieu, on constate un affaiblissement de la société. Quand une société est décadente, elle s’en prend à ceux qui la défendent.

Dans la vision catholique, l’Homme est faillible donc la société est utile. Naturellement, l’homme n’est pas porté au Bien ; donc il faut la société pour l’y aider. Dans cet optique, la corps social est à l’image du corps mystique. La société est tutélaire. L’homme est un animal politique donc il faut une société.

Tout la christianisme est préfiguré dans la genèse. Isaac est l’image de Jésus, fils sacrifié. On constate qu’il n’y a pas dans le paradis de domination de l’homme sur la femme mais une pleine égalité. Avec le péché, au contraire, les dominations et les inégalités règnent en maître.

2. Les origines du pouvoir

Pour les catholiques, le pouvoir vient de Dieu :

HIER / ARCHIE = Sacré / Pouvoir

L’erreur de la révolution fut de nier cette vérité. Dés lors, tout pouvoir vient de la société. Alors qu’au Moyen-Age, tout pouvoir vient de Dieu par le peuple ; à partir de la révolution, l’origine de toute souveraineté vient de la nation. Les ecclésiastiques acceptent cette affirmation alors même qu’elle s’oppose à la D.S.E.

3. Les limites du pouvoir

Si tout pouvoir vient de Dieu, celui qui l’exerce est subordonné à Dieu. Il lui incombe de respecter la morale et les enseignements chrétiens :

  • la vie car elle appartient à Dieu ;
  • la famille (que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni) ;
  • la propriété (le décalogue condamne le vol) ;
  • la religion car il faut garder à l’esprit que tout pouvoir vient de Dieu ;
  • la Vérité (encore une fois, le décalogue condamne le mensonge).

Le pouvoir doit être au service de Dieu. Le pouvoir a été créé pour l’homme et non pas l’homme pour le pouvoir. Il est au service des hommes, au regard de ce qui est bien pour eux, comme les parents sont au service de leurs enfants.

Le socialisme, quant à lui, ramène tout à la société afin de tout diriger, ceci dans une visée égalitariste. Le travail est dans la nature de l’homme et transparaît donc comme une manière de glorifier le Créateur, librement et non de façon esclavagiste.

Le changement, pour les modernes, est toujours identifié au progrès. Le progrès devient une idée, un acte de foi car on suppose que l’homme se perfectionne par le progrès. D’où le clivage entre la gauche, qui croit à la perfectibilité de l’homme, et la droite qui croit à la nature de l’homme. Dans le théatre classique déjà, l’homme est toujours homme, sans notion de progrès.

Les démocrates chrétiens introduisent l’idée de progressisme. L’humanité toute entière est sauvée. Mais il y a un progrès et non des progrès. Le Sillon et la JOC ont voulu convertir les ouvriers au catholicisme mais ils ont finis par convertir les catholiques au socialisme. Avec la condamnation de l’Action Française, on interdit ceux qui le combattent.

L’effondrement est en fait bien antérieur au concile. Les droits de l’homme l’emportent peu à peu sur les droits de Dieu.

En complément, on peux lire le passionnant livre de Michel de Saint Pierre :
Le Livre Blanc de l’Eglise de France.

Conférence du 20 décembre 2001.

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