La politique selon Aristode

La Politique selon Aristote

Aristote, élève de Platon, est le philosophe par excellence. Pour Aristote, la Politique n’est pas une théorie. La Politique est liée à la Justice et la Justice est une vertu qu’on exerce. En cela, il se détache de la philosophie de Platon qui est le père de l’utopie. Aristote est à l’origine de trois oeuvres politique et de l’éthique à Nicomaque sur laquelle nous nous pencherons plus particulièrement.

I. Un peu d’histoire…

A travers l’étude de la civilisation de Minos en Crète, l’on remarque une joie de vivre. Le peuple reflète beauté de la nature. Il y a une nature à l’origine de l’homme mais qui par volonté peut être mauvaise.

Avec la guerre de Troie, le héros, Ulysse va restaurer l’ordre par son retour dans sa Patrie après avoir été jusqu’aux « portes de l’enfer ». Il dénonce le péché du palais et retrouve Pénélope. Homère explique au travers de l’histoire d’Ulysse que les événements inexplicables sont le fait des dieux mais que l’homme ne sera jamais écrasé pas le sort. Il existe un seul cas où le destin est plus fort que l’homme, lorsque ce dernier fait preuve d’orgueil.

La « polis » naît en 800 avant J-C.

Ces premiers ennemis furent les Perses, qui possédait déjà un degré de civilisation avancé. Au Vème siècle, la Grèce est au prise avec les Perses. Il laisse aux populations conquises une certaine liberté. Darius rase Millet en Asie Mineure. Une fois Millet rasée, ses habitants se réfugièrent du côté d’Athènes.

En 490, les Grecs voient dans la victoire de Marathon sa première victoire et la main divine. Et les victoires continuent, Salamine en 480, Memphis en 460. Le V ème siècle (446 – 431) voit l’apogée d’Athènes. Sous le règne de Périclès sont construit de nombreux chefs-d’œuvre dont le Parthénon dédié à la déesse Athéna. En 404, c’est la fin d’Athènes, Socrate est contraint de boire la ciguë par les sophistes car il a dénoncé la démocratie. La Macédoine établit sa puissance sur la fin d’Athènes. La Grèce ne se relèvera pas malgré sa prospérité économique. Alexandre va établir un royaume immense pendant treize ans.

II. Petite biographie…

C’est dans ce contexte que naît Aristote en 385 sur la côte septentrionale de la mer Egée. Son père est le médecin particulier de Philippe de Macédoine. Pendant 20 ans, il sera l’élève de l’Académie de Platon puis soupçonné de sympathie macédonienne, il devra quitter Athènes à l’avantage de son rival, Speusippe. Il se réfugie dans l’île de Lesbos pour rédiger le début de « la Métaphysique ». En 343, il est appelé en tant que précepteur d’Alexandre à la cours de macédoine où il restera pendant trois ans. Après le décès de son épouse, il décide de se remarier. De cette seconde union naîtra un fils : Nicomaque, pour qui il écrira « théorie et pratique. De retour à Athènes, il fonde le Lycée. En 323, il est de nouveau obligé de quitter Athènes car Alexandre est mort et l’Aréopage veut le condamner à mort. Il se réfugie en Eubée où il passera le restant de ses jours. Il y meurt à 63 ans.

III. Le contexte philosophique

Aucunes des théories qui le précèdent ne sont concrètes. Thalès, Anaximène,… explique la cause des choses par l’eau, l’air,… Platon inaugure la Philosophie dans le ciel. Pour lui, la véritable réalité c’est le monde des idées, c’est un idéaliste.

Pour Aristote, tout est différent. Il part des faits. Il va donc analyser 158 constitutions, il en dégagera la définition de l’homme : « L’homme est un animal raisonnable. Dans l’homme la noblesse c’est la Logique et au-delà de l’homme il y a la pensée de Dieu, la « noesis ». Il n’est pas athée.

IV. La politique d’Aristote

La Justice générale ou légale, c’est la justice noble, celle qui anime le héros de la Citée. La fin de l’homme c’est le Bonheur qui s’obtient quand nous sommes vertueux, c’est à dire une habitude dans le Bien. C’est ce qui fait la dignité de l’homme. Un bien pas seulement utile mais une fin, c’est à dire obtenir un Bien qui soit parfait. C’est le rôle de la Politique ( gouvernement de la Cité), ce que la politique actuel n’observe pas forcément. Le souverain Bien est objectif. La politique englobe toute l’activité pratique c’est-à-dire morale. L’homme n’est pas esclave de la société si bien commun est objectif. Quand il atteint ce bien, il s’élève au-dessus de lui-même. La fin de la Politique c’est le bonheur de l’homme. Quand l’homme agit selon la justice, il obtient le bonheur. Il est pleinement humain quand exerce une activité conforme à la vertu et la vertu excellente c’est la justice par laquelle l’homme sert le bien commun. Le bien commun fait sortir l’homme de sa subjectivité. Le don de soi se fait pour la justice, mais ceci reste un point de vue humain. Le bien suprême de la Société et différent de la somme des biens individuels. Les citoyens honnêtes sont capables de nobles actions. De Corte souligne qu’ « Aristote s’appuie sur le bon sens de la majorité et sur le bon goût des gens cultivés capable de saisir l’essence des choses ».

Le bonheur est de bien vivre, « eu » en grec et le bien vivre est donné par l’éducation. « Tous les hommes sont comme des rois » La fin de la politique est la fin suprême de l’homme. La cité ne se maintient pas sans la collaboration de chacun. Tous les états qui se préoccupent d’une gestion sérieuse, qu’ils se préoccupent de ce qui touche à la vertu et au vice. Actuellement, nous avons une « dissociété » Marcel de Corte. La loi n’est pas qu’une convention, dans ce cas impossible de rendre l’homme bon et juste, d’où l’importance de l’éducation. Une bonne constitution se doit d’affranchir les hommes des problèmes matériels afin que les citoyens se livrent à la Politique. Le bonheur, c’est bien vivre, c’est agir selon le bien suprême. Quand la fin de la politique est la fin de l’homme, l’homme trouve son salut dans l’application des lois de la cité.

La beauté est le reflet de l’être bien ordonné : « splendor forme ».

L’autorité est exercée par le prudent et l’homme juste comme un dieu. Il faut une autorité, ce qui permet à l’homme de s’affranchir.

Quand la Patrie est en danger, il faut la défendre. Le courage civique est une vertu. La libéralité, c’est quand un homme qui possède un pouvoir peut y faire accéder d’autre, « esta koina » dans l’intérêt commun. Il faut sauver le bien vivre et la souveraineté de la Cité « autarcheia. » Importance de la loi, de la loi éternelle. Dans la justice sont toutes les vertus.

L’amitié c’est ce qui fait que les hommes s’assemblent pour un bien supérieur. Quand l’homme a des amis, plus besoin de justice. L’amitié c’est ce qui nous fait conserver et poursuivre le bien de l’autre.Il n’y a pas de différence entre l’homme bon et l’ami s’ils ont la même conception du bien commun. Elle s’oppose à tout ce qui sépare. Ce qui est différent du bien anthropocentrique.

Dans la famille l’homme reçoit l’existence. C’est dans la famille que se trouve l’union. Il n’y a pas d’égalitarisme, mais de la diversité de laquelle naît l’harmonie. « Il importe de sauver le bien commun pour lequel le roi est né » disait Louis XIV. L’autorité du père est essence royale. Quand il n’y a pas de cité l’homme est malheureux. Au-delà de la Cité il y a la religion. « L’Etat est un vaisseau mystérieux qui a son ancre dans le ciel » disait Rivarol.

Pour Aristote, il y a les bons et les mauvais régimes. Sont mauvais la démocratie, la tyrannie, l’oligarchie. Sont bons l’aristocratie selon la loi naturelle et la royauté constitutionnelle. Pour Homère la royauté était le meilleur régime.


Aujourd’hui une contradiction évidente

En juin 1974 est votée la loi sur la contraception, de même que celle de la dépénalisation de la pornographie. Alors que Pie XII nous enseigne que « Chaque patrie a une vocation » et que Jean-Paul II souligne à son tour l’importance de la loi naturelle pour la recherche du bien commun, d’ autres lois contraires à la loi naturelle ne cessent d’être votées. Pourquoi la France en est arrivée là. Ecoutons Montaigne dire qu’il faut « obéir à la loi même si mauvaise », et nous comprendrons qu’au XVIIIème, il y a une rupture avec la pensée politique antique. La politique est devenu l’affaire de l’individu. L’européisme fait éclater la nation.

Ce que soulignait Aristote en écrivant que le collectif transcende l’individualité en imitant la nature divine est remplacé par la philosophie selon Marx qui affirme que l’homme est l’avenir de l’homme. Mais, la société actuelle souffre de cet oubli de Dieu. L’initiative de la Démocratie-chrétienne est établie sur une contradiction qui a son origine dans les termes eux-mêmes. Faute d’un ordre naturel, l’homme se précipite sur n’importe quelle ordre artificiel.


Pour terminer voici une petite anecdote. G. Lapirra, homme politique italien dit un jour à propos de la politique de son pays, « changer la loi car je ne puis changer l’évangile. » Ainsi, on se lance dans la politique pour servir et non pour se servir.

Conférence du 9 janvier 2003.

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