Pour faire écho à l’émission de Stéphane Bern : Mardi 12 février 2018 sur la fabuleuse histoire de la restauration veuillez trouver en complément cet article paru le 26.03.2016
GUILLAUME TIREL DIT TAILLEVENT
1310 – 1395
Sous Philippe VI (Roi de 1328 à 1350)
Charles V (Roi de 1364 à 1380)
et Charles VI ( Roi de 1380 à 1422)
1er écuyer de cuisine du Roi
Grand Maître Queux
Maître des Garnisons de cuisine du Roi
Né à Pont Audemer en Normandie en 1310
Marié à Jeanne Bonnard, qui décède en 1363, il épouse en secondes noces d’un milieu social plus élevé Isabeau Le Chandelier qui décède en 1404.
Il entre au service de Jeanne d’Évreux 3ème épouse du Roi Charles IV le Bel, comme enfant de cuisine
En 1346, il travaille pour Philippe de Valois, (Philippe VI Roi de 1328 à 1350) comme écuyer et « queux » en 1355.
En 1359, Le Fils de Jean II le BON, Duc de Normandie et régent du royaume pendant la captivité de son père à Londres, le prend à son service, il y restera le temps de son règne devenu Roi sous le nom de Charles V de 1364 à 1380.
1362 : Le Duc de Normandie donne à Guillaume Tirel la somme de cent francs d’or pour services rendus, afin qu’il s’achète une maison à Paris pour être plus prêt du Roi.
En 1373, Guillaume Tirel devient « premier queux » en somme chef de cuisine et même parallèlement sergent d’armes.
En 1380, il passe au service du Roi Charles VI (1380 / 1422) qui l’anoblît en 1381
En 1392, il devient « Maître des Garnisons de cuisine du Roi »
Retrouver dans cette rubrique les activités culturelles que nous avons sélectionnées par ordre alphabétique
ANNEE 2018
LE HAMEAU DE LA REINE MARIE-ANTOINETTE AU CHATEAU DE VERSAILLES RESTAURE
vient de réouvrir ses portes au public, situé dans les jardins à l’anglaise du TRIANON, restauré et remeublé en style empire, de l’impératrice Marie-Louise ayant séjourné au hameau.
HOSPICES DE BEAUNE (21)
Très belle vidéo
Cliquer sur Hospices de Beaune1 ci-dessous et ensuite sur le lien qui apparaît en-dessous : psbenlyonnais / Hospices de Beaune
Fermé jusqu’en 2017, le château d’Ormesson, classé monument historique, ouvre ses portes au public ce mercredi 21 Février 2018. Il sera possible de pénétrer pour la première fois dans plusieurs des salles et pièces de réceptions, pour une visite commentée par le conservateur du château. Le domaine historique est dans la même famille depuis 1630. Il détient aujourd’hui le plus important fonds d’archives privé de France.
Déjà ouvert en Septembre à l’occasion des journées du patrimoine. A l’intérieur de ce monument familial, qui se distingue par sa double façade 16e-18e siècle et les trompes qui supportent ses pavillons d’angle, se trouvent des joyaux d’historien comme
le dossier de plaidoirie du procès Fouquet dont Olivier Lefèvre d’Ormesson, dit Olivier III, fut le rapporteur en 1662, mais aussi les lettres du maréchal Lyautey dont Wladimir d’Ormesson fut officier d’ordonnance, ou encore la nombreuse correspondance que ce diplomate entretint avec les chefs d’Etat et têtes couronnées durant le 20e siècle.
L’histoire du château d’Ormesson n’a toutefois pas commencé avec celle de la famille d’Ormesson. C’est d’abord la famille Picot de Santeny, alors à la tête du fief d’Amboile (ancien nom de la commune), qui a fait ériger la première partie du bâtiment au début du XVIe siècle, dans le style de l’époque, mêlant briques et pierres de taille. L’architecture pourrait avoir été inspirée de la planche 9 du Livre d’architecture de Jacques Androuet du Cerceau. Les trompes qui portent les deux pavillons d’angle, côté parc, et qui constituent l’un des éléments remarquables de la construction, seraient pour leur part proches de celles du château de la Folletière, situé sur les berges de l’Eure. (Lire à ce sujet le livre de Josiane Sartre « Châteaux brique et pierre en France« ).
Le premier d’Ormesson qui prend possession du château est André d’Ormesson (1577-1665) en 1632. Conseiller d’Etat, il devient propriétaire du domaine en tant que gendre de Nicolas le Prévost qui l’avait racheté à la famille Picot de Santeny en 1619.
Après André, c’est l’un de ses dix enfants, Olivier (1616-1686), qui hérite du domaine à l’occasion de son mariage en 1640. Conseiller au parlement, puis maître des requêtes au Conseil d’État, intendant et juge, il est connu en tant que juge – rapporteur du procès du surintendant Nicolas Fouquet en 1662. Un procès fleuve de trois ans lors duquel une certaine forme d’acharnement à charge finit par se retourner en faveur du surintendant déchu. Bien que reconnu coupable de péculat (détournement des biens de l’Etat), en principe passible d’une condamnation à mort, Nicolas Fouquet verra finalement sa peine commuée par Louis XIV en détention à perpétuité. Seule une minorité des juges se sont en effet prononcés pour la peine capitale. Juge-rapporteur, Olivier Lefèvre d’Ormesson (également dit Olivier III), a contribué à peser sur le jugement des magistrats en restant impartial et en résistant à toute influence. Une rigueur qui lui vaudra la disgrâce, ainsi qu’au second rapporteur, Pierre de Roquesante. De cette page de l’histoire, le château d’Ormesson conserve encore la trace dans deux salles complètes, remplies de pièces du procès. Une autre partie de cette énorme documentation a été déposée aux Archives nationales.
Au sous-sol, deux salles d’archives complètes abritent des pièces du procès Fouquet
Après sa disgrâce, Olivier III d’Ormesson se retire dans son château où il reçoit la compagnie d’hommes et femmes de lettres tels que La Fontaine, Bourdaloue, Racine ou encore Madame de Sévigné à qui il est apparenté via Marie Lefèvre d’Ormesson, belle-fille des grands-parents de l’épistolière. Egalement ami d’André Le Nôtre, il fait dessiner le jardin du château dans l’esprit du maître.
Le château prend ses allures 18ème
C’est en 1758 que Marie François de Paule Lefèvre d’Ormesson, arrière-petit-fils d’Olivier III, obtient du roi Louis XV que les terres soient érigées en marquisat. La famille donne alors son nom à la commune (qui ne reprendra que peu de temps le nom d’Amboile pendant la révolution de 1789). C’est également à cette époque, que sera ajoutée une seconde façade en pierre blanche, de style 18ème, et que seront créés le grand canal abreuvé par le Morbras et la pelouse en forme de fer à cheval.
La famille et son château passent la révolution sans heurts. A cette date, c’est Henri Lefèvre d’Ormesson qui est à la tête du domaine. Nommé contrôleur général des finances par Louis XVI, il est renvoyé en 1783 mais devient conseiller d’État et il participera à la rédaction du règlement électoral pour la convocation des États généraux en 1788. Il ne sera incarcéré que quelques mois durant la terreur.
Conseillers d’Etat, magistrats, diplomates, écrivains se succèdent ensuite dans la généalogie de la famille d’Ormesson dont le château ne compte pas moins de six bibliothèques remplies des oeuvres de différentes époques.
(Wladimir d’Ormesson : correspondance avec le maréchal Lyautey)
Au début du 20e siècle, c’est Wladimir d’Ormesson qui marque le domaine de son empreinte. Diplomate et fils de diplomate (il est né à Saint-Pétersourg en 1888, alors que son père était conseiller d’ambassade). Officier d’ordonnance du futur maréchal Lyautey durant la première guerre mondiale après avoir été blessé, journaliste – notamment au Figaro et à la Revue des deux mondes, maire d’Ormesson-sur-Marne de 1919 à 1925, brièvement ambassadeur au Vatican en 1940, il entre dans la clandestinité en 1942. Après la guerre, il est nommé ambassadeur de France en Argentine, puis à nouveau au Vatican. Essayiste et écrivain, il est élu à l’Académie française en 1956 au fauteuil 13, après la disparition de Paul Claudel (le fauteuil 13 sera par la suite celui de Simone Veil). En 1964, il prend la présidence de l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française) issue de la réforme de la RTF . Retiré dans son château, il décède en 1973 en y laissant une impressionnante correspondance avec de nombreux chefs d’Etat et souverains du monde, ainsi que quelques 500 lettres du maréchal Lyautey, qui s’est rendu régulièrement au château et y a sa chambre au 1er étage.
Dernier membre de la famille à résider effectivement dans le château, dont la décoration est globalement restée dans son décor 18ème, Wladimir d’Ormesson a été à l’initiative de la création du golf en 1925. Si ce dernier n’a pas survécu à la seconde guerre mondiale, il est recréé ensuite dans les années 1960, inauguré en 1969. C’est aussi Wladimir d’Ormesson qui a cédé une partie des terres domaniales pour les lotir, tout en conservant le château, ses dépendances et le golf.
Le domaine et sa mémoire, c’est ensuite André d’Ormesson, l’un des trois fils de Wladimir, qui l’entretiendra. Le comte n’habite toutefois pas dans le château même mais dans la grange proche, qu’il a faite aménager. S’il est décédé en 2014 dans sa 93e année, sa veuve, Antonella Feltrinelli, continue de venir régulièrement sur place. Les filles ont également fait aménager des dépendances, mais personne n’habite aujourd’hui dans le bâtiment même du château.
Dans la famille contemporaine, il faut aussi citer Olivier d’Ormesson, fils aîné de Wladimir, qui fut maire d’Ormesson-sur-Marne de 1947 à 1998, et aussi successivement conseiller départemental, député et député européen. D’abord au CNI, il adhéra au FN de 1984 à 1987 avant de revenir au CNI. Il décède en 2012 à 94 ans.
Mais le plus connu, aujourd’hui, est bien sûr Jean d’Ormesson, l’écrivain, neveu de Wladimir. Agé de 92 ans, il est aujourd’hui doyen de l’Académie française, auteur de dizaines de romans dont Au plaisir de dieu, librement inspiré de l’histoire familiale et qui donna lieu à une série télévisée dans les années 1970.
Un conservateur pour valoriser ce lieu patrimonial
Resté dans le domaine privé, le château d’Ormesson et ses 170 hectares sont aujourd’hui la propriété d’une SCI familiale grée par Charles Peugeot, à la fois descendant des familles Peugeot et d’Ormesson. Ni habité, ni utilisé à d’autres fins, en dehors du golf, le château commence à s’ouvrir par petites touches pour valoriser son patrimoine. C’est dans ce contexte qu’un conservateur a été nommé au printemps dernier, qui a déjà plusieurs pistes en tête pour ouvrir le domaine en douceur, notamment en accueillant des tournages de film. « Nous accueillons fin septembre l’un des Eductours organisés par la Commission du film d’Ile-de-France, qui permettra aux professionnels de repérer les lieux. Plusieurs professionnels se sont déjà intéressés au club house du golf en raison de sa déco d’origine », explique Siegfried Boulard-Gervaise, le conservateur.
Siegfried Boulard-Gervaise, conservateur du château d’Ormesson
Une première : la visite des intérieurs du château
Côté grand public, le château a accueilli la kermesse dans son parc au début de l’été, et ouvrira grand ses portes les 16 et 17 septembre. Après une première participation aux Journées du patrimoine en 2015, lors desquelles furent organisées des visites en extérieur, le château ouvre pour la première fois ses portes. L’occasion de parcourir les salons et bibliothèques et d’admirer la vue magistrale sur la pelouse en fer à cheval.
Restaurer le bureau de Wladimir d’Ormesson
« Les fonds générés par les Journées du Patrimoine sont destinés à la restauration de la table-bureau d’époque Louis XIV sur laquelle Wladimir d’Ormesson a écrit toutes ses œuvres« , motive Siegfried Boulard-Gervaise. Une campagne de financement participatif devrait également être lancée prochainement pour contribuer à la restauration.
En savoir plus sur https://94.citoyens.com/2017/chateau-d-ormesson-sur-marne,07-09-2017.html#JIkiqus6mI24OivH.99
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ANNEE 2017
Le Château d’ANGERS reçoit le label « refuge chauve-souris » – 49
Après deux ans de travaux, le château d’Azay-le-Rideau a retrouvé son éclat et son mobilier d’époque. Les visiteurs pourront à nouveau profiter du lieu à partir de ce vendredi matin, juste à temps pour les vacances estivales.
Le château d’Azay-le-Rideau accueille à nouveau les visiteurs ce vendredi 7 juillet à 9h30. Pendant deux ans, d’avril 2015 à avril 2017, le monument a fait l’objet d’une exceptionnelle restauration. Pour 20 millions d’euros, la charpente, la toiture, et la façade ont été refaits à neuf et l’intérieur du château a été remeublé avec du mobilier d’époque. La façade du château a retrouvé cette couleur miel caractéristique de la pierre de tuffeau et la toiture cette couleur anthracite de l’ardoise angevine.Aujourd’hui, Azay-le-Rideau est redevenu l’écrin qu’il était de la Renaissance jusqu’au XIXème siècle.
« On peut maintenant voir à la perfection les décors sculptés alors qu’ils avaient disparu à cause des algues et des moisissures. La toiture a retrouvé sa caractéristique bleutée-noire. C’est la physionomie du château qui est remise à jour et l’âme du monument qui revit » – Chrystelle Laurent, l’administratrice du château.
L’intérieur du monument n’a pas été oublié,150 meubles en provenance des réserves du Mobilier National ont été installés, tous de l’époque des marquis de Biencourt, cette famille du XIXe qui a été longtemps propriétaire du château. Ces meubles qui appartiennent à l’Etat resteront au château pendant 30 ans. Ensuite, ce sera aux générations futures de renégocier la convention de prêt avec le Mobilier National.
« Vous avez des tables de salle à manger, vous avez un buffet-dressoir, des tables rafraîchissoir, des tables à thé, et dans la bibliothèque des tables à jeu, des tric-trac et des tables bouillotte » – Jean-Jacques Gauthier, inspecteur au Mobilier National
Avec cette restauration complète, Chrystelle Laurent, l’administratrice du château, espère faire bondir la fréquentation et atteindre les 300.000 visiteurs annuels. L’accueil a d’ailleurs été repensé avec de nouveaux documents. Livret d’accueil revu et corrigé, audio guide neuf, application téléchargeable sur Appel Store et Google Play. Et pour couronner le tout, une découverte scientifique et historique: des recherches ont démontré que la femme de Gilles Berthelot a été la véritable inspiratrice de la reconstruction du château à la Renaissance, même si le trésorier de Louis XII reste celui qui a acheté la forteresse médiévale en 1510.
Depuis 4 siècles, propriété de la Famille BRETEUIL
Depuis plus de quatre cents ans, le château de Breteuil s’est transmis de génération en génération. Une histoire de famille intimement liée à l’Histoire de France
On retrouve ainsi l’histoire Louis-Nicolas de Breteuil célèbre ambassadeur qui défendit avantageusement les vues de Louis XVI au congrès de Teschen en 1779 ou Madame du Châtelet femme de lettres et de sciences très en avance sur son temps qui fut la maîtresse de Voltaire. Un autre personnage incontournable du lieu est Charles Perrault. Il fut le bras droit de Louis de Breteuil, contrôleur des finances de Louis XIV.
Les histoires du conteur sont tout naturellement racontées dans les dépendances du château.Le Petit Chaperon-rouge, Cendrillon mais aussi Le Petit Poucet et Le Chat Botté défilent dans des scènes d’automates animés. Depuis le 1er avril, un nouveau tableau sur les Fées est proposé. Il est complété par un court métrage de Fred di Noto.
Château de Breteuil.Parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse, Choisel (78). Tél.: 01 30 52 05 11.
Château de BRISSAC ( Maine et Loire – 49) 15 km d’Angers
Château le plus haut de France avec ses 7 étages et 200 pièces.
Il reçoit régulièrement les événements liés aux montgolfières
La Chapelle Expiatoire PARISouverte au public
Aymeric Peniguet, administrateur de la chapelle Expiatoire (VIIIe) a tout fait pour en faire un lieu ouvert au public et au quartier. LP/Eric Le Mitouard
Aymeric Peniguet, 43 ans, a choisi de quitter le château de Vincennes et ses 80 000 visiteurs annuels pour devenir en décembre 2012 l’administrateur de la chapelle Expiatoire, ce petit monument coincé entre les boulevards Haussmann et Malesherbes (VIIIe). « C’est mon tempérament d’entrepreneur. Ce site méconnu était fermé au public en 2012 et j’ai voulu l’ouvrir au plus grand nombre. Depuis début 2017, il est accessible toute l’année. Et nous espérons faire 18 000 visiteurs. Ce serait une grande réussite », affirme-t-il.
Derrière lui, Aymeric Peniguet a toute la machine du Centre des Monuments Nationaux (CMN), le soutien de son directeur, Philippe Bélaval, et le mystère de ce lieu insolite. « Il a été bâti par la volonté de Louis XVIII pour expier le péché de la mort de Louis XVI, roi sacré à Reims. L’aspect politique est passionnant : j’ai recensé 21 projets de démolitions de cette chapelle rien qu’entre 1826 et 1910, par la Commune de Paris en 1871 ou par Jean Jaurès ensuite. Pourtant, la chapelle est toujours là, souligne ce diplômé de Science Po-Paris. J’admire en outre la valeur de ce patrimoine »
La chapelle
Passé le vestibule, les marches conduisent au jardin, ancien cimetière de la Madeleine dans lequel près de 600 victimes de la guillotine de l’actuelle place de la Concorde ont été placées en fausse commune, dont Louis XVI et Marie-Antoinette. « Nous sommes au cœur de Paris et la magie de ce jardin est d’être parfaitement calme. Un vrai lieu de mémoire », réagit-il. Entrons sous la nef de la chapelle de style néoclassique érigée par Pierre François Léonard Fontaine. Le plan est une référence au Panthéon de Rome. Deux statues, de Marie-Antoinette et de Louis XVI montrent les personnages historiques à l’épreuve de la souffrance. Louis XVI bénéficie d’une messe annuelle des Bourbons. Marie-Antoinette, elle, est la star du lieu, notamment après le film de Sofia Coppola.
Louis XVIe trône sous la nef
Au-dessus du porche d’entrée, un bas-relief représente le transfert des cendres du couple royal à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Il ne reste plus ici que la mémoire du passé et un hommage à l’histoire. « Le lieu doit aussi vivre avec le quartier. Nous y donnons des conférences (La prochaine aura lieu le 14 septembre sur Tronchet défenseur de Louis XVI). Grâce à Jeanne d’Hauteserre (Maire LR du VIIIe), un premier festival de musique y a été donné en juin. Une exposition d’art contemporain est aussi prévue. L’ancien cimetière est bien vivant…
« Un beau site qui sort des sentiers battus »
Laure est notaire à Rouen. Elle connaissait déjà le testament de Louis XVI inscrit en lettre d’or sur une plaque de marbre noire placée sous la statue de la nef. « Ce serait le cauchemar des notaires d’aujourd’hui », s’amuse-t-elle. Mais bien que son étude l’appelle constamment sur son portable, Laure n’est pas venue ici pour travailler. « Avec mon fils, nous sommes entrés par hasard après être passés dans les grands magasins. Le plaisir de découvrir un beau site qui sort des sentiers battus par son originalité. Et puis il n’y a pas beaucoup d’affluence. On a un peu l’impression d’être les seuls à avoir osé pénétrer ici ». Derrière, une Brésilienne et une Chinoise franchissent le jardin, avec le même sentiment de visiter un lieu unique.
29, rue Pasquier (VIIIe). Entrée 6 €, gratuit pour les moins de 26 ans.
Le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco, réuni à Cracovie en Pologne, a intégré le Château de Chenonceau. Jusqu’à présent, ce classement englobait de très nombreux sites en Touraine, à l’exception du Château des Dames.
Si de nombreux lieux culturels sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco depuis l’année 2000, ce n’était pas encore le cas du Château de Chenonceau. C’est maintenant chose faite pour l’emblématique château, joyau de la Renaissance, quiest désormais intégré au patrimoine de l’Humanité.
Ça fait 17 ans que les équipes du Château attendentcette reconnaissance. Caroline Darrasse, la directrice des relations publiques du Château de Chenonceau se dit ravie. Depuis plusieurs années, le dossier a été rempli pour accéder au classement. « Un travail d’équipe », explique la directrice.
Chenonceau avait été oublié lors du classement du Val de Loire. Nous étions très déçus. Nous sommes aujourd’hui reconnus. Et nous nous en réjouissons. – Caroline Darrasse, directrice des relations publiques du Château de Chenonceau.
Double peine pour Chenonceau à l’époque du classement du Val de Loire il y a 17 ans : Caroline Darrasse raconte qu’à l’époque, le visuel du Château des Dames avait été utilisé pour illustrer ce classement, alors qu’ils en avaient été écartés.
Les responsables du Château de Chenonceau attendent désormais de cette reconnaissance une plus grande protection du lieu et du paysage qui l’entoure.
Pour ce faire, le Clos Lucé va nous transporter à l’époque de l’artiste en recréant l’atmosphère de ces grandes soirées où musique et danse battaient leur plein. Dès le mois de mai, des costumes imaginés par Léonard pour ces occasions seront présentés dans le cadre de l’exposition Léonard de Vinci et la France.
L’été sera musical avec trois nocturnes festives dans l’esprit des soirées grandioses de l’époque : les 21 juillet, 4 et 11 août. Enfin, pour fêter l’arrivée de l’automne, le Château accueillera le Festival européen de musique de la Renaissance (du 22 au 24 Septembre 2017)
Film de présentation : https://musee-renaissance.fr/actualite/film-de-presentation-du-musee
Construit par le Connétable Anne de Montmorency entre 1538 et 1545, devenu Musée National de la Renaissance, qui fête cette année ces 40 ans
CHATEAU FORT GUEDELON – TREIGNY (89)
Guédelon ou la naissance d’un château fort
Pour cette 20e année, nous avons prévu deux événements exceptionnels : la couverture d’une des tours avec une toiture pointue en poivrière et le lancement des travaux de la grande porte défensive du château.
Exposition consacrée à Madame de Sévigné du 25/05 au 22/10/2017, « Sévigné, épistolière du Grand Siècle »qui a séjourné trois fois au château avec sa fille Comtesse de Grignan à la fin du XVIIème siècle.
Elle retrace le parcours de la marquise entre Paris, Vitré et Grignan, en mettant en lumière l’évolution de son écriture.
Cette exposition aborde également la manière de vivre et d’habiter en Provence en 17ème siècle, et permet de découvrir des objets de la marquise, prêtés par le Musée de Vitré en Bretagne, dont son écritoire, et des lettres originales écrites principalement à sa fille. Reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication, elle présenteune centaine de pièces illustrant le Grand Siècle: peintures, objets d’art, manuscrits, livres, gravures.
ILE DE FRANCE – Les Châteaux connus ou moins connus
Il n’y a pas que Versailles, en Ile-de-France. La région compte de très nombreux châteaux et domaines, laissés par l’histoire. Certains sont très connus, comme bien sûr Vaux-le-Vicomte ou Rambouillet. D’autres sont plus secrets. Tous constituent de vraies promenades-découvertes.
Voici donc, parmi nos séries de l’été, un petit florilège, forcément trop court trop partiel, des très beaux châteaux de l’Ile-de-France. Laissez-vous guider dans ces premières propositions. Elle vous donneront sans doute, après ces premières visites, l’envie de découvrir tous les autres.
Commençons donc par un château privé, assez important, posé dans un parc de quatre hectares. Dans le Vexin, en Val-d’Oise, la famille Coutau-Bégarie est propriétaire du château d’Ambleville. C’est évidemment un immense privilège mais ce sont aussi beaucoup de sacrifices.
Car il n’est pas toujours facile d’assumer le coût d’un tel bijou du patrimoine. Histoire d’un domaine sauvé par des propriétaires passionés Une série d’Amélie Lepage et Nedim LoncarevicAmélie Lepage, Nedim LoncarevicLes châteaux de l’Ile-de-France Le château d’Ambleville
Autre monument privé, et c’est le plus grand de France, le château qui a, dit-on, entraîné la chute du sur-intendant des finances (Nicolas Fouquet) de Louis XIV, qui a vu là une volonté d’égaler voire de surpasser Versailles : le château de Vaux-le-Vicomte, en Seine-et-Marne. Une splendeur, et effectivement le seul château au monde capable de supporter la comparaison avec Versailles.
Depuis sa construction, au XVIIème siècle, le domaine de Vaux le Vicomte a appartenu à quatre familles successives. Il est aujourd’hui dirigé par 3 frères. Une histoire familiale
Les châteaux de l’Ile-de-France Château de Vaux-le-Vicomte
Les châteaux de l’Ile-de-France Château de Vaux-le-Vicomte
Cette fois, c’est dans les Yvelines que nous allons. La troisième étape de notre série nous conduit au château de Breteuil. Un château et encore une famille. A la différence, de taille, que cette famille est la famille du marquis de Breteuil. Depuis plus de quatre siècles, le domaine n’a pas changé de mains. Il appartient toujours aux De Breteuil. Et le marquis Henri-François De Breteuil, l’actuel propriétaire qui habite le château, nous accueille et nous guide
Les châteaux de l’Ile-de-France Château de Breteuil
Dans les Yvelines encore, où les trésors architecturaux sont nombreux, direction un petit château qui est aussi une vraie curiosité. Celui-ci est plus récent. Il a été construit au XIXème siècle par … l’écrivain Alexandre Dumas. C’est bien sûr le château de Monte-Cristo. Une petite fantaisie que l’auteur des Trois Mousquetaires et du Comte de Monte-Cristo a fait construire comme une mise en scène de son imaginaire.
Le résultat est un lieu qui donne l’impression d’une plongée dans l’esprit créatif d’Alexandre Dumas
Les châteaux de l’Ile-de-France Château de Monte-Cristo
Après deux ans et demi de travaux, le château de Rambouillet (Yvelines) rouvre ce vendredi 15 septembre 2017 Un site qui a vu défiler François Ier, Louis XVI, Napoléon…
De François Ier à la reine d’Angleterre, en passant par Poutine ou Nelson Mandela, le château de Rambouillet, dans les Yvelines, a accueilli un nombre impressionnant d’hôtes de marque. Après deux ans et demi de travaux, le bâtiment rouvre ses portes au public ce vendredi, avec une exposition sur les princes qui ont fait son histoire.
Face à la bâtisse qui se dresse au bout d’une double allée plantée d’arbres, on peine à imaginer le marécage qui entoure le château, fortifié à la demande du roi Charles V, en prévision de la guerre de Cent ans. « Rambouillet assiégé n’a jamais cédé », annonce fièrement Laurent Mortier, administrateur du château. Une tour témoigne encore de ce passé de place forte. Quand la ville était attaquée — ça s’est produit trois fois —, « tout le monde se repliait dans la tour, qui disposait d’un puits, et on relevait le pont-levis ». Ainsi isolés du reste du château, lui-même « entouré de douves en eau », les habitants résistaient.
La paix revenue, le domaine de Rambouillet redevient un formidable terrain de chasse, où François Ier vient régulièrement. « Il est mort là-haut », indique Laurent Mortier, le doigt pointé vers le sommet de la tour. De la Renaissance, le château conserve des escaliers à voûtes de brique en bel état.
page Patrimoine, visite du château de Rambouillet LP/Aurélie Ladet
La façade empire et son escalier à double volet sont l’œuvre de Napoléon Ier. « C’est quelqu’un qui court beaucoup. Mais il a résidé 60 jours ici. Pour lui, c’est déjà énorme », sourit l’administrateur du château. L’empereur laisse également une salle de bains unique, qui ne fait pas partie du parcours de la visite. Les médaillons viennent d’être restaurés. Ils figurent des scènes des propriétés napoléoniennes. On retrouve l’aigle impérial, la ruche, le cygne blanc de Joséphine… Dans un renfoncement du mur, la baignoire de Napoléon attend.
Depuis l’extérieur, le public peut apercevoir une autre salle de bains, celle du comte de Toulouse, construite en 1730. Du sol au plafond, pas moins de 6 000 carreaux de faïence de Delft sont assemblés. « Nous savons qu’à l’époque, 12 000 carreaux ont été commandés. Y en a-t-il eu une autre, à Versailles peut-être, qui aurait été cassée ensuite ? On ne sait pas », s’interroge Laurent Mortier. Reste cette pièce, tout en bleu et blanc, sublime, décorée de scènes maritimes.
page Patrimoine, visite du château de Rambouillet LP/Aurélie Ladet
A Rambouillet, le faste de l’Ancien régime côtoie les ors de la République. Avant d’être confié au centre des monuments nationaux en 2009, le domaine était la résidence d’été des présidents. « Le premier G 6 a eu lieu ici », rappelle l’administrateur du domaine. Pour la réouverture, la salle à manger a d’ailleurs été aménagée suivant le protocole. Les chaises sont d’origine. Les fenêtres ouvrent sur un jardin infini.
Dommage qu’on ne reste pas pour le dîner, à l’heure où le soleil se couche et se reflète dans le lustre de 250 kg en cristal de Bohème, doré à la feuille d’or.
Une luxueuse laiterie
page Patrimoine, visite du château de Rambouillet La laiterie La reine impatiente, a fait le déplacement depuis Versailles. Marie-Antoinette ne goûte guère Rambouillet, cette « crapaudière » où Louis XVI aime tant chasser. Devant elle, une haute palissade de verdure obstrue la vue. Sur un signe du roi, elle s’effondre et laisse apparaître un temple au fronton duquel on peut lire, en lettres majuscules, « laiterie de la reine ».
Le cadeau est intéressé : le monarque espère convaincre son épouse de passer davantage de temps près de la forêt où il traque le gibier. Peine perdue ! « La reine ne serait venue que 6 ou 7 fois », note Laurent Mortier, administrateur du château.
Louis XVI n’a pourtant pas lésiné sur les moyens. Sur les murs, blancs de lait, des tableaux mettent en lumière la vie agricole, si chère à l’esprit des Lumières. Au centre, une table permet de déguster beurre, crème et fromages. Et le spectacle ne s’arrête pas là. Au fond de la pièce, une lourde porte dissimule la salle de repos où trône, majestueuse, une grotte artificielle, parcourue de fontaines où le lait était mis à rafraîchir. Si ces splendeurs n’ont pas su adoucir le cœur de Marie-Antoinette, elles ont conquis l’impératrice Joséphine quelques années plus tard. « Regardez attentivement le fronton », invite Laurent Mortier. Après le « L » de l’article, une minuscule apostrophe se détache dans la pierre. Elle n’a pas été redorée. « A l’envers de la plaque, Joséphine avait fait graver son rang. » Il y a donc eu une « Laiterie de l’impératrice ».
CLIQUER EGALEMENT SUR LE LIEN CI-DESSOUS POUR PLUS DE PHOTOS ET DE RENSEIGNEMENTS :
Le château de Rambouillet (78) est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 9 h 50 à 12 heures et de 13 h 50 à 18 heures (17 heures d’octobre à mars). Tarif : gratuit ce dimanche, sinon de 7 à 9 € (gratuit pour les moins de 18 ans).
Le Château de SAINT-FARGEAU -89 Yonne
Un voyage à travers l’histoire avec le spectacle de Saint-Fargeau
Le spectacle historique du château de Saint-Fargeau revient tous les weekends de l’été jusqu’au 19 aôut. 1 000 d’histoire racontés à travers des tableux vivants et grâce à près de 600 acteurs bénévoles et talentueux. A ne pas manquer.
Par Alexis Perché
Dès la nuit tombée, le charme opère. Dix siècles d’histoire du château de Saint-Fargeau dans l’Yonne sont racontés au public en 15 tableaux vivants, tous les vendredis et samedis jusqu’au 19 aôut.
A chaque représentation, près de 4 000 spectateurs remontent le temps, passent des Croisades à la Libération, de Jeanne d’Arcà la Révolution. Sous leurs yeux, des fantômes sortent des muraille et font renaître le passé. « Je suis la mémoire de ce lieu ! » rugit une voix, comme sortie d’outre-tombe.
Pas moins de 6000 costumes, 600 acteurs, 50 cavaliers, tous bénévoles, font vivre ce spectacle époustouflant. Certains participent au spectacle depuis les débuts, en 1980.
Costumières, techniciens, caissières ou acteurs : tous constribuent gracieusement au succès du spectacle depuis desdécennies. Beaucoup habitent ou ont habité Saint-Fargeau mais certains viennent désormais de toute la Bourgogne et même des régions voisines.
Toujours un succès
Le son et lumière du château de Saint-Fargeau est l’un des plus grands d’Europe. Derrière ce projet, un homme, Michel Guyot, concepteur du spectacle historique et propriétaire du château. Il a racheté le l’édifice en ruine, en 1979. L’idée de ce spectacle lui est apparue comme une évidence.
« Quand on a un des plus grands châteaux de France avec deux hectares de toiture à entretenir et qu’on n’a ni aide, ni subventions, on doit se débrouiller pour mettre en place des activités qui s’harmonisent avec le lieu et qui génèrent des fonds pour assurer le strict entretien et la grosse restauration », souligne-t-il.
De sa construction jusqu’au tragique incendie et sa destruction, le lieu magique est conté à l’aide d’effets 3D, soudain le château prend vie, le public ressort enthousiaste et conquis. Un succès renouvelé chaque année depuis 37 ans.
Un reportage de Baziz Djaouti, Yoann Etienne et Philippe Sabatier.
Intervenants :
– Michel Guyot, concepteur du spectacle historique et propriétaire du château de Saint-Fargeau – Josiane Noail, costumière en chef
Voulu par Ie monarque Louis XVIII, délaissé, occupé par un conservatoire municipal, le château de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) pourrait retrouver son mobilier d’origine.
En Champagne Ardenne, le plus grand château-fort d’Europe, avec son enceinte de 35 000 m². Spectacles de chevalerie, fauconnerie et pyrothechnique
Festival médiéval 22e édition les 20 et 21 mai prochain,
Pendant deux jours, les visiteurs flâneront au gré des campements, spectacles, lieux d’expositions sur la vie quotidienne : la cuisine médiévale, les armes médiévales, la médecine et la chirurgie, l’histoire des ordres de chevalerie, la forge, la verrerie, la fabrication de vêtement…
Les Spoulgas ariégoises, entre grottes et châteaux (07)
C’est l’histoire d’un agent double. Au sens propre, comme au figuré. Le Chevalier d’Éon a passé sa vie à cultiver l’ambiguïté. Tantôt homme, tantôt femme, cette fine épée du roi Louis XV brouillait sans arrêt les cartes pour soutirer des informations frappées du sceau de la confidentialité.
Il est né à l’hôtel d’Uzès, en 1728, à Tonnerre, puis a déménagé au 22 rue du Pont, dans une maison édifiée par son père. Trois siècles après, c’est ici que se trouve le musée du Chevalier d’Éon. Bordant l’Armançon, ce lieu a été ouvert en 2015 par Philippe Luyt, un cousin lointain du fameux agent secret. Il y expose aujourd’hui une collection de 200 objets ayant appartenu à d’Éon. De ses épées… jusqu’à ses jupons.
D’Éon a été élevé à Tonnerre, raconte Philippe Luyt. Jusqu’au jour où le curé de l’église Saint-Pierre, par ailleurs confesseur du roi Louis XV, se rendit compte qu’il avait affaire à un petit génie. Il l’envoya alors au collège Mazarin, où étaient formés les cadres du royaume.
Lectrice de la tsarine
Dès ses 14 ans, il quitte ainsi Tonnerre pour Paris. Un esprit sain dans un corps sain. Car le jeune Charles-Geneviève fait aussi preuve de talent… pour l’escrime. « À 18 ans, il obtient le titre de meilleure épée de Paris », glisse Philippe Luyt. Doté d’une intelligence supérieure à la moyenne, il est vite remarqué pour ses Considérations historiques et politiques. Parmi ses parrains littéraires, Voltaire. « Il lui a donné un coup de piston extraordinaire en écrivant, à son sujet : “Je viens de découvrir l’esprit le plus brillant du siècle” », affirme Philippe Luyt. À 20 ans, D’Éon est nommé censeur royal aux Belles-Lettres, par Louis XV en personne. « Tous les sujets du royaume qui voulaient écrire un livre devaient passer devant cette censure. »
C’est alors que s’écrivent les premières pages du mythe d’Éon. Tout débute par une savoureuse anecdote.
Au collège, il s’était lié d’amitié avec le duc de Nivernais : un libertin. La maîtresse du duc, trouvant d’Éon mignon, le fait habiller en fille… et l’amène dans un bal masqué à Versailles. Louis XV ne le reconnaît pas. Et tombe même sous le charme de la jeune fille. “Qui est-elle ?”, demande le roi ? “Une Bourguignonne !”. Voilà comment d’Éon a trompé le roi…
Un épisode qui donne des idées à Louis XV. Si lui s’est fait avoir, pourquoi pas un autre souverain ?
D’Éon intègre le « Secret du roi », son cabinet noir. Pour sa première mission comme agent secret, il est dépêché à Saint-Pétersbourg, en 1756. Objectif, renouer des liens avec la Russie, au début de la guerre de Sept Ans. Et convaincre Élisabeth de faire alliance, avec la France et l’Autriche, contre la Prusse et le Royaume-Uni.
D’Éon intègre le « Secret du roi », son cabinet noir.
Une belle aquarelliste
La légende raconte que déguisée en fille, sous le nom de Mademoiselle de Beaumont, d’Éon parvient à approcher Élisabeth. Il serait même devenu « sa lectrice », se rendant chaque soir dans ses appartements. « La tsarine l’accueillait très bien », euphémise Philippe Luyt. Toujours est-il que d’Éon réussit sa mission : l’Impératrice rejoint l’alliance franco-autrichienne.
Pour le récompenser, Louis XV lui donne un brevet de dragons. Excellent soldat, d’Éon participe à la guerre de Sept Ans.
Puis l’agent double traverse la Manche. Il intègre l’ambassade de France à Londres lorsqu’en 1763, Louis XV lui confie une mission secrète : préparer les plans pour un débarquement en Angleterre.
« Pendant 14 mois, une bonne centaine de fois, il a fait la chose suivante : partir, le soir, à bord d’une calèche anonyme, sur la côte Sud », raconte Philippe Luyt.
Déguisé en femme, il se fait passer pour une petite Française. Une artiste. Il s’installe devant les forteresses et les scrute dans les moindres détails, pour peindre, sur le vif, des aquarelles… De leur côté, les soldats anglais, sous le charme de la Française, ne lui tirent pas dessus… et lui donnent tous les secrets de fabrication de leur forteresse !
Le projet de débarquement fût abandonné. Mais les plans existent. Plus tard, un certain Napoléon en prît connaissance.
Romain Blanc romain.blanc@centrefrance.com Publié le 01/08/2017 à 18h04
La Comtesse de Mérode, 100 ans à l’automne ouvre son château et lance un programme culturelle avec des artistes de musique classique reconnus mondialement. Famille princière allemande, installée depuis 1577 dans l’Avesnois
Intérêt architectural, d’abord. Le château de Trélon fut construit par Nicolas d’Avesnes, entre 1150 et 1162. La fortification médiévale s’agrandit en 1381 pour devenir une forteresse. Puis, la terre de Trélon entra dans la famille de Merode en 1577, par le mariage de Louis de Blois, dame de Trélon, fille héritière de Louis II de Blois, avec Louis de Merode, baron. Les transformations se poursuivront : de 1674 à 1732, de 1853 à 1924… Jusqu’à l’arrivée, en 1945, de Philippe de Merode – à qui le roi belge Albert Ier décerna le titre de prince en 1928 – et l’actuelle princesse Micheline. Ils passeront leur vie à restaurer les lieux : 50 pièces (les petit et grand salons, la salle à manger, la chapelle et la bibliothèque…) sur 1 800 m2. Intérêt historique, ensuite. Avec 220 tableaux datant du XVIe au XIXe siècles (dont un d’époque de l’infante d’Espagne, de Louis XIV…). Autres curiosités, un buste du Vatican du pape Pie IX, du mobilier Louis XV et Louis XVI, des tapisseries, de la porcelaine de Sèvres et le bureau de l’empereur Guillaume II qui séjourna dans le château de mars à juillet 1918. Et que les Anglais, sachant le Kaiser dans la place, ont bien failli bombarder… Sans oublier un reliquaire avec huit fragments de saints, une malle de voyage pontificale (XIXe), une robe brodée transformée en paravent qui servit à une aïeule pour une entrevue avec Napoléon III, etc.
Intérêt religieux, enfin. Parce que le château de Merode possède sa propre chapelle, magnifique, dans laquelle on découvre les armoiries de la famille (dont la devise est : « Plus d’honneur que d’honneurs »). Un lieu de prières qui a résisté face au temps et même à la tempête Xynthia, en 2010. Seul le vitrail représentant l’apôtre saint Matthias apparaissant au baron Warner de Merode avait été endommagé. Il a été restauré depuis.
Et, pour finir la visite, vous pourrez même, parfois, saluer la princesse Micheline… 99 ans.
INFOS PRATIQUES
Y ALLER : Après Maubeuge, prendre la direction d’Avesnes-sur-Helpe par la RN2. Puis la D951 en direction de Sains-du-Nord, de Glageon et de Trélon.
HORAIRES :Le château est ouvert d’avril à octobre, les samedis et dimanches (du jeudi au lundi de juin à septembre), pour des visites guidées programmées à 11 heures, 14 h 30 et 16 h 30. Entrée : 8 €.
SE DIVERTIR :Les lieux proposent aussi, désormais, une saison culturelle : 29 juillet, concert classique avec Fanny Bourrillon (piano) et Eugénie Lefebvre (soprano) ; 16 septembre, concert symphonique de l’orchestre des sapeurs-pompiers de Paris (musiques de films) ; 14 octobre, concert avec Valeria Mignaco, soprano spécialiste de la musique de la Renaissance ; 18 novembre, concert classique avec Dominique Fournier (piano) et Magali Léger (soprano) ; etc.
Renseignements et réservations, courriel :simon@chateaudetrelon.com ou Tél. 07 69 25 17 42. Internet : www.chateaudetrelon.fr
Le Puy du Fou innove pour la saison 2018 avec 2 nouvelles créations : Le Mystère de La Pérouse et le Café de la Madelon, une plongée en haute mer et une autre à la Belle époque.
40 ans et 2,26 millions de spectateurs en 2017. Le parc du Puy du Fou en Vendée n’avait encore jamais atteint un tel niveau de fréquentation.
Avec ses deux nouvelles créations, Le Mystère de La Pérouseet Le Café de la Madelon, ce record devrait encore exploser pour la nouvelle saison 2018 qui démarre samedi 7 avril.
Le 7 avril prochain, lorsque le Grand Parc ouvrira ses portes, les visiteurs auront la chance de découvrir un nouveau spectacle grandiose, Le Mystère de la Pérouse. L’histoire d’un grand marin envoyé par le roi Louis XVI pour une grande expédition scientifique en 1785 à travers le monde.
A la tête de deux frégates, la Boussole et l’Astrolabe, Jean-François de La Pérouse a pour ordre de mission d’explorer tous les océans.
Une expédition à l’issue tragique
Pourquoi avoir choisi l’histoire de La Pérouse ? D’abord parce qu’en Vendée, dans un village voisin du Puy du Fou, au Boupère, dans le château du Fief Milon exactement, vivent les descendants du lieutenant de vaisseau Augustin de Monti, qui était le bras droit de La Pérouse, en charge du commandement de l‘Astrolabe. « L’histoire de La Pérouse sera racontée à travers le régional de l’étape ! » annonce Nicolas de Villiers, directeur artistique du Puy du Fou. Tout le savoir-faire du Puy du Fou, celui de partir d’une histoire authentique et locale pour imaginer une prouesse artistique, historique et technique.
Car, bien évidemment, ce nouveau spectacle est « inédit », unique au monde. Avec des effets spéciaux made in Puy du Fou, puisés à partir des compétences aéronautiques ou automobiles.
Le public va plonger à travers 2650 m2 de décor jusqu’à pénétrer à l’intérieur de la Boussole pour embarquer dans une aventure folle, visuelle, olfactive et sensorielle.
Le directeur artistique détaille :
« Faire tanguer le bateau, imaginer des paysages qui défilent, tout cela amplifié par 180 pistes sonores… Nous avons cherché par tous les moyens à créer un spectacle immersif »
En clair, ça va chalouper. « Les visiteurs vont se retrouver en pleine tempête et vivre les sensations qu’ont pu connaître les marins à l’époque pendant 20 minutes », promet Nicolas de Villiers.
Cette nouvelle réalisation a exigé quatre ans de travail et un investissement de 10 millions d’euros. 9 acteurs assureront le show autour de 15 000 accessoires de marin chinés.
Expédition La Pérouse : le mystère est presque résolu ?
PAR GARRICK HITCHCOCK, PROFESSEUR TITULAIRE HONORAIRE, ÉCOLE DE CULTURE, HISTOIRE ET LANGUE (AUSTRALIAN NATIONAL UNIVERSITY)
Personne ne sait ce que sont devenus les marins embarqués à bord de L’Astrolabe et La Boussole, les deux navires de l’expédition menée par le comte de La Pérouse, à la fin du XVIIIe siècle. Partis de Brest en 1785, vus en Australie en 1788, les bateaux ont disparu près des îles Salomon, dans l’immense océan Pacifique.
Le destin des survivants de l’expédition menée par Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse, reste un mystère depuis la disparition de ses frégates, L’Astrolabeet La Boussole. Après avoir quitté Botany Bay en mars 1788, les bateaux ont disparu, semble-t-il, dans l’immensité du Pacifique.
L’expédition partit du port de Brest en 1785. Les deux navires, transportant pas moins de 225 officiers, équipiers et scientifiques, étaient remplis de provisions et de marchandises. Les hommes avaient embarqué pour un voyage de quatre ans dans le Pacifique, sur les traces des exploits du capitaine James Cook. Le roi Louis XVI soutenait l’opération et avait même contribué à en dessiner les plans et l’itinéraire.
Escale en Australie
La Pérouse avait également pour mission d’enquêter sur la nouvelle colonie britannique en Australie. Il arriva au large de Botany Bay, en Nouvelle-Galles du Sud, en janvier 1788, juste à temps pour voir la First Fleet d’Arthur Philip mouiller l’ancre, et fut témoin des débuts de la colonisation européenne sur le continent. Pendant six semaines, les Français installèrent leurs campements sur les rives nord de la baie, devenue aujourd’hui la banlieue sud-est de Sydney, qui porte le nom de La Pérouse.
Louis XVI donnant ses instructions à La Pérouse en 1785, avant qu’il n’embarque pour sa mission fatale dans l’hémisphère sud. (Illustration : huile sur toile de Nicolas-André Monsiau, 1817, château de Versailles, domaine public)
Avant de partir en Australie, La Pérouse avait confié des lettres aux Britanniques, qu’ils devaient transmettre au ministère français de la Marine. Il y expliquait comment il prévoyait de quitter l’océan Pacifique via le détroit de Torres, la voie d’eau étroite qui sépare l’Australie et la Nouvelle-Guinée, affirmant qu’il serait de retour en France d’ici juin 1789. Mais à cette date, point de frégates : l’attente fit place à l’inquiétude. En 1791, l’Assemblée nationale commanditait une expédition à la recherche du navigateur, sans succès.
L’anecdote raconte que le roi Louis XVI, sur le chemin de la guillotine, en 1793, demanda à ceux qui le menaient à l’échafaud : « Avons-nous des nouvelles de La Pérouse ? »
Naufrage près de Vanikoro
C’est un capitaine irlandais particulièrement obstiné qui a finalement résolu l’énigme, presque quatre décennies plus tard. En 1826, Peter Dillon découvrit des objets venus d’Europe à Tikopia, dans les îles Salomon. Selon les habitants, ils provenaient d’une île voisine appelée Vanikoro. Dillon eut l’intuition qu’ils venaient des navires de La Pérouse.
Il obtint finalement le commandement du navire d’enquête La Recherche et aborde à Vanikoro en 1827, où il découvre le sort terrible de L’Astrolabe et de La Boussole : les deux frégates se sont abîmées sur les récifs frangeants de l’île, lors d’une tempête. Les artefacts collectés par Dillon furent emmenés à Paris, où on les identifia comme des objets appartenant bel et bien aux navires de l’expédition La Pérouse.
À gauche : le mémorial La Pérouse sur Vanikoro, érigé par Dumont d’Urville in 1828 (Photo : CC BY-SA 4.0). À droite, l’inauguration du monument (Illustration : « Les Navigateurs français : histoire des navigations, découvertes et colonisations françaises », Léon Guérin, Belin-Leprieur et Morizot, 1846 / domaine public)
Les habitants de Vanikoro ont également raconté que les survivants de l’expédition La Pérouse avaient passé plusieurs mois à construire une petite goélette à deux mâts, en utilisant à la fois le bois des forêts denses de l’île et du bois d’épaves. Une fois l’embarcation terminée, ils se sont lancés sur les flots.
Ce qu’il est advenu de ce navire et de son équipage, si désireux de rentrer en France, reste un mystère complet. Des livres et des articles sur La Pérouse posent inlassablement les mêmes questions : le navire est-il jamais sorti de la lagune de Vanikoro, ou a-t-il été attaqué par des autochtones en pirogue ? Si le bateau est sorti de la lagune, a-t-il coulé ? Ou les survivants sont-ils morts de soif ou de faim en mer ? Ou encore, ont-ils fait naufrage ailleurs dans le Pacifique ?
Un marin breton, dernier survivant ?
Un article de 1818 contient peut-être un indice sur le sort du navire qui tenta de quitter Vanikoro. Dans son numéro de décembre 1818,le Courrier de Madras relate en effet comment, en septembre de cette année-là, les navires Claudine et Mary, qui voguaient, depuis Sydney, en direction de Calcutta, ont jeté l’ancre sur l’île de Murray dans l’archipel du détroit de Torres. C’est là qu’ils ont porté secours à un marin indien, Shaik Jumaul, qui avait survécu au naufrage du navire marchand le Morning Star quatre ans plus tôt, au large de la côte nord du Queensland.
À bord du Mary, Shaik Jumaul a été interrogé au sujet de ses expériences sur l’île. Il a raconté qu’il y avait vu des épées et des mousquets, « fabriqués différemment de ceux des Anglais », ainsi qu’une boussole et une montre en or. Quand il a demandé aux insulaires où ils avaient obtenu ces objets, un vieil homme lui a expliqué comment, trente ans plus tôt, un navire s’était échoué sur la Grande Barrière de Corail, à l’approche de Murray Island. Des hommes blancs avaient quitté le bateau sur de petites embarcations, mais dans les combats qui s’ensuivirent ils périrent tous, sauf un jeune garçon, qui fut épargné et élevé par les habitants de l’île comme l’un des leurs.
De fait, la liste d’équipage de l’expédition mentionne un marin, François Mordelle, originaire de la ville portuaire de Tréguier, en Bretagne. S’agissait-il du dernier survivant de l’expédition La Pérouse ? L’article mettant en vedette la description du naufragé fut repris par de nombreux journaux en Australie, en Grande-Bretagne, en France et ailleurs, et les observateurs firent le lien avec l’expédition La Pérouse. Puis on oublia l’histoire de Shaik Jamaul.
La chronologie semble coïncider, car c’est bien trente ans plus tôt, fin 1788 ou début de 1789, que les survivants de l’expédition ont quitté Vanikoro dans leur petit navire. Les historiens ne rapportent pas la présence d’un autre navire européen dans la région à cette époque.
Cimetière marin
Le détroit de Torres, qui comprend la partie nord de la Grande Barrière de Corail, est doté de récifs, de rochers et de bancs de sable. Il est souvent décrit comme un « cimetière marin », car plus de 120 bateaux ont sombré dans ses eaux traîtresses. Le navire signalé par Shaik Jumaul fut le premier naufrage connu dans ce détroit et, de fait, dans la partie orientale du continent australien.
Est-ce que l’expédition s’est achevée par une tragédie dans le nord de l’Australie ? Avec les découvertes à venir sur le site de l’épave (sur la Grande Barrière de Corail ou dans les îles), nous en aurons peut-être la confirmation.
Il y a cependant un mystère associé à l’expédition La Pérouse que nous ne résoudrons probablement jamais. Les insulaires ont en effet montré à Shaik Jamaul les vêtements du jeune marin, pleurant en se remémorant comment, un soir, il quitta l’île en pirogue avec deux jeunes filles. Ses amis de l’île sont partis à leur recherche, mais ne les ont jamais revus.
Cherchait-il à revenir en France ? A-t-il subi un accident en mer ? Ou a-t-il connu un troisième naufrage, fatal celui-là ? Ce fut le dernier homme de l’équipage, un survivant, un naufragé. Bien que son identité et son destin restent mystérieux, sa mémoire subsiste.
Retrouvez le reportage de Sylvain Duchampt et Véronique Galy à Albi, ville natale de l’explorateur Jean-François de La Pérouse :
Le goût de Marie-Antoinette pour les diamants est connu par les historiens et passé à la postérité, en témoigne l’ « affaire du collier ». Connue pour son extravagance et le faste de sa cour, la Reine est aussi souvent représentée portant des perles. Symbole de richesse et de statut social depuis des temps immémoriaux, les perles naturelles étaient très prisées des familles royales européennes au XVIII ème siècle.
Portrait de Marie-Antoinette à la rose, 1783, par Elisabeth Vigée Le Brun (1755–1842)
L’affaire du collier (1785-1786)
L’origine de l’affaire est une escroquerie montée par une aventurière, la comtesse de la Motte la Cour, qui réussit à convaincre le cardinal de Rohan tombé en disgrâce, qu’elle peut le réconcilier avec Marie-Antoinette. Elle lui ménage une entrevue nocturne avec une comparse, Mlle d’Oliva, que le cardinal prend pour la reine. Puis elle le persuade qu’il consoliderait sa rentrée en grâce en servant d’intermédiaire pour l’achat d’un collier de diamants de 1 600 000 livres, prétendument désiré par la reine. Le cardinal achète à crédit le collier aux joailliers de la Cour, sur la garantie d’une signature contrefaite de Marie-Antoinette, puis le remet à un pseudo-officier de la reine, complice de Mme de La Motte. Devant l’incapacité du cardinal à payer la première traite, les joailliers s’adressent directement à la reine, et l’escroquerie est découverte.Louis XVI fait embastiller le cardinal et porte l’affaire devant le parlement de Paris. D’emblée, l’opinion se tourne contre la reine, contre le luxe et le gaspillage de la Cour. Les aristocrates font bloc derrière Rohan et feignent de considérer qu’en jugeant l’un d’entre eux la royauté fait leur procès à eux tous. Le jugement acquitte le cardinal. Calomniée, bien qu’étrangère à l’affaire, Marie-Antoinette et avec elle la Cour virent redoubler leur impopularité.
Un ensemble de bijoux de Marie-Antoinette jamais vu en public
À l’automne prochain, c’est à Genève que Sotheby’s présente un ensemble époustouflant de bijoux de la Reine de France, jamais vu en public depuis deux siècles.
Parmi les lots phares de la collection Bourbon-Parme proposée aux enchères par la maison de ventes figurent un superbe pendant en diamants avec une perle naturelle d’une taille exceptionnelle (26 mm x 18 mm) (est. 1-2 millions $), une paire de pendants d’oreilles (est. 30 000 – 50 000 $) ainsi qu’un collier composé de plus de 300 perles naturelles (est. 200 000-300 000 $).
A stunning diamond pendant, supporting a natural pearl of exceptional size. Estimate: $ 1-2 millions
Des bijoux rescapés : une histoire extraordinaire
En mars 1791, Louis XVI, Marie-Antoinette et leurs enfants s’apprêtent à fuir la France. Dans ses mémoires, Madame Campan, première femme de chambre de la reine raconte qu’elle a passé une soirée entière au Palais des Tuileries avec la reine à emballer les bijoux de cette dernière dans du coton avant de les placer dans un coffre en bois. Les jours qui suivent les bijoux sont envoyés à Bruxelles où règne la sœur de la reine, Marie-Christine et où demeure le Comte Mercy Argentau, ancien Ambassadeur d’Autriche à Paris et homme de confiance de Marie-Antoinette. C’est ce dernier qui les réceptionnera et les remettra à l’Empereur d’Autriche, neveu de Marie-Antoinette.
Au mois d’août 1792, la famille royale de France est emprisonnée à la Prison du Temple. Louis XVI et Marie-Antoinette sont guillotinés en 1793 et leur fils,
Louis XVII meurt en captivité à l’âge de dix ans. Seule rescapée, leur fille Marie-Thérèse de France (1778-1851), « Madame Royale » est libérée en décembre 1795 après trois ans d’isolement total. Après avoir découvert le sort de sa mère et de son jeune frère, elle est envoyée en Autriche. A son arrivée à Vienne, l’empereur lui remet les bijoux de sa mère. Sans enfant, elle léguera une partie de ses bijoux à sa nièce et fille adoptive Louise de France (1819-1864), Duchesse de Parme et petite-fille du roi Charles X (1757-1836), qui à son tour, les transmettra à son fils, Robert I (1848-1907), dernier Duc de Parme régnant.
A pair of natural pearl drops. Estimate: $ 30,000 – 50,000
Une des plus importantes collections de bijoux royaux jamais mises en vente
C’est l’une des plus importantes collections de bijoux royaux jamais mises en vente proposée par la maison de vente anglo-saxone le 12 novembre prochain. Intitulée « Bijoux royaux de la collection Bourbon-Parme », la vente retrace en fait des siècles d’histoire.
En plus des bijoux de Marie-Antoinette, la vacation regroupe la collection Bourbon-Parme, qui comprend également plusieurs bijoux jouissant de multiples provenances royales qui montrent comment les pierres de la famille furent, au gré des générations, remontées dans différents bijoux. Destinée à Louise de France (1819-1864), petite-fille de Charles X, roi de France, et mère de Robert I, Duc de Parme, une époustouflante parure composée de 95 diamants compte ainsi cinq diamants solitaires ayant appartenu à Marie-Antoinette, plusieurs pierres ayant orné l’épée du Duc de Berry, fils de Charles X et père de Louise (assassiné par un bonapartiste en 1820), ainsi qu’un large diamant taille poire provenant de la collection de l’Archiduchesse Isabelle d’Autriche, Princesse de Croÿ (1856-1931) (est. 300 000-500 000 $).
A breath-taking diamond parure composed of 95 diamonds. Includes five solitaire diamonds that belonged to Marie-Antoinette. Estimate: $ 300,000 – 500,000
Les lots phares de la collection seront présentés la semaine prochaine à Milan et sera suivie d’une tournée internationales.
MILAN 27 juin 2018MUNICH 18 Septembre 2018COLOGNE 21 Septembre 2018
Les bijoux seront aussi exposés à Londres, New York, Hong Kong et Genève cet automne par Sotheby’s
source : https://www.auctionlab.news/bijoux-marie-antoinette-aux-encheres/
CHATEAU DE VERSAILLES
JEAN COTELLE (1646/1708)
EXPOSITION AU GRAND TRIANON
12 JUIN AU 16 SEPTEMBRE 2018
La vue de Neptune
Le dragon
Jean Cotelle dit le Jeune, ou Jean II Cotelle, est un peintre né en 1642 et décédé en 1708 qui a réalisé de nombreuses peintures des bosquets des jardins du château de Versailles et du Grand Trianon, agrémentés de figures mythologiques. Il a également peint des miniatures de ces bosquets, notamment pour le Château de Meudon.
La décoration de la galerie du Grand Trianon, où sont conservés les peintures des bosquets, date des années 1690.
Jean Cotelle a peint vingt et une des vingt-quatre toiles accrochées dans la galerie de Trianon1, Étienne Allegrain deux autres, et Jean-Baptiste Martin la dernière.
Pour plus de renseignements lire la présentation de l’exposition en cliquant sur le lien ci-dessous :https://www.chateauversailles.fr/sites/default/files/dossier_mecenat_exposition_cotelle.pdfMarie-Antoinette, le spectacle pyrotechnique dans l’Orangerie du Château de Versailles
Marie-Antoinette, c’est l’incroyable spectacle qui se joue dans les jardins de Versailles les soirs les vendredi 29 juin, puis les 5, 6, 11 et 12 juillet 2018. Ce rendez-vous constitue un incroyable show son et lumière, avec feux d’artifice, flammes, vidéos, personnages lumineux pendant une heure : bienvenue au Royaume du Roi Soleil !
Après plusieurs années du Roi de Feu, le Groupe F propose un nouveau spectacle pyrotechnique incroyable, cette fois-ci sur l’histoire de Marie-Antoinette, à découvrir les vendredi 29 juin, jeudi 5, vendredi 6, mercredi 11 et jeudi 12 juillet 2018 dans les jardins de l’Orangerie.
Après 3 ans de spectacle dédié au Roi Soleil, le Château de Versailles nous invite à imaginer le quotidien de Marie-Antoinette, épouse de Louis XVI et personnage incontournable de l’histoire de Versailles.
Louis XVI charge rapidement Marie-Antoinette des divertissements de la Cour, réticente au cérémonial imposé par sa fonction. La reine va alors organiser des représentations théâtrales deux à trois fois par semaine, et va montrer un engouement pour les jeux de cartes et le billard, qu’elle pratique dans le salon de la Paix. C’est comme ça qu’elle rencontrera, quelques années plus tard, son amant supposé, Axel de Fersen.
Pour ce spectacle, le Groupe F a eu recours à des croisés des flammes, feux d’artifice, vidéo et personnages lumineux et porteurs de feu. Du coup, on y retrouve tout le faste des fêtes de Cour, mais dans avec les moyens de notre époque.
Pendant une heure, on découvrira différents tableaux, qui s’achève par « un inoubliable final pyrotechnique comme seul le Groupe F sait en offrir », de quoi nous éblouir !
En savoir plus sur https://www.sortiraparis.com/scenes/spectacle/articles/164906-marie-antoinette-le-spectacle-pyrotechnique-dans-l-orangerie-du-chateau-de-versa#X9rr7bmtqHK363Oc.99
Centre des Monuments Nationaux propose la visite de laCHAPELLE EXPIATOIRE PARIS
Pour la deuxième année, la Chapelle expiatoire participe à l’événement du « Moi des Femmes », à l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes et contre les violences faites aux femmes.
Cet événement, impulsé par la mairie du VIIIe arrondissement, programme cette année des animations autour de la place des femmes dans l’art durant tout le mois de mars.
Dans ce cadre, le Centre des monuments nationaux (CMN) propose la visite commentée « La Chapelle expiatoire et les femmes », le jeudi 8 mars 2018 à 15h.
« La Femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. » Article Ier de la Déclaration des droits de la Femme et de la Citoyenne, Olympe de Gouges (1748-1793).
Olympe de Gouges, Charlotte Corday et Manon Roland sont trois femmes qui, chacune à leur manière, ont contribué, par leur exemple et par leur engagement, à faire avancer les droits des femmes dans l’Histoire.
Elles ont été guillotinées et inhumées au cimetière de la Madeleine, sur lequel s’élève aujourd’hui la Chapelle expiatoire.
A l’occasion de cette visite commentée, leurs parcours sont mis en lumière tandis que les histoires d’autres illustres figures féminines de la Révolution sont présentées sous un angle nouveau.
En effet, Marie-Antoinette fut jugée et condamnée en tant que femme. La comtesse du Barry, favorite de Louis XV et dont l’historiographie a caricaturé les derniers instants, subit les fustigations de ses contemporains du fait de ses origines populaires et de sa condition de femme. Enfin, la duchesse d’Angoulême, dont Napoléon disait qu’elle était « le seul homme de la famille des Bourbons », bénéficia à la fois d’une reconnaissance de son courage politique et d’une négation de sa féminité.
Le CMN propose ainsi que redécouvrir ces trois autres personnalités sous le prisme du genre pendant la Révolution.
Pour accompagner cette visite commentée, un recueil de textes d’Olympe de Gouges « Femme, réveille-toi ! » est offert aux participants par le Centre des monuments nationaux et les éditions Gallimard (dans la limite des stocks disponibles).
Sans réservation
Durée : 1h
Tarif : droit d’entrée dans le monument
La Chapelle expiatoire
« Suivant moi, la Chapelle expiatoire est un vrai chef-d’oeuvre, surtout les portiques de l’entourage d’une composition si ferme et si caractéristique. » Charles Garnier, lettre à Charles Bigot, 1883.
Cet édifice, « peut-être le monument le plus remarquable de Paris », selon Chateaubriand, se trouve au coeur du VIIIe arrondissement, dans le square Louis XVI. Il est un des rares monuments mémoriels de la Restauration préservés.
La Chapelle expiatoire s’élève à l’emplacement de l’ancien cimetière paroissial de la Madeleine, ouvert en 1722. En 1770, les victimes de « la grande presse de la Rue Royale », un drame survenu pendant les festivités du mariage entre le futur Louis XVI et Marie-Antoinette, y sont inhumées.
Sous la Révolution française, le cimetière, situé à proximité de l’actuelle place de la Concorde où est, le plus souvent, dressée la guillotine, accueille les dépouilles de nombreux condamnés jusqu’à sa fermeture en mars 1794. Brissot, Vergniaud, Olympe de Gouges, Philippe-Egalité, Madame Roland et Madame du Barry y sont notamment inhumés.
Le 21 janvier 1793, Louis XVI y est enterré puis, le 16 octobre, Marie-Antoinette. Sous la Restauration, Louis XVIII fait transférer les dépouilles du couple royal, le 21 janvier 1815, à la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France.
L’édification de la Chapelle expiatoire, à partir de 1816, a une vocation mémorielle. Pour son commanditaire, Louis XVIII, l’édifice doit réaffirmer l’autorité du principe monarchique, et rappeler le péché que constitue la mort de Louis XVI. L’architecte Pierre François Léonard Fontaine, secondé par Hippolyte Lebas, est chargé des travaux. D’inspiration néo-classique, fortement marquée par l’esprit romantique, la Chapelle expiatoire est achevée en 1826. Dans la nef, deux sculptures monumentales illustrent le drame des souverains : l’Apothéose de Louis XVI par Joseph Bosio, et Marie-Antoinette soutenue par la Religion par Jean-Pierre Cortot.
Souvent menacée de démolition, la Chapelle expiatoire est classée Monument Historique en 1914, à la veille de la Grande Guerre.
La Chapelle expiatoire est gérée, restaurée, animée et ouverte à la visite par le Centre des monuments nationaux. En 2017, elle a accueilli 23 674 visites.
Chapelle expiatoire 29, rue Pasquier 75008 Paris
https://www.newspress.fr/Communique_FR_306970_1784.aspx
Louvre. Les dons affluent pour l’acquisition du livre d’heures de François 1er
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Le livre d’heures de François 1er et son marque-page. | S.J Philips
L’acquisition par le Louvre du livre d’heures de François 1er, mis en vente dix millions d’euros par son propriétaire londonien, est en bonne voie. Aux cinq millions offerts par le groupe LVMH au titre du mécénat, le musée a lancé en octobre un appel aux particuliers pour l’aider à financer le reste. Appel qui a suscité un engouement très fort. La campagne « Tous mécènes » se poursuit.
Un véritable bijou. « Une pièce unique de notre patrimoine qui mérite de revenir dans les collections nationales », selon Jannic Durand. Le directeur du département des Objets d’art du Louvre a bon espoir désormais de garder l’exceptionnel livre d’heures de François 1er.
Ce recueil de prières, présenté au musée à Paris jusqu’au 15 janvier pour une exposition consacrée au roi-chevalier et l’art des Pays-Bas, doit être acheté à son propriétaire, un collectionneur anglais. Il propose de le céder pour dix millions d’euros.
Somme que le Louvre va réunir dans les prochains mois pour ne pas laisser filer ce joyau des rois de France : un manuscrit daté de 1532, orné de seize peintures en pleine page. Il est enfermé dans une reliure d’or couverte de rubis, turquoises et de plaques de cornaline gravées.
Le petit chef-d’œuvre (8,5 centimètres de hauteur sur 6,5 de large) est accompagné de son marque-page, une colonne sertie de pierres précieuses d’un côté, et représentant un Christ sculpté dans une agate de l’autre.
L’engouement des particuliers
Pour l’acquérir, le Groupe LVMH a déjà offert cinq millions au titre du mécénat. Pour financer le reste, le musée a lancé en octobre un appel aux dons auprès de particuliers, dans le cadre de la campagne « Tous mécènes ». La huitième du genre (1) et elle a encore porté ses fruits. Le premier objectif d’un million d’euros vient d’être atteint, avec plus d’un mois d’avance, grâce au concours de plus de 6 800 donateurs, dont 55 % de nouveaux donateurs !
Le Louvre se félicite de cet engouement et poursuit la campagne (sur le sitewww.tousmecenes.fr). Il compte sur la dynamique pour toucher de plus gros mécènes. Et apporter ainsi la touche finale au financement en évitant d’obérer trop lourdement son budget annuel d’acquisition, d’environ 5, 5 millions (à l’aide d’un prélèvement de 20 % sur les billets d’entrée). « C’est une œuvre majeure, je suis content de voir que les gens le reconnaissent aussi », souligne Jannic Durand.
Le manuscrit, daté de 1532, est enrichi des seize peintures en pleine page. | S.J Philips
Une destinée exceptionnelle
Il rappelle la destinée exceptionnelle de ce livre, à la fois œuvre de joaillerie, d’orfèvrerie et d’enluminure, représentatif du bouillonnement artistique de la Renaissance : « François 1er a acheté lui-même ce manuscrit de 1532 pour l’offrir à sa nièce Jeanne d’Albret, reine de Navarre (1555-1572). Il est transmis à sa mort à Henri IV. Sa femme, Marie de Médicis, le cédera ensuite au cardinal Mazarin, un grand collectionneur. » On le retrouve en Angleterre en 1754, puis il passe de main en main jusqu’à une vente à Londres, chez Christie’s, en 1942.
Classé « œuvre d’intérêt patrimonial majeur », le Livre d’heures est la « seule pièce d’orfèvrerie – avec une salière de Cellini à Vienne – à pouvoir être directement associée au souverain François 1er ainsi que la seule reliure précieuse française connue à ce jour pour les règnes des derniers Valois », souligne le Louvre.
(1) Initiée en 2010, la campagne « Tous Mécènes » a permis notamment de réunir les fonds manquants pour acquérir le tableau « Les trois Grâces », de Lucas Cranach. En 2013, elle a permis aussi de financer la restauration de la « Victoire de Samothrace ».
https://www.ouest-france.fr/culture/arts/louvre-les-dons-affluent-pour-l-acquisition-du-livre-d-heures-de-francois-1er-5491994
Pierre Gouthière. Doreur attitré des rois Louis XV et Louis XVI, Gouthière a légué à la postérité objets d’art, imaginaire foisonnant et bestiaire surprenant qui disent tout de son goût exquis et son sens de l’innovation en matière de création ornementale. Visite en images d’un joli parcours.
Pour les souverains du royaume de France, mais aussi pour une clientèle prestigieuse essentiellement constituée de membres de la noblesse, Gouthière imagina et conçut horloges, vases, pots-pourris, colonnes, cheminées ou pièces de vaissellerie avec une imagination débordante.
La majorité des quelques cent quatre objets présentés dans l’exposition du Musée des Arts Décoratifs provient du dernier tiers du XVIIIe siècle grçace à la collaboration de la Frick Collection de New York.
Gouthière Pierre (1732-1813) Paris, musée du Louvre. OA5182.
2 – Exposition Pierre le Grand . Un tsar en France – Château de Versailles / Grand Trianon (30 mai au 24 septembre 2017)
https://www.artactu.com/exposition-pierre-le-grand.-un-tsar-en-france—chateau-de-versailles-article004936.html
Consacrée au voyage de Pierre le Grand en France en 1717, cette exposition est le fruit d’une collaboration exceptionnelle entre le château de Versailles et le musée de l’Ermitage de Saint-Petersbourg.
En mai et juin 1717, Pierre le Grand séjourne à Paris, dans ses alentours et en particulier au château de Versailles.
De nombreux mémorialistes français, parmi lesquels Saint-Simon, le marquis de Dangeau ou Jean Buvat, ont laissé de précieux témoignages permettant de retracer pas à pas cette visite qui, pour être officielle, n’en fut pas moins libre.
Force de la nature, imprévisible et peu façonné à l’étiquette, Pierre Ier bouscule le protocole à maintes reprises. Sa rencontre avec Louis XV marque les esprits : faisant fi du cérémonial de cour, il prend dans ses bras, en un geste spontané, l’enfant roi, tout juste âgé de sept ans.
Cassette de l’empereur Pierre Ier. Maître artisan Pierre Fromeri (?). Premier tiers du XVIIIe siècle (c) Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg
Si ce séjour a des visées politiques et économiques, le tsar réformateur, fondateur de la Russie moderne, veut par-dessus tout voir ce que la France possède de plus remarquable et en adapter certains modèles à son propre empire.
Plus de 150 œuvres sont présentées, peintures, sculptures, tapisseries, mais aussi plans, médailles, instruments scientifiques, livres et manuscrits, dont plus de la moitié sont issus des collections du prestigieux musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg.
Ces oeuvres sont autant de témoignages de l’intérêt que le tsar, homme des Lumières, portait aux arts, aux techniques et aux sciences. Il avait également une véritable passion pour l’architecture et les jardins dont ceux des châteaux de Versailles, de Trianon et de Marly lui fournirent les plus beaux modèles.
L’exposition met aussi en lumière les rapports du tsar avec les artistes français. Dès 1716, il attire à la cour de Saint-Pétersbourg plusieurs maîtres, parmi lesquels Louis Caravaque (1684-1754), l’architecte Jean-Baptiste Le Blond (1679-1719) et le sculpteur ornemaniste Nicolas Pineau. Et lors de son séjour en France en 1717, il est portraituré par deux peintres de renom, Jean-Marc Nattier (1685-1766) et Jean-Baptiste Oudry (1686-1755).
Catalogue d’exposition Pierre le Grand. Un tsar en France – Château de Versailles
Informations pratiques :
Exposition Pierre le Grand. Un tsar en France. 1717, jusqu’au 24 septembre 2017.
Château de Versailles, Domaine de Trianon
Horaires : Ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 12h à 18h30
L’exposition est accessible avec le Passeport 1 ou 2 jours, le billet Domaine de Trianon et la carte « 1 an à Versailles » ainsi que pour les bénéficiaires de la gratuité.
Catalogue d’exposition Pierre le Grand. Un tsar en France. 1717, Coédition Gallimard/Château de Versailles.Commissariat d’exposition :Gwenola Firmin, conservateur en charge des peintures du XVIIIe siècle au musée national des château de Versailles et de Trianon. Thierry Sarmant, conservateur en chef, chef du Centre historique des archives au Service historique de la Défense. Georges Vilinbakhov, directeur adjoint au musée d’État de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Viatcheslav Fedorov, chef du département de l’Histoire de la Culture russe au musée de l’Ermitage.
300 ans après, Pierre le Grand de retour à Versailles 29 mai 2017MARIA TCHOBANOVhttps://fr.rbth.com/art/culture/2017/05/29/300-ans-apres-pierre-le-grand-de-retour-a-versailles_772187Une exposition consacrée au séjour que le tsar russe Pierre le Grand en France réalisa à Paris et ses environs en mai et juin 1717 s’ouvre au Grand Trianon, au château de Versailles, le 30 mai.
L’exposition « Pierre le Grand, un tsar en France. 1717 », organisée par le château de Versailles en partenariat avec le musée d’État de l’Ermitage et qui se tiendra jusqu’au 24 septembre, commémore le tricentenaire de cette visite diplomatique. Fruit d’une collaboration exceptionnelle entre les deux grands musées, l’exposition présente plus de 150 œuvres – peintures, sculptures, arts décoratifs, tapisseries, mais aussi plans, médailles, instruments scientifiques, livres et manuscrits – dont les deux tiers appartiennent aux collections du prestigieux musée de Saint-Pétersbourg.
Crédit : Maria Tchobanov
Signe de l’importance symbolique de l’événement, le président russe Vladimir Poutine inaugurera en personne l’exposition en compagnie de son homologue français Emmanuel Macron, les deux hommes ayant profité de cet événement pour tenir leur première rencontre.
Crédit : Maria Tchobanov
RBTH vous propose une promenade en images à travers les salles du Grand Trianon, où le monarque russe a été logé du 24 au 26 mai et du 3 au 11 juin 1717 lors de ses séjours à Versailles.
Louis XV rend visite à Pierre le Grand à l’hôtel de Lesdiguières, le 10 mai 1717. Louise Marie Jeanne Hersent, née Mauduit (1784 – 1862),1838. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. Crédit : Maria Tchobanov
Pour la visite du jeune Louis XV à son hôte le tsar, à l’hôtel de Lesdiguières à Paris, tout a été prévu selon le protocole du Grand Siècle. Mais, à la stupéfaction générale, le tsar prend dans ses bras et embrasse de bon cœur l’enfant roi, qui, revenu de sa surprise et pas le moins du monde effrayé par cet homme imposant, se prête de bonne grâce à la conversation. Parmi les témoins, il faut sans doute reconnaître à gauche le duc du Maine, au premier plan, de profil, le maréchal de Villeroy, de face, en habit rouge, avec le Saint-Esprit, Fleury, précepteur du roi, derrière lui, et à droite le prince Kourakine, de profil, et tout de noir vêtu, qui faisait office d’interprète. Commandé par le roi Louis-Philippe pour ses Galeries historiques de Versailles, le tableau opte pour le mode anecdotique du récit de Saint-Simon.
Lire aussi : L’amitié russo-belge sous le signe de Pierre le Grand
Crédit : Maria Tchobanov
Au cours de son voyage, Pierre le Grand s’intéresse particulièrement aux institutions et aux productions scientifiques et techniques. Il visite les grands établissements qui font la réputation de Paris sous la Régence : l’Observatoire, la Manufacture des Gobelins, le Jardin des plantes, la Monnaie des médailles, les académies, les bibliothèques et les cabinets de curiosités.
Crédit : Maria Tchobanov
Cette soif de connaissance l’incite à acheter des instruments de mathématiques et d’astronomie. Il emporte aussi une abondante documentation : estampes du Cabinet du roi gravées sous Louis XIV, plans de places fortes et de maisons de plaisance, dessins d’architecture et d’ingénierie, cadran solaire, « sphère mouvante » indiquant le mouvement des planètes. Les instruments scientifiques présentés dans cette section ont tous appartenu à Pierre Ier, comme les livres qui proviennent de sa bibliothèque personnelle.
Vilebrequin avec trépan à couronne. Fin du XVIIe – début du XVIIIe siècle. Laiton, acier, bois ; dorure. Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage. Crédit : Maria Tchobanov. Crédit : Maria Tchobanov
Cet instrument médical sert à effectuer des trépanations. Pierre Ier en fait l’acquisition (comme d’autres instruments français) afin de l’introduire dans la pratique médicale russe et d’en faire un modèle pour une fabrication dans son pays.
Graphomètre à lunettes. Chapotot le Jeune (?) Début du XVIIIe siècle. Laiton, verre, gravure. Saint-Pétersbourg, musée d’État de l’Ermitage. Crédit : Maria Tchobanov
L’instrument est utilisé pour effectuer des relevés géodésiques, c’est-à-dire pour établir des cartes topographiques par la méthode de la triangulation.
Lire aussi : Vrai ou faux: que savez-vous de Pierre le Grand?
Anonyme. Liste des présents proposés à l’occasion de la visite du Czar. 1717. Manuscrit autographique. Archives du ministère des Affaires étrangères, Correspondance politique, Russie. Crédit : Maria Tchobanov
Lors de sa visite à la Monnaie, Pierre Ier fut très satisfait de la médaille frappée en sa présence. La liste énumère des pièces de joaillerie, plusieurs tapisseries et pièces d’horlogerie. À la Bibliothèque royale, le tsar reçut douze ouvrages qui vinrent augmenter sa bibliothèque.
Médaille commémorant l’arrivée de Pierre Ier à Paris. Entrevue de Louis XV et de Pierre le Grand. Benjamin Duvivier (1730–1819). 1760, bronze. Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. Crédit : Maria Tchobanov
Cette médaille est postérieure de plusieurs décennies à l’événement. La légende PETRI RUSSOR. AUTOKRATOR. CUM REGE CONGRESSIO (« Rencontre de Pierre, souverain des Russes, avec le roi ») est complétée par l’inscription de l’exergue LUTETIAE MDCCVII (« à Paris, 1717 »).
Le tsar, en manteau de voyage, incliné, salue le jeune roi en habit à la française. Le voyage de 1717 s’inscrit ainsi dans une histoire métallique de Louis XV, sur le modèle de celle de son arrière-grand-père Louis XIV.
Pierre Lepautre (1652–1716). 1711. Saint-Pétersbourg, Bibliothèque de l’Académie des sciences. Crédit : Maria Tchobanov
L’album fut exécuté en 1711 pour le duc d’Antin par le bureau des dessinateurs des Bâtiments du roi. Comme l’album des jardins de Marly, il fut offert par le duc à Pierre Ier quand eut lieu l’échange des cadeaux diplomatiques. En Russie, on utilisa les deux albums comme source iconographique lors de la création des jardins de Strelna puis de Peterhof.
Costume d’été ayant appartenu à Pierre Ier : habit, culotte, veste. 1710 – 1720 Saint-Pétersbourg, musée d’Etat de l’Ermitage. Tissu de soie et laine, soie, fils de soie, futaine, boutons. Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage. Crédit : Maria Tchobanov
Les images largement répandues de Pierre Ier, représenté en tsar soldat ou en tsar ouvrier, vêtu d’un uniforme militaire ou d’une modeste tenue de charpentier, sont tellement ancrées dans notre imaginaire qu’il est difficile de se le représenter en costume de gala. Cependant, les vêtements et les accessoires composant « la Garde-robe de Pierre Ier » prouvent que le souverain accorde beaucoup d’attention à son apparence et connaît les modes. Dès la fin du XVIIe siècle, il choisit de porter un costume hollandais ordinaire. La solidité des tissus et la qualité des coutures étant les principaux critères de choix de Pierre, on lui procure donc de longues vestes de marin à poches, de larges culottes de drap et d’élégants pourpoints venant de Hollande. Avant son voyage en France, Pierre se fait faire des costumes « coupés à la française ». Lorsqu’il rencontre officiellement Louis XV, le 29 avril 1717, il porte un costume d’apparat neuf, tout comme les membres de sa suite. Mais le tsar, qui n’aime pas les perruques, reste fidèle à lui-même : il fait couper les longues boucles anglaises de la luxueuse perruque poudrée, et ôter la poudre. Par ailleurs, ses habits ont généralement un petit col, un détail qui n’est pas dicté par la mode de cette époque.
Lire aussi : Pierre le Grand, un globe-trotteur en France
Jean Chaufourier (1679–1757). Recueil de Plan, Élévations et Veûes du Château de Petit-Bourg. 1730. Album de 25 dessins aquarellés sur papier. BNF, département des Estampes et de la Photographie. Crédit : Maria Tchobanov
Au cours de son voyage en France, Pierre Ier séjourna au château de Petit-Bourg à l’invitation du duc d’Antan, propriétaire du domaine et surintendant des Bâtiments du roi. Sur l’emplacement du château incendié en 1944 s’élève aujourd’hui un quartier d’Evry (Esonne).
Anonyme russe. Crayon à dessin de Pierre Ier. Début du XVIIe siècle. Bois, graphite. Saint-Pétersbourg, musée d’Etat de l’Ermitage. Crédit : Maria Tchobanov
Ce crayon appartenait à Pierre le Grand, qui se plaisait à dessiner les éditions et notamment ceux qu’il faisait construire, comme le palais de Montplaisir.
C’est dans le domaine scientifique que la visite de Pierre a les conséquences les plus fécondes. Le 22 décembre 1717, l’Académie royale des sciences l’élit membre honoraire « hors de tout rang », et peu après sa disparition, Fontenelle, secrétaire perpétuel, lui rend un vibrant hommage : « pour porter la puissance d’un État aussi loin qu’elle puisse aller, il faudrait que le maître étudiât son pays presque en géographe et en physicien, qu’il en connût parfaitement tous les avantages, qu’il en eût l’art de les faire valoir. Le Czar travailla sans relâche à acquérir cette connaissance et pratiquer cet art ».
Lire aussi : Le premier émigré politique de la famille Romanov: la fuite du fils de Pierre le Grand
Le mariage de Pierre Ier et de Catherine a lieu le 19 février 1712 à Saint-Pétersbourg. La gravure est sans doute exécutée la veille de la cérémonie afin de pouvoir l’offrir pendant la fête. Plusieurs couples de convives sont assis à une table ovale au milieu de la salle. À l’arrière-plan et en position centrale, Pierre Ier, et à sa droite l’amiral Cornelius Cruys. Menchikov, favori du tsar, est debout derrière lui. Catherine est au centre, au premier plan.
Lire aussi : Pierre le Grand a ouvert le bal et créé un phénomène culturel
Portrait en médaillon du tsar Pierre Ier (recto). Anonyme, d’après Godfrey Kneller. Vers 1715. Peinture sur email. Paris, musée du Louvre département des Arts graphiques. Crédit : Maria Tchobanov
Puissant autocrate, le tsar de 26 ans est déjà vainqueur des Turcs et conquérant d’Azov. Les médaillons de ce type constituaient des cadeaux diplomatiques répandus.
Bonne visite
https://www.ledevoir.com/culture/arts-visuels/500060/une-icone-du-pouvoir-entre-au-mbam
3 – L’evangéliaire de Reims : Une édition offerte par le Président Poutine au Président Macron
Lors de sa visite à Versailles, Vladimir Poutine a offert à Emmanuel Macron une édition de l’Évangéliaire de Reims, dont l’original est conservé à la bibliothèque Carnegie.
Voilà un présent qu’Emmanuel Macron ne s’attendait certainement pas à recevoir : lors de sa visite à Versailles, le lundi 29 mai, Vladimir Poutine a offert au président de la République une édition scientifique de l’Évangéliaire de Reims. Ce document, dont le manuscrit original est conservé à la bibliothèque Carnegie de Reims, est un texte sur lequel les rois de France prêtaient serment au moment de leur sacre.
Symbole des relations franco-russes, l’Évangéliaire avait été présenté aux tsars Pierre le Grand, en 1717, et Nicolas II, en 1901, lors de leur passage en France. Cette compilation de textes liturgiques– écrits en slavon – fait l’objet de diverses croyances. La légende veut par exemple que le manuscrit ait appartenu à Anne de Kiev, épouse de Henri Ier et reine des Francs, qui l’aurait apporté en France au XIe siècle.
À Reims depuis le XVIe siècle
« En réalité, l’ouvrage n’est arrivé à Reims qu’au XVIe siècle, indique Sabine Maffre, conservateur responsable de la bibliothèque Carnegie. Grâce à l’inventaire, on sait avec certitude queCharles de Lorraine,archevêquede la cité des sacres, l’a versé en 1574 auTrésor de la cathédrale. »
À partir de 1575 avec Henri III, prêter serment sur l’Évangéliaire devint la coutume pour les rois de France au moment de leur sacre. « La raison est simple : la reliure comportait une plaque d’orfèvrerie avec pierres précieuses, arrachée au moment de la Révolution, ainsi qu’une relique de la Vraie Croix« , détaille Sabine Maffre.
La partie la plus ancienne du manuscrit date du XIe siècle ; la plus récente, du XIVe. Néanmoins, un mystère demeure : la provenance de l’Évangéliaire. « A priori, Charles de Lorraine l’aurait reçu en cadeau de la part de l’un de ses protégés, Constantin Paléocapa, qui recopiait fréquemment des manuscrits, précise encore Sabine Maffre. Mais rien n’est sûr. »
Pour vous faire votre propre avis quant à la symbolique du geste de Vladimir Poutine, vous trouverez ici plus d’informations sur l’Évangélaire de Reims : extrait d’un colloque donné par Sabine Maffre, conservateur de la bibliothèque Carnegie.
Par D.C.Publié le 03/06/2017 à 18:07 Mis à jour le 03/06/2017 à 19:16 Évangéliaire de Reims
https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/marne/reims-metropole/reims/evangeliaire-reims-edition-offerte-poutine-macron-1266399.html
4 – Louis XIV icône du pouvoir entre au MBAM
Une esquisse raffinée d’un portrait de Louis XIV a été acquise un an après sa découverte
https://www.ledevoir.com/culture/arts-visuels/500060/une-icone-du-pouvoir-entre-au-mbam Photo à gauche : Musée des beaux-arts de Montréal Hyacinthe Rigaud, «Modello du Portrait de Louis XIV en grand costume royal», 1701, huile sur toile, 55 x 45 cm
Photo à droite de Hyacinthe Rigaud, Portrait de Louis XIV en grand costume royal, 1701-1702, Musée du Louvre
La même année qu’en Nouvelle-France se signait la Grande Paix de Montréal, à Versailles, le roi Louis XIV se faisait faire le portrait. Pas n’importe lequel : un portrait, iconique, autant de lui, Roi-Soleil, que de la représentation du pouvoir.
Trois siècles plus tard, Montréal peut s’enorgueillir de posséder, par le biais du Musée des beaux-arts (MBAM), une version du célébrissime Portrait de Louis XIV en habit royal, peint par Hyacinthe Rigaud, en 1701. L’iconographie du pouvoir absolu, résumée par la pose d’un homme debout au visage rigide, est née là, récupérée depuis mille fois, y compris par Uderzo, qui dessine un chef gaulois avec les paroles « Le village, c’est moi ! ».
L’oeuvre acquise par le MBAM en mars lors de la très courue foire d’art européen de Maastricht n’est pas le prestigieux tableau, seulement une esquisse. Pas n’importe quelle esquisse, mais lemodello, terme italien pour désigner l’oeuvre préparatoire la plus fidèle du tableau commandé.
Il existe deux Portrait de Louis XIV, l’un conservé au Louvre — intitulé aussi Louis XIV (1638-1715), roi de France—, l’autre à Versailles. Cinq fois plus petit, le modello, lui, avait disparu. Il est réapparu en 2016 aux encans de l’hôtel Drouot de Paris. Acquis par le MBAM auprès de la galerie Éric Coatalem avec l’appui de nombreux mécènes — la notice qui l’identifie fait six lignes —, Modello du Portrait de Louis XIV en grand costume royala atterri au Pavillon pour la Paix.
Portrait modèle« C’est un des portraits les plus fameux de l’histoire de l’art, affirme la directrice du MBAM, Nathalie Bondil.Il est le premier jalon pour une généalogie de représentations de monarques. »
À la fois image historique et objet rare, le modello permet de faire entrer Louis XIV dans l’enceinte montréalaise. Un fait qui a toute son importance pour Jacques Des Rochers, conservateur de l’art canadien : c’est sous son règne que la Nouvelle-France acquiert le statut de province royale, ce qui favorisera son peuplement.
L’oeuvre d’Hyacinthe Rigaud (1659-1743), un des grands portraitistes de l’Ancien Régime, est emblématique à plusieurs égards. Pour Sylvain Cordier, conservateur des arts décoratifs anciens, c’est à partir de ce portrait en pied de Louis XIV, que« la monarchie française s’affirme comme une monarchie debout, non statique ». Aussi, chez Rigaud, le roi est à ce point divin que les ornements sont secondaires.
« Comment exprimer que le corps du roi est sacré, au-dessus du reste de l’humanité ? » demande Sylvain Cordier. La réponse, le peintre l’emprunte à Antoine Van Dyck, auteur d’un portrait d’un roi anglais : le souverain retire un gant.
« Avec sa main nue, Louis XIV utilise comme canne, de manière nonchalante, un des instruments du sacre[le sceptre, tenu à l’envers]. Il est le seul à pouvoir le toucher, à jongler avec lui, s’il le veut », note-t-il.
Outil raffiné
Outil de présentation, comme la maquette en architecture ou en art public, lemodello était une pratique courante aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le MBAM possède peu d’exemples en peinture, dont celui d’une oeuvre préparatoire à un décor architectural, exposé tout près du Rigaud.
Selon Hilliard T. Goldfarb, conservateur en maîtres anciens, la nouvelle acquisition se démarque par sa haute précision. « Quand tu le présentes à Louis XIV,[lemodello]doit être plus achevé qu’à l’habitude.[Celui-ci]est vraiment raffiné », dit-il.
L’auteure du catalogue raisonné de l’oeuvre d’Hyacinthe Rigaud, Ariane James-Sarazin, est celle qui a authentifié le tableau et l’a établi comme modello. Les différences avec les huiles du Louvre et de Versailles sont la preuve que Rigaud a apporté des modifications après présentation au roi.
Dans le modello, les fleurs de lys suivent les courbes du manteau. Dans la version finale, elles sont en aplat, plus visibles. Sylvain Cordier apprécie aussi « l’usage quasi cinématographique de la lumière », qui laisse dans l’ombre les objets monarchiques (trône, couronne, manteau). « Rigaud a une manière de représenter la hiérarchie des choses. Le corps vient avant les instruments », commente-t-il.
Depuis 300 ans, se plaît à rappeler le spécialiste de l’iconographie royale, les gens de pouvoir sont représentés selon ce modèle. Napoléon, ou Parizeau caricaturé par un Chapleau, mais aussi Justin Trudeau, avance Sylvain Cordier, qui évoque une photographie du premier ministre en joggeur. « C’est une affirmation du pouvoir plus simple, mais une affirmation de la vitalité du corps du gouvernant. »4 – Louis XVI , ils me prennent la tête !
Recevez les confidences d’un roi, sans « langue de bois ».
Entre révélations et innovations, rentrez dans les coulisses du pouvoir, dans l’intimité de la forge, là où l’homme sous la perruque se livre.
Si toutefois son entourage lui laisse 5 minutes de tranquillité…
Auteur : Laurent Gory
Artiste : Laurent Bariohay
Metteur en scène : Laurie Jesson
Comédie de Grenoble,
Grenoble (38)
Le samedi 15 juillet 2017 à 19h00
Comédie Triomphe,
Saint Etienne (42)
Du 21/07/2017 au 29/07/2017
Vendredi et samedi à 19h
Vœux de Mgr le Prince Louis de Bourbon, Duc d’Anjou
January 20, 2018
Français, mes chers compatriotes,
Depuis plusieurs années, j’ai pris l’habitude de m’adresser à vous durant le mois où des vœux sont formés pour ceux que l’on aime.
Au début, ce message du 21 janvier n’était reçu que par les fidèles qui, en cette date anniversaire de la mort du Roi Louis XVI revivaient en leur cœur, l’espérance de la tradition. Il y avait sans doute alors un peu de nostalgie en souvenir d’un temps glorieux où la France était une grande nation. Puis, d’année en année, l’audience de ce message s’est développée, notamment avec l’essor des nouvelles formes de communication.
En ce début 2018, je veux poursuivre cette rencontre. Elle fait partie de mon devoir de successeur légitime des rois dont l’histoire se confond avec celle de la France. Comme héritier des Rois, je me dois d’incarner cette tradition qui ne peut consister uniquement à assister à des cérémonies de mémoire. Elles sont pourtant nécessaires et j’y participe toujours avec joie. Elles permettent de résister à la destructrice amnésie mémorielle instrumentalisée par ceux qui n’ont pas envie de voir la France fière d’elle-même et soucieuse de prolonger dans l’avenir, le rôle de moteur qu’elle eut durant si longtemps.
Mais, à quoi me servirait-il d’être l’héritier d’une dynastie millénaire ? Il ne peut s’agir pour moi de me satisfaire de considérer la gloire de mes ancêtres. Il m’appartient encore plus, si je veux être digne d’eux, de contribuer à l’édification du présent et de l’avenir à ma manière, avec mes moyens. Je serai ainsi fidèle à ce qui était la nature de la royauté française, faire de l’action du roi, avant tout, un service rendu à tous.
Remplir ce devoir me paraît d’autant plus important que notre pays traverse une épreuve difficile comme l’histoire en réserve, malheureusement, à espaces réguliers. Dans ces moments c’est toujours en revenant à ses fondamentaux que la France a pu trouver un nouveau souffle. Devant les difficultés il ne s’agit ni de se cacher la réalité, ni d’abandonner, mais de réagir. Tel est le devoir d’état de chacun, des familles en particulier, même si c’est souvent difficile et impose des sacrifices. Par ma position, n’ayant pas à me placer dans le contexte de promesses ou de programmes de la politique au quotidien, il m’appartient de le rappeler.
Attaquée à l’extérieur et sur notre sol par un ennemi aussi insidieux que brutal et qui souvent trouve du renfort dans nos faiblesses et notre laxisme; rongée de l’intérieur par une crise morale qui lui fait parfois renier son identité, notre pays, la France, est tenue de réussir à se reprendre. Elle le doit à tous ses enfants ; elle a aussi une obligation envers ceux qui l’ont toujours regardée comme le foyer où naissent les grandes idées et s’épanouit la civilisation née du double héritage gréco-latin et chrétien.
Cet héritage, s’il nous a été transmis, n’a de sens que pour le présent. Il nous appartient de le faire vivre. Cela d’autant plus que la société est à un tournant et, surtout, en attente. Le contexte ayant changé, il faut lui redonner un cadre. Celui dans lequel nous vivions depuis deux siècles s’effrite. Fait de beaucoup d’idéalisme, d’égoïsme et de matérialisme il ne répond plus aux besoins de la société car elle s’est prise dans ses propres contradictions. Ses excès dans tous les domaines ont abouti à d’immenses échecs tant dans le domaine social qu’environnemental et l’homme en fait les frais. Ce mouvement délétère pour les libertés devenues licences, l’économie devenue financiarisation, l’emploi précarisé, la culture, l’éducation et le patrimoine trop souvent livrés aux destructions, se développe puisque, face à lui, un nouveau contexte se met en place. Il se nomme mondialisme, société du numérique et de la dématérialisation, émergence de nouvelles puissances, éclatement de la société en « réseaux », remise en cause de certains fondamentaux en matière d’éthique tels que famille et couple ou la valeur de la vie humaine, déculturation.
La situation n’est pas simple et il est difficile de trouver la juste conduite face à ce monde qui change. Un monde nouveau est à redessiner ce qui demande de récréer une anthropologie donnant sa place à la gratuité. Abandonnons donc les constats et la nostalgie d’un temps qui n’est plus celui dans lequel nous vivons et encore moins celui de nos enfants !
Acceptons, enfin, de relever les défis de demain pour redonner du sens à nos actions présentes et futures. Redonnons à la jeunesse l’espérance, non pas celle des facilités matérielles mais celle(s) de l’épanouissement de soi et des autres à commencer par la famille qui doit redevenir le socle principal de toute vie commune. La génération montante, la mienne, ayant redécouvert les vertus du réalisme qui doit imprégner l’action, a largement déjà contribué à la remise en cause des excès d’une société sans limite et oublieuse de la nécessaire transcendance sans laquelle l’homme n’est pas pleinement homme.
Cela me parait conforme au rêve capétien qui a bâti la France et enfanté l’Europe. Il était vision d’un avenir partagé. Les grandes nations ont besoin de tels horizons. Regardons autour de nous, les pays qui prospèrent sont ceux qui croient en eux et en leur devenir. Ce fut longtemps l’esprit qui a animé notre pays et le monde occidental. Avec lui la France a pris une place prépondérante dans le monde car elle était porteuse d’espoir pour ceux qui aspiraient à devenir sujets du Roi de France. Ainsi ils avaient l’assurance de participer à cette aventure commune que la France offrait à tous dès lors qu’ils l’aimaient et voulaient contribuer à sa grandeur.
Face aux nouveaux enjeux il y a place pour un pays qui s’affirme avec son identité propre et ses valeurs. Déjà de nombreux d’entre vous en ont conscience : ceux qui entreprennent, ceux qui trouvent de nouveaux terrains sur lesquels le génie français peut se déployer ; ceux qui pensent que le Bien commun sera toujours supérieur aux égoïsmes ; ceux qui ont compris que la vie en société est préférable à tous les communautarismes, formes nouvelles des féodalités archaïques. Il y a un espace pour la France dans le monde de demain et donc pour les Français. Il appartient à chacun de le construire en restant fidèle aux valeurs et aux principes légués par l’histoire. Soyons fiers d’être des héritiers et sachons transmettre l’héritage.
En ce début d’année, mes vœux s’adressent tout particulièrement à tous ceux qui croient en la France, mais je pense aussi à ceux que la société a laissé sur le bord du chemin, ayant oublié que la charité demeurait le premier devoir des hommes. Ils ont leur place. Ne l’oublions pas !
En 2018, pour l’aider à être elle-même, puisse la France, fille aînée de l’Eglise compter sur tous les Saints qu’elle a vu naître, à commencer par Saint-Louis, le modèle des gouvernants.