Message du duc d’Anjou suite à l’assassinat de la jeune Philippine :
C’est avec une profonde tristesse et un juste sentiment d’horreur que nous avons appris ce nouveau drame qu’est l’assassinat de la jeune Philippine. La Princesse Marie Marguerite et moi-même assurons la famille de notre soutien et de nos prières dans cette épreuve auquel chacun peut s’identifier. Quels parents peuvent rester insensibles à cette vie ôtée, à ce crime odieux ?
Malheureusement, une fois de plus, la justice de notre pays apparaît dans toute sa déliquescence et toute son incurie. Jamais dans l’histoire de France ni d’aucun autre pays, un État a aussi peu appliqué les règles de la plus élémentaire justice alors qu’il en a les moyens. Des peines peu ou pas appliquées laissent les pires criminels dans la nature, et leur donnent un sentiment d’impunité. Quand les Français auront-ils le droit de goûter à la quiétude si nécessaire à l’épanouissement des peuples ? Il est temps d’œuvrer ensemble au retour d’un État de justice.
En ce jour anniversaire de la disparition de Louis XVIII, BV a l’honneur de publier l’édito de l’ainé de la maison de Bourbon, Louis, duc d’Anjou.
Voilà 200 ans que s’éteignit le Roi Louis XVIII, dernier souverain de France à être mort sur son trône. Le parcours de ce monarque, bien que très largement méconnu, mérite pourtant qu’on s’y attarde. En effet, pour moi, comme pour les Français et notamment leurs dirigeants, il peut être une figure inspirante et positive. Alors que son avènement en 1795 s’est fait dans les humiliations et les affres de l’exil, il n’a jamais renoncé ni à ses devoirs, ni à ses droits.
En 1814, accédant au pouvoir, conscient de la charge qui lui incombait, il fit tout ce qui lui était possible pour ramener l’ordre et la justice dans un pays en proie aux dérives les plus sanglantes et aux aventures militaires les plus périlleuses bien que celles-ci furent auréolées d’une gloire certaine. En effet, rarement notre patrie ne fut si proche d’un démembrement pur et simple au sortir des guerres napoléoniennes. Vingt-cinq ans d’errement avaient mis la France à genoux, saignée à blanc par des guerres intérieures et extérieures continues.
Lorsque Louis XVIII accéda à la réalité du pouvoir, il put reprendre consciencieusement le travail multiséculaire des Bourbons : redonner à la France une place dans le concert européen grâce à une diplomatie audacieuse, œuvrer au maintien de la paix sur le continent et enfin ramener la concorde et l’unité dans un pays déchiré. Ainsi la figure royale allait à nouveau s’imposer comme un vecteur de paix sociale, d’harmonie européenne, en adaptant la monarchie aux exigences du temps, comme cela se fit depuis les origines capétiennes. Avec Louis XVIII, et plus que jamais dans l’histoire de France, le Roi a alors parfaitement incarné sa fonction de père pour nombre de Français qui n’aspiraient qu’au repos et à la prospérité.
Comment ne pas se référer aujourd’hui à une telle figure alors que l’aura de la France décline à l’international dans un contexte général de réarmement et de multiplication des conflits, notamment aux marges de l’Europe ? Où est passée la légendaire force diplomatique française ? Quel diplomate aura l’envergure de Talleyrand pour rendre à la France une crédibilité face à nos partenaires et nos adversaires ?
Gouverner implique de s’entourer d’un personnel compétent, capable d’assurer à la France sa destinée de nation si particulière aux yeux du monde. De la même manière, le souci du vieux monarque pour la paix et l’unité de son pays ne peut que nous faire réfléchir sur la nécessité de trouver la force de la justice mais aussi du compromis pour ramener l’ordre et la prospérité dans un pays fatigué par des divisions délétères.
Autant de points dont les actuels gouvernants pourraient s’inspirer pour redonner un souffle vital à la France. Autant de points qu’il est juste de mettre au crédit de Louis XVIII qui, par là -même, marcha dans les pas d’Henri IV, Roi si cher à la mémoire des Français.
Ce bicentenaire, au-delà des commémorations, doit nous faire comprendre que le passé peut être un flambeau qui éclaire notre marche du temps présent, résolument tournée vers l’avenir. Ce règne nous invite à ne jamais étouffer les nombreuses espérances qui sommeillent dans nos cœurs à tous. Une ferme détermination, l’expérience des erreurs et des malheurs du temps, et enfin le souci de la France et des Français au-delà de nos personnes sont des ingrédients nécessaires pour rebâtir patiemment notre pays et lui redonner la place qu’il n’aurait jamais dû quitter. Puissent les règnes des Rois qui ont fait la France toujours nous servir de modèle et d’inspiration.
Louis XVIII — né le 17 novembre 1755 à Versailles le nom de Louis Stanislas Xavier de France et par ailleurs Comte de Provence (1755 -1795)— est Roi de FRANCE et de Navarre du 6 avril 1814 au 20 mars 1815 puis du 8 juillet 1815 à sa mort, le 16 septembre 1824, à Paris.
Institut de la Maison de Bourbon : Le règne de Louis XVIII : restauration et modernité
Publié le 14 septembre 2024
À l’occasion du bicentenaire de la mort du roi Louis XVIII, sous la présidence de Mgr le duc d’Anjou, aîné des Bourbons, l’Institut de la Maison de Bourbon organise un colloque : Le règne de Louis XVIII : restauration et modernité le samedi 28 septembre 2024 de 9 heures à 18 heures, au Musée social, 5, rue Las Cases, Paris (7 e ), avec la participation de : Pierre Delvolvé de l’Institut, Jean-François Belhoste, Jean-Paul Clément, François de Coustin, Francis Démier, Jean-Louis Harouel, Alain Laquièze, Jean-Michel Leniaud, Catherine Massip, Pierre Michon, Martin Motte, Éric Peuchot. Entrée libre mais inscription obligatoire : contact.royaute@orange.fr
MARRAINE DU 19EME REGIMENT DU GENIE DEPUIS 2017, elle était présente pour la cérémonie de prise de commandement du Général BIZIEN, de la nouvelle Brigade qui sera basée à ANGERS