C’est Louis XVI qui l’a fait : le saviez-vous ?

C’est Louis XVI qui l’a fait : le saviez-vous ?

Louis XVI décida de soulager son peuple en le dispensant du droit de Joyeux avènement, impôt perçu à chaque changement de règne.

Louis XVI, créa le corps des pompiers.

Louis XVI, autorisa l’installation de pompes à feu, pour approvisionner Paris en eau de manière régulière.

Louis XVI, créa un mont-de-piété à Paris pour décourager l’usure et venir en aide aux petites gens.

Louis XVI, abandonna aux équipages de ses vaisseaux le tiers de la valeur des prises qui lui était réservé en temps de guerre.

Louis XVI, décida d’aider l’abbé de l’Epée dans son œuvre pour l’éducation des « sourds-muets sans fortune » auquel il enseignait un langage par signes de son invention. Le Roi lui versa alors une pension de 6000 livres sur sa propre cassette, contre l’avis de l’archevêché qui soupçonnait cet homme de jansénisme.

Louis XVI, dota l’école de Valentin HAUY pour les aveugles.

Louis XVI, donna l’ordre à ses commandants de vaisseaux de ne point inquiéter les pêcheurs Anglais et obtint la réciproque pour les pêcheurs Français.

Louis XVI, donna le droit aux femmes mariées et aux mineurs de toucher eux même leur pensions sans demander l’autorisation de leur mari ou tuteur.

Louis XVI, ordonna aux hôpitaux militaires de traiter les blessés ennemis « comme les propres sujets du Roi » 90 ans avant la 1ere convention de Genève !

Louis XVI, décida d’abolir le servage et la main morte dans le domaine royal et le droit de suite qui permettait aux seigneurs de faire poursuivre les serfs ou mainmortables qui quittaient leur domaine.

Louis XVI, ordonna l’abolition de la question préparatoire et préalable (torture)

Louis XVI, accorda le premier, le droit de vote aux femmes dans le cadre de l’élection des députés à l’assemblée des états généraux.

Louis XVI, décida de faire construire à ses frais, des infirmeries « claires et aérées » dans les prisons.

Louis XVI, s’inquiéta du sort qui était réservé aux prisonniers détenus en préventive de par leur inculpation, avant le procès. Par ailleurs, il décida de leur accorder une indemnité ainsi qu’un droit d’annonce dans le cas où leur innocence serait reconnue lors de leur procès (sujet d’une étonnante actualité) !

Louis XVI, supprima de très nombreuses charges de la maison de Roi (plus du tiers).

Louis XVI, permit aux femmes d’accéder à toutes les maîtrises.

Louis XVI, finança tous les aménagements, de l’hôtel-Dieu pour que chaque malades ait son propre lit individuel.

Louis XVI, employa le 1er, l’expression « Justice sociale ».

Louis XVI, fonda un hôpital pour les enfants atteints de maladies contagieuses, aujourd’hui nommé : « Hôpital des enfants malades »

Louis XVI, créa le Musé des Sciences et Techniques, futur Centre National des Arts et Métiers.

Louis XVI, fonda l’école des mines.

Louis XVI, finança sur ses propres fonds, les expériences d’aérostation des frères Montgolfier.

Louis XVI, finança également les expériences de Jouffroy pour l’adaptation de la machine à vapeur à la navigation.

Louis XVI, exempta les Juifs du péage corporel et autres droits humiliants.

Louis XVI, accorda sept millions aux victimes du froid excessif en 1784.

Louis XVI, accorda des pensions de retraites, à tous ceux qui exerçaient une profession maritime.

Louis XVI, demanda l’établissement annuel de la balance du commerce.

Louis XVI, créa le droit de propriété des auteurs et compositeurs de musique.

Louis XVI, accorda l’état-civil aux non-catholiques.

Louis XVI, créa l’Ecole de musique et de danse de l’Opéra de Paris et le musée du Louvre.

Louis XVI, lança une des plus grandes expéditions de découverte de son époque et choisit Jean-François de la Perouse  pour diriger une expédition autour du monde visant à compléter les découvertes de James Cook dans l’Océan Pacifique.

Louis XVI, aida l’Amérique à proclamer son indépendance le 4 juillet 1776.

 

Source : « Louis XVI a la parole » de Paul et Pierrette GIRAULT de COURSAC, éd de l’OEIL

=> Le bon Roi Louis XVI

 

SAINT DENIS

 Rendez-vous à la basilique Saint-Denis pour l’exposition « Les Romanov à Saint-Pétersbourg, d’une nécropole à l’autre » jusqu’au 31 mars 2018

Saviez-vous que la basilique cathédrale de Saint-Denis et la cathédrale Saints Pierre-et-Paul, mausolée grand-ducal de Saint-Pétersbourg, sont deux monuments jumelés ?

C’est dans ce cadre que vous pourrez découvrir l’exposition « Les Romanov à Saint-Pétersbourg, d’une nécropole à l’autre », présentée dans les six chapelles de la crypte de la basilique cathédrale de Saint-Denis.
Grâce à de nombreuses illustrations commentées ainsi que plusieurs objets provenant de la Forteresse, les visiteurs seront invités à découvrir ce monument et les plus emblématiques tsars de la famille Romanov : Pierre Ier dit le Grand (1672-1725), Catherine II dite la Grande Catherine (1729-1796), Alexandre Ier (1777-1825) et Nicolas II (1868-1918).

   Les œuvres à découvrir

Vous pourrez découvrir des trésors tels que le masque moulé sur le visage de Pierre le Grand, une empreinte de sa main, ou encore une clef symbolique de la porte de Saint Pierre des anciens remparts de Saint-Pétersbourg.

Des images des funérailles royales des Romanov, faisant souvent écho à celles des souverains capétiens, seront également présentées, telles que celles de Pierre Ier ou celles de Pierre III.

Une présentation numérique permettra au public français de se familiariser avec la cathédrale Saints Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg, grande nécropole ayant accueilli les dépouilles des Romanov depuis la mort du tsar Pierre Ier dit le Grand en 1725

 LE MEMORIAL de France à SAINT-DENYS, nous informe d’une visite spéciale de cette exposition le

Samedi 24 mars à 15h00

dans la crypte de la basilique , commentée par le Commissaire de l’Exposition, Monsieur André FILLER, professeur d’université.

 A l’issue, Madame Odile BORDAZ, ancienne administrateur de la basilique, vous fera partager son érudition sur le premier monument gothique d’Europe, puis vous aurez l’opportunité de vous réchauffer dans un café proche.

Ci-dessous le formulaire de réservation, pour tous nos amis parisiens et ceux qui pourrons se déplacer ce jour-là.

https://www.saint-denis-basilique.fr/Actualites/Les-Romanov-a-Saint-Petersbourg-d-une-necropole-a-l-autre

 

POUR MEMOIRE ci-après la liste des

Rois et reines de France inhumés à Saint-Denis

Plan des tombeaux

Avec pas moins de 42 rois, 32 reines, 63 princes et princesses et 10 grands serviteurs du royaume qui furent inhumés dans la basilique Saint-Denis jusqu’au XIXe siècle, cette nécropole des rois fait partie des ensembles funéraires les plus importants au monde. Ce statut n’a pas toujours été. En effet, l’Abbaye de Saint-Denis a du s’imposer face à la concurrence, notamment de Saint-Germain-des-Prés, et l’a obtenu grâce à l’obstination de l’Abbé Suger et l’avènement de la dynasties des Capétiens.

70 gisants et tombeaux sculptés se trouvent dans la cathédrale de Saint-Denis, pour la plupart à leur emplacement d’origine. Les restes des rois étaient placés sous les gisants, avant que les révolutionnaires ne les profanent en 1793.

La découverte de la nécropole royale de Saint-Denis constitue un véritable voyage dans l’Histoire de France et un témoignage sans pareil de l’évolution de l’art funéraire du XIIe au XVIe siècle.

Plan au sol de la Basilique Saint-Denis

Gras : souverains (avec date de leur règne)
– tombeau à Saint-Denis avant la Révolution
+ tombeau entré à Saint-Denis après la Révolution

Mérovingiens

+ 1 Clovis Ier 481-511
+ 2 Childebert Ier 511-558
+ 3 Frédégonde † 597
– 4 Dagobert Ier 629-639
– 5 Clovis II 639-657

Carolingiens

– 6 Charles Martel † 741
– 7 – 8 Pépin le Bref 751-768 et Berthe † 783
– 9 Carloman 768-771
– 10 Ermentrude 823-869
– 11 Louis III 879-882
– 12 Carloman 882-884

Capétiens

– 13 Robert II le Pieux 996-1031
– 14 Constance d’Arles † 1032
– 15 Henri Ier 1031-1060
– 16 Louis VI le Gros 1108-1137
– 17 Philippe † 1131
– 18 Constance de Castille † 1160
+ 19 Philippe † 1235
+ 20 Louis † 1260
+ 21 + 22 Blanche † 1243 et Jean † 1248
+ 23 Louis et Philippe
+ 24 Marie de Brienne (?) † v. 1280
– 25 Philippe III le Hardi 1270-1285
– 26 Isabelle d’Aragon † 1271
+ 27 Robert II d’Artois † 1317
+ 28 + 29 Louis, comte d’Évreux † 1319 et Marguerite d’Artois † 1311
+ 30 Blanche † 1320
+ 31 Princesse non identifiée
– 32 Philippe IV le Bel 1285-1314
– 33 
Louis X le Hutin 1314-1316
– 34 Philippe V le Long 1316-1322
– 35 Charles IV le Bel 1322-1328

– 36 Jean Ier le Posthume † 1316
+ 37 Clémence de Hongrie † 1328
– 38 Jeanne d’Évreux † 1371
+ 39 Charles Ier d’Anjou, roi de Sicile † 1285
+ 40 Charles, comte de Valois † 1325
+ 41 Charles d’Évreux, comte d’Étampes † 1336
+ 42 Charles, comte d’Alençon † 1346
+ 43 Marie d’Espagne † 1379
– 44 Jeanne II, reine de Navarre † 1349
– 45 Blanche † 1393
– 46 Marguerite † 1382

Valois

– 47 – 48 Blanche de Navarre † 1398 et Jeanne † 1371
– 49 Philippe VI 1328-1350
– 50 
Jean II le Bon 1350-1364
– 51 + 52 Charles V le Sage 1364-1380 et Jeanne de Bourbon† 1377
– 53 Bertrand Du Guesclin † 1380
– 54 Louis de Sancerre † 1402
+ 55 Léon VI de Lusignan, roi d’Arménie † 1393
– 56 Charles VI 1380-1422
– 57 Isabeau de Bavière † 1435
– 58 Guillaume de Châtel † 1436
+ 59 Béatrice de Bourbon, reine de Bohême † 1383
+ 60 Princesse non identifiée
+ 61 Tombeau des Ducs d’Orléans
+ 61 Louis, duc d’Orléans † 1407
+ 61 Valentine Visconti † 1408
+ 61 Philippe d’Orléans, comte de Vertus † 1420
+ 61 Charles, duc d’Orléans, le poète † 1465
– 62 Louis XII 1498-1515 et Anne de Bretagne † 1514
+ 63 Marie de Bourbon-Vendôme † 1538

Valois-Angoulême

– 64 François Ier 1515-1547 et Claude de France † 1524
– 65 Urne funéraire de François Ier
– 66 Louis, cardinal de Bourbon † 1557
– 67 – 68 Henri II 1547-1559 et Catherine de Médicis † 1589(tombeau et monument)
+ 69 François II 1559-1560
+ 70 + 71 Henri III 1574-1589 et Louise de Lorraine † 1601

Bourbons

+ 72 Louis XVI 1774-1793 et Marie-Antoinette † 1793

Plan de la crypte de la Basilique Cathédrale

Cercueils royaux

1 Louis VII 1137-1180
2 Louis de Lorraine † 1601
3 Louis XVI 1774-1793
4 Marie-Antoinette † 1793
5 Louis XVIII 1814-1824
6 Cercueils princiers
7 Cœurs
8 Ossuaire
Crypte archéologique
10 Cénotaphes des Bourbons
11 Coeur de Louis XVII

Personnages dont les gisants ont été détruits ou n’ont jamais été réalisés

Charles le Chauve 840-877
Eudes 888-898
Hugues le Grand, duc de France, † 956
Hugues Capet 987-996
Philippe Auguste 1180-1223
Louis VIII le Lion 1223-1226
Louis IX, ou Saint Louis 1226-1270 et Marguerite de Provence † 1295
Jeanne de Bourgogne, épouse de Philippe VI, † 1348
Jeanne d’Auvergne, épouse de Jean II le Bon
Charles VII 1422-1461 et Marie d’Anjou † 1463
Charles VIII 1483-1498
Henri IV 1589-1610
Louis XIII 1610-1643
Anne d’Autriche † 1666
Louis XIV 1643-1715
Marie-Thérèse d’Autriche † 1683
Louis, le Grand Dauphin † 1711
Louis, duc de Bourgogne, dauphin † 1712
Louis XV 1715-1774
Marie Leszczynska † 1768

https://www.tourisme93.com/basilique/plan-tombeaux-basilique.html

Téléchargez le plan au format PDF des gisants de la basilique Saint-Denis.

 

Paris Vox propose à ses lecteurs une série de biographie sur les saints personnages qui ont fait la gloire de l’Eglise de Paris,  l’une des plus anciennes de Gaulle, et qui font encore aujourd’hui   le prestige de la Capitale.

Saint Denis, premier évêque de Paris.

https://www.parisvox.info/2018/02/28/vie-de-saint-denis-premier-eveque-de-paris/

Le 22 avril, l’Eglise de Paris célèbre la fête de l’Invention du corps de saint Denis, son premier évêque, et de ses compagnons immolés à la fureur du paganisme, vers la fin du troisième siècle. Les auteurs ne s’accordent ni sur l’année de leur glorieux martyre, ni sur le lieu de leur sépulture. Selon les actes de leur mort, leurs corps furent jetés dans la Seine, pour les dérober à la vénération des fidèles, puis retirés en secret par une pieuse femme, nommée Catulla, qui les fit enterrer honorablement à quelque distance de la ville et près de l’endroit où ils avaient été décapités. Pour ne point perdre de vue le lieu qui renfermait le dépôt précieux des corps des saints martyrs, Catulla le marqua par l’érection d’un monument, où fut construite plus tard sous le règne de Clovis I”, et à la sollicitation de sainte Geneviève, une église, dont la fondation remonte à l’année 469. Cette église devint célèbre par plusieurs miracles qui y furent opérés.

Le roi Dagobert, qui mourut en 638, avait une dévotion particulière à saint Denis. C’est lui qui a fait construire en son honneur la fameuse abbaye qui devint plus tard le séjour de la piété et des lettres, et où il fit transférer le corps de saint Denis. Il voulut lui-même y être enterré, et de là, l’usage d’inhumer les rois de France à Saint-Denis. Les vénérables reliques du saint évêque restèrent exposées à la piété des fidèles jusqu’aux troubles qui agitèrent pendant dix ans notre patrie ; on les cacha alors pour les dérober à la profanation ; mais en 1795, elles furent placées sous le maître-autel de l’église paroissiale de la ville de Saint-Denis. Ce n’est qu’en 1819 qu’elles furent transférées avec beaucoup de pompe dans l’ancienne église abbatiale, convertie en chapitre royal. Cette translation eut lieu en présence de S.E. le cardinal de Talleyrand-Périgord, élu archevêque de Paris, d’un nombreux clergé et d’une immense multitude de fidèles de toutes les classes accourus pour rendre leurs hommages à la mémoire du saint prélat auquel la capitale de la France était surtout redevable du don de la vraie foi.

Théodore-François-Xavier Hunkler

 

L’art de la sépulture   – GISANT – ORANT – TRANSI

Le gisant

Dans sa forme ancienne, le gisant est « à plat », sur sa dalle funéraire : on n’a pas de volumes, mais des jeux de motifs gravés ! Le défunt est représenté allongé, en prière. Ces dalles coûtent néanmoins bien moins chers que les beaux et grands gisants que seuls les grands dignitaires peuvent s’offrir… Dès le XIIIe s, on trouve des gisants représentés dans du cuivre ou du bronze. Au cours du Moyen-Age vient le gisant en pierre, « en relief », celui-là.

C’est le cas dès 1260, lorsque saint Louis fait exécuter à Saint-Denis les effigies de tous ses prédécesseurs depuis le VIIe s, « à la chaîne » : des gisants identiques, stéréotypés ! Mais avec le gisant de Philippe le Hardi, tout change : on veut des portraits plus fidèles… Alors, dès le milieu du XIVe s, les rois font faire leurs tombeaux de leur vivant : plus pratique, on est sûr d’avoir un portrait fidèle de l’intéressé, au poil de barbe près !

On peut se servir du masque mortuaire réalisé tout de suite après la mort (voir celui d’Agnès Sorel au musée Lallemant de Bourges ou celui d’Henri II au Louvre). Puis, à la Renaissance, le transi apparaît, figure macabre à souhait mais bien plus réaliste… Les tombeaux deviennent aussi plus imposants, somptueux. Il y a des codes, pour représenter un défunt. Si !

En général, le gisant :

• a les mains jointes (il prie) mais il peut aussi tenir des objets, un sceptre ou un livre comme Aliénor d’Aquitaine à Fontevraud.

• porte une couronne, un manteau et un sceptre, pour les rois ; une armure, une épée ainsi qu’un blason pour les chevaliers.

• a les yeux ouverts : il aura la vie éternelle…

• défie les lois de la pesanteur ! Les plis des vêtements, les draperies, les membres, rien ne s’affaissent mollement ! Comme si le gisant avait été sculpté pour tenir debout… Sauf évidement pour des gisants réalistes (transi), comme ceux de Louis XII et d’Anne de Bretagne, par exemple.

• a aux pieds, un lion symbole de force (pour les chevaliers), un chien symbole de fidélité (pour les femmes généralement) voire même d’autres bestioles, rappelant une devise, un trait de caractère ou un prénom : un ours (duc de Berry à Bourges) ou un agneau (Agnès Sorel à Loches) ; l’évêque ou le religieux a une crosse qu’il enfonce dans la gueule d’un dragon à leurs pieds (saint Ronan à Locronan).

Et quelquefois, ces bébêtes de pierre s’animent : le chien au lieu de rester sagement couché peut manger un os, jouer avec une balle ou chasser un lapin (tombeau des fils du comte d’Alençon) !

• a généralement des anges qui soutiennent le coussin où repose sa tête.Vous pensiez que le gisant arborait généralement le costume de son époque, la barbiche, les favoris et la coupe de cheveux à la mode ? … aah, pas toujours, en fait ! Quelquefois le sculpteur a représenté des vêtements anachroniques…

Tel est le cas de Marie-Antoinette et de Louis XVI, qui portent des costumes typiques du XVIe s… ou de ces statues qui portent la cotte de maille alors que la chevalerie a disparu depuis belle lurette !

Tombeau de Marie-Antoinette et Louis XVI : cénotaphe car  les restes des souverains se trouvent sous le caveau de la crypte et non dans la Chapelle St Louis.

Les pleurants

Certains gisants ont des pleurants, comme ceux des ducs de Bourgogne à Dijon, celui d’Aubazine, ceux de la nécropole de Saint-Denis ou encore celui du duc de Berry à Bourges. Les plus impressionnants restent ceux de Philippe Pot, au Louvre : grandeur nature, ils sont inquiétants, vous ne trouvez pas ?

Mais au fait… c’est quoi, un pleurant ? Et bien, c’est un cortège de funérailles qui représente le clergé séculier, le clergé régulier, les laïcs et qu’on trouve sous le gisant et sa dalle.

On a des arcades avec une procession de petits personnages : enfants de cœur, diacre, chantres, gens de la maison… tous drapés des mêmes manteaux de deuil qu’on donne lors des funérailles. Les pleurants accompagnent le défunt dans son voyage et sa « nouvelle vie », il faut bien que quelqu’un prie pour lui, non ?

Chaque pleurant a sa propre personnalité : c’est sans compter ces détails hallucinants de précision, ces plis des vêtements, ces mains, ces visages, certains qui essuient leurs larmes, se mouchent… Les pleurants naissent vers le XIIIe s, avec les tombeaux du frère de saint Louis, Philippe, et de son fils Louis, enterrés à l’abbaye de Royaumont puis à Saint-Denis.

Petite sélection des plus beaux gisants à travers la France

(pour voir les gisants, transis et orants, cliquez sur le nom qui vous intéresse, en dessous apparaît un lien, cliquez dessus pour valider)

 

 


Véritable nécropole des Plantagenêts, on découvre dans l’abbaye les gisants d’Isabelle d’Angoulême, de Richard Cœur de Lion, d’Aliénor d’Aquitaine et d’Henri II d’Angleterre.• Philippe Potau musée du Louvre (Paris)
Les pleurants, on ne les trouve pas que sur les tombeaux des ducs, en Bourgogne : voilà le tombeau de Philippe Pot (mort en 1493), seigneur bourguignon de la cour de Philippe le Bon.

On a donc le gisant an armure, un lion à ses pieds, posé sur une dalle que supporte 8 pleurants grandeur nature (ou presque, ils mesurent environ 1,40 m), avec leurs grands manteaux noirs et leurs capuches sur la tête, dissimulant leurs visages. Tous portent des écus qui correspondent aux 8 quartiers de noblesse de Pot. A l’origine, le tombeau, réalisé entre 1477 et 1483 du vivant du seigneur, se trouve à l’abbaye de Cîteaux…

• Gisant de Michel de Montaigne au musée d’Aquitaine de Bordeaux (33)

• Gisants dit des Enervés, abbaye de Jumièges (27)

• Gisants des ducs de Bourgogne, musée des Beaux-Arts de Dijon (21)

• Gisant de Jean duc de Berry, crypte de la cathédrale de Bourges (18)

• Gisant d’Agnès Sorel, Loches (37)

• Chapelle royale, Dreux (28)
Nécropole de la famille d’Orléans. Un vrai cours d’histoire et d’art !

• Gisants de la cathédrale de Rouen (76)
On trouve le transi de Louis de Brézé mais aussi les gisants du premier duc de Normandie Rollon, Richard Cœur de Lion, Henri dit le Jeune (son frère), Guillaume Ier de Normandie (fils de Rollon), Georges d’Amboise en orant.

• Nancy (54), gisants dont celui de Philippe de Gueldre

• Gisants de la cathédrale d’Amiens (80)
Ce sont des gisants en bronze, ceux d’Evrard de Fouilloy et Geoffroy d’Eu, évêques.

• Gisants de Brou (01)
On voit les tombeaux de Marguerite d’Autriche, son mari Philibert II de Savoie et la mère de celui-ci, Marguerite de Bourbon.

• Gisants de l’abbaye d’Hautecombe (73)
C’est le « Saint-Denis de la maison de Savoie » !

• Gisants de la cathédrale de Nantes (44)
On y voit le gisant de François II de Bretagne et de sa femme Marguerite de Foix. C’est leur fille Anne de Bretagne qui commande cet imposant tombeau Renaissance.

• Gisant d’Aubazine

  • Les cimetières ont aussi leurs gisants ! La preuve avec ce spécimen, au Père-Lachaise (75)… Le cousin germain de Napoléon III, Pierre Bonaparte, assassine, au n° 59 de la rue d’Auteuil à Paris, le journaliste Victor Noir. Nous sommes le 10 janvier 1870…Tout ça parce que le prince avait menacé publiquement un journal corse via un autre journal corse, le prenant à parti ! Le journal relève le défi : il envoie deux journalistes, dont Noir, chez Bonaparte à Paris… Et ce qui arrive… arrive. L’indignation s’empare de la capitale ! Plus de 100 000 personnes assistent aux funérailles au Père-Lachaise.  Le tombeau, réalisé grâce à une souscription publique, représente Noir en gisant en bronze pour le moins réaliste !Allongé sur le dos, en manteau, grandeur nature, il vient d’expirer, son chapeau tombé à côté de lui. La braguette du monsieur brille, patinée par de nombreuses mains venues le toucher au fil du temps… Comme saint Greluchon dans le Berry, les femmes en mal d’enfants viennent toucher le monsieur à cet endroit en faisant un vœu ! Pourquoi a-t-on attribué ce pouvoir à ce journaliste, ça, ça reste un mystère…

L’orant

On a l’orant ou priant, qui, à la différence du gisant (qui gît), prie ! On le retrouve toujours mains jointes, agenouillé, en prière. On le voit apparaître à la toute fin du XIIIe s, début du XIVe s…

Petite sélection des plus beaux orants à travers la France

  • • Orant de Louis XI à Cléry (45)
    Ce roi avait tellement peur de la mort qu’il a voulu se faire représenter agenouillé, vivant… Il a bien sûr demandé à ce que son portrait le flatte ! Contrairement à beaucoup de rois de France, inhumés à Saint-Denis, Louis a décidé de reposer ici, tout seul… pas bête, comme ça, tous les yeux sont braqués sur lui !• Orant de Philippe de Commynes au Louvre (75)
    L’orant du chroniqueur de Louis XI est l’un des premiers de la Renaissance ! Son tombeau, ainsi que celui de sa femme Hélène de Chambes et de sa fille Jeanne, se trouvaient dans une chapelle de l’église du couvent des Grands-Augustins à Paris. A la Révolution, ils atterrissent à Versailles… puis plus tard au Louvre.• Orants de Notre-Dame de Paris
    On voit dans la cathédrale les orants de Jean Juvénal des Ursins, de l’évêque de Paris Pierre de Gondi, des archevêques Louis-Antoine de Noailles, Dominique-Auguste Sibour, François-Nicolas Morlot, Léon-Adolphe Amettte.• Orants de Saint-Denis (93)

Louis XII et sa moitié, François Ier et la sienne, Louis XVI et Marie-Antoinette… on en parle dans le dossier sur la nécropole de Saint-Denis !

Le transi

Un transi, dans l’art funéraire de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, est une sculpture représentant un mort. Le terme transi, du verbe transir, signifie étymologiquement « aller, passer (du latin ire) au delà (du latin trans-) », c’est-à-dire mourir1, de la même façon que le plus moderne trépassé Contrairement au gisant représentant un personnage couché et endormi, dans une attitude béate ou souriante, le transi représente le défunt de façon réaliste, nu, voire en putréfaction.

Le transi qui git nu, à l’état de cadavre décomposé, nous rappelle la terrible vérité de la mort. On n’a plus le gisant paisiblement endormi, habillé et bien en chair, non, mais bel et bien un squelette ! On voit même quelquefois les incisions faites au moment de l’embaumement (Louis XII), des vers, les lambeaux de peau (René de Châlon)…

Argh, mais c’est terrible ! Quelquefois aussi, on représente le défunt vivant avec le transi en-dessous (le duc de Brézé à Rouen monte à cheval, Valentine Balbiani est couchée, en train de lire…), comme pour rendre le parallèle encore plus flagrant.

Petite sélection des plus beaux transis à travers la France

 

• Transi du cardinal Lagrange au musée d’Avignon (84)

• Transi de Catherine de Médicis au Louvre (75)
Œuvre Renaissance de l’Italien della Robbia, c’est le transi qui devait se trouver avec celui d’Henri II, dans le tombeau monumental de Saint-Denis. Seulement, lorsque la reine vit le transi, elle fut tellement choquée qu’elle arrêta nette son exécution ! Voilà pourquoi elle charge Germain Pilon de lui en faire un nouveau, moins décharné, qu’on voit aujourd’hui à Saint-Denis…

• Transi de Valentine Balbiani, Louvre (75)
Valentine, c’est l’épouse de René de Birague, chancelier de France sous le règne d’Henri III. On doit ce bas-relief en marbre à Germain Pilon, véritable génie de la sculpture Renaissance. Il faisait partie d’un ensemble monumental érigé dans l’église parisienne de Sainte-Catherine-du-Val-des-Ecoliers puis déménagé en 1783 dans l’église Saint-Paul de Paris.

La Révolution a détruit le tombeau, ne laissant « que » le gisant et son transi. Valentine a rendu son dernier soupir en 1572 à l’âge de 54 ans. On la voit allongée sur ses coussins, soulevée sur le coude gauche, dans ses beaux atours. Elle tient un livre de la main droite, un petit épagneul vient la voir pour jouer. En-dessous, le transi la représente non plus vivante mais bien morte…

Pilon l’a sculptée à moitié enveloppée d’un suaire, alors qu’on va l’ensevelir. Ses yeux sont fermés, ses cheveux longs se répandent sur ses épaules et sa poitrine. Alexandre Lenoir précise que deux figures en bronze portaient de petits écriteaux : « Morte n’est point qui vit au ciel » et « Qui bien aime tard oublie »…

Le petit épagneul revit ! Saviez-vous que le chien qu’on voit près du gisant a de fortes chances d’être celui à qui le neveu de René de Birague dédie ce poème, Epitaphe d’un petit chien de madame la chancelière de Birague ? « Ce petit chien aima tellement sa maîtresse Qu’après qu’elle eut quitté la terre pour les cieux, Le regret causa tant en son cœur de tristesse Qu’après trois jours laissa le vivre soucieux »…

• Duc de Brézé à la cathédrale de Rouen (76)

• Les transis de François Ier et de Louis XII à Saint-Denis (93)

https://fr.anecdotrip.com/anecdote/gisants-et-orants-de-france-par-vinaigrette

Guillaume TIREL dit TAILLEVENT

Pour faire écho à l’émission de Stéphane Bern :  Mardi 12 février 2018 sur la fabuleuse histoire de la restauration  veuillez trouver en complément cet article paru le 26.03.2016

GUILLAUME TIREL DIT TAILLEVENT

   1310 – 1395

                       Sous Philippe VI (Roi de 1328 à 1350)

                  Charles V (Roi de 1364 à 1380)

             et Charles VI ( Roi de 1380 à 1422)

1er écuyer de cuisine du Roi

Grand Maître Queux

Maître des Garnisons de cuisine du Roi

Né à Pont Audemer en Normandie en 1310

Marié à Jeanne Bonnard, qui décède en 1363, il épouse en secondes noces d’un milieu social plus élevé  Isabeau Le Chandelier qui décède en 1404.

Il entre au service de  Jeanne d’Évreux  3ème épouse du Roi Charles IV le Bel, comme enfant de cuisine

En 1346, il travaille pour Philippe   de Valois, (Philippe VI  Roi de 1328 à 1350)  comme écuyer et « queux » en 1355.

En 1359, Le Fils de Jean II le BON, Duc de Normandie et régent du royaume pendant la captivité de son père à Londres, le prend à son service, il y restera le temps de son règne devenu Roi sous le nom de Charles V de 1364 à 1380.

1362 : Le Duc de Normandie donne à Guillaume Tirel la somme de cent francs d’or pour services rendus, afin qu’il s’achète une maison à Paris pour être plus prêt du Roi.

En 1373, Guillaume Tirel devient « premier  queux » en somme chef de cuisine et même parallèlement sergent d’armes.

En 1380, il passe au service du Roi Charles VI (1380 / 1422) qui l’anoblît en 1381

En 1392, il devient « Maître des Garnisons de cuisine du Roi »

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La Pérouse

Le Puy du Fou innove pour la saison 2018 avec 2 nouvelles créations : Le Mystère de La Pérouse et le Café de la Madelon, une plongée en haute mer et une autre à la Belle époque.

Nicolas de Villiers (à gauche), président et directeur artistique du Puy du Fou, présente les dernières créations originales 2018, dont le Mystère de La Pérouse. A ses côtés, quelques acteurs et Laurent Albert, directeur du parc (©DR)

40 ans et 2,26 millions de spectateurs en 2017. Le parc du Puy du Fou en Vendée n’avait encore jamais atteint un tel niveau de fréquentation.

Avec ses deux nouvelles créations, Le Mystère de La Pérouseet Le Café de la Madelon, ce record devrait encore exploser pour la nouvelle saison 2018 qui démarre samedi 7 avril.

Aurez-vous le pied marin ?

Un nouveau spectacle qui promet de fortes sensations. (©DR)

Le 7 avril prochain, lorsque le Grand Parc ouvrira ses portes, les visiteurs auront la chance de découvrir un nouveau spectacle grandiose, Le Mystère de la Pérouse. L’histoire d’un grand marin envoyé par le roi Louis XVI pour une grande expédition scientifique en 1785 à travers le monde.

A la tête de deux frégates, la Boussole et l’Astrolabe, Jean-François de La Pérouse a pour ordre de mission d’explorer tous les océans.

Une expédition à l’issue tragique

Pourquoi avoir choisi l’histoire de La Pérouse ? D’abord parce qu’en Vendée,  dans un village voisin du Puy du Fou, au Boupère, dans le château du Fief Milon exactement, vivent les descendants du lieutenant de vaisseau Augustin de Monti, qui était le bras droit de La Pérouse, en charge du commandement de l‘Astrolabe.  « L’histoire de La Pérouse sera racontée à travers le régional de l’étape ! » annonce Nicolas de Villiers, directeur artistique du Puy du Fou. Tout le savoir-faire du Puy du Fou, celui de partir d’une histoire authentique et locale pour imaginer une prouesse artistique, historique et technique.

Car, bien évidemment, ce nouveau spectacle est « inédit », unique au monde. Avec des effets spéciaux made in Puy du Fou, puisés à partir des compétences aéronautiques ou automobiles.

Le public va plonger à travers 2650 m2 de décor jusqu’à pénétrer à l’intérieur de la Boussole pour embarquer dans une aventure folle, visuelle, olfactive et sensorielle.

Le directeur artistique détaille :

« Faire tanguer le bateau, imaginer des paysages qui défilent, tout cela amplifié par 180 pistes sonores… Nous avons cherché par tous les moyens à créer un spectacle immersif »

En clair, ça va chalouper. « Les visiteurs vont se retrouver en pleine tempête et vivre les sensations qu’ont pu connaître les marins à l’époque pendant 20 minutes », promet Nicolas de Villiers.

Cette nouvelle réalisation a exigé quatre ans de travail et un investissement de 10 millions d’euros. 9 acteurs assureront le show autour de 15 000 accessoires de marin chinés.


SOURCE :  https://actu.fr/pays-de-la-loire/

Expédition La Pérouse : le mystère est presque résolu ?

PAR GARRICK HITCHCOCK, PROFESSEUR TITULAIRE HONORAIRE, ÉCOLE DE CULTURE, HISTOIRE ET LANGUE (AUSTRALIAN NATIONAL UNIVERSITY)

Personne ne sait ce que sont devenus les marins embarqués à bord de L’Astrolabe et La Boussole, les deux navires de l’expédition menée par le comte de La Pérouse, à la fin du XVIIIe siècle. Partis de Brest en 1785, vus en Australie en 1788, les bateaux ont disparu près des îles Salomon, dans l’immense océan Pacifique.

Le destin des survivants de l’expédition menée par Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse, reste un mystère depuis la disparition de ses frégates, L’Astrolabe et La Boussole. Après avoir quitté Botany Bay en mars 1788, les bateaux ont disparu, semble-t-il, dans l’immensité du Pacifique.

L’expédition partit du port de Brest en 1785. Les deux navires, transportant pas moins de 225 officiers, équipiers et scientifiques, étaient remplis de provisions et de marchandises. Les hommes avaient embarqué pour un voyage de quatre ans dans le Pacifique, sur les traces des exploits du capitaine James Cook. Le roi Louis XVI soutenait l’opération et avait même contribué à en dessiner les plans et l’itinéraire.

Escale en Australie

La Pérouse avait également pour mission d’enquêter sur la nouvelle colonie britannique en Australie. Il arriva au large de Botany Bay, en Nouvelle-Galles du Sud, en janvier 1788, juste à temps pour voir la First Fleet d’Arthur Philip mouiller l’ancre, et fut témoin des débuts de la colonisation européenne sur le continent. Pendant six semaines, les Français installèrent leurs campements sur les rives nord de la baie, devenue aujourd’hui la banlieue sud-est de Sydney, qui porte le nom de La Pérouse.

Louis XVI donnant ses instructions à La Pérouse en 1785, avant qu’il n’embarque pour sa mission fatale dans l’hémisphère sud. (Illustration : huile sur toile de Nicolas-André Monsiau, 1817, château de Versailles, domaine public)

Avant de partir en Australie, La Pérouse avait confié des lettres aux Britanniques, qu’ils devaient transmettre au ministère français de la Marine. Il y expliquait comment il prévoyait de quitter l’océan Pacifique via le détroit de Torres, la voie d’eau étroite qui sépare l’Australie et la Nouvelle-Guinée, affirmant qu’il serait de retour en France d’ici juin 1789. Mais à cette date, point de frégates : l’attente fit place à l’inquiétude. En 1791, l’Assemblée nationale commanditait une expédition à la recherche du navigateur, sans succès.

L’anecdote raconte que le roi Louis XVI, sur le chemin de la guillotine, en 1793, demanda à ceux qui le menaient à l’échafaud : « Avons-nous des nouvelles de La Pérouse ? »

 

Naufrage près de Vanikoro

C’est un capitaine irlandais particulièrement obstiné qui a finalement résolu l’énigme, presque quatre décennies plus tard. En 1826, Peter Dillon découvrit des objets venus d’Europe à Tikopia, dans les îles Salomon. Selon les habitants, ils provenaient d’une île voisine appelée Vanikoro. Dillon eut l’intuition qu’ils venaient des navires de La Pérouse.

Il obtint finalement le commandement du navire d’enquête La Recherche et aborde à Vanikoro en 1827, où il découvre le sort terrible de L’Astrolabe et de La Boussole : les deux frégates se sont abîmées sur les récifs frangeants de l’île, lors d’une tempête. Les artefacts collectés par Dillon furent emmenés à Paris, où on les identifia comme des objets appartenant bel et bien aux navires de l’expédition La Pérouse.

À gauche : le mémorial La Pérouse sur Vanikoro, érigé par Dumont d’Urville in 1828 (Photo : CC BY-SA 4.0). À droite, l’inauguration du monument (Illustration : « Les Navigateurs français : histoire des navigations, découvertes et colonisations françaises », Léon Guérin, Belin-Leprieur et Morizot, 1846 / domaine public)

Les habitants de Vanikoro ont également raconté que les survivants de l’expédition La Pérouse avaient passé plusieurs mois à construire une petite goélette à deux mâts, en utilisant à la fois le bois des forêts denses de l’île et du bois d’épaves. Une fois l’embarcation terminée, ils se sont lancés sur les flots.

Ce qu’il est advenu de ce navire et de son équipage, si désireux de rentrer en France, reste un mystère complet. Des livres et des articles sur La Pérouse posent inlassablement les mêmes questions : le navire est-il jamais sorti de la lagune de Vanikoro, ou a-t-il été attaqué par des autochtones en pirogue ? Si le bateau est sorti de la lagune, a-t-il coulé ? Ou les survivants sont-ils morts de soif ou de faim en mer ? Ou encore, ont-ils fait naufrage ailleurs dans le Pacifique ?

Un marin breton, dernier survivant ?

Un article de 1818 contient peut-être un indice sur le sort du navire qui tenta de quitter Vanikoro. Dans son numéro de décembre 1818, le Courrier de Madras relate en effet comment, en septembre de cette année-là, les navires Claudine et Mary, qui voguaient, depuis Sydney, en direction de Calcutta, ont jeté l’ancre sur l’île de Murray dans l’archipel du détroit de Torres. C’est là qu’ils ont porté secours à un marin indien, Shaik Jumaul, qui avait survécu au naufrage du navire marchand le Morning Star quatre ans plus tôt, au large de la côte nord du Queensland.

À bord du Mary, Shaik Jumaul a été interrogé au sujet de ses expériences sur l’île. Il a raconté qu’il y avait vu des épées et des mousquets, « fabriqués différemment de ceux des Anglais », ainsi qu’une boussole et une montre en or. Quand il a demandé aux insulaires où ils avaient obtenu ces objets, un vieil homme lui a expliqué comment, trente ans plus tôt, un navire s’était échoué sur la Grande Barrière de Corail, à l’approche de Murray Island. Des hommes blancs avaient quitté le bateau sur de petites embarcations, mais dans les combats qui s’ensuivirent ils périrent tous, sauf un jeune garçon, qui fut épargné et élevé par les habitants de l’île comme l’un des leurs.

De fait, la liste d’équipage de l’expédition mentionne un marin, François Mordelle, originaire de la ville portuaire de Tréguier, en Bretagne. S’agissait-il du dernier survivant de l’expédition La Pérouse ? L’article mettant en vedette la description du naufragé fut repris par de nombreux journaux en Australie, en Grande-Bretagne, en France et ailleurs, et les observateurs firent le lien avec l’expédition La Pérouse. Puis on oublia l’histoire de Shaik Jamaul.

La chronologie semble coïncider, car c’est bien trente ans plus tôt, fin 1788 ou début de 1789, que les survivants de l’expédition ont quitté Vanikoro dans leur petit navire. Les historiens ne rapportent pas la présence d’un autre navire européen dans la région à cette époque.

Cimetière marin

Le détroit de Torres, qui comprend la partie nord de la Grande Barrière de Corail, est doté de récifs, de rochers et de bancs de sable. Il est souvent décrit comme un « cimetière marin », car plus de 120 bateaux ont sombré dans ses eaux traîtresses. Le navire signalé par Shaik Jumaul fut le premier naufrage connu dans ce détroit et, de fait, dans la partie orientale du continent australien.

Est-ce que l’expédition s’est achevée par une tragédie dans le nord de l’Australie ? Avec les découvertes à venir sur le site de l’épave (sur la Grande Barrière de Corail ou dans les îles), nous en aurons peut-être la confirmation.

Il y a cependant un mystère associé à l’expédition La Pérouse que nous ne résoudrons probablement jamais. Les insulaires ont en effet montré à Shaik Jamaul les vêtements du jeune marin, pleurant en se remémorant comment, un soir, il quitta l’île en pirogue avec deux jeunes filles. Ses amis de l’île sont partis à leur recherche, mais ne les ont jamais revus.

Cherchait-il à revenir en France ? A-t-il subi un accident en mer ? Ou a-t-il connu un troisième naufrage, fatal celui-là ? Ce fut le dernier homme de l’équipage, un survivant, un naufragé. Bien que son identité et son destin restent mystérieux, sa mémoire subsiste.

Retrouvez le reportage de Sylvain Duchampt et Véronique Galy à Albi, ville natale de l’explorateur Jean-François de La Pérouse :

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/tarn/albi/albi-nouvelle-piste-traces-perouse-1336873.html

sources  :  https://theconversation.com/expedition-la-perouse-quest-il-arrive-aux-survivants-83319

https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/7781/reader/reader.html#!preferred/1/package/7781/pub/10728/page/15

Montre de Charles X

Mise en vente d’une montre de poche historique : celle de Charles X, dernier roi de France

 

La maison de ventes aux enchères Leclere MDV et son expert horloger Pierre-Jean Chabalier, vont proposer lors d’une vente qui se tiendra le 18 décembre prochain à Drouot (Paris), la montre de poche en or de Charles X, qui fut « tout simplement », le dernier roi de France et de Navarre (1757-1836). Un garde-temps historique !

Né à Versailles en 1757, Charles-Philippe de France fut fait comte d’Artois à sa naissance par son grand-père, le roi Louis XV (1705-1774). Ses frères aînés seront les futurs rois Louis XVI (1754-1793) et Louis XVIII (1755-1824). La chute de la Monarchie et la Révolution française le portèrent en exil tout d’abord en Allemagne, puis ensuite en Angleterre où il initia un premier mouvement contre-révolutionnaire.

A la chute de Napoléon en 1815, la famille royale française revint sur le trône. Louis XVIII puis Charles X se succédèrent avant que ce dernier n’abdique en faveur de son petit-fils le duc de Bordeaux, sans succès. Charles X passera la fin de sa vie en exil au château de Lulworth en Angleterre, au palais Holyrood en Ecosse, au château de Prague avant de s’éteindre à Görz qui se trouvait alors en Autriche.

Son petit-fils, Henri d’Artois duc de Bordeaux et comte de Chambord, aussi appelé Henri V, passa lui aussi sa vie en exil… En Ecosse et à Venise avant de décéder au château de Frohsdorf en Autriche. Il fut, rappelons-le, le dernier représentant de la famille royale française.

 

Cette montre qui est proposée à la vente le 18 décembre prochain à Drouot fut achetée à Londres par Charles X lors de son premier exil entre 1799 et 18143. Celle-ci sera ensuite léguée à son petit-fils et héritier Henri d’Artois duc de Bordeaux, comte de Chambord dans la collection duquel le royal garde-temps est mentionné en date du 14 juin 1883.

Pour mémoire et pour preuve de la « descendance directe » de ce garde-temps, un article publié à l’époque dans L’Impartial des Alpes par deux journalistes de l’Evénement et Le Clairon rapporte : (…) au premier étage, les appartements des secrétaires et de la dame d’honneur. Partout même austérité. Un papier simple à fleurs de lys d’or couvre les murs, mais partout les objets d’art -ou mieux, les objets historiques– pullulent. On se heurte à chaque pas à des souvenirs précieux. Ils ne sont plus étalés dans la galerie publique d’un musée, mais dans les vitrines intimes, sur les murs privés d’un chef de famille. Voici le masque moulé de Henri IV et son panache noir, (…) et la montre de Charles X, et les armes de Louis XV, … ».

Il s’agit là de l’unique montre connue ayant appartenu à un roi de France et encore à ce jour détenue dans la descendance directe de la famille royale. Elle fut conçue par les horlogers anglais James et William Reid de Ball Alley.

Cet atelier d’horlogerie britannique spécialisé dans les chronomètres de marine, exerça entre 1789 et 1829 sur la très prestigieuse Lombard street, au cœur de Londres. Plusieurs de leurs clients furent des officiers de la Royal Navy. Ce garde-temps historique (et le mot est faible) est présenté dans d’excellentes conditions esthétique et de fonctionnement. A noter la présence d’un certificat de contrôle (2012) de Philippe Prutner, maître-horloger, sociétaire des Grands Ateliers de France et membre du CNES des Métiers d’Art.

Deux chronomètres de poche signés à l’identique « James Reid » et provenant de la collection C. A. Ilbert (1888-1956) se trouvent aujourd’hui au British Museum.


Belle et historique montre de poche chronomètre en or à échappement à détente-ressort ; balancier compensé et spiral cylindrique isochrone (modèle de calibre déposé par Thomas Earnshaw en 1784 à Londres).
Mouvement à platine dorée signé « Reid Ball Alley, Lombard Street »
Cadran émaillé blanc indiquant les heures en chiffres romains, aiguilles « Poires » en or.
Fond de boîtier gravé au chiffre de S. M. Charles X sous couronne royale de France. Londres, circa 1800
Diamètre : 54mm – Epaisseur : 22mm.

La montre est livrée dans un coffret aux armes de France et accompagnée d’une lettre du Prince, actuel propriétaire, héritier et descendant du roi Charles X.

https://www.montres-de-luxe.com/Mise-en-vente-d-une-montre-de-poche-historique-celle-de-Charles-X-dernier-roi-de-France_a13341.html