« Reconstruire Notre-Dame à l’identique s’inscrit dans un processus de résilience nationale »

Laurent Ottavi – published on 13/11/21

Véritable historien des cathédrales, Mathieu Lours revient dans « Notre-Dame des siècles, une passion française » (Cerf), sur le lien unique entre Notre-Dame de Paris et l’histoire de la France. Il répond aux questions de Aleteia.

Dans le magnifique album Notre-Dame des siècles, une passion française(Cerf), Mathieu Lours, historien de l’architecture religieuse et professeur à l’université de Cergy-Pontoise, montre combien Notre-Dame de Paris se situe au cœur de l’idée nationale. La cathédrale est pour lui bien plus qu’un simple lieu de mémoire puisque son histoire continue aujourd’hui à s’écrire, toujours confondue avec celle de la France. 

Aleteia : vous écrivez au début de votre livre que Notre-Dame de Paris est « à la fois un traité de théologie catholique, un roman fantastique et un livre d’histoire », le dernier point étant l’objet du livre. Qu’entendez-vous par « livre d’histoire » dans ce contexte ?
Mathieu Lours : Notre-Dame est un édifice achevé au début du XIVe siècle. Elle a alors été léguée en héritage au clergé qui l’habite et au roi qui l’utilise politiquement. Elle existe ensuite pendant huit siècles sous sa forme actuelle. L’architecture et le décor sont en quelque sorte l’écume de tout un océan lié aux évolutions politiques, sociales, économiques du royaume de France. Si l’on considère uniquement la cathédrale du point de vue stylistique, nous perdons de vue tout le terreau sur lequel a germé cette architecture gothique. Nous comprenons mal, surtout, la passion déclenchée par l’incendie, en 2019. 

Pourquoi avoir choisi un parcours chronologique ?J’ai longtemps hésité entre chronologie et parcours thématique. La seconde option aurait demandé une parfaite maîtrise de la chronologie de la part du lecteur. J’ai donc choisi la première option mais sans m’y restreindre. Je vois l’Histoire comme la rencontre d’une horizontalité (comprendre une époque dans tout ce qu’elle a de cohérent) et d’une verticalité (comment se fait le passage d’une période à une autre : transitions, ruptures, continuités). J’ai, par conséquent, préféré suivre le déroulement de la chronologie verticale et m’arrêter à certains moments clés où je rétablissais l’horizontalité. Ce choix permettait d’articuler au mieux l’analyse et le récit, car l’histoire est aussi un récit. Le lecteur aime d’ailleurs être emmené dans un récit qui a un début, une suite et, heureusement pour Notre-Dame, pas de fin pour le moment. 

En quoi Notre-Dame fut-elle au cœur de la naissance de l’idée nationale ?
Cela s’explique par le fait qu’elle est fondée pour assurer la continuité spirituelle entre l’Empire romain et le Moyen Âge. Elle est construite pour être le siège de l’évêque, soit le fonctionnaire de la religion romaine devenue officielle en 383. Notre-Dame devient par la suite un des lieux de légitimation des rois mérovingiens : Childebert va notamment réaliser de profonds travaux de transformation dans la basilique de l’antiquité tardive ; il se comporte ainsi comme un empereur en montrant que, dans son royaume des Francs, il est toujours le protecteur de la foi et celui qui assure l’évergétisme, les donations aux grands édifices publics par exemple.

NOTRE DAME DE PARIS
Enluminure de Jean Fouquet représentant Notre-Dame de Paris au fond, XVe siècle

Artokoloro / Quint Lox / ARTOKOLORO QUINT LOX / Aurimages via AFP

Quels liens entre le trône et la nation incarne Notre-Dame ?
Le lieu légitimant pour le pouvoir royal est l’abbatiale de Saint-Denis : s’y trouvent les tombes des rois et les insignes de la royauté conservés en dehors du moment du sacre. L’autre lieu majeur pour la royauté est Reims, lieu du sacre. Notre-Dame, elle, incarne l’exercice du pouvoir. À partir du moment où le roi siège dans l’île de la cité de manière fixe, soit à partir de Philippe Auguste même si l’on pourrait remonter encore à l’an 1000 avec les Robertiens, les rois se rendent à Notre-Dame pour les grandes fêtes de l’année et les mariages princiers y ont lieu. Lorsqu’on part en croisade, l’oriflamme est prise à Saint-Denis mais le départ se fait de Paris. Surtout, après le sacre, c’est à Notre-Dame que le roi de France vient prêter serment de défendre les libertés des Églises gallicanes face aux prétentions du Pape. En échange, l’Église gallicane défend l’indépendance du roi face au Pape et à l’empereur. Ce pacte politique a lieu à Notre-Dame. 

Comment la cathédrale traverse-t-elle ensuite la Révolution ?
De façon paradoxale. Elle est à la fois profanée et heureusement sauvegardée. Pourquoi le culte de la Liberté, de la Raison ou de l’Être suprême, les trois formes qu’a pris le culte révolutionnaire, a eu besoin de Notre-Dame ? Parce qu’elle est devenue en 1790 la propriété de la nation comme tous les autres biens du clergé. Si la nation change de religion, c’est dans son temple qu’elle doit continuer à s’écrire. Les révolutionnaires, et notamment la Commune insurrectionnelle de Paris, cherchent d’ailleurs à récupérer Notre-Dame en tant que symbole de l’identité nationale. Le culte y est rétabli finalement en 1795 grâce à des pétitions de citoyens catholiques. 

Le Sacre de Napoléon et Joséphine à Notre-Dame de Paris par le peintre David.

Le Premier Empire est-il le prolongement de la Révolution de ce point de vue ?
L’Empire est la suite de cette logique révolutionnaire : Notre-Dame devient le principal temple de la nation.Napoléon souhaite se faire enterrer à Saint-Denis mais il ne veut pas de Reims qui fait partie de l’Ancien Régime et fait, surtout, partie d’une mystique (les rois thaumaturges, la sainte Ampoule) que Napoléon ne veut surtout pas prolonger. Il veut apparaître comme un souverain des Lumières, fondé sur la raison et le respect de la loi républicaine. Son couronnement est d’ailleurs un double sacre : après avoir couronné Joséphine et s’être couronné soi-même, il s’est rendu dans la nef sur une gigantesque tribune pour prêter le serment civique. Le Pape, entre temps, est parti car trop de choses dans le code civil sont contraires au catholicisme, comme le divorce. 

Depuis dix-sept siècles, à part trois années pendant la Révolution, l’édifice de Notre-Dame, même s’il a changé de forme, n’a pas changé de fonction et est toujours affecté au culte catholique.

Comment se réarticule, après la Révolution et l’Empire, le lien de Notre-Dame avec la nation ?Il se pérennise car Notre-Dame demeure une propriété nationale jusqu’à aujourd’hui, ce qui a été confirmé en 1905. Pour une autre raison également : il y a l’idée que pour habiter la légitimité nationale, il faut rencontrer l’histoire de France où l’héritage chrétien est très présent. Depuis dix-sept siècles, à part trois années pendant la Révolution, l’édifice de Notre-Dame, même s’il a changé de forme, n’a pas changé de fonction et est toujours affecté au culte catholique. Notre-Dame permet aux dirigeants de s’inscrire dans une civilisation et donne un sens à l’Histoire.

En quoi Notre-Dame a-t-elle aussi été, pendant tous ces siècles, le théâtre d’une certaine séparation du politique et du religieux ?
Elle est un lieu où le politique essaie d’utiliser le religieux. C’est vrai depuis Philippe le Bel qui organise les premiers états généraux à Notre-Dame en 1302. Elle est aussi un lieu de divorces, sous la Révolution mais aussi à partir du moment où la République est dominée par l’anticléricalisme (1881) jusqu’au rétablissement des relations diplomatiques avec le Saint-Siège en 1921. Pendant ces quarante années, les chefs d’État et de gouvernements ne se rendent pas aux grandes cérémonies à Notre-Dame, même après le ralliement des catholiques à la République. Clémenceau n’a, par exemple, jamais mis les pieds dans les cérémonies organisées à Notre-Dame pour la célébration de la victoire de 1918 ! L’apaisement des relations entre le Saint-Siège et la France et, surtout, la Première Guerre mondiale avec la mise en avant de figures nationales qui font consensus comme Jeanne d’Arc, ont permis d’entrer par la suite dans une période moins tendue entre catholicisme et politique. 

notre dame de paris
Les portails de Notre-Dame de Paris protégés pendant la Première Guerre mondiale.

Musée Carnavalet – Public Domain Dedication (CC0 1.0)

Pourquoi écrivez-vous que Notre-Dame est plus qu’un lieu de mémoire ? La mémoire est associée au passé. Or, le présent et le futur s’écrivent encore à Notre-Dame qui est aujourd’hui un lieu à la fois culturel et cultuel. Elle est en ce sens comme toutes les églises à leurs échelles, non pas un lieu fossile mais actif. 

Cela explique-t-il la portée symbolique de l’incendie de 2019 ?
Oui. Chacun a vu, alors, brûler ce qu’il a voulu voir : un monument, une cathédrale, la réminiscence d’un dessin animé, d’une lecture, de son enfance. Cet incendie renvoyait aussi à tous les drames nationaux. La reconstruction de Notre-Dame s’inscrit, d’autre part, dans un processus bien particulier : il s’agissait, au début, de reconstruire en plus moderne la cathédrale ; c’est devenu un chantier qui accompagne la sortie d’une pandémie avec une crise civique (privation de certaines libertés) et une crise économique. Reconstruire Notre-Dame à l’identique s’inscrit donc aujourd’hui dans un processus de résilience nationale.

NOTRE DAME DES SIECLES

Notre-Dame des siècles, une passion française, par Mathieu Lours, Cerf, novembre 2021.

https:// fr.aleteia.org/2021/11/13/reconstruire-notre-dame-a-lidentique-sinscrit-dans-un-processus-de-resilience-nationale/

Retour au Château de Versailles

Neuilly : le portrait inédit de Marie-Antoinette retourne au château de Versailles pour plus de 135 000 euros Lors d’une vente aux enchères publiques organisée ce jeudi à la maison Aguttes, l’État a fait valoir son droit de préemption sur l’œuvre pour plus de 135 000 euros. Le portrait, retrouvé par hasard en Essonne, rejoindra sa première ébauche, déjà exposée à Versailles, dans les Yvelines.

Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), ce jeudi. Le château de Versailles a préempté un portrait de Marie-Antoinette, inédit et disparu depuis plus d'un siècle, lors d'une vente aux enchères à la maison Aguttes. Une acquisition pour la somme de 135 000 euros. LP/Auguste Canier
Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), ce jeudi. Le château de Versailles a préempté un portrait de Marie-Antoinette, inédit et disparu depuis plus d’un siècle, lors d’une vente aux enchères à la maison Aguttes. Une acquisition pour la somme de 135 000 euros. LP/Auguste Canier

Mis en vente à 20 000 euros, le portrait inédit de Marie-Antoinette, commandé au peintre Joseph-Siffred Duplessis en 1771, a finalement trouvé preneur pour plus de 135 000 euros (175 500 si l’on y ajoute les frais), ce jeudi, lors d’une vente aux enchères présentée à la maison Aguttes de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). L’achat de l’œuvre par le château de Versailles (Yvelines) était espéré, c’est chose faite, après que l’État s’est substitué au dernier enchérisseur pour remporter la mise sur ce tableau .

hhtps:// www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/neuilly-le-portrait-inedit-de-marie-antoinette-retourne-au-chateau-de-versailles-pour-plus-de-135-000-euros-25-11-2021-C3LMDQBFNNGITBRH7FFPHG5GOU.php

LA SOIERIE LYONNAISE

Maison des canuts: la prestigieuse histoire de la soierie lyonnaise

La soierie a fait les beaux jours de Lyon, depuis la Renaissance jusqu’à l’arrivée des tissus synthétiques. Cette histoire fondatrice de l’identité lyonnaise est évoquée à la Maison des canuts. Le point fort de ce musée : des démonstrations sur des métiers à tisser anciens. Par Jeanne Palay – 02 nov. 2021 à 13:00 – Temps de lecture : 3 min |  |  Vu 3672 fois

L’histoire commence en 1536. Quand François Ier décide de faire de Lyon la seule ville habilitée à entreposer de la soie. Ce qui lance le tissage dans la ville.

Découverte en Chine, la fabrication de fil de soie à partir du cocon de ver à soie est une activité prestigieuse. La soie est en effet une matière noble, réservée aux grands de ce monde.

Le Roi soleil aime la soie

L’industrie soyeuse se développe rapidement à Lyon. Réputée pour sa beauté, sa complexité et sa qualité.

Le règne de Louis XIV représente l’une des périodes les plus fastes. Le roi passe beaucoup de commandes, à la fois pour l’habillement et l’ameublement.

Les cours européennes se mettent au diapason. Frédéric II de Prusse fait partie des clients les plus importants. Ainsi que Catherine II de Russie. Les nobles de l’Europe entière copient également ce qu’ils voient au château de Versailles.

Lyon tisse pour l’Europe entière

La Révolution ralentit la production. Forcément : les principaux clients sont guillotinés !

Mais Napoléon relance la soierie. Il décide que toute personne travaillant pour la France à l’étranger doit s’habiller uniquement avec de la soie tissée à Lyon. La ville fournit alors l’Europe entière, et même les États-Unis !

Puis la soierie continue de se développer au XIXe siècle. Elle représente les trois-quarts de l’activité économique de Lyon à cette époque.

https://www.youtube.com/watch?v=uxetfzGT1x

La révolte des canuts

Le terme “canut” apparaît au XIXe siècle. Il viendrait de “canette”, la bobine utilisée dans la navette du tisseur.

Les canuts sont installés dans le vieux Lyon. Mais comme leur nombre augmente, ils s’installent ailleurs. Notamment sur la colline de la Croix-Rousse.

Le canut travaille à domicile en famille, il est propriétaire de son outil de travail. Il est payé en fonction de ce qu’il produit. De la complexité des motifs, du nombre de défauts…

Au début du XIXe siècle, les canuts demandent un tarif minimum. Un accord est trouvé avec les Soyeux (industriels de la soie) en 1831. Mais le roi Louis-Philippe casse la décision. Les canuts descendent alors dans la rue. Ils prennent l’Hôtel de ville, mais n’obtiennent pas gain de cause.

La deuxième révolte des canuts, en 1834, est violemment réprimée.

Haute couture et fibres techniques

L’arrivée des tissus synthétiques au XXe siècle met à mal la soierie lyonnaise. Aujourd’hui, l’activité est restreinte à la haute couture, la restauration de tissus anciens, et la création de fibres techniques.

Lyon reste néanmoins la première ville textile de France. Avec environ 30 000 employés.

Des tissus fabriqués sur place

La Maison des canuts fait revivre cette histoire qui a tissé l’identité lyonnaise. Ce musée implanté sur la Croix-Rousse présente le matériel de la soierie. Avec notamment des démonstrations de tissage sur un ancien métier à bras.

Sont aussi évoqués les origines de la soie, l’histoire de la soierie lyonnaise, le cycle du ver à soie…

https://francenewslive.com/la-prestigieuse-histoire-de-la-soie-de-lyon/461944

Une boutique permet d’acquérir de beaux objets en soie, fabriqués sur place. Qui ne sont plus réservés aux rois aujourd’hui !

Source : https://leprogres.fr/magazine-tourisme-et patrimoine

https://francenewslive.com/la-prestigieuse-histoire-de-la-soie-de-lyon/461944/

Vente aux enchères de 2 bracelets en diamants

Les sulfureux bracelets en diamants de Marie-Antoinette aux enchères

Deux bracelets en diamants de l’épouse de Louis XVI sont mis aux enchères par Christie’s. Au-delà des millions d’euros que ces bijoux devraient atteindre, leur histoire est rocambolesque.

Par Le Dauphiné Libéré – 06 nov. 2021  |

Les deux bracelets en diamant de la reine Marie-Antoinette font 18,7 cm de long chacun. Photo CHRISTIES

Elle les désirait au point de s’endetter. Les deux bracelets en diamant de Marie-Antoinette, épouse de Louis XVI, sont mis aux enchères par la maison Christie’s, à Genève, mardi prochain. Ces bijoux, comprenant 140 à 150 carats de diamants, ont une histoire qui est loin d’être simple.

Marie-Antoinette emprunte pour les acheter

Marie-Antoinette, née en 1755, est princesse autrichienne et épouse du roi Louis XVI. La reine de France, très décriée, est connue entre autres pour être dépensière. En 1776, elle achète ces bracelets à son joaillier, Charles Auguste Boehmer, pour 250 000 livres (équivalant à 4 million d’euros aujourd’hui). Un achat qui lui est même reproché par sa mère, l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, dans une lettre datée du 2 septembre 1776 : « J’ai appris que vous aviez acheté des bracelets pour 250 000 livres et que cela a déstabilisé vos finances. »

Les diamants sont conservés dans un boîtier avec la mention « Bracelet de la Reine Marie-Antoinette ». Photo CHRISTIES

En effet, la reine voulait tellement ces bracelets qu’elle a dû vendre certaines de ses pierres précieuses dans l’urgence, donc à un prix plus bas que la moyenne. En outre, elle a emprunté 29 000 livres à son mari, Louis XVI, comme le révèlent les livres de comptes de 1777, aux Archives nationales. On retrouve ces bijoux, parmi ses favoris, sur un portrait officiel de la souveraine et de ses enfants. 

Les bijoux cachés de la reine

En 1789, la Révolution explose. La famille royale quitte de force le château de Versailles le 6 octobre 1789 pour le Palais des Tuileries à Paris. Une monarchie constitutionnelle est instaurée, mais c’est un échec. En janvier 1791, Marie-Antoinette cache ses bijoux les plus précieux dans un coffre en bois, qui sera envoyé au comte de Mercy-Argenteau, ex-ambassadeur d’Autriche, à Bruxelles (alors autrichienne). Florimond de Mercy-Argenteau a quitté Paris en 1789, mais a toujours entretenu une correspondance avec la reine. Il conserve le coffre intact.

A gauche, Marie-Antoinette et ses bracelets, à droite sa fille, Marie-Thérèse de France, avec les mêmes bracelets. Peintures : « Marie-Antoinette, reine de France, et deux de ses enfants dans le parc du Trianon », Adolf Ulrik Wertmüller / « Marie-Thérèse-Charlotte de France, duchesse d’Angoulême, dite Madame Royale (1778-1851) », Baron Antoine-Jean Gros

Marie-Antoinette est décapitée le 16 octobre 1793. Quatre mois plus tard, l’empereur des Romains François II, neveu de la reine défunte, ordonne l’ouverture du coffre et l’inventaire de son contenu : un médaillon « entouré de 19 gros diamants », douze gerbes en diamant, une montre sertie de nombreux diamants… Le 6e article répertorié est « une paire de bracelets dont les deux barrettes sont composées de 3 diamants dont un gros au milieu, les deux barrettes servant de fermeture sont composées de 4 diamants chaque et 96 chatons » (les chatons, en bijouterie, sont les bases qui accueillent une pierre précieuse. On y met des « griffes » pour sertir les pierres).

Un lourd passé en héritage

Les bijoux ont ensuite été conservés à Vienne, afin de les remettre un jour à la fille de Marie-Antoinette, Marie-Thérèse Charlotte de France, seule rescapée royale de la Révolution. Elle les récupère à son arrivée en Autriche, après un échange de prisonniers, fin 1795. 

Marie-Thérèse n’a jamais eu d’enfants. Elle a légué ses bijoux à son neveu et à ses deux nièces : le comte de Chambord, la comtesse de Chambord et la duchesse de Parme. Cette dernière a hérité des bracelets, qu’elle a transmis à son fils, Robert, duc de Parme. Ils sont restés la propriété de cette famille depuis.

« C’est un miracle que ces bracelets soient restés intacts, explique Jean-Marc Lunel, expert en bijoux chez Christie’s. Ils auraient pu connaître le même sort que beaucoup d’autres bijoux royaux, décomposés pour être revendus ou transformés. » Les bracelets sont estimés entre 1,9 et 3,8 millions d’euros. Mais le jeu des enchères et l’intérêt des collectionneurs pour ce qui appartenait à Marie-Antoinette pourraient faire envoler le prix.

Les deux bracelets en diamants ayant appartenu à la reine de France, Marie-Antoinette, ont été vendus au bout de 5 minutes aux enchères en Suisse pour plus de 8 millions de dollars, soit 7 millions d’euros,

Le Tapis commandé par Louis XVIII pour la cathédrale est sauvé des flammes et des eaux

L’immense tapis de Notre-Dame de Paris sauvé des eaux

AFPVendredi, 13 septembre 2019 06:26

Paris | Quand l’immense tapis richement tissé au début du XIXe siècle pour Notre-Dame de Paris a été évacué quelques jours après l’incendie qui a ravagé la cathédrale, les experts craignaient un rapide pourrissement par l’eau. Mais de délicates opérations ont permis de le sauver, avant une restauration qui devra lui rendre tout son lustre. 

«Notre peur était qu’il pourrisse. Après l’incendie, c’était de tous côtés une course contre la montre et il y avait bien d’autres priorités. Six jours après l’incendie, soit un délai incompressible, nos équipes ont reçu l’autorisation et l’ont emmené dans nos réserves au sud de Paris», a raconté à l’AFP Hervé Lemoine, directeur du Mobilier National qui gère les meubles et objets précieux des bâtiments officiels.  AFP

Au moment de l’incendie de Notre-Dame, le 15 avril, le précieux tapis était confiné en deux parties de part et d’autre du choeur dans des caisses qui l’ont protégé du plomb fondu et des bois enflammés. 

«Quand on l’a déroulé, notre soulagement a été grand: on pouvait le sauver, il n’avait pas commencé à pourrir» sous les tonnes d’eau projetées par les pompiers, raconte le directeur. AFP

Lors des Journées européennes du patrimoine, de vendredi à dimanche prochains, une estrade surélevée permettra aux visiteurs d’en avoir une vue d’ensemble, dans la grande salle des réserves du Mobilier National. 

La restauration de ce tapis de laine de 25 sur 7,35 mètres prendra plusieurs mois et va commencer après les Journées. Sur ce tapis tissé à la manufacture de la Savonnerie entre 1825 et 1833 d’après un carton de Jacques-Louis de la Hamayde, des cornes d’abondance, des couronnes de fleurs aux couleurs vives s’entremêlent à une croix, une mitre ou encore une crosse. Des symboles royaux, dont on distingue encore les traces noires, avaient été retirés sous la Monarchie de Juillet (1830-1848) qui marque la fin de la royauté en France.  AFP

Ici et là des auréoles d’humidité, des déchirures dans la trame, des tâches, des trous provoqués par les mites.  

«On fait don de cette restauration au diocèse, il était important de montrer que, dans l’effort national, une institution comme la nôtre se mobilisait pour le sauver», explique M. Lemoine. 

Bouillon de culture

L’opération a été complexe: trempé, le tapis pesait près de trois tonnes alors qu’il n’en pèse qu’une sec. L’eau sale avait drainé avec elle poussières, matières grasses, cendres de bois brûlé. 

«Enroulé, il serait un bouillon de culture, il pouvait pourrir. Une fois déroulé, il a fallu le sécher dans une gigantesque soufflerie, puis le congeler pour éviter la prolifération des moisissures. Le replier a été compliqué, il fallait le faire entrer dans un grand conteneur réfrigéré, dont la température a été abaissée progressivement à – 35 degrés. Cette opération-là a duré 24 heures. Après, on l’a emmené ici», raconte le directeur du Mobilier National.  

Le roi Louis XVIII (1815-1824) l’avait commandé, Charles X mis en production en 1825. Terminé sous Louis-Philippe en 1838, il a été présenté une première fois au Louvre. Livré en 1843 à la cathédrale, il a été déployé pour le sacre de Napoléon III, puis au baptême du prince impérial en juin 1856.  

Il sera ensuite exposé à diverses circonstances, plutôt rarement: une visite du tzar Nicolas II, une première messe retransmise à la télévision en 1948, une visite du pape Jean Paul II… 

Le tapis de Notre-Dame sera l’attraction principale pour les visiteurs pour les Journées du patrimoine.  

Prestigieux, mais mal connu, le Mobilier national et ses différentes annexes tentent de mieux se faire connaître: ici sont conservés, restaurés des meubles, tapisseries et tapis précieux, mais sont aussi réalisées de nouvelles créations. 

https://www.journaldemontreal.com/2019/09/13/limmense-tapis-de-notre-dame-de-paris-sauve-des-eaux (cliquer sur les photos pour voir les détails)

https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/un-tresor-du-patrimoine-sauve-des-flammes-de-notre-dame-le-tapis-de-quotlouis-philippequot-va-etre-restaure-1186636.html