Saccage révolutionnaire

Cet article est la pour vous rappeler le nombre de monuments historiques détruits et le nombre d’actes de vandalisme commis par les Révolutionnaires de 1789 (liste non exhaustive)

L’État lui-même légitima les actes de vandalisme par deux décrets, celui du :

14 août 1792  L’Assemblée Nationale ordonna la suppression des « signes de la féodalité » en ces termes : « Les principes sacrés de la liberté et de l’égalité ne permettent point de laisser plus longtemps sous les yeux du peuple français les monuments élevés à l’orgueil, au préjugé et à la tyrannie ».

Le 16 septembre 1792  exigea la destruction de tout monument et inscription ou emblème en bronze pour les transformer en bouches à feu.

En 1793 d’autres décrets demandèrent la destruction de tous les emblèmes de la royauté, et la profanation des tombeaux royaux dans l’Abbaye de Saint Denis. Il fallait  s’attaquer aux « cendres impures » des tyrans sous prétexte de récupérer le plomb des cercueils.

Liste de toutes les tombes profanées 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Profanation_des_tombes_de_la_basilique_Saint-Denis

L’inventaire du vandalisme révolutionnaire sera dressé par Louis Réau, dans un solide ouvrage dont on reprend ici les données essentielles (Les Monuments détruits de l’art français). A bas le roi, à bas les rois!  C’est alors le premier des mots d’ordre, qui sont des mots de désordre. Un patriote ne doit rien laisser subsister de ce qui peut évoquer la monarchie: à commencer par les restes mortels des souverains, dans leurs tombeaux de Saint-Denis, devenu Franciade.

La violation des caveaux des rois dans la basilique de Saint-Denis en octobre 1793, peinture de Hubert Robert (huile sur toile, Musée Carnavalet).

Du 6 au 8 août 1793, sont profanés et abattus cinquante et un sépulcres: tandis que la basilique perd ses vitraux et sa couverture de plomb, les corps sont jetés à la fosse commune, les gisants en bronze ou en cuivre sont fondus, y compris le tombeau de Charles VIII qui était le chef d’œuvre de GUIDO MAZZONI

Tombeau de Charles VIII

Le parement en or de Charles le Chauve disparaît. Le calice de Suger échoue à Washington. « En trois jours, on a détruit l’ouvrage de douze siècles », dira le procès-verbal de l’architecte dom Poirier. Sept ans plus tard, Chateaubriand, de retour d’exil, contemple encore un spectacle de désolation: « Saint-Denis était découvert, les fenêtres en étaient brisées, la pluie pénétrait dans ses nefs verdies, et il n’y avait plus de tombeaux ». »  

« Sont également profanés, au Val-de-Grâce et à l’église Saint-Paul, les cœurs embaumés de Louis XIII et de louis XIV. Réduits en poudre, ils servent d’ingrédient à un peintre sans préjugés.

Sur la façade de Notre-Dame, la Commune prescrit de décapiter la galerie des Rois. Avec une corde passée au cou de chacune d’elles, les vingt-huit statues datant du XIIIe siècle sont abattues et abandonnées sur le parvis, transformé en décharge publique. L’entrepreneur Palloy, qui s’est déjà distingué à la Bastille, cherche à les monnayer. Un autre entrepreneur, nommé Bertrand, se les fait adjuger dans une vente publique, pour les remployer comme matériau dans l’hôtel que Jean-Baptiste Lakanal (le frère du Conventionnel) se fait construire à la chaussée d’Antin. Royaliste fervent, Lakanal sauve les têtes des Rois : pour les soustraire aux iconoclastes, il les fait enterrer dans sa cour. Vingt et une d’entre elles seront retrouvées cent soixante-dix ans plus tard. Encore saura-t-on que la Commune s’est trompée : il s’agissait non pas des rois de France, mais des rois de Juda et d’Israël.

Les vrais rois de France, authentiquement statufiés à Paris et en province, sont du moins les victimes du grand nettoyage urbain. Louis XII, à Blois et à Gaillon, Henri IV à l’Hôtel de Ville et au pont-Neuf, Louis XIII sur la place Royale et à Richelieu, Louis XIV, place des Victoires (la statue équestre que Bouchardon a réussi à faire tenir en équilibre), mais aussi place Vendôme, et à Dijon, à Rennes, à Montpellier, à Poitiers, à Pau, à Lyon, Louis XV sur la place de la Révolution, et à Bordeaux, à Rennes, à Reims, à Valenciennes, à Nancy, sont renversés sans façon : à pied ou à cheval, en marbre ou en bronze, ils payent les fautes qu’ils ont assurément commises, et que la Révolution ne leur pardonne pas.

Par comparaison, on admirera combien les révolutionnaires du XXe s., dans la Russie de Lénine et de Staline, seront plus respectueux (et plus fiers) de leur passé impérial: Pierre le Grand continuera de caracoler au cœur de Léningrad, et le tombeau de Catherine II sera pieusement protégé des fureurs de la populace.

Sur toile, les rois de France n’ont guère plus de chance que dans le bronze. A Fontainebleau, on brûle le Louis XIII de Philippe de Champaigne; à Strasbourg, on dresse un bûcher en place publique avec les portraits de Louis XIV et de Louis XV. A Paris, on brûle les tapisseries du Garde-Meuble royal qui portent l’image du souverain. 

A défaut de rois, les démolisseurs s’en prennent aux fleurs de lys, que condamne un arrêté de la Commune du 19 juin 1790. Elle fait recruter des gratteurs professionnels, pour expurger du symbole le Louvre et les Tuileries. Partout, les verrières fleurdelisées sont abattues. A Chambord, est détruite l’immense fleur de lis qui orne la lanterne centrale.

Et puis, ne faut-il pas en finir avec les arcs triomphaux qui commémorent les victoires de la monarchie ? La Commune, en 1792, ordonne la démolition des portes Saint-Denis et Saint-Martin, sans que sa décision soit suivie d’effet.

Les gazetiers, dans un même élan, demandent que disparaisse Versailles. « Il faut de ce jour faire disparaître tous les monuments de la royauté; il faut raser le château où la louve autrichienne avait juré la perte de la France; il ne faut pas laisser pierre sur pierre à Versailles, à Trianon, à Rambouillet, à Saint-Cloud, à Fontainebleau, à Chantilly ».

 Ce morceau de bravoure est signé HEBERT dans « la grande colère du père Duchesne ». Le château de Versailles « doit être rasé sans délai », répètent les Révolutions de Paris. La république n’en trouvera pas le temps, ou n’en aura pas le courage. Il est vrai que Versailles a la chance de n’être pas de style gothique, et c’est peut-être ce qui l’immunise, tout comme Trianon, le Louvre, les Invalides, la place Vendôme ou l’Ecole militaire.

Mais d’autre châteaux, royaux ou féodaux, sont sacrifiés. A Neuilly, un entrepreneur abat le château de Madrid, qui avait abrité les amours de François Ier et de la duchesse d’Etampes. Il écrase les faïences des hautes cheminées pour en faire du ciment.

A Marly, (78) le château construit par Mansart et ses douze pavillons sont abattus, après pillage, lacération des soieries des boudoirs et arrachage des boiseries. Un entrepreneur auvergnat vend le plomb des conduites d’eau, les carrelages de faïence, les marbres incrustés dans les murs. Un artisan zélé sculpte l’empreinte d’une semelle sur le postérieur de la vénus de Médicis. Reste l’abreuvoir.

A Meudon , (92) le château Vieux du Grand Dauphin est incendié. Comme les conduites d’eau ont été arrachées pour être fondues, il est impossible de maîtriser le sinistre. Ne subsistent que des colonnes de marbre rose, qui seront apposées sur l’arc de triomphe du Carrousel.

http://www.leparisien.fr/sceaux-92330/disparu-il-y-a-deux-siecles-le-chateau-de-meudon-ressuscite-par-une-exposition-20-04-2017-6870867.php

A Sceaux, (92) le château de Colbert,  (PHOTO)  construit par Perrault, est rasé. Restent, dans le parc, quelques dépendances.

 A Rambouillet (78) le domaine est dépecé, vendu, les grilles sont arrachées. Compiègne est sauvé par l’installation du prytanée militaire, Fontainebleau par l’installation d’une École centrale, en attendant l’École spéciale militaire sous le Consulat.

Le Grand Trianon, d’abord à l’abandon, est mis en location par le Directoire.

Le Petit Trianon devient une auberge entre les mains du traiteur Langlois, avant d’échoir à Pauline Bonaparte.

Le pavillon du Jardin français de Versailles est repris par un limonadier.

La ferme de l’ancienne ménagerie est achetée par Sieyès, qui la revend à l’Etat pour 586220 francs.

Amboise (37)  dont Napoléon a fait don à Roger Ducis, son collègue du Consulat, perd son Logis de la Reine, ses bâtiments de Louis XI et sa collégiale Saint-Florentin.

 627 à 1660
Démolition des corps de logis de l’enceinte occidentale du Château (entre la Chapelle Saint-Hubert et le Logis Charles VIII).

1806 à 1810
Pierre- Roger Ducos, sénateur-consul, reçoit le Château pour les services rendus à l’Empereur Napoléon 1er. Compte tenu du mauvais état du Château, il décide de procéder à la ruine des bâtiments les plus touchés: le Logis des Sept-Vertus et les deux bâtiments le jouxtant (la conciergerie et la fabrique de boutons) ; la Collégiale Saint- Florentin (édifice du XIIème siècle), la maison canoniale, les constructions adossées à l’aile « Louis XII-François 1er » (l’aile Henri II). Dans ce démantèlement disparaissent également l’essentiel de la décoration du Château : lambris, cheminées, statuaire, peinture, ferronnerie, menuiserie, etc.

Nerac (47)  

Le patrimoine français subit ailleurs des atteintes sans recours: à Nérac, le château de Henri IV est détruit; une aile échappe au désastre.

Le château fut démantelé sous la Révolution française. Seule l’aile nord fut conservée. Il héberge aujourd’hui un Musée, présentant des collections archéologiques retraçant l’histoire du pays d’Albret de la préhistoire à la conquête romaine, ainsi que des souvenirs de la maison d’Albret et de la cour de Navarre

Chantilly (60)  est d’abord pillé, la statue du Grand Condé est déboulonnée et décapitée, le château est finalement adjugé en 1799 à deux entrepreneurs, Boulée et Damoye, pour 11 123 000 francs en assignats, puis démoli de façon à monnayer les matériaux. Subsistent le petit château et les Grandes Ecuries.

LA STATUT DU GRAND CONDE

commandée par Henri-Jules de Bourbon pour le parterre nord du parc du château de Chantilly ; décorait le péristyle du château avant la Révolution ; mutilée, puis retrouvée chez un marbrier, elle fut reprise par le prince de Condé et replacée à Chantilly ; La tête a été refaite par L.P. Deseine

Saint-Maur,(94)  qu’a construit Philibert Delorme, est vendu et abattu.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Saint-Maur#/media/File:Chateau_de_saint_maur_ok.jpg

Philibert DELORME

Anet, (28) dû encore à Philibert Delorme, est confisqué, livré à des spéculateurs qui le détruisent; reste l’aile gauche.


Réalisations de Philibert DELORME

https://fr.wikipedia.org/wiki/Philibert_Delorme

De l’Isle-Adam, aux Bourbons-Conti, (95)  ne demeure que la terrasse avec quelques balustres.

Confisqués comme biens nationaux sous la Révolution, le château et ses dépendances sont adjugés en 1798 à un Sieur Heyer, dont les héritiers les cèdent à un nommé Brousse. Ce dernier fait procéder à la démolition de l’ensemble. Celle-ci est achevée en 1813. Il ne reste plus rien du domaine des Conti.

Chaumont (41) perd l’aile qui fait face à la Loire.

Chanteloup, (49) qu’a édifié Robert de Cotte en Touraine, ne conserve que sa pagode.

Le Château de Chanteloup était un château du XVIIIe siècle situé dans la Vallée de la Loire, plus précisément dans les hauteurs de la ville d’Amboise (Indre-et-Loire), qui fut construit pour le compte de la Princesse des Ursins, puis fut considérablement embelli et agrandi par le duc de Choiseul, le grand ministre du roi Louis XV.

Détruit en 1823 par des marchands de biens, il ne reste du Domaine de Chanteloup que la Pagode de Chanteloup et son parc, monument historique édifié par Louis Denis Le Camus pour le compte du duc de Choiseul en 1775, et ouvert à la visite depuis la fin des années 90 par la famille André.

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Au château de Maismont, (80) en Picardie, des bestiaux sont parqués dans les salons.

Dans le Vaucluse, la Tour d’Aigues brûle.(84)


Le 14 septembre 1792, un groupe de « révolutionnaires » s’attaque à l’édifice : le dernier baron Jean-Baptiste-Jérôme de Bruny, est absent mais son château est pillé et le feu s’en empare : il brûle pendant cinq jours Le château, réduit à l’état de ruine, tombe dans l’abandon et sert de « carrière » aux habitants du village et des environs pendant tout le siècle suivant. C’est donc un bâtiment extrêmement délabré que le Conseil Général de Vaucluse achète en 1897. Cette acquisition permet de sauver les derniers vestiges du château.

Grignan, dans la Drôme (26)  est en partie ruiné.

Le château est démoli en quinze jours la toiture et les deux-tiers de la grande façade. Les matériaux furent vendus à l’encan pour 6 468 francs, dont furent déduits 1 462 francs pour frais de démolition4. Le mobilier du château fut vendu du 18 au 27 décembre 1793.

En proviendrait la monumentale cheminée en pierre sculptée de style Renaissance datée de 1652 présentée au stand de la maison Origines à la Biennale des Antiquaires de Paris en septembre 2016 (reprod. dans « Le Journal des Arts » no 462 ? p. 30, et dans « L’Objet d’art » no 526 p. 98).

Pendant les premières années qui suivirent la destruction du château, le vandalisme fit rage au milieu de ses ruines. En 1794, après un jugement du tribunal, le château fut restitué au Général du Muy, qui reprit possession de ruines (il l’avait quitté pour partir en mission en parfait état); il fit alors racheter la fermeture de la porte d’entrée qui avait été vendue pour 160 livres et transforma ces ruines en garenne où ses hommes élevèrent des lapins… Le château fut finalement reconstruit au début du XXe siècle à l’identique grâce aux soins de Marie Fontaine qui l’acheta le 18 décembre 1912 et qui mit toute sa fortune pour restaurer cet édifice entre 1913 et 1931, haut lieu de l’histoire régionale.

VIDEO   https://www.chateaux-ladrome.fr/fr/chateau-de-grignan

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Grignan

La Vauguyon, dans le Limousin,  

1789 à la Révolution, vendu comme bien national, La Vauguyon fut acquise par René Champigny-Clément, qui appartint à la faction Jacobine. Il vota la mort de Louis XVI et occupa une place de premier plan. Il fut maire de Chinon en 1797-1798 et en 1799-1800 ayant accepté de l’être à nouveau en Mai 1815, il fut exclu, comme régicide de l’amnistie accordée à ceux qui avaient servi l’empereur pendant les Cent-Jours. Il se vit donc obligé de quitter le France et mourut à l’étranger.

1844 la descendante de René Champigny-Clément, Angélina Lemoine en hérita. Très jeune, elle avait quitté la Touraine, à la suite d’un drame qui fit beaucoup de bruit.

1880 Gustave Droz, romancier de renom à l’époque, s’en rend acquéreur et entreprend des restaurations.

1924 Le petit fils de Gustave Droz, vendra le château à Mme Liébaut.

1937 Les héritiers de celle-ci le revend aux propriétaires actuels.

En Gironde, le château de la Bellue, (33) pillé en 1792, est vendu en 1796; il n’a plus ni serrures, ni gonds, ni vitres, ni contrevents.ans le Lot-et-Garonne, le château de Montpezat (47) est acheté « pour presque rien par un officier municipal qui croit à l’existence d’un trésor caché et qui le démolit systématiquement pour le trouver » (Marcel Marion)

Autant ou plus que les résidences, les tombes sont saccagées; celles des Condé, celles des Montmorency.

A L’ASSAUT DE L’ART CHRETIEN ]

http://christroi.over-blog.com/2015/02/des-republicains-et-des-revolutionnaires-mal-places-pour-donner-des-lecons-de-morale-culturelle-aux-djihadistes.html

Abbaye du Lys, Dammarie-lès-Lys (77), fondée par Blanche de Castille, démantelée sous la Révolution

Envers les monuments de l’art religieux, les sans-culottes sont impitoyables. On ne peut que retenir quelques échantillons de leurs hauts faits. A Paris et dans la région parisienne, rasée l’abbaye de Longchamp qu’a fondée Isabelle, sœur de Saint-Louis; on en restaurera deux tours et le pignon d’une grange.

Abattue, l’église de Royaumont, auprès de l’abbaye transformée en filature à coton. Démantelée, l’abbaye du Lys fondé par Blanche de Castille à Dammarie.

Incendiée, l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, avec son prestigieux réfectoire (40 mètres de longueur, 16 m de hauteur), et avec la bibliothèque des moines, dont quelques livres échoueront à Saint-Petersbourg.


Dépouillée de ses vitraux, la Sainte-Chapelle de Vincennes.

En 1793, lors des évènements de la Révolution française, les décors intérieurs sont détruits et les vitraux sont déposés. La Sainte-Chapelle de Vincennes conserva longtemps, dans son trésor, le baptistère de Saint Louis. Depuis Louis XIII au moins, il servait de cuve baptismale lors des baptêmes des enfants de France. Le baptistère royal fut transféré au Musée du Louvre après la Révolution en 1793.

Baptistère de Saint Louis


Rayée de la carte, à ce point qu’on en oubliera l’emplacement, l’abbaye de Notre-Dame de Montmartre;

Elle fut fermée en 1790, vendue en 1794 et démolie, sauf l’église, qui en est le seul vestige. Des carriers défoncèrent le sol pour en extraire le gypse.

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 Rayée également, l’abbaye de Longjumeau (91)

Le prieuré fut déclaré bien national à la Révolution, et ses possessions furent vendues le 3 décembre 179016. Très rapidement, l’église fut détruite. Les nombreux autres bâtiments, ainsi que les arbres séculaires du domaine, demeurèrent en l’état jusqu’au milieu du XIXe siècle. Pendant une quarantaine d’années, le prieuré appartint à une certaine madame de La Live. Celle-ci mourut à l’âge de 96 ans. Ses héritiers démolirent peu à peu les bâtiments subsistant. MM. Pinard écrivent en 1850 qu’il ne restait pratiquement plus de l’ancien prieuré que la maison claustrale et une petite chapelle entée sur un des murs de clôture de l’ancienne église, à l’extrémité duquel s’élevait encore à cette époque un faisceau de colonnettes engagées datant du XIIIe siècle. Plusieurs vestiges des XIIIe au XVe siècles avaient été sauvés des destructions en cours à cette époque : des statuettes décollées parfaitement conservées, dont les têtes mutilées avaient également été préservées; des clefs de voute ornées de fleurs de lis ou d’autres ornements; une pierre de consécration d’autel endommagée.

Il n’en subsiste plus rien aujourd’hui. Le site est occupé par une grosse maison bourgeoise, appelée château de Saint-Éloi, construite à la fin du XIXe siècle18 et par les pavillons d’un lotissement de la fin du XXe siècle.

 Dans Paris même, dix-huit églises sont condamnées. Pour 13 500 francs, un citoyen se fait adjuger les matériaux de Saint-Magloire.

Il s’en faut de peu que ne soient perpétrés de véritables attentats. Devenue propriété nationale, la Sainte-Chapelle manque d’être jetée à bas.

De Notre-Dame, qui a perdu la flèche de son transept et les statues de ses portails avec sa galerie des Rois, le comte de Saint-Simon, future gloire du socialisme aristocratique, se porte acquéreur des toits.

A Saint-Denis, les patriotes prétendent détruire la basilique, après en avoir éventré les tombeaux.

A Chartres (28), ils se borneront à décapiter et à brûler la statue miraculeuse de Notre-Dame de sous-Terre [dont l’histoire merveilleuse remonterait au temps antique des druides, et dont l’image était dédiée à la Vierge qui devait enfanter, Virgini pariturae. NDLR.]

http://www.cathedrale-chartres.fr/themes/pelerinages/16_legende_nd_sousterre.php


Toutes les provinces de France sont le théâtre de semblables agressions.

Mutilées, l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire (45)

Benoît Lebrun, architecte parisien installé à Orléans, achète le 24 fructidor An IV tous les bâtiments, 22 arpents de terre formant un clos entouré avec des viviers et tenant à l’abbaye. Il prévoit d’y installer une manufacture, mais le projet n’aboutit pas. Il achète aussi l’église à la condition d’en rebâtir une autre pour les 900 paroissiens du bourg mais l’échange contre celle de Fleury. Il démolit les bâtiments puis vend l’emplacement à un propriétaire du pays.

De l’importante bibliothèque de plusieurs milliers d’ouvrages il ne reste que 231 volumes qui sont transportés dans les bibliothèques d’Orléans

Vendues et détruites, l’abbaye de Marmoutiers (37)

Façade 1150

L’abbaye retrouve la prospérité jusqu’à la Révolution, mais ses bâtiments dédiés à la vie monastique sont détruits pendant cette période ; seule subsiste l’abbatiale dont on peut encore admirer aujourd’hui la magnifique façade.

Collégiale Saint-Thomas de Canterbury -Crépy-en-valois (60)

Elle fut édifiée sous Philippe d’Alsace en 1182. La tour de l’église a servi d’observatoire aux Anglais lors du siège de la ville en 1432. Ils l’ont ensuite rasée afin de ne pas être réutilisée par d’autres assaillants. Lors de la suppression des cultes en 1793, l’église a servi aux fêtes publiques. Il est inscrit sur le portail d’entrée : « Le peuple français reconnait l’être suprême et l’immortalité de l’âme ». Vendue comme bien national à un carrier, elle est démolie entre 1805 et 1810.

Abbaye Saint-Arnoult (60)

Elle fut fondée en 1008 pour abriter les reliques de Saint-Arnoul.

En 1790, la Révolution française impose la dissolution des ordres religieux, et le prieuré est supprimé. Le logis du prieur de 1759 devient une résidence privée, et le reste à ce jour. L’aile orientale des bâtiments monastique est utilisée comme pensionnat jusqu’en 1940, et est ainsi préservée. Tous les autres bâtiments sont abandonnés, et tombent en ruines à moins d’être démolis. Les vestiges médiévaux sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du 24 février 1943 et comprend une galerie de cloître, la salle capitulaire, le parloir, le chauffoir (XVIIème et XVIIIème siècles) et un important réseau de galeries souterraines

Photo avec  Vue depuis l’ouest en 1795, gravure de J.A.G. Boucher.

Tronquée l’Abbaye de Corbie (60)  (dont la longueur est ramenée de 117 mètres à 36), et violés ses reliquaires.  

Le sort de l’abbatiale bascula pendant la Révolution française. La Constitution civile du clergé adoptée par l’Assemblée constituante, le 12 juillet 1790, décidait, dans son article 20, que : « les abbayes et prieurés en règle ou en commende, de l’un et de l’autre sexe, […] sont, à compter du jour de la publication du présent décret, éteints et supprimés sans qu’il puisse jamais en être établi de semblables. » L’abbaye de Corbie, de ce fait, cessait d’exister et ses biens étaient déclarés bien national. Le même décret prévoyait dans son article 15 que : « Dans toutes les villes et bourgs qui ne comprendront pas plus de six mille âmes, il n’y aura qu’une seule paroisse ; les autres paroisses seront supprimées et réunies à l’église principale. » Corbie étant dans ce cas, toutes les paroisses de la ville furent supprimées et réunies en une seule à laquelle fut dévolue l’ancienne église abbatiale Saint-Pierre qui fut sauvée provisoirement de la destruction en devenant église paroissiale.

En 1793, pendant la Terreur, elle fut fermée du fait de la politique de déchristianisation. Après le Concordat de 1801, l’abbatiale continua d’être laissée à l’abandon. La chapelle de l’hôpital servit d’église paroissiale. Pendant ce temps, l’abbatiale était en butte aux déprédations et aux vols de matériaux. La municipalité elle-même vendit ses matériaux : en 1804 on signala la démolition de marches, en 1810 les murs et les voûtes s’écroulèrent. On envisagea la démolition de toute l’église et la construction d’une église neuve en 1807. L’architecte corbéen Sénéchal, mandaté par la Commune proposa de ne garder que les parties basses et le chœur. Le Ministère proposa la restauration complète de l’abbatiale selon les plans de l’architecte Jean-Baptiste Rondelet, ancien élève de Soufflot. La commune refusa en raison du coût trop élevé en 1810.

On continua à vendre les matériaux. Un autre architecte, Lefebvre, proposa avec la vente de reconstituer une partie de l’église. Il fit démolir le clocher central, le transept et la toiture du chœur. Un nouvel architecte Étienne-Hippolyte Godde proposa un nouveau projet d’église neuve, que la municipalité refusa à nouveau.

Enfin, en 1816, on arrêta un nouveau plan. On ferma la nef d’un mur de pierre et on démolit ce qui restait du transept et du chœur, donnant à l’abbatiale sa physionomie actuelle. De sa grandeur passée, ne subsistent aujourd’hui que ses deux tours massives s’élevant à 55 mètres, et ses voûtes de 25 mètres de hauteur. La longueur de l’édifice passa de 115 à 35 mètres.

 Réduites presque à néant, l’abbaye Saint-Martial de Limoges (87)  [un important foyer de l’art, de la science et de la technologie qui rayonne, au Moyen Âge, sur l’ensemble du monde médio-latin. NDLR.],


SITE INTERESSANT https://www.limousin-medieval.com/abbaye-saint-martial

Dissoute en 1791, alors qu’elle est déjà à l’abandon, elle est physiquement démantelée à partir de 1794.

Sa crypte, qui contient les tombeaux de saint Martial et de sainte Valérie, est redécouverte en 1960. Elle est ensuite ouverte au public. À la suite de sondages archéologiques réalisés à partir de 2006, en particulier sur l’emplacement de la basilique du Sauveur, des fouilles de longue durée ont été entreprises à partir de 2015, qui conduisent à la fermeture du site. Vers la fin de l’année 2017, un projet de nouvelle mise en valeur des vestiges est en cours de préparation, sans qu’il soit communiqué de date de réouverture.

la cathédrale Saint-Vincent de Mâcon (71) dédiée à Vincent de Saragosse  (dont subsiste un porche du XIIe s.) [transformée en Temple de la Raison en 1793 sous Robespierre, avant d’être démolie en 1799. NDLR.]

  1789 : Saint-Vincent devint un bien national.

  1791 : Un dernier Te Deum fut chanté dans la cathédrale, à l’occasion de l’acceptation de la Constitution par le roi.

  1792 : En vertu d’un arrêté du 16 juin 1792, le carillon, installé dans la tour octogonale sud, perd quatre de ses six cloches (la plus grosse étant « dame Barbe », d’un poids de 5 300 livres)3.

  1793 : Après avoir servi de lieu de réunion, l’édifice fut transformé en Temple de la Raison jusqu’à la chute de Robespierre.

  8 mai 1794 : Première cérémonie du culte de l’Être Suprême.

  3 décembre 1795 : Des architectes déclarèrent qu’une partie du vaisseau menaçait de s’effondrer ; la ville, qui n’avait pas les moyens d’entreprendre la restauration, fit appel au département.

  3 décembre 1795 : Devant l’ampleur des travaux à réaliser, le département proposa la destruction de l’édifice, acceptée par le ministre.

  12 février 1799 : La démolition commença ; seuls le narthex et les clochers furent épargnés.

  1855 : Le conseil municipal décida de lancer un certain nombre de restaurations: installation d’une chapelle dans le narthex ; restauration des sculptures, des colonnettes et des chapiteaux ; fermeture de l’arc béant donnant sur la nef, pose de verrières. L’édifice, rouvert au culte jusqu’à la Première Guerre mondiale, fut dénommé « Vieux Saint-Vincent » pour le différencier d’une nouvelle église Saint-Vincent, construite au début du siècle.

  1862 : L’édifice fut classé Monument Historique.

L’Eglise Saint-Thibault de Provins, (77)

est totalement ruinée. Il n’en reste que quelques vestiges : un pan de mur et quelques colonnes.

la demeure des Templiers à Montmorency, (95)

http://www.valmorency.fr/34.html   http://www.valmorency.fr/55.html

 la Sainte-Chapelle du palais des Ducs à Dijon, (21)

ODurant les premières années de la Révolution, la Sainte-Chapelle de Dijon fut livrée au saccage.

  • 8 janvier 1791, transfert de la Sainte-Hostie à l’église Saint-Michel.
  • 25 février 1792, quelques jeunes profanent des tombeaux.
  • 18 mai, les cloches qui ont été déposées sont brisées.
  • 23 mai, on retire les boiseries du chœur qui seront transférées à la cathédrale Saint-Bénigne.
  • 7 juin, destruction du sol.
  • 11 juin, les grilles et statues qui entourent le chœur sont retirées.
  • 30 juin 1792, on retire les orgues pour les installer à église Saint-Michel.

Pendant un certain temps, on y enferme des prisonniers. Les plombs des charpentes sont volés. Les vitraux brisés ou retirés.

  • 1801, l’état du bâtiment se dégrade, la mairie n’ayant rien fait pour le protéger. Il est décidé de le démolir en 1801. La mise aux enchères de la démolition rapportera autour de 38 000 francs.

La Sainte-Chapelle de Dijon et le cloître attenant fut détruite à partir de 1802 jusqu’en 1804

L’Eglise Notre-Dame-la-Grande de Valenciennes, (59)

En 1650 Valenciennes honorait la Vierge sous de multiples vocables. Mais l’édifice principal de ce culte était la collégiale Notre-Dame-la-Grande, gardienne de la châsse du Saint-Cordon et surintendante de la procession circulaire commémorant chaque année le miracle de 1008 au cours duquel la Vierge protégea la ville de la peste. Edifiée à partir du XIIe siècle, la collégiale était l’un des chefs-d’œuvre du premier art gothique du nord de la France. Elle fut détruite pendant la Révolution

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Comme tous les grands édifices du premier art gothique du nord de la France, la collégiale Notre-Dame-la-Grande comprenait quatre niveaux, des tribunes et un triforium s’insérant entre les grandes arcades et les fenêtres hautes. D’après l’image de Simon Leboucq, les grandes arcades étaient fortement brisées et elles retombaient sur des piles formées d’un faisceau de colonnettes.

https://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr

et, encore à Valenciennes, l’abbatiale Saint-Amand (59) (à l’exception de son clocher-porche),

L’abbaye de Saint-Amand, initialement abbaye d’Elnon, installée à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), fut une abbaye bénédictine en activité de 639 à 1790. Elle fut dès le IXe siècle un centre culturel important, avec une bibliothèque et un scriptorium de production de manuscrits, tels que la Seconde Bible de Charles le Chauve, et des écolâtres célèbres tels que Milon (mort en 872) et Hucbald (mort en 930).

Une des plus anciennes abbayes de France, elle fut plusieurs fois réduite en cendres, au point que les annalistes ont découpé son histoire selon les grandes périodes séparant chaque incendie .

Les bâtiments reconstruits ne devaient durer guère plus de cent cinquante ans. Déclarés biens nationaux en 1789, ils furent démantelés de 1797 à 1820, à l’exception du quartier du prieur (divisé aujourd’hui en maisons mitoyennes), des pavillons d’entrée (l’ancien hôtel de ville ou échevinage) et de la « Tour ». Cette dernière a été classée monument historique en 18484,  tandis que les pavillons d’entrée ont été classés en 1883

Église Notre-Dame de Pontoise (95)

L’église Notre-Dame est une église catholique paroissiale située à Pontoise, en France. Son importance vient essentiellement du tombeau de saint Gauthier, et d’une statue de la Vierge à l’Enfant de la seconde moitié du XIIIe siècle, réputée miraculeuse, qu’elle abrite en son sein. L’église actuelle prolonge aussi le souvenir d’une splendide et vaste basilique de style gothique rayonnant, qui par ses dimensions et la qualité de son architecture impressionnait fortement les contemporains, et qui était l’une des plus grandes églises de France. Très peu de vestiges en restent, dont la Vierge, quelques fragments de dalles funéraires, et des tapisseries qui ne se trouvent plus dans l’église

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Église Saint Maclou   Pontoise (95)

L’église Saint-Maclou n’a pas été bâtie en tant que cathédrale, mais comme église paroissiale du secteur nord de la ville de Pontoise, autour du milieu du XIIe siècle. Son premier curé se nommait Robert et vivait en 1165.

En 1772, la décoration du sanctuaire fut adaptée à la mode de l’époque, et le dallage du sol constitué de pierres tombales fut remplacé en deux étapes en 1775 et 1783. En 1783, les chapiteaux des piles au nord de la nef furent supprimés par l’entrepreneur Denis Belargent, et l’intérieur de l’édifice badigeonné par l’entrepreneur italien Borrania . Le pilier central du portail et le tympan sont détruits en 1784 sur ordre de M. de Monthiers[réf. nécessaire]. Un an après, le clocher central fut démoli sans être remplacé. Ensuite, la Révolution française apporta son lot d’actes de vandalisme, avec notamment le bûchage des statues du portail occidental. Cinq cloches et quatre statuettes d’argent sont fondues. À l’instar des autres églises principales de chacune des communes, Saint-Maclou est transformée en Temple de la Raison en 1793, puis en halle aux grains

la Collégiale de Mantes la Jolie  (78)


Le 3 juin 1791, les paroisses de Saint-Maclou et Saint-Pierre furent supprimées, et désormais seule la collégiale recevrait les fidèles, sous le nom de paroisse Notre-Dame. Le 11 brumaire an II (11 novembre 1793), l’on retira tout le mobilier précieux non indispensable au culte. Le 19 nivôse an II (8 janvier 1794), le culte catholique fut aboli et l’on installa la temple de la Raison dans la collégiale… pour peu de temps, car le 23 ventôse de la même année (13 mars), un atelier de salpêtre y fut installé, le culte passant à Saint-Maclou. La même année, la statuaire fut démantelée et vandalisée; plus tard, l’on y dépava le sol. Finalement, c’est le 30 prairial an III (18 juin 1795) que l’on décida de rendre la collégiale au culte une fois qu’elle serait débarrassée des entrepôts qui s’y trouvaient et que l’on y aurait effectué les réparation les plus urgentes en sorte qu’elle fût utilisable pour le culte.

http://mantes.histoire.free.fr/item.php?nom=Coll%C3%A9giale%20Notre-Dame

l’église de Luzarches, la Sainte-Chandelle d’Arras, qu’on abat avec des câbles,


http://shenandoahdavis.canalblog.com/archives/2014/05/02/29787092.html

https://lalumierededieu.blogspot.com/2016/04/arras-notre-dame-des-ardents.html

La cathédrale de Boulogne-sur-Mer  (62)   qui ne garde que sa crypte romane.

An 636   Cela se passa après une nuit de forte tempête, en l’an 636. Sur la plage de Boulogne, les vagues se calmaient quand apparut une barque étrangement illuminée. Elle s’échoua sur le sable humide. A son bord, personne, sauf une statue de la Vierge Marie portant l’enfant Jésus sur le bras gauche. Les croyants crièrent au miracle, les sceptiques, à l’échouage d’un navire transportant des objets pieux. Cependant, saisis de crainte et de ferveur, les villageois transportèrent cette étrange statue dans une petite chapelle qu’ils construisirent en haute ville, à l’emplacement d’un temple romain.

Suite ici :  http://www.cathedrale-boulogne.asso.fr/lhistoire/

Mais la révolution française survint et la cathédrale fut fermée et disloquée, tous les objets du culte, éparpillés et détruits dont la statue de la Vierge que les habitants épouvantés virent disparaître dans un grand bucher. C’était l’âme de leur ville que l’on brûlait ! Plus de cathédrale, plus de statue de Marie…

C’est alors qu’un jour, un homme : Mr Cazin de Caumartin, vint le trouver, portant une petit boite contre lui. « Monsieur l’Abbé, voici la main de l’authentique statue de Notre Dame de Boulogne »

L’ensemble prestigieux de Cîteaux, (21) dont on vend séparément l’abbaye, l’église et l’hôtellerie.

 Elle fut fondée en 1098 dans le duché de Bourgogne par Robert de Molesme, abbé de l’abbaye Notre-Dame de Molesme, dédiée à Marie, mère du Christ, et placée sous la protection des ducs de Bourgogne.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_de_C%C3%AEteaux#/media/File:Abbaye_de_C%C3%AEteaux_-_B%C3%A2timent_Lenoir.jpg

Tout comme la plupart des abbayes, Notre-Dame de Cîteaux est directement impactée par la révolution française de 1789. Les biens et le domaine de l’abbaye sont confisqués. Une grande partie est détruite et l’autre est vendue en 1791 pour devenir une carrière de pierre puis une usine et un établissement pénitentiaire pour enfants.

Les abbayes cisterciennes sont toutes fermées au fur et à mesure de la révolution et cela sonne le glas de l’ordre cistercien. Quelques moines continuent de résister et de croire en leurs vœux au péril de leur vie.

C’est seulement depuis 1898 que l’abbaye est à nouveau occupée par une trentaine de moines Cisterciens-Trappistes de la communauté de l’Ordre des Cisterciens de la Stricte Observance qui se plient aux règles de Saint Benoît « Prie et Travaille ». C’est pour cela que l’on trouve au sein de l’abbaye un atelier d’artisanat. C’est principalement la vente des fromages de l’abbaye de Cîteaux, vendus dans le magasin du monastère, qui permet un certain revenu aux religieux.

A Tours ,(37)  un fanatique fait sauter la basilique Saint-Martin le jour de la fête du saint [Apôtre des Gaules   dont Clovis se plaça sous le patronage avec son armée, et dont le tombeau devint après 460 le principal relai du christianisme dans la Gaule du Nord. NDLR].

Le corps de saint Martin, mort à Candes, fut transporté jusqu’à Tours et modestement inhumé le 11 novembre 397, trois jours après son décès, dans un cimetière chrétien à l’extérieur de la ville  dont Clovis se plaça sous le patronage avec son armée, et dont le tombeau devint après 460 le principal  lieu de pèlerinage chrétien au Ve siècle (saint Martin était en tout cas le saint protecteur de la Gaule). Le concile de Chalon (-sur-Saône) en 813 donne à ce pèlerinage la même importance qu’à celui de Rome

https://fr.wikipedia.org/wiki/Basilique_Saint-Martin_de_Tours

La basilique Saint-Martin de Tours est un édifice religieux situé à Tours (Indre-et-Loire), dont la crypte abrite le tombeau de Martin de Tours.

L’ancienne église collégiale Saint-Martin de Tours, qui datait essentiellement du XIe siècle, fut désaffectée, vandalisée et transformée en écurie en 1793, puis démolie à la suite de l’effondrement des voûtes en 1797, seules deux tours étant conservées. La basilique actuelle, nettement plus modeste, a été construite entre 1886 et 1902  Les vestiges de l’ancienne collégiale (la tour Charlemagne, la tour de l’Horloge et une galerie de cloître) ont été classés monuments historiques par la liste de 1840.

Tour Charlemagne

La statue de saint Martin qui en couronne le dôme, fragilisée par les tempêtes du début 2014, a été déposée le 17 février 2014 pour être restaurée ; son socle a été consolidé et la statue a été remise en place le 15 octobre 2016, en prévision de la saint Martin, fêtée chaque année le 11 novembre.

Un cas banal parmi des centaines: l’abbaye d’Aiguerive, près de Montrichard, 41400 Faverolles-sur-Cher   fondée au XIIe s. par des Augustins, est mise aux enchères comme bien national.

Le 18 octobre 1790, le dernier prieur est expulsé de l’abbaye. Le mobilier est vendu, les archives sont transférées dans le chartrier de l’église collégiale de St-Aignan.

L’année suivante sont mis en vente : la maison conventuelle l’abbatiale, le cloître et le « cabaret »

proche de l’abbaye, où étaient reçus les pèlerins. Ces  biens sont acquis par Aimelot de Chailleau

mais ce dernier se voit contraint d’émigrer. L’ensemble est remis en vente en 1795. Le nouvel acquéreur démolit  le cloître et vend les ardoises et les charpentes, les voûtes de pierre de la nef, ainsi livrées aux intempéries, devront être démolies vers 1840.

Et commence le grand abandon … qui va durer près de deux siècles.

http://cdn1_3.reseaudescommunes.fr/cities/475/documents/1lsd5c00y7ci85.pdf

Beauvais perd douze églises. Arras sept, Châlons sept, Amiens deux, Troyes une quinzaine. Saint-Bénigne de Dijon perd sa rotonde,

Vézelay perd son jubé, (89) Yonne

En 1790, l’abbatiale Sainte-Marie-Madeleine devient une simple église paroissiale, et le collège des chanoines est supprimé le 6 décembre de la même année. L’abbaye est vendue à la Révolution et sert de carrière de pierres : il n’en reste pratiquement rien. Seule la salle capitulaire est encore en bon état de conservation, servant aujourd’hui de chapelle. Le long de cette salle, il reste quelques arcades du cloître. Les maisons adjacentes portent toutes des traces des bâtiments conventuels qui étaient sans doute de grande proportion. En 1793, les sculptures extérieures et intérieures des portails sont décapitées et mutilées par Hubert Lerond, maçon

1840 Âgé de vingt-six ans, Eugène Viollet-le-Duc est chargé de vastes travaux de restauration, à l’instigation de l’écrivain Prosper Mérimée, inspecteur des Monuments historiques , L’Abbaye deviendra Basilique

https://www.basiliquedevezelay.org/

Conques  (12) Aveyron

Alors que les moines font bombance en ce jour d’Épiphanie de 866, un homme seul entre dans l’église à pas de velours. Longeant les murs, il s’approche du sépulcre. Horreur ! Il essaie, de toutes ses forces, de déplacer la pierre tombale. N’y parvenant pas, il la brise avec un marteau ! Un chemineau, un voleur de trésors, un malandrin en tout cas !


Pas du tout : cet homme qui fracture méthodiquement le gisant est le propre gardien de cette maison de Dieu. Il est parfaitement sain d’esprit et ne fait que remplir la mission secrète qui lui a été assignée dix ans plus tôt.

L’église dans laquelle il est entré se trouve à Agen. Elle contient les reliques de sainte Foy – l’objet de sa convoitise. Convertie au christianisme, cette jeune fille de la ville montra un courage inébranlable face aux persécutions ordonnées par l’empereur Dioclétien dans son sinistre édit de 303. Les bourreaux chargés de l’immoler lui arrachèrent ses habits, qui furent instantanément et miraculeusement remplacés par une robe blanche. Malgré leurs efforts, ils ne parvinrent pas à la brûler : les flammes refusaient de lécher le corps de la jeune fille. Après l’avoir jetée dans un cachot, ils la décapitèrent le lendemain.  Depuis cette date – le 6 octobre 303 – la renommée de Foy a démesurément grandi. Au-dessus de son tombeau, on a élevé une église, puis une basilique. Les guérisons et les miracles se multiplient, touchant des pèlerins parfois venus de très loin. L’homme qui, dans le secret de la nuit, a enfin réussi à extraire le corps de sainte Foy pour le cacher dans un sac se nomme Aronisde. Il est moine et originaire de Conques. Avec ses confrères, il a élaboré ce plan machiavélique : s’introduire dans les bonnes grâces des Agenais, leur prendre les restes de Foy et les rapporter à Conques, pour faire rejaillir sur leur propre monastère la gloire qui leur est attachée.

https://www.detoursenfrance.fr/patrimoine/patrimoine-religieux/abbatiale-de-conques-lhistoire-sacree-de-sainte-foy-3965

Le décret de l’Assemblée Constituante supprimant les ordres religieux en France, porte, au bourg, un coup des plus sévères, puisqu’il provoque la fermeture du monastère et la dispersion des chanoines. La perte est irréparable, les chanoines assuraient à leurs frais l’entretien de l’abbatiale, mais aussi celui de l’hôpital Sainte-Foy, qui accueillait les indigents.

https://www.tourisme-conques.fr/fr/conques/site-et-histoire#les-origines-de-l-abbaye

Au chevet de la cathédrale d’Angers (49) , la maison d’Adam du XVe siècle, perd les effigies d’Adam et d’Eve, sculptées sur sa façade.

A la cathédrale Saint-André de Bordeaux,(33) pour faciliter sous le porche le passage des charrettes, on entaille le tympan, on démolit trumeau et linteau.

A l’abbaye de Jumièges, (76)  adjugée à un marchand de bois et transformée en carrière, on mine la lanterne de l’église.

 est une ancienne abbaye bénédictine fondée par saint Philibert, fils d’un comte franc de Vasconie vers 6541 sur un domaine du fisc royal à Jumièges dans le département de la Seine-Maritime. Elle applique la règle de saint Benoît dès la fin du VIIe siècle après l’avoir utilisée probablement avec la règle de saint Colomban.

L’abbaye de Jumièges naît vers 654 dans une boucle de la Seine par une donation de Clovis II et de sa femme sainte Bathilde à saint Philibert. Cette fondation, à une époque où l’essor monastique en Gaule a été suscité par saint Colomban cinquante ans plus tôt et fortifiée par ses disciples, atteint son degré le plus haut. Elle s’intercale entre celle de l’abbaye Saint-Wandrille de Fontenelle en 649650, celles de l’abbaye de la Trinité de Fécamp et de l’abbaye de Montivilliers vers 660 et 684. Cette organisation monastique prépare l’unité carolingienne qui sera une unité chrétienne

À la Révolution, comme bien des bâtiments religieux, l’abbaye est vendue au titre des biens nationaux. En 1795, le premier acquéreur, Pierre Lescuyer, receveur des biens nationaux, entreprend immédiatement la démolition du cloître du XVIe et du dortoir du XVIIIe siècle19. En 1802, le nouveau propriétaire, Jean-Baptiste Lefort, un marchand de bois de Canteleu, fait exploser le chœur. L’église connaît un lent démembrement et sert de carrière de pierres, comme les autres parties de l’abbaye jusqu’en 1824. Les fresques ont été effacées par l’action des éléments. Des tombeaux et pierres tombales des abbés, il ne reste plus que les dessins exécutés pour François Roger de Gaignière

https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_de_Jumi%C3%A8ges

A Sarlat, (24) Dordogne  dans l’église Sainte-Marien transformée à la fin de 1793 en atelier de réparation d’armes, les boiseries sont brûlées, les sculptures mutilées, les vitraux brisés, les chapelles abattues, les tombeaux profanés. Du portail de Corbeil, ne subsistent que deux statues du XIIe siècle – Salomon et la reine de Saba.

 A l’intérieur ou dans ses contreforts, elle accueille diverses boutiques. Au début du XXème siècle, elle devient hôtel des postes et à partir de 1935 elle est dispensaire jusqu’à une époque pas si lointaine elle est aujourd’hui marché couvert.

http://libiza24200.canalblog.com/archives/2008/12/29/11902445.html

_____________

En juillet 1794, juste après Thermidor, l’abbé Grégoire, chargé par la Convention d’un rapport sur ces destructions, invente le mot « vandalisme ». Encore les Vandales n’avaient-ils pas commis autant de méfaits. « Il y a de quoi verser des larmes de sang sur la perte de tant de chef-d’œuvre », s’exclame l’abbé, qui a pourtant sa part de responsabilités dans la mise en œuvre de la Révolution. » 

Le vandalisme révolutionnaire nié par Stanley Idzerta (Iconoclasm during the french Revolution, The American historical Review, 1954, p. 13-26), dont les effets néfastes ont été mis en lumière par G. Gautherot (Le vandalisme jacobin, Destruction administrative d’archives, d’objets d’art, de monuments religieux à l’époque révolutionnaire, 1914) a conduit à « un ralentissement du progrès scientifique est incontestable » (J. Fayet, La Révolution française et la science, 1960) par suite de désorganisation des académies et des éliminations.

Enfin il faut mettre au passif de la révolution un enseignement primaire désorganisé (Gontard, L’enseignement primaire en France de la Révolution à la loi Guizot, 1958; Rigault, Histoire générale de l’Institut des Frères des Ecoles chrétiennes, t. III,, 1940). [8]

Notes

[1] Daech s’acharne sur les trésors du musée de Mossoul, Le Figaro, Par Alain Barluet, Mis à jour le 27/02/2015 à 18:54 Publié le 27/02/2015 à 18:45

[2] René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l’Estrée 1987, p. 134.

[2] René Sédillot, ibid., p, 135.

[3] René Sédillot, ibid., p. 135-136.

[4] René Sédillot, ibid., p. 137.

[5] René Sédillot, ibid., p. 137.

[6] René Sédillot, ibid., p. 138.

[7] René Sédillot, ibid., p. 139.

[8] Pierre Gaxotte, La Révolution française, Nouvelle édition établie par Jean Tulard, Éditions Complexe, Bruxelles 1988, p. 432.

Sources :

http://christroi.over-blog.com/2015/02/des-republicains-et-des-revolutionnaires-mal-places-pour-donner-des-lecons-de-morale-culturelle-aux-djihadistes.html

Wikipédia

CONSULTER EGALEMENT NOTRE  ARTICLE SUR LES ABBAYES ROYALES

Disparus durant la Révolution française et le Premier Empire

Disparus sous la Restauration

Visite en Bourbonnais

Souvigny et Bourbon l’Archambault, le 25 août 2018

Pour la Saint Louis nous étions invités par l’IMB, Institut de la Maison de Bourbon a visiter le Prieuré Saint Pierre et Saint Paul de Souvigny ou une messe à été célébrée dans la prieurale qui est la nécropole de la famille de BOURBON.

Nous nous sommes ensuite rendus à l’Eglise Saint Georges puis à la forteresse des Sires et des Ducs de BOURBON à Bourbon L ‘Archambault.
Plus d’une soixantaine de personnes avaient fait le déplacement venant de toutes les provinces de France y compris la Belgique.

La journée avait été minutieusement préparée et nous en profitons pour remercier toutes les personnes qui ont participé de près ou de loin au succès de cette journée.

Souvigny – le Prieuré

Bourbon l’Archambault – Eglise Saint Georges

 

 

 

Bourbon l’Archambault – Le château des Duc de Bourbon

Nous avons pu vénérer le plus gros morceau de la Croix du Christ existant dans le monde ainsi qu’une épine de la Sainte Couronne.

=> Reportage

=> Eglise Saint Georges

=> Forteresse Médiévale des Ducs de Bourbon

LE HAMEAU DE LA REINE RESTAURE

LE HAMEAU DE LA REINE MARIE-ANTOINETTE AU CHATEAU DE VERSAILLES

vient de réouvrir ses portes au public, situé dans les jardins à l’anglaise du TRIANON, restauré et remeublé en style empire, de l’impératrice Marie-Louise ayant séjourné au hameau.

La reconstruction de la flèche de la basilique de Saint-Denis est lancée

 

Le coup d’envoi de la reconstruction de la flèche de la basilique de Saint-Denis a été donné samedi par la ministre de la Culture, qui souhaite que la nécropole des Rois de France devienne « aussi reconnue que Notre-Dame ».

Après trente ans de flottement, le gouvernement avait donné son feu vert au projet en février 2017. Evalués à 20 millions d’euros, les travaux, qui devraient durer au moins dix ans, seront financés grâce au mécénat et aux visites du chantier.

Erigées en 1219, la tour nord et la flèche médiévales – qui culminaient à 86 mètres – avaient été démontées pierre par pierre en 1845 après un tornade qui avait fragilisé l’édifice.

Source : Le Figaro 17/03/2018

Par ailleurs article très intéressant sur le site HERODOTE :

https://www.herodote.net

SAINT DENIS

 Rendez-vous à la basilique Saint-Denis pour l’exposition « Les Romanov à Saint-Pétersbourg, d’une nécropole à l’autre » jusqu’au 31 mars 2018

Saviez-vous que la basilique cathédrale de Saint-Denis et la cathédrale Saints Pierre-et-Paul, mausolée grand-ducal de Saint-Pétersbourg, sont deux monuments jumelés ?

C’est dans ce cadre que vous pourrez découvrir l’exposition « Les Romanov à Saint-Pétersbourg, d’une nécropole à l’autre », présentée dans les six chapelles de la crypte de la basilique cathédrale de Saint-Denis.
Grâce à de nombreuses illustrations commentées ainsi que plusieurs objets provenant de la Forteresse, les visiteurs seront invités à découvrir ce monument et les plus emblématiques tsars de la famille Romanov : Pierre Ier dit le Grand (1672-1725), Catherine II dite la Grande Catherine (1729-1796), Alexandre Ier (1777-1825) et Nicolas II (1868-1918).

   Les œuvres à découvrir

Vous pourrez découvrir des trésors tels que le masque moulé sur le visage de Pierre le Grand, une empreinte de sa main, ou encore une clef symbolique de la porte de Saint Pierre des anciens remparts de Saint-Pétersbourg.

Des images des funérailles royales des Romanov, faisant souvent écho à celles des souverains capétiens, seront également présentées, telles que celles de Pierre Ier ou celles de Pierre III.

Une présentation numérique permettra au public français de se familiariser avec la cathédrale Saints Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg, grande nécropole ayant accueilli les dépouilles des Romanov depuis la mort du tsar Pierre Ier dit le Grand en 1725

 LE MEMORIAL de France à SAINT-DENYS, nous informe d’une visite spéciale de cette exposition le

Samedi 24 mars à 15h00

dans la crypte de la basilique , commentée par le Commissaire de l’Exposition, Monsieur André FILLER, professeur d’université.

 A l’issue, Madame Odile BORDAZ, ancienne administrateur de la basilique, vous fera partager son érudition sur le premier monument gothique d’Europe, puis vous aurez l’opportunité de vous réchauffer dans un café proche.

Ci-dessous le formulaire de réservation, pour tous nos amis parisiens et ceux qui pourrons se déplacer ce jour-là.

http://www.saint-denis-basilique.fr/Actualites/Les-Romanov-a-Saint-Petersbourg-d-une-necropole-a-l-autre

 

POUR MEMOIRE ci-après la liste des

Rois et reines de France inhumés à Saint-Denis

Plan des tombeaux

Avec pas moins de 42 rois, 32 reines, 63 princes et princesses et 10 grands serviteurs du royaume qui furent inhumés dans la basilique Saint-Denis jusqu’au XIXe siècle, cette nécropole des rois fait partie des ensembles funéraires les plus importants au monde. Ce statut n’a pas toujours été. En effet, l’Abbaye de Saint-Denis a du s’imposer face à la concurrence, notamment de Saint-Germain-des-Prés, et l’a obtenu grâce à l’obstination de l’Abbé Suger et l’avènement de la dynasties des Capétiens.

70 gisants et tombeaux sculptés se trouvent dans la cathédrale de Saint-Denis, pour la plupart à leur emplacement d’origine. Les restes des rois étaient placés sous les gisants, avant que les révolutionnaires ne les profanent en 1793.

La découverte de la nécropole royale de Saint-Denis constitue un véritable voyage dans l’Histoire de France et un témoignage sans pareil de l’évolution de l’art funéraire du XIIe au XVIe siècle.

Plan au sol de la Basilique Saint-Denis

Gras : souverains (avec date de leur règne)
– tombeau à Saint-Denis avant la Révolution
+ tombeau entré à Saint-Denis après la Révolution

Mérovingiens

+ 1 Clovis Ier 481-511
+ 2 Childebert Ier 511-558
+ 3 Frédégonde † 597
– 4 Dagobert Ier 629-639
– 5 Clovis II 639-657

Carolingiens

– 6 Charles Martel † 741
– 7 – 8 Pépin le Bref 751-768 et Berthe † 783
– 9 Carloman 768-771
– 10 Ermentrude 823-869
– 11 Louis III 879-882
– 12 Carloman 882-884

Capétiens

– 13 Robert II le Pieux 996-1031
– 14 Constance d’Arles † 1032
– 15 Henri Ier 1031-1060
– 16 Louis VI le Gros 1108-1137
– 17 Philippe † 1131
– 18 Constance de Castille † 1160
+ 19 Philippe † 1235
+ 20 Louis † 1260
+ 21 + 22 Blanche † 1243 et Jean † 1248
+ 23 Louis et Philippe
+ 24 Marie de Brienne (?) † v. 1280
– 25 Philippe III le Hardi 1270-1285
– 26 Isabelle d’Aragon † 1271
+ 27 Robert II d’Artois † 1317
+ 28 + 29 Louis, comte d’Évreux † 1319 et Marguerite d’Artois † 1311
+ 30 Blanche † 1320
+ 31 Princesse non identifiée
– 32 Philippe IV le Bel 1285-1314
– 33 
Louis X le Hutin 1314-1316
– 34 Philippe V le Long 1316-1322
– 35 Charles IV le Bel 1322-1328

– 36 Jean Ier le Posthume † 1316
+ 37 Clémence de Hongrie † 1328
– 38 Jeanne d’Évreux † 1371
+ 39 Charles Ier d’Anjou, roi de Sicile † 1285
+ 40 Charles, comte de Valois † 1325
+ 41 Charles d’Évreux, comte d’Étampes † 1336
+ 42 Charles, comte d’Alençon † 1346
+ 43 Marie d’Espagne † 1379
– 44 Jeanne II, reine de Navarre † 1349
– 45 Blanche † 1393
– 46 Marguerite † 1382

Valois

– 47 – 48 Blanche de Navarre † 1398 et Jeanne † 1371
– 49 Philippe VI 1328-1350
– 50 
Jean II le Bon 1350-1364
– 51 + 52 Charles V le Sage 1364-1380 et Jeanne de Bourbon† 1377
– 53 Bertrand Du Guesclin † 1380
– 54 Louis de Sancerre † 1402
+ 55 Léon VI de Lusignan, roi d’Arménie † 1393
– 56 Charles VI 1380-1422
– 57 Isabeau de Bavière † 1435
– 58 Guillaume de Châtel † 1436
+ 59 Béatrice de Bourbon, reine de Bohême † 1383
+ 60 Princesse non identifiée
+ 61 Tombeau des Ducs d’Orléans
+ 61 Louis, duc d’Orléans † 1407
+ 61 Valentine Visconti † 1408
+ 61 Philippe d’Orléans, comte de Vertus † 1420
+ 61 Charles, duc d’Orléans, le poète † 1465
– 62 Louis XII 1498-1515 et Anne de Bretagne † 1514
+ 63 Marie de Bourbon-Vendôme † 1538

Valois-Angoulême

– 64 François Ier 1515-1547 et Claude de France † 1524
– 65 Urne funéraire de François Ier
– 66 Louis, cardinal de Bourbon † 1557
– 67 – 68 Henri II 1547-1559 et Catherine de Médicis † 1589(tombeau et monument)
+ 69 François II 1559-1560
+ 70 + 71 Henri III 1574-1589 et Louise de Lorraine † 1601

Bourbons

+ 72 Louis XVI 1774-1793 et Marie-Antoinette † 1793

Plan de la crypte de la Basilique Cathédrale

Cercueils royaux

1 Louis VII 1137-1180
2 Louis de Lorraine † 1601
3 Louis XVI 1774-1793
4 Marie-Antoinette † 1793
5 Louis XVIII 1814-1824
6 Cercueils princiers
7 Cœurs
8 Ossuaire
Crypte archéologique
10 Cénotaphes des Bourbons
11 Coeur de Louis XVII

Personnages dont les gisants ont été détruits ou n’ont jamais été réalisés

Charles le Chauve 840-877
Eudes 888-898
Hugues le Grand, duc de France, † 956
Hugues Capet 987-996
Philippe Auguste 1180-1223
Louis VIII le Lion 1223-1226
Louis IX, ou Saint Louis 1226-1270 et Marguerite de Provence † 1295
Jeanne de Bourgogne, épouse de Philippe VI, † 1348
Jeanne d’Auvergne, épouse de Jean II le Bon
Charles VII 1422-1461 et Marie d’Anjou † 1463
Charles VIII 1483-1498
Henri IV 1589-1610
Louis XIII 1610-1643
Anne d’Autriche † 1666
Louis XIV 1643-1715
Marie-Thérèse d’Autriche † 1683
Louis, le Grand Dauphin † 1711
Louis, duc de Bourgogne, dauphin † 1712
Louis XV 1715-1774
Marie Leszczynska † 1768

https://www.tourisme93.com/basilique/plan-tombeaux-basilique.html

Téléchargez le plan au format PDF des gisants de la basilique Saint-Denis.

 

Paris Vox propose à ses lecteurs une série de biographie sur les saints personnages qui ont fait la gloire de l’Eglise de Paris,  l’une des plus anciennes de Gaulle, et qui font encore aujourd’hui   le prestige de la Capitale.

Saint Denis, premier évêque de Paris.

La vie de Saint Denis, premier évêque de Paris

Le 22 avril, l’Eglise de Paris célèbre la fête de l’Invention du corps de saint Denis, son premier évêque, et de ses compagnons immolés à la fureur du paganisme, vers la fin du troisième siècle. Les auteurs ne s’accordent ni sur l’année de leur glorieux martyre, ni sur le lieu de leur sépulture. Selon les actes de leur mort, leurs corps furent jetés dans la Seine, pour les dérober à la vénération des fidèles, puis retirés en secret par une pieuse femme, nommée Catulla, qui les fit enterrer honorablement à quelque distance de la ville et près de l’endroit où ils avaient été décapités. Pour ne point perdre de vue le lieu qui renfermait le dépôt précieux des corps des saints martyrs, Catulla le marqua par l’érection d’un monument, où fut construite plus tard sous le règne de Clovis I”, et à la sollicitation de sainte Geneviève, une église, dont la fondation remonte à l’année 469. Cette église devint célèbre par plusieurs miracles qui y furent opérés.

Le roi Dagobert, qui mourut en 638, avait une dévotion particulière à saint Denis. C’est lui qui a fait construire en son honneur la fameuse abbaye qui devint plus tard le séjour de la piété et des lettres, et où il fit transférer le corps de saint Denis. Il voulut lui-même y être enterré, et de là, l’usage d’inhumer les rois de France à Saint-Denis. Les vénérables reliques du saint évêque restèrent exposées à la piété des fidèles jusqu’aux troubles qui agitèrent pendant dix ans notre patrie ; on les cacha alors pour les dérober à la profanation ; mais en 1795, elles furent placées sous le maître-autel de l’église paroissiale de la ville de Saint-Denis. Ce n’est qu’en 1819 qu’elles furent transférées avec beaucoup de pompe dans l’ancienne église abbatiale, convertie en chapitre royal. Cette translation eut lieu en présence de S.E. le cardinal de Talleyrand-Périgord, élu archevêque de Paris, d’un nombreux clergé et d’une immense multitude de fidèles de toutes les classes accourus pour rendre leurs hommages à la mémoire du saint prélat auquel la capitale de la France était surtout redevable du don de la vraie foi.

Théodore-François-Xavier Hunkler

 

L’art de la sépulture   – GISANT – ORANT – TRANSI

Le gisant

Dans sa forme ancienne, le gisant est « à plat », sur sa dalle funéraire : on n’a pas de volumes, mais des jeux de motifs gravés ! Le défunt est représenté allongé, en prière. Ces dalles coûtent néanmoins bien moins chers que les beaux et grands gisants que seuls les grands dignitaires peuvent s’offrir… Dès le XIIIe s, on trouve des gisants représentés dans du cuivre ou du bronze. Au cours du Moyen-Age vient le gisant en pierre, « en relief », celui-là.

C’est le cas dès 1260, lorsque saint Louis fait exécuter à Saint-Denis les effigies de tous ses prédécesseurs depuis le VIIe s, « à la chaîne » : des gisants identiques, stéréotypés ! Mais avec le gisant de Philippe le Hardi, tout change : on veut des portraits plus fidèles… Alors, dès le milieu du XIVe s, les rois font faire leurs tombeaux de leur vivant : plus pratique, on est sûr d’avoir un portrait fidèle de l’intéressé, au poil de barbe près !

On peut se servir du masque mortuaire réalisé tout de suite après la mort (voir celui d’Agnès Sorel au musée Lallemant de Bourges ou celui d’Henri II au Louvre). Puis, à la Renaissance, le transi apparaît, figure macabre à souhait mais bien plus réaliste… Les tombeaux deviennent aussi plus imposants, somptueux. Il y a des codes, pour représenter un défunt. Si !

En général, le gisant :

• a les mains jointes (il prie) mais il peut aussi tenir des objets, un sceptre ou un livre comme Aliénor d’Aquitaine à Fontevraud.

• porte une couronne, un manteau et un sceptre, pour les rois ; une armure, une épée ainsi qu’un blason pour les chevaliers.

• a les yeux ouverts : il aura la vie éternelle…

• défie les lois de la pesanteur ! Les plis des vêtements, les draperies, les membres, rien ne s’affaissent mollement ! Comme si le gisant avait été sculpté pour tenir debout… Sauf évidement pour des gisants réalistes (transi), comme ceux de Louis XII et d’Anne de Bretagne, par exemple.

• a aux pieds, un lion symbole de force (pour les chevaliers), un chien symbole de fidélité (pour les femmes généralement) voire même d’autres bestioles, rappelant une devise, un trait de caractère ou un prénom : un ours (duc de Berry à Bourges) ou un agneau (Agnès Sorel à Loches) ; l’évêque ou le religieux a une crosse qu’il enfonce dans la gueule d’un dragon à leurs pieds (saint Ronan à Locronan).

Et quelquefois, ces bébêtes de pierre s’animent : le chien au lieu de rester sagement couché peut manger un os, jouer avec une balle ou chasser un lapin (tombeau des fils du comte d’Alençon) !

• a généralement des anges qui soutiennent le coussin où repose sa tête.Vous pensiez que le gisant arborait généralement le costume de son époque, la barbiche, les favoris et la coupe de cheveux à la mode ? … aah, pas toujours, en fait ! Quelquefois le sculpteur a représenté des vêtements anachroniques…

Tel est le cas de Marie-Antoinette et de Louis XVI, qui portent des costumes typiques du XVIe s… ou de ces statues qui portent la cotte de maille alors que la chevalerie a disparu depuis belle lurette !

Tombeau de Marie-Antoinette et Louis XVI : cénotaphe car  les restes des souverains se trouvent sous le caveau de la crypte et non dans la Chapelle St Louis.

Les pleurants

Certains gisants ont des pleurants, comme ceux des ducs de Bourgogne à Dijon, celui d’Aubazine, ceux de la nécropole de Saint-Denis ou encore celui du duc de Berry à Bourges. Les plus impressionnants restent ceux de Philippe Pot, au Louvre : grandeur nature, ils sont inquiétants, vous ne trouvez pas ?

Mais au fait… c’est quoi, un pleurant ? Et bien, c’est un cortège de funérailles qui représente le clergé séculier, le clergé régulier, les laïcs et qu’on trouve sous le gisant et sa dalle.

On a des arcades avec une procession de petits personnages : enfants de cœur, diacre, chantres, gens de la maison… tous drapés des mêmes manteaux de deuil qu’on donne lors des funérailles. Les pleurants accompagnent le défunt dans son voyage et sa « nouvelle vie », il faut bien que quelqu’un prie pour lui, non ?

Chaque pleurant a sa propre personnalité : c’est sans compter ces détails hallucinants de précision, ces plis des vêtements, ces mains, ces visages, certains qui essuient leurs larmes, se mouchent… Les pleurants naissent vers le XIIIe s, avec les tombeaux du frère de saint Louis, Philippe, et de son fils Louis, enterrés à l’abbaye de Royaumont puis à Saint-Denis.

Petite sélection des plus beaux gisants à travers la France

(pour voir les gisants, transis et orants, cliquez sur le nom qui vous intéresse, en dessous apparaît un lien, cliquez dessus pour valider)

 

 


Véritable nécropole des Plantagenêts, on découvre dans l’abbaye les gisants d’Isabelle d’Angoulême, de Richard Cœur de Lion, d’Aliénor d’Aquitaine et d’Henri II d’Angleterre.• Philippe Potau musée du Louvre (Paris)
Les pleurants, on ne les trouve pas que sur les tombeaux des ducs, en Bourgogne : voilà le tombeau de Philippe Pot (mort en 1493), seigneur bourguignon de la cour de Philippe le Bon.

On a donc le gisant an armure, un lion à ses pieds, posé sur une dalle que supporte 8 pleurants grandeur nature (ou presque, ils mesurent environ 1,40 m), avec leurs grands manteaux noirs et leurs capuches sur la tête, dissimulant leurs visages. Tous portent des écus qui correspondent aux 8 quartiers de noblesse de Pot. A l’origine, le tombeau, réalisé entre 1477 et 1483 du vivant du seigneur, se trouve à l’abbaye de Cîteaux…

• Gisant de Michel de Montaigne au musée d’Aquitaine de Bordeaux (33)

• Gisants dit des Enervés, abbaye de Jumièges (27)

• Gisants des ducs de Bourgogne, musée des Beaux-Arts de Dijon (21)

• Gisant de Jean duc de Berry, crypte de la cathédrale de Bourges (18)

• Gisant d’Agnès Sorel, Loches (37)

• Chapelle royale, Dreux (28)
Nécropole de la famille d’Orléans. Un vrai cours d’histoire et d’art !

• Gisants de la cathédrale de Rouen (76)
On trouve le transi de Louis de Brézé mais aussi les gisants du premier duc de Normandie Rollon, Richard Cœur de Lion, Henri dit le Jeune (son frère), Guillaume Ier de Normandie (fils de Rollon), Georges d’Amboise en orant.

• Nancy (54), gisants dont celui de Philippe de Gueldre

• Gisants de la cathédrale d’Amiens (80)
Ce sont des gisants en bronze, ceux d’Evrard de Fouilloy et Geoffroy d’Eu, évêques.

• Gisants de Brou (01)
On voit les tombeaux de Marguerite d’Autriche, son mari Philibert II de Savoie et la mère de celui-ci, Marguerite de Bourbon.

• Gisants de l’abbaye d’Hautecombe (73)
C’est le « Saint-Denis de la maison de Savoie » !

• Gisants de la cathédrale de Nantes (44)
On y voit le gisant de François II de Bretagne et de sa femme Marguerite de Foix. C’est leur fille Anne de Bretagne qui commande cet imposant tombeau Renaissance.

• Gisant d’Aubazine

  • Les cimetières ont aussi leurs gisants ! La preuve avec ce spécimen, au Père-Lachaise (75)… Le cousin germain de Napoléon III, Pierre Bonaparte, assassine, au n° 59 de la rue d’Auteuil à Paris, le journaliste Victor Noir. Nous sommes le 10 janvier 1870…Tout ça parce que le prince avait menacé publiquement un journal corse via un autre journal corse, le prenant à parti ! Le journal relève le défi : il envoie deux journalistes, dont Noir, chez Bonaparte à Paris… Et ce qui arrive… arrive. L’indignation s’empare de la capitale ! Plus de 100 000 personnes assistent aux funérailles au Père-Lachaise.  Le tombeau, réalisé grâce à une souscription publique, représente Noir en gisant en bronze pour le moins réaliste !Allongé sur le dos, en manteau, grandeur nature, il vient d’expirer, son chapeau tombé à côté de lui. La braguette du monsieur brille, patinée par de nombreuses mains venues le toucher au fil du temps… Comme saint Greluchon dans le Berry, les femmes en mal d’enfants viennent toucher le monsieur à cet endroit en faisant un vœu ! Pourquoi a-t-on attribué ce pouvoir à ce journaliste, ça, ça reste un mystère…

L’orant

On a l’orant ou priant, qui, à la différence du gisant (qui gît), prie ! On le retrouve toujours mains jointes, agenouillé, en prière. On le voit apparaître à la toute fin du XIIIe s, début du XIVe s…

Petite sélection des plus beaux orants à travers la France

  • • Orant de Louis XI à Cléry (45)
    Ce roi avait tellement peur de la mort qu’il a voulu se faire représenter agenouillé, vivant… Il a bien sûr demandé à ce que son portrait le flatte ! Contrairement à beaucoup de rois de France, inhumés à Saint-Denis, Louis a décidé de reposer ici, tout seul… pas bête, comme ça, tous les yeux sont braqués sur lui !• Orant de Philippe de Commynes au Louvre (75)
    L’orant du chroniqueur de Louis XI est l’un des premiers de la Renaissance ! Son tombeau, ainsi que celui de sa femme Hélène de Chambes et de sa fille Jeanne, se trouvaient dans une chapelle de l’église du couvent des Grands-Augustins à Paris. A la Révolution, ils atterrissent à Versailles… puis plus tard au Louvre.• Orants de Notre-Dame de Paris
    On voit dans la cathédrale les orants de Jean Juvénal des Ursins, de l’évêque de Paris Pierre de Gondi, des archevêques Louis-Antoine de Noailles, Dominique-Auguste Sibour, François-Nicolas Morlot, Léon-Adolphe Amettte.• Orants de Saint-Denis (93)

Louis XII et sa moitié, François Ier et la sienne, Louis XVI et Marie-Antoinette… on en parle dans le dossier sur la nécropole de Saint-Denis !

Le transi

Un transi, dans l’art funéraire de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, est une sculpture représentant un mort. Le terme transi, du verbe transir, signifie étymologiquement « aller, passer (du latin ire) au delà (du latin trans-) », c’est-à-dire mourir1, de la même façon que le plus moderne trépassé Contrairement au gisant représentant un personnage couché et endormi, dans une attitude béate ou souriante, le transi représente le défunt de façon réaliste, nu, voire en putréfaction.

Le transi qui git nu, à l’état de cadavre décomposé, nous rappelle la terrible vérité de la mort. On n’a plus le gisant paisiblement endormi, habillé et bien en chair, non, mais bel et bien un squelette ! On voit même quelquefois les incisions faites au moment de l’embaumement (Louis XII), des vers, les lambeaux de peau (René de Châlon)…

Argh, mais c’est terrible ! Quelquefois aussi, on représente le défunt vivant avec le transi en-dessous (le duc de Brézé à Rouen monte à cheval, Valentine Balbiani est couchée, en train de lire…), comme pour rendre le parallèle encore plus flagrant.

Petite sélection des plus beaux transis à travers la France

 

• Transi du cardinal Lagrange au musée d’Avignon (84)

• Transi de Catherine de Médicis au Louvre (75)
Œuvre Renaissance de l’Italien della Robbia, c’est le transi qui devait se trouver avec celui d’Henri II, dans le tombeau monumental de Saint-Denis. Seulement, lorsque la reine vit le transi, elle fut tellement choquée qu’elle arrêta nette son exécution ! Voilà pourquoi elle charge Germain Pilon de lui en faire un nouveau, moins décharné, qu’on voit aujourd’hui à Saint-Denis…

• Transi de Valentine Balbiani, Louvre (75)
Valentine, c’est l’épouse de René de Birague, chancelier de France sous le règne d’Henri III. On doit ce bas-relief en marbre à Germain Pilon, véritable génie de la sculpture Renaissance. Il faisait partie d’un ensemble monumental érigé dans l’église parisienne de Sainte-Catherine-du-Val-des-Ecoliers puis déménagé en 1783 dans l’église Saint-Paul de Paris.

La Révolution a détruit le tombeau, ne laissant « que » le gisant et son transi. Valentine a rendu son dernier soupir en 1572 à l’âge de 54 ans. On la voit allongée sur ses coussins, soulevée sur le coude gauche, dans ses beaux atours. Elle tient un livre de la main droite, un petit épagneul vient la voir pour jouer. En-dessous, le transi la représente non plus vivante mais bien morte…

Pilon l’a sculptée à moitié enveloppée d’un suaire, alors qu’on va l’ensevelir. Ses yeux sont fermés, ses cheveux longs se répandent sur ses épaules et sa poitrine. Alexandre Lenoir précise que deux figures en bronze portaient de petits écriteaux : « Morte n’est point qui vit au ciel » et « Qui bien aime tard oublie »…

Le petit épagneul revit ! Saviez-vous que le chien qu’on voit près du gisant a de fortes chances d’être celui à qui le neveu de René de Birague dédie ce poème, Epitaphe d’un petit chien de madame la chancelière de Birague ? « Ce petit chien aima tellement sa maîtresse Qu’après qu’elle eut quitté la terre pour les cieux, Le regret causa tant en son cœur de tristesse Qu’après trois jours laissa le vivre soucieux »…

• Duc de Brézé à la cathédrale de Rouen (76)

• Les transis de François Ier et de Louis XII à Saint-Denis (93)

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