La reconstruction de la flèche de la basilique de Saint-Denis est lancée

 

Le coup d’envoi de la reconstruction de la flèche de la basilique de Saint-Denis a été donné samedi par la ministre de la Culture, qui souhaite que la nécropole des Rois de France devienne « aussi reconnue que Notre-Dame ».

Après trente ans de flottement, le gouvernement avait donné son feu vert au projet en février 2017. Evalués à 20 millions d’euros, les travaux, qui devraient durer au moins dix ans, seront financés grâce au mécénat et aux visites du chantier.

Erigées en 1219, la tour nord et la flèche médiévales – qui culminaient à 86 mètres – avaient été démontées pierre par pierre en 1845 après un tornade qui avait fragilisé l’édifice.

Source : Le Figaro 17/03/2018

Par ailleurs article très intéressant sur le site HERODOTE :

https://www.herodote.net

SAINT DENIS

 Rendez-vous à la basilique Saint-Denis pour l’exposition « Les Romanov à Saint-Pétersbourg, d’une nécropole à l’autre » jusqu’au 31 mars 2018

Saviez-vous que la basilique cathédrale de Saint-Denis et la cathédrale Saints Pierre-et-Paul, mausolée grand-ducal de Saint-Pétersbourg, sont deux monuments jumelés ?

C’est dans ce cadre que vous pourrez découvrir l’exposition « Les Romanov à Saint-Pétersbourg, d’une nécropole à l’autre », présentée dans les six chapelles de la crypte de la basilique cathédrale de Saint-Denis.
Grâce à de nombreuses illustrations commentées ainsi que plusieurs objets provenant de la Forteresse, les visiteurs seront invités à découvrir ce monument et les plus emblématiques tsars de la famille Romanov : Pierre Ier dit le Grand (1672-1725), Catherine II dite la Grande Catherine (1729-1796), Alexandre Ier (1777-1825) et Nicolas II (1868-1918).

   Les œuvres à découvrir

Vous pourrez découvrir des trésors tels que le masque moulé sur le visage de Pierre le Grand, une empreinte de sa main, ou encore une clef symbolique de la porte de Saint Pierre des anciens remparts de Saint-Pétersbourg.

Des images des funérailles royales des Romanov, faisant souvent écho à celles des souverains capétiens, seront également présentées, telles que celles de Pierre Ier ou celles de Pierre III.

Une présentation numérique permettra au public français de se familiariser avec la cathédrale Saints Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg, grande nécropole ayant accueilli les dépouilles des Romanov depuis la mort du tsar Pierre Ier dit le Grand en 1725

 LE MEMORIAL de France à SAINT-DENYS, nous informe d’une visite spéciale de cette exposition le

Samedi 24 mars à 15h00

dans la crypte de la basilique , commentée par le Commissaire de l’Exposition, Monsieur André FILLER, professeur d’université.

 A l’issue, Madame Odile BORDAZ, ancienne administrateur de la basilique, vous fera partager son érudition sur le premier monument gothique d’Europe, puis vous aurez l’opportunité de vous réchauffer dans un café proche.

Ci-dessous le formulaire de réservation, pour tous nos amis parisiens et ceux qui pourrons se déplacer ce jour-là.

https://www.saint-denis-basilique.fr/Actualites/Les-Romanov-a-Saint-Petersbourg-d-une-necropole-a-l-autre

 

POUR MEMOIRE ci-après la liste des

Rois et reines de France inhumés à Saint-Denis

Plan des tombeaux

Avec pas moins de 42 rois, 32 reines, 63 princes et princesses et 10 grands serviteurs du royaume qui furent inhumés dans la basilique Saint-Denis jusqu’au XIXe siècle, cette nécropole des rois fait partie des ensembles funéraires les plus importants au monde. Ce statut n’a pas toujours été. En effet, l’Abbaye de Saint-Denis a du s’imposer face à la concurrence, notamment de Saint-Germain-des-Prés, et l’a obtenu grâce à l’obstination de l’Abbé Suger et l’avènement de la dynasties des Capétiens.

70 gisants et tombeaux sculptés se trouvent dans la cathédrale de Saint-Denis, pour la plupart à leur emplacement d’origine. Les restes des rois étaient placés sous les gisants, avant que les révolutionnaires ne les profanent en 1793.

La découverte de la nécropole royale de Saint-Denis constitue un véritable voyage dans l’Histoire de France et un témoignage sans pareil de l’évolution de l’art funéraire du XIIe au XVIe siècle.

Plan au sol de la Basilique Saint-Denis

Gras : souverains (avec date de leur règne)
– tombeau à Saint-Denis avant la Révolution
+ tombeau entré à Saint-Denis après la Révolution

Mérovingiens

+ 1 Clovis Ier 481-511
+ 2 Childebert Ier 511-558
+ 3 Frédégonde † 597
– 4 Dagobert Ier 629-639
– 5 Clovis II 639-657

Carolingiens

– 6 Charles Martel † 741
– 7 – 8 Pépin le Bref 751-768 et Berthe † 783
– 9 Carloman 768-771
– 10 Ermentrude 823-869
– 11 Louis III 879-882
– 12 Carloman 882-884

Capétiens

– 13 Robert II le Pieux 996-1031
– 14 Constance d’Arles † 1032
– 15 Henri Ier 1031-1060
– 16 Louis VI le Gros 1108-1137
– 17 Philippe † 1131
– 18 Constance de Castille † 1160
+ 19 Philippe † 1235
+ 20 Louis † 1260
+ 21 + 22 Blanche † 1243 et Jean † 1248
+ 23 Louis et Philippe
+ 24 Marie de Brienne (?) † v. 1280
– 25 Philippe III le Hardi 1270-1285
– 26 Isabelle d’Aragon † 1271
+ 27 Robert II d’Artois † 1317
+ 28 + 29 Louis, comte d’Évreux † 1319 et Marguerite d’Artois † 1311
+ 30 Blanche † 1320
+ 31 Princesse non identifiée
– 32 Philippe IV le Bel 1285-1314
– 33 
Louis X le Hutin 1314-1316
– 34 Philippe V le Long 1316-1322
– 35 Charles IV le Bel 1322-1328

– 36 Jean Ier le Posthume † 1316
+ 37 Clémence de Hongrie † 1328
– 38 Jeanne d’Évreux † 1371
+ 39 Charles Ier d’Anjou, roi de Sicile † 1285
+ 40 Charles, comte de Valois † 1325
+ 41 Charles d’Évreux, comte d’Étampes † 1336
+ 42 Charles, comte d’Alençon † 1346
+ 43 Marie d’Espagne † 1379
– 44 Jeanne II, reine de Navarre † 1349
– 45 Blanche † 1393
– 46 Marguerite † 1382

Valois

– 47 – 48 Blanche de Navarre † 1398 et Jeanne † 1371
– 49 Philippe VI 1328-1350
– 50 
Jean II le Bon 1350-1364
– 51 + 52 Charles V le Sage 1364-1380 et Jeanne de Bourbon† 1377
– 53 Bertrand Du Guesclin † 1380
– 54 Louis de Sancerre † 1402
+ 55 Léon VI de Lusignan, roi d’Arménie † 1393
– 56 Charles VI 1380-1422
– 57 Isabeau de Bavière † 1435
– 58 Guillaume de Châtel † 1436
+ 59 Béatrice de Bourbon, reine de Bohême † 1383
+ 60 Princesse non identifiée
+ 61 Tombeau des Ducs d’Orléans
+ 61 Louis, duc d’Orléans † 1407
+ 61 Valentine Visconti † 1408
+ 61 Philippe d’Orléans, comte de Vertus † 1420
+ 61 Charles, duc d’Orléans, le poète † 1465
– 62 Louis XII 1498-1515 et Anne de Bretagne † 1514
+ 63 Marie de Bourbon-Vendôme † 1538

Valois-Angoulême

– 64 François Ier 1515-1547 et Claude de France † 1524
– 65 Urne funéraire de François Ier
– 66 Louis, cardinal de Bourbon † 1557
– 67 – 68 Henri II 1547-1559 et Catherine de Médicis † 1589(tombeau et monument)
+ 69 François II 1559-1560
+ 70 + 71 Henri III 1574-1589 et Louise de Lorraine † 1601

Bourbons

+ 72 Louis XVI 1774-1793 et Marie-Antoinette † 1793

Plan de la crypte de la Basilique Cathédrale

Cercueils royaux

1 Louis VII 1137-1180
2 Louis de Lorraine † 1601
3 Louis XVI 1774-1793
4 Marie-Antoinette † 1793
5 Louis XVIII 1814-1824
6 Cercueils princiers
7 Cœurs
8 Ossuaire
Crypte archéologique
10 Cénotaphes des Bourbons
11 Coeur de Louis XVII

Personnages dont les gisants ont été détruits ou n’ont jamais été réalisés

Charles le Chauve 840-877
Eudes 888-898
Hugues le Grand, duc de France, † 956
Hugues Capet 987-996
Philippe Auguste 1180-1223
Louis VIII le Lion 1223-1226
Louis IX, ou Saint Louis 1226-1270 et Marguerite de Provence † 1295
Jeanne de Bourgogne, épouse de Philippe VI, † 1348
Jeanne d’Auvergne, épouse de Jean II le Bon
Charles VII 1422-1461 et Marie d’Anjou † 1463
Charles VIII 1483-1498
Henri IV 1589-1610
Louis XIII 1610-1643
Anne d’Autriche † 1666
Louis XIV 1643-1715
Marie-Thérèse d’Autriche † 1683
Louis, le Grand Dauphin † 1711
Louis, duc de Bourgogne, dauphin † 1712
Louis XV 1715-1774
Marie Leszczynska † 1768

https://www.tourisme93.com/basilique/plan-tombeaux-basilique.html

Téléchargez le plan au format PDF des gisants de la basilique Saint-Denis.

 

Paris Vox propose à ses lecteurs une série de biographie sur les saints personnages qui ont fait la gloire de l’Eglise de Paris,  l’une des plus anciennes de Gaulle, et qui font encore aujourd’hui   le prestige de la Capitale.

Saint Denis, premier évêque de Paris.

La vie de Saint Denis, premier évêque de Paris

Le 22 avril, l’Eglise de Paris célèbre la fête de l’Invention du corps de saint Denis, son premier évêque, et de ses compagnons immolés à la fureur du paganisme, vers la fin du troisième siècle. Les auteurs ne s’accordent ni sur l’année de leur glorieux martyre, ni sur le lieu de leur sépulture. Selon les actes de leur mort, leurs corps furent jetés dans la Seine, pour les dérober à la vénération des fidèles, puis retirés en secret par une pieuse femme, nommée Catulla, qui les fit enterrer honorablement à quelque distance de la ville et près de l’endroit où ils avaient été décapités. Pour ne point perdre de vue le lieu qui renfermait le dépôt précieux des corps des saints martyrs, Catulla le marqua par l’érection d’un monument, où fut construite plus tard sous le règne de Clovis I”, et à la sollicitation de sainte Geneviève, une église, dont la fondation remonte à l’année 469. Cette église devint célèbre par plusieurs miracles qui y furent opérés.

Le roi Dagobert, qui mourut en 638, avait une dévotion particulière à saint Denis. C’est lui qui a fait construire en son honneur la fameuse abbaye qui devint plus tard le séjour de la piété et des lettres, et où il fit transférer le corps de saint Denis. Il voulut lui-même y être enterré, et de là, l’usage d’inhumer les rois de France à Saint-Denis. Les vénérables reliques du saint évêque restèrent exposées à la piété des fidèles jusqu’aux troubles qui agitèrent pendant dix ans notre patrie ; on les cacha alors pour les dérober à la profanation ; mais en 1795, elles furent placées sous le maître-autel de l’église paroissiale de la ville de Saint-Denis. Ce n’est qu’en 1819 qu’elles furent transférées avec beaucoup de pompe dans l’ancienne église abbatiale, convertie en chapitre royal. Cette translation eut lieu en présence de S.E. le cardinal de Talleyrand-Périgord, élu archevêque de Paris, d’un nombreux clergé et d’une immense multitude de fidèles de toutes les classes accourus pour rendre leurs hommages à la mémoire du saint prélat auquel la capitale de la France était surtout redevable du don de la vraie foi.

Théodore-François-Xavier Hunkler

 

L’art de la sépulture   – GISANT – ORANT – TRANSI

Le gisant

Dans sa forme ancienne, le gisant est « à plat », sur sa dalle funéraire : on n’a pas de volumes, mais des jeux de motifs gravés ! Le défunt est représenté allongé, en prière. Ces dalles coûtent néanmoins bien moins chers que les beaux et grands gisants que seuls les grands dignitaires peuvent s’offrir… Dès le XIIIe s, on trouve des gisants représentés dans du cuivre ou du bronze. Au cours du Moyen-Age vient le gisant en pierre, « en relief », celui-là.

C’est le cas dès 1260, lorsque saint Louis fait exécuter à Saint-Denis les effigies de tous ses prédécesseurs depuis le VIIe s, « à la chaîne » : des gisants identiques, stéréotypés ! Mais avec le gisant de Philippe le Hardi, tout change : on veut des portraits plus fidèles… Alors, dès le milieu du XIVe s, les rois font faire leurs tombeaux de leur vivant : plus pratique, on est sûr d’avoir un portrait fidèle de l’intéressé, au poil de barbe près !

On peut se servir du masque mortuaire réalisé tout de suite après la mort (voir celui d’Agnès Sorel au musée Lallemant de Bourges ou celui d’Henri II au Louvre). Puis, à la Renaissance, le transi apparaît, figure macabre à souhait mais bien plus réaliste… Les tombeaux deviennent aussi plus imposants, somptueux. Il y a des codes, pour représenter un défunt. Si !

En général, le gisant :

• a les mains jointes (il prie) mais il peut aussi tenir des objets, un sceptre ou un livre comme Aliénor d’Aquitaine à Fontevraud.

• porte une couronne, un manteau et un sceptre, pour les rois ; une armure, une épée ainsi qu’un blason pour les chevaliers.

• a les yeux ouverts : il aura la vie éternelle…

• défie les lois de la pesanteur ! Les plis des vêtements, les draperies, les membres, rien ne s’affaissent mollement ! Comme si le gisant avait été sculpté pour tenir debout… Sauf évidement pour des gisants réalistes (transi), comme ceux de Louis XII et d’Anne de Bretagne, par exemple.

• a aux pieds, un lion symbole de force (pour les chevaliers), un chien symbole de fidélité (pour les femmes généralement) voire même d’autres bestioles, rappelant une devise, un trait de caractère ou un prénom : un ours (duc de Berry à Bourges) ou un agneau (Agnès Sorel à Loches) ; l’évêque ou le religieux a une crosse qu’il enfonce dans la gueule d’un dragon à leurs pieds (saint Ronan à Locronan).

Et quelquefois, ces bébêtes de pierre s’animent : le chien au lieu de rester sagement couché peut manger un os, jouer avec une balle ou chasser un lapin (tombeau des fils du comte d’Alençon) !

• a généralement des anges qui soutiennent le coussin où repose sa tête.Vous pensiez que le gisant arborait généralement le costume de son époque, la barbiche, les favoris et la coupe de cheveux à la mode ? … aah, pas toujours, en fait ! Quelquefois le sculpteur a représenté des vêtements anachroniques…

Tel est le cas de Marie-Antoinette et de Louis XVI, qui portent des costumes typiques du XVIe s… ou de ces statues qui portent la cotte de maille alors que la chevalerie a disparu depuis belle lurette !

Tombeau de Marie-Antoinette et Louis XVI : cénotaphe car  les restes des souverains se trouvent sous le caveau de la crypte et non dans la Chapelle St Louis.

Les pleurants

Certains gisants ont des pleurants, comme ceux des ducs de Bourgogne à Dijon, celui d’Aubazine, ceux de la nécropole de Saint-Denis ou encore celui du duc de Berry à Bourges. Les plus impressionnants restent ceux de Philippe Pot, au Louvre : grandeur nature, ils sont inquiétants, vous ne trouvez pas ?

Mais au fait… c’est quoi, un pleurant ? Et bien, c’est un cortège de funérailles qui représente le clergé séculier, le clergé régulier, les laïcs et qu’on trouve sous le gisant et sa dalle.

On a des arcades avec une procession de petits personnages : enfants de cœur, diacre, chantres, gens de la maison… tous drapés des mêmes manteaux de deuil qu’on donne lors des funérailles. Les pleurants accompagnent le défunt dans son voyage et sa « nouvelle vie », il faut bien que quelqu’un prie pour lui, non ?

Chaque pleurant a sa propre personnalité : c’est sans compter ces détails hallucinants de précision, ces plis des vêtements, ces mains, ces visages, certains qui essuient leurs larmes, se mouchent… Les pleurants naissent vers le XIIIe s, avec les tombeaux du frère de saint Louis, Philippe, et de son fils Louis, enterrés à l’abbaye de Royaumont puis à Saint-Denis.

Petite sélection des plus beaux gisants à travers la France

(pour voir les gisants, transis et orants, cliquez sur le nom qui vous intéresse, en dessous apparaît un lien, cliquez dessus pour valider)

 

 


Véritable nécropole des Plantagenêts, on découvre dans l’abbaye les gisants d’Isabelle d’Angoulême, de Richard Cœur de Lion, d’Aliénor d’Aquitaine et d’Henri II d’Angleterre.• Philippe Potau musée du Louvre (Paris)
Les pleurants, on ne les trouve pas que sur les tombeaux des ducs, en Bourgogne : voilà le tombeau de Philippe Pot (mort en 1493), seigneur bourguignon de la cour de Philippe le Bon.

On a donc le gisant an armure, un lion à ses pieds, posé sur une dalle que supporte 8 pleurants grandeur nature (ou presque, ils mesurent environ 1,40 m), avec leurs grands manteaux noirs et leurs capuches sur la tête, dissimulant leurs visages. Tous portent des écus qui correspondent aux 8 quartiers de noblesse de Pot. A l’origine, le tombeau, réalisé entre 1477 et 1483 du vivant du seigneur, se trouve à l’abbaye de Cîteaux…

• Gisant de Michel de Montaigne au musée d’Aquitaine de Bordeaux (33)

• Gisants dit des Enervés, abbaye de Jumièges (27)

• Gisants des ducs de Bourgogne, musée des Beaux-Arts de Dijon (21)

• Gisant de Jean duc de Berry, crypte de la cathédrale de Bourges (18)

• Gisant d’Agnès Sorel, Loches (37)

• Chapelle royale, Dreux (28)
Nécropole de la famille d’Orléans. Un vrai cours d’histoire et d’art !

• Gisants de la cathédrale de Rouen (76)
On trouve le transi de Louis de Brézé mais aussi les gisants du premier duc de Normandie Rollon, Richard Cœur de Lion, Henri dit le Jeune (son frère), Guillaume Ier de Normandie (fils de Rollon), Georges d’Amboise en orant.

• Nancy (54), gisants dont celui de Philippe de Gueldre

• Gisants de la cathédrale d’Amiens (80)
Ce sont des gisants en bronze, ceux d’Evrard de Fouilloy et Geoffroy d’Eu, évêques.

• Gisants de Brou (01)
On voit les tombeaux de Marguerite d’Autriche, son mari Philibert II de Savoie et la mère de celui-ci, Marguerite de Bourbon.

• Gisants de l’abbaye d’Hautecombe (73)
C’est le « Saint-Denis de la maison de Savoie » !

• Gisants de la cathédrale de Nantes (44)
On y voit le gisant de François II de Bretagne et de sa femme Marguerite de Foix. C’est leur fille Anne de Bretagne qui commande cet imposant tombeau Renaissance.

• Gisant d’Aubazine

  • Les cimetières ont aussi leurs gisants ! La preuve avec ce spécimen, au Père-Lachaise (75)… Le cousin germain de Napoléon III, Pierre Bonaparte, assassine, au n° 59 de la rue d’Auteuil à Paris, le journaliste Victor Noir. Nous sommes le 10 janvier 1870…Tout ça parce que le prince avait menacé publiquement un journal corse via un autre journal corse, le prenant à parti ! Le journal relève le défi : il envoie deux journalistes, dont Noir, chez Bonaparte à Paris… Et ce qui arrive… arrive. L’indignation s’empare de la capitale ! Plus de 100 000 personnes assistent aux funérailles au Père-Lachaise.  Le tombeau, réalisé grâce à une souscription publique, représente Noir en gisant en bronze pour le moins réaliste !Allongé sur le dos, en manteau, grandeur nature, il vient d’expirer, son chapeau tombé à côté de lui. La braguette du monsieur brille, patinée par de nombreuses mains venues le toucher au fil du temps… Comme saint Greluchon dans le Berry, les femmes en mal d’enfants viennent toucher le monsieur à cet endroit en faisant un vœu ! Pourquoi a-t-on attribué ce pouvoir à ce journaliste, ça, ça reste un mystère…

L’orant

On a l’orant ou priant, qui, à la différence du gisant (qui gît), prie ! On le retrouve toujours mains jointes, agenouillé, en prière. On le voit apparaître à la toute fin du XIIIe s, début du XIVe s…

Petite sélection des plus beaux orants à travers la France

  • • Orant de Louis XI à Cléry (45)
    Ce roi avait tellement peur de la mort qu’il a voulu se faire représenter agenouillé, vivant… Il a bien sûr demandé à ce que son portrait le flatte ! Contrairement à beaucoup de rois de France, inhumés à Saint-Denis, Louis a décidé de reposer ici, tout seul… pas bête, comme ça, tous les yeux sont braqués sur lui !• Orant de Philippe de Commynes au Louvre (75)
    L’orant du chroniqueur de Louis XI est l’un des premiers de la Renaissance ! Son tombeau, ainsi que celui de sa femme Hélène de Chambes et de sa fille Jeanne, se trouvaient dans une chapelle de l’église du couvent des Grands-Augustins à Paris. A la Révolution, ils atterrissent à Versailles… puis plus tard au Louvre.• Orants de Notre-Dame de Paris
    On voit dans la cathédrale les orants de Jean Juvénal des Ursins, de l’évêque de Paris Pierre de Gondi, des archevêques Louis-Antoine de Noailles, Dominique-Auguste Sibour, François-Nicolas Morlot, Léon-Adolphe Amettte.• Orants de Saint-Denis (93)

Louis XII et sa moitié, François Ier et la sienne, Louis XVI et Marie-Antoinette… on en parle dans le dossier sur la nécropole de Saint-Denis !

Le transi

Un transi, dans l’art funéraire de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, est une sculpture représentant un mort. Le terme transi, du verbe transir, signifie étymologiquement « aller, passer (du latin ire) au delà (du latin trans-) », c’est-à-dire mourir1, de la même façon que le plus moderne trépassé Contrairement au gisant représentant un personnage couché et endormi, dans une attitude béate ou souriante, le transi représente le défunt de façon réaliste, nu, voire en putréfaction.

Le transi qui git nu, à l’état de cadavre décomposé, nous rappelle la terrible vérité de la mort. On n’a plus le gisant paisiblement endormi, habillé et bien en chair, non, mais bel et bien un squelette ! On voit même quelquefois les incisions faites au moment de l’embaumement (Louis XII), des vers, les lambeaux de peau (René de Châlon)…

Argh, mais c’est terrible ! Quelquefois aussi, on représente le défunt vivant avec le transi en-dessous (le duc de Brézé à Rouen monte à cheval, Valentine Balbiani est couchée, en train de lire…), comme pour rendre le parallèle encore plus flagrant.

Petite sélection des plus beaux transis à travers la France

 

• Transi du cardinal Lagrange au musée d’Avignon (84)

• Transi de Catherine de Médicis au Louvre (75)
Œuvre Renaissance de l’Italien della Robbia, c’est le transi qui devait se trouver avec celui d’Henri II, dans le tombeau monumental de Saint-Denis. Seulement, lorsque la reine vit le transi, elle fut tellement choquée qu’elle arrêta nette son exécution ! Voilà pourquoi elle charge Germain Pilon de lui en faire un nouveau, moins décharné, qu’on voit aujourd’hui à Saint-Denis…

• Transi de Valentine Balbiani, Louvre (75)
Valentine, c’est l’épouse de René de Birague, chancelier de France sous le règne d’Henri III. On doit ce bas-relief en marbre à Germain Pilon, véritable génie de la sculpture Renaissance. Il faisait partie d’un ensemble monumental érigé dans l’église parisienne de Sainte-Catherine-du-Val-des-Ecoliers puis déménagé en 1783 dans l’église Saint-Paul de Paris.

La Révolution a détruit le tombeau, ne laissant « que » le gisant et son transi. Valentine a rendu son dernier soupir en 1572 à l’âge de 54 ans. On la voit allongée sur ses coussins, soulevée sur le coude gauche, dans ses beaux atours. Elle tient un livre de la main droite, un petit épagneul vient la voir pour jouer. En-dessous, le transi la représente non plus vivante mais bien morte…

Pilon l’a sculptée à moitié enveloppée d’un suaire, alors qu’on va l’ensevelir. Ses yeux sont fermés, ses cheveux longs se répandent sur ses épaules et sa poitrine. Alexandre Lenoir précise que deux figures en bronze portaient de petits écriteaux : « Morte n’est point qui vit au ciel » et « Qui bien aime tard oublie »…

Le petit épagneul revit ! Saviez-vous que le chien qu’on voit près du gisant a de fortes chances d’être celui à qui le neveu de René de Birague dédie ce poème, Epitaphe d’un petit chien de madame la chancelière de Birague ? « Ce petit chien aima tellement sa maîtresse Qu’après qu’elle eut quitté la terre pour les cieux, Le regret causa tant en son cœur de tristesse Qu’après trois jours laissa le vivre soucieux »…

• Duc de Brézé à la cathédrale de Rouen (76)

• Les transis de François Ier et de Louis XII à Saint-Denis (93)

https://fr.anecdotrip.com/anecdote/gisants-et-orants-de-france-par-vinaigrette

La dernière robe de Marie-Antoinette

La robe de Marie-Antoinette : un secret conservé à Avignon

Peu de gens le savent, même parmi les Avignonnais : la Métropole des Doms possède une chasuble taillée dans l’étoffe de la dernière tenue portée par la reine avant son exécution

La dernière tenue portée par la reine, le 16 octobre 1793, quelques heures avant son exécution en pleine révolution.

C’est un des secrets les mieux gardés d’Avignon. À deux pas du palais des papes, dans la sacristie de la métropole des Doms, dort depuis des années au fond d’un tiroir un vêtement particulièrement précieux. À proximité de la garde-robe traditionnelle des hommes d’Église, une majestueuse aube est soustraite à la vue des profanes.

Armé d’une grosse clé, l’abbé Bréhier, qui assure les offices, ouvre avec précaution l’armoire contenant la tunique pour nous la montrer, tout en lâchant, énigmatique : »L’histoire de cette aube est méconnue, ça se sait sans se savoir… »

Aix : un trésor de Marie-Antoinette à l’Hôtel d’Olivary

Cette chasuble violette conservée de manière anonyme par la Métropole a été confectionnée à partir d’une authentique robe de… Marie-Antoinette ! C’est même la dernière tenue qu’a portée l’épouse de Louis XVI, le 16 octobre 1793, quelques heures avant son exécution en pleine révolution française.

Une histoire fascinante

Pour comprendre comment ces précieux tissus sont arrivés à Avignon, il faut embarquer dans la machine à remonter le temps.

Retour en 1793. Le roi de France Louis XVI, condamné à mort par les révolutionnaires qui ne lui pardonnent pas sa tentative de départ à l’étranger (la fuite à Varennes), est exécuté le 21 janvier 1793 à Paris sur la place de la Révolution (actuelle place de la Concorde).

À l’été, Marie-Antoinette, prisonnière au Temple, est transférée à la Conciergerie. La reine déchue est surveillée en permanence. Elle est très affaiblie, et trouve du réconfort auprès d’une servante, Rosalie Lamorlière. »Avant son exécution, Marie Antoinette ôte sa robe violette, symbole de deuil et de pénitence, et la confie à sa fidèle servante. Elle se présentera devant son bourreau le 16 octobre 1793 en jupons blancs, la couleur de la royauté », explique l’abbé Bréhier, tout en contemplant l’aube. Rosalie Lamorlière aurait précieusement conservé la robe jusqu’à son départ de la Conciergerie en 1799. La servante aurait ensuite confié le vêtement à l’abbé Véran, prêtre originaire du Comtat qui résidait à Paris.

L’abbé Bréhier présente avec précaution la tunique : »L’histoire de cette aube est méconnue, ça se sait sans se savoir… »

De retour dans le Sud, le curé fait transformer la robe violette en aube pour célébrer la messe. Au début du XIXe siècle, l’évêque d’Avignon, Jean-François Périer, rachète le fameux vêtement pour reconstituer un patrimoine à la Métropole des Doms après la révolution. Depuis, cette aube n’est que très rarement exposée. Mais, lors de grandes occasions, les prêtres n’hésitent pas à la porter pour célébrer l’office. « La dernière fois que l’aube a été revêtue, c’est à l’occasion de la mort de Jean-Paul II en 2005. On essaie de la préserver », prévient l’abbé Bréhier.

Des doutes sur l’origine de la robe ?

« Il faut faire attention à l’origine des reliques de Marie-Antoinette, tempère Ludovic Miserole, auteur d’un roman sur Rosalie Lamorlière. Des souliers, des morceaux de vêtements, voire même des cheveux, beaucoup de pseudo-reliques circulent. » Malgré certaines zones d’ombre concernant quelques dates de cette histoire, l’Abbé Bréhier l’assure : le tissu est authentique. « Les laies de soie correspondent à l’époque. L’ornement a été contrôlé par un conservateur du musée des tissus de Lyon. »

Alors, pourquoi ne pas l’exposer à la vue de tous ? « Ce n’est pas sa vocation. La sacristie n’est pas un musée », conclut l’abbé.
Rosalie a soutenu la reine en prison

Elle a été le dernier soutien de la reine. Rosalie Lamorlière, servante à la Conciergerie de 1792 à 1799, a largement contribué à adoucir le séjour en geôle de Marie-Antoinette.  » Elle lui rapportait des fleurs, du linge chaud. Elle faisait même exprès de finir son service plus tard, pour que la reine bénéficie de la lumière de la cellule« , explique Ludovic Miserole, auteur de Rosalie Lamorlière, la dernière servante de Marie-Antoinette.

Rosalie Lamorlière, la dernière servante de Marie-Antoinette, un roman de Ludovic Miserole, toujours disponible aux éditions l’atelier Mosesu.

Une visite réservée aux initiés.

À l’intérieur de l’église, aucun panneau ni fléchage n’indique la présence du précieux vêtement. Seuls les connaisseurs demandent à visiter la sacristie. « On reçoit au moins une centaine de sollicitations par an pour voir le vêtement », calcule l’Abbé Bréhier. « Des groupes passionnés d’Histoire principalement. On essaie de les recevoir tout au long de l’année dans la mesure du possible ».

Source : Femina Provence

Une nouvelle tour de l’enceinte de Philippe Auguste

Tour-Philippe-Auguste1La découverte d’une nouvelle tour de l’enceinte de Philippe Auguste (fin du XIIe siècle) est un événement suffisamment rare pour être célébré. Habituellement, quand l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) effectue ce genre de fouille, elle convie la presse pour fêter l’événement. Mais, dans le cas présent, silence total. C’est en passant par hasard rue Mazarine, où un panneau plaqué contre un bâtiment de l’Institut de France indique l’existence de la fouille, que nous avons découvert le pot aux roses.

Tour-Philippe-Auguste2Enceinte de Philippe Auguste, Institut de France © Patrick Tourneboeuf OPPIC
Vestiges de l’enceinte de Philippe Auguste, Institut de France © Patrick Tourneboeuf OPPIC

Quelques coups de fil plus tard, nous en savons plus sur cette mystérieuse découverte qui a l’air de gêner toutes les parties prenantes. La découverte de la base d’une tour (elle aurait été arasée au XVIIIe siècle) et d’une portion de l’enceinte a été faite à l’occasion de la construction d’un nouvel auditorium dans l’Institut de France. Mais la trouvaille tombe très mal, car les travaux ont déjà pris beaucoup de retard. Maintenant que l’Inrap a achevé sa fouille préventive, que faire des vestiges ? Les recouvrir tout simplement de béton pour construire enfin l’auditorium ? Demander à l’architecte de revoir sa copie pour que les vieilles pierres soient mises en valeur et accessibles au public ? Le débat fait rage. On hésite. Les archéologues soulignent qu’ensevelir ses propres ruines quand le monde entier s’élève contre la destruction de Palmyre par Daech serait pour l’Institut de France un acte incompréhensible.

Même si la découverte n’est pas miraculeuse – il existe de nombreuses autres portions de l’enceinte –, elle possède un certain intérêt dans la mesure où le fondement de la tour montre parfaitement la méthode de la construction, ce qui n’est pas visible ailleurs. En revanche, les vestiges de l’enceinte ne sont pas de très bonne qualité, plaide l’institut. Beaucoup de pierres ne sont pas d’origine. Le maître d’ouvrage délégué – l’Oppic – a donc demandé à l’architecte (l’atelier Barani) de modifier son projet pour que seule la tour soit mise en valeur. On lui a demandé de remettre sa copie à la fin du mois de mai. En revanche, le doute plane sur l’avenir du reste de l’enceinte en mauvais état. Sera-t-elle conservée ou pas ? La décision n’est pas prise.

Tour-Philippe-Auguste3Enceinte de Philippe Auguste, Institut de France © Patrick Tourneboeuf OPPIC
Vestiges de l’enceinte de Philippe Auguste, Institut de France © Patrick Tourneboeuf OPPIC

Quand un accord sera enfin trouvé entre l’Institut de France et les archéologues, cela mettra fin à une polémique bien plus ancienne que la découverte de la tour elle-même. Cela faisait exactement 220 ans que l’Institut et la Monnaie de Paris se disputaient ce terrain. L’anecdote mérite d’être contée. En l’an IV de la République (1796), le jardin du directeur de l’institut est mis à la disposition de l’hôtel de la Monnaie voisin pour y installer les ateliers où la monnaie était frappée. Ce terrain de 1 500 mètres carrés est situé exactement au-dessus de l’ancien fossé creusé à la demande de Charles V à l’extérieur de l’enceinte de Philippe Auguste. En 1850, l’institut réclame la restitution de son bien. La Monnaie fait la sourde oreille. Il faudra attendre 2004 pour que l’État ordonne enfin la restitution de la parcelle dite de l’« an IV ». Celle-ci a lieu officiellement en 2012. L’institut peut alors lancer les travaux pour bâtir un auditorium de 350 places dont il a fort besoin. Le permis de construire est délivré le 25 juillet 2013.

Tour-Philippe-Auguste4Enceinte de Philippe Auguste, Institut de France © Patrick Tourneboeuf OPPIC
Vestiges de l’enceinte de Philippe Auguste, Institut de France © Patrick Tourneboeuf OPPIC

Comme la loi le prévoit sur tout chantier, l’Inrap mène des sondages et découvre ce à quoi il s’attendait : une portion d’enceinte et les fondations d’une tour. D’où un retard supplémentaire à prévoir pour approfondir les fouilles et la tentation de certains de recouvrir les vestiges pour lancer les travaux au plus vite. Aujourd’hui, l’Institut de France nous jure qu’il n’a jamais été question de cela. Les vestiges de la tour seront bien mis en valeur et accessibles au grand public. On n’en attendait pas moins…

Source : Le Point