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Annonce de la Messe par Lyon People le 20/01/2022

Lyon. Messe de requiem pour le roi Louis XVI

Photo de 2019

20/01/2022 | DERNIERE MINUTE | 0 | Le prince Rémy de Bourbon Parme, toujours fidèle au rendez-vous lyonnais – Photo DR

Texte : Marc de Jouvencel. Une cérémonie est programmée à Lyon pour célébrer la mémoire du souverain français assassiné le 21 janvier 1793.

Chaque année, les habitants de la capitale des Gaules sont invités à se recueillir en mémoire du roi martyr et des 1600 Lyonnais fusillés ou guillotinés par les révolutionnaires à l’issue du siège de Lyon. Les royalistes légitimistes qui avaient été contraints d’annuler la cérémonie l’an dernier pour cause de covid se retrouvent samedi 22 janvier 2022 à 10h30 à la basilique Saint Bonaventure (place des Cordeliers – Lyon 2 – Métro Cordeliers).

La messe sera célébrée sous la présidence du recteur et en présence de S.A.R. Le Prince Rémy de Bourbon Parme avec la participation des trompes de chasse de La Diane Lyonnaise. La cérémonie qui rassemble en période normale plus de 200 personnes est organisée par l’association Présence du Souvenir Bourbonien en Rhône-Alpes.

Renseignements : www.psbenlyonnais.fr et 06 76 79 63 60

Du côté des orléanistes de l’Action Française, pas d’annonce de messe à l’heure où nous bouclons cet article, mais une galette des rois, vendredi 21 janvier « afin de nous retrouver et nous souvenir de notre roi Louis XVI« précisent les fidèles de Charles Maurras sur leur page Facebook. Pas de messe non plus à la collégiale Saint Just (Lyon 5) administrée par la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre. Décidément, tout se perd, même chez les tradis…

Louis XVI rédigeant son testament ; gravure de George Keating ; 1798 – source Gallica BnF

Le testament du roi Louis XVI, un texte magnifique et méconnu, est consultable ici

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Message du Prince Louis de BOURBON

« Montjoie Saint-Denis ! » : pour 2022, Louis XX appelle la France à « une nouvelle renaissance »

Vexilla Galliae

louis xx de bourbon

Merveilleuse alchimie de la société française toute en équilibre et harmonie. Entre le ciel et la terre, entre le bien commun et l’égoïsme individuel. À l’image de Noël et du jour de l’An. Noël, la fête chrétienne de la naissance du Christ venu sauver le monde qui en a tant besoin ; les étrennes du Nouvel An, pour revenir sur terre et penser à soi. Les deux faces d’une même humanité. Rendre à Dieu et rendre à César ! Janvier, le temps des vœux, des bonnes résolutions, des compteurs remis à zéro pour repartir et pour s’ouvrir à l’avenir et le préparer. Avenir individuel si préoccupant pour chacun et pour les familles, mais encore plus pour notre cher et vieux pays.

N’est-il pas frappé par les crises sanitaire et économique ? N’est-il pas, plus gravement encore, atteint d’une sorte de doute sur son avenir même, qui entraîne une remise en cause existentielle ? La France dont certains de ses enfants semblent renier un passé plus que glorieux longtemps exalté et qu’ils feignent parfois de récuser ou d’oublier, alors que nombre de nations nous jalousent en l’admirant. Sans ce fondement fort, fruit des siècles de l’œuvre collective menée du roi au plus humble des sujets, l’avenir paraît parfois bien incertain tant il est fait de doutes et d’interrogations. Pourtant il ne s’agit pas d’être dans la nostalgie du temps d’avant.

Ce culte du passé pour lui-même n’est pas dans notre tradition. Pour sortir de la crise, il y a nécessité de retrouver l’énergie conquérante de ceux qui nous ont précédés et de redéfinir un projet de société. De retrouver le sens d’une communauté de destin. Allons ! Français, ayons du cœur et de l’énergie. Montjoie Saint-Denis ! Faire le contraire ne serait ni très capétien ni français !

Notre pays doit aborder la période actuelle comme l’occasion de s’ouvrir à une nouvelle Renaissance — comme l’est par nature la naissance du Christ, qui marque le début de l’histoire moderne du monde. Ce n’est pas rien, d’autant que la France a choisi aussi il y a quinze siècles de faire coïncider sa naissance officielle avec le baptême de Clovis à la Noël 496. Que de symboles pour retrouver espérance et volonté de se renouveler.

En ces premiers jours de l’année, faisons un vœu, un vœu collectif, d’une France qui, fidèle à ses traditions, son histoire et ses racines, profite des épreuves actuelles pour rebondir. Une France qui, de nouveau, se met à s’aimer elle-même à la fois pour ce qu’elle est mais aussi pour ce qu’elle peut apporter aux autres nations. N’est-ce pas, en effet, le monde entier qui est en attente et l’Europe tout particulièrement ? Mais pour espérer, ne faut-il pas un modèle ?

La France, inspirée par sa vision universaliste née de son baptême, a sur ce point un rôle à jouer. Faisons qu’elle retrouve le sens de sa mission, appuyée sur un régime sachant concilier le bien commun, sans lequel il n’y a pas de vie sociale ni la garantie des libertés individuelles, avec le développement pour tous afin de ne laisser personne en dehors. Que la France redevienne fière de son double héritage, gréco-romain d’une part et chrétien d’autre part — César et Dieu, encore une fois —, pour garantir l’harmonie sociale. Qu’elle sache exalter les grandeurs léguées par son histoire riche de quinze siècles, pour inspirer l’avenir.

Il est des moments où savoir regarder dans le miroir du passé, où se mêlent grands hommes et événements exaltants, permet de retrouver les énergies nécessaires pour construire demain, pour redonner du sens à une destinée commune.

Puisqu’il y a des échéances électorales avec des propositions qui, par nature, feront appel à une certaine démagogie, pourquoi ne pas chercher à élever le débat ? À échapper aux approches partisanes et donc réductrices, aux petits calculs, aux programmes qui se résument à des formules chocs, aux promesses qui seront bien vite oubliées. N’est-ce pas le moment de placer la barre plus haut ? Qu’est-ce qui sera le bon et le bien pour la France et les Français de demain ? Sur le long terme. Voir juste et voir loin.

Revenir aux fondamentaux si malmenés ces dernières décennies : faire du bien commun l’objectif de l’action ; défendre la famille naturelle en respectant l’éthique et le droit naturel ; affirmer la primauté de la vie humaine, de la conception à la mort ; exalter le beau ; revenir à la vérité et au réalisme en politique en oubliant le relativisme et les idéalismes dictés par les passions éphémères.

En politique, cela correspond à des réalités bien concrètes : souveraineté retrouvée, ce qui est possible grâce à la valeur de nos armes, à notre immense domaine maritime réparti sur les cinq continents, à notre langue, une des rares à être encore mondiales, à notre technologie de pointe en de nombreux domaines ; sécurité assurée et retrouvée pour tous, une des premières missions régaliennes largement bafouée par les territoires de non-droit et les communautarismes réducteurs ; justice garantissant les droits des faibles et des victimes… En un mot, avoir des ambitions ! Maîtriser son destin ! Être la France.

C’est ainsi que les Français l’aiment. Ils le rappelleront, n’en doutons pas, lors des prochaines échéances, pour écrire une nouvelle page de son avenir.

Louis, duc d’Anjou
De jure, Louis XX

Éditorial publié dans Valeurs Actuelles n° 4441, 5 janvier 2022.

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Louis XVI le réformateur

«Réhabilitons la mémoire du grand réformateur de son temps que fut Louis XVI !»

Par Gérard de Cortanze

Publié le 21/01/2022 à 18:21, Mis à jour le 22/01/2022 à 11:52

Dans un discours à Nantes le 16 janvier 2022, Jean-Luc Mélenchon affirme que s’il était Nantais, il militerait pour déboulonner la statue du monarque derrière la cathédrale.

FIGAROVOX/TRIBUNE – Lors de son meeting du 16 janvier, Jean-Luc Mélenchon affirmait que s’il était Nantais, il militerait pour déboulonner la statue de Louis XVI. En ce jour d’anniversaire de la mort du Roi, l’écrivain Gérard de Cortanze honore la mémoire d’un monarque grand et juste, qu’il considère malmené par la postérité.

Gérard de Cortanze est écrivain. Il publie Le Roi qui voulait voir la mer (Albin Michel, 2021) dans lequel il raconte la visite que Louis XVI fit à Cherbourg en juin 1786. Il nous fait découvrir un Louis XVI tel qu’on ne l’a encore jamais vu.


Jean-Luc Mélenchon a, pour reprendre une de ses expressions favorites, des pudeurs de gazelle. Lors d’un récent voyage à Nantes il a dû prononcer son discours à l’ombre d’une statue de Louis XVI. Telle une vierge effarouchée, il s’est écrié : «Comment peut-on tolérer un monument à la gloire d’une personne de l’Ancien régime qui ne respectait pas la souveraineté du peuple ! Si ça ne tenait qu’à moi, je la déboulonnerais !» Il n’est pas le seul. Benoit Arrivé, maire de Cherbourg, ville qui accueillit Louis XVI venu visiter le chantier de la grande rade, en juin 1786, a répondu favorablement à une demande de l’Union CGT de la Manche : rebaptiser la rue Louis XVI en rue Gisèle Halimi…

Louis XVI est ce qu’on appelle en psychanalyse le mauvais objet : celui sur lequel se concentrent toutes les frustrations et la colère d’une époque. Il y a quelque chose de fascinant dans le destin tragique de ce roi présenté comme petit et grassouillet, alors qu’il mesurait 1m90, et qu’on dit inculte alors qu’il parlait cinq langues. Faut-il rappeler, qu’outre l’art de gouverner, ses professeurs lui avaient enseigné la rhétorique, l’écriture, l’histoire, la danse, le violon mais surtout avaient privilégié les disciplines scientifiques : l’anatomie, la physique, les mathématiques. Dans ses appartements, il s’était aménagé un laboratoire de chimie, un cabinet de géographie et une bibliothèque comprenant plus de 40.000 volumes.

On ne dira jamais assez que les grands changements engagés par Louis XVI avaient déjà permis à la monarchie de prendre le tournant égalitaire dont la Révolution allait revendiquer la paternité.

Gérard de Cortanze

Je ne suis ni royaliste ni nostalgique de la monarchie, aussi puis-je affirmer qu’il serait temps aujourd’hui de réhabiliter non pas un monarque mais un homme qui fut un des grands réformateurs de son temps et à mon sens, bien plus « révolutionnaire » que ceux qui ont décidé de le guillotiner parce qu’il était un « coupable de la dernière classe de l’humanité ».

On ne dira jamais assez que les grands changements engagés par Louis XVI avaient déjà permis à la monarchie de prendre le tournant égalitaire dont la Révolution allait revendiquer la paternité. Beaucoup de ses mesures constituant autant d’avancées sociales, administratives, fiscales, voire franchement libérales.

Faut-il rappeler que Louis XVI – humaniste plus à l’aise avec les humbles que parmi ses courtisans – fut le premier à formuler dans ses Réflexions qu’un « bon roi ne doit avoir d’autre objet que de rendre son peuple heureux » ? La liste de ses réformes, accomplies en moins de quinze ans, est exceptionnelle : création des assemblées provinciales, doublement de la représentation du tiers-état, abolition de la corvée, amorce d’une meilleure répartition de l’impôt, suppression de plus de 400 charges de la maison du roi.

Ainsi, finance-t-il sur ses propres deniers les recherches de l’abbé de l’Épée dans son œuvre pour l’éducation des sourds-muets, celles de Valentin Hauy pour les aveugles, et décide-t-il de faire construire à ses frais des infirmeries dans les prisons.

Gérard de Cortanze

Il ne s’interdit aucun secteur d’intervention. Justice : procédures criminelles moins rigoureuses, abolition de la torture, droits nouveaux donnés aux justiciables, fin programmée des justices seigneuriales et d’exception. Société : droit donné aux femmes de toucher leur pension sans l’autorisation de leurs maris, accès à l’état-civil aux protestants, exemption du péage corporel et autres droits humiliants à l’encontre des juifs. Si ses interventions dans le domaine de la vie quotidienne témoignent d’une humanité profonde – aménagements de l’hôtel-Dieu pour que chaque malade ait son lit individuel, fondation d’hôpitaux dédiés aux enfants malades, développement de la vaccination, création du mont-de-piété –, elles montrent aussi combien cet homme, dont on disait qu’il « vivait sur un fond d’ignorance », était très à l’écoute du monde de l’exclusion. Ainsi, finance-t-il sur ses propres deniers les recherches de l’abbé de l’Épée dans son œuvre pour l’éducation des sourds-muets, celles de Valentin Hauy pour les aveugles, et décide-t-il de faire construire à ses frais des infirmeries dans les prisons.

Affirmer que Louis XVI « ne respecte pas son peuple » est une contre-vérité historique. Quant à l’homme d’État, ce fut un visionnaire. Il aida, on le sait, les États-Unis dans leur guerre d’Indépendance et réussit ce prodige d’avoir en quelques années su faire de la marine française l’égale de la flotte anglaise. Tourné résolument vers l’avenir, il finança les expériences d’aérostation des frères Montgolfier ainsi que l’adaptation de la machine à vapeur à la navigation et s’engagea dans le domaine de la culture en créant le droit de propriété des auteurs et compositeurs de musique, l’École de danse et de musique de l’Opéra de Paris, le musée des Sciences et des Techniques, le musée de sculptures et de peintures du Louvre et entreprit la restauration des ruines romaines de Nîmes et d’Orange !

Le temps ne serait-il pas venu de réhabiliter un roi qui inventa le terme de « justice sociale » ?

Gérard de Cortanze

https://www.lefigaro.fr/vox/histoire/rehabilitons-la-memoire-du-grand-reformateur-de-son-temps-que-fut-louis-xvi-20220121

Jeune roi de 20 ans, il avait, en 1774, envisagé d’abolir l’esclavage. Extraordinaire cartographe qui avait dressé la carte du voyage de La Pérouse autour du monde, il se mit à Cherbourg, face à la mer, à rêver à une société plus juste. La barbarie révolutionnaire empêcha ce jeune roi de 38 ans de mener son projet à bien. Jean-Luc Mélenchon, en voulant, une seconde fois guillotiner Louis XVI, ne fait rien d’autre que de continuer à perpétrer une image d’Épinal aussi mensongère que caricaturale. Le temps ne serait-il pas venu de réhabiliter un roi qui inventa le terme de «justice sociale» ?

À VOIR AUSSI – La chapelle expiatoire, monument à la mémoire de Louis XVI et Marie-Antoinette, livre ses secrets

https://video.lefigaro.fr/figaro/video/la-chapelle-expiatoire-monument-a-la-memoire-de-louis-xvi-et-marie-antoinette-livre-ses-secrets/5980530532001/

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Histoire de Calice

Les péripéties du calice utilisé lors de la dernière messe de Louis XVI

Calice de Notre Dame des Victoires à Paris

Caroline Becker – publié le 20/01/22

Les églises de Notre-Dame des Victoires à Paris et de Saint-Pierre-et-Saint-Michel à Saint-Urcize (Cantal) assurent toutes les deux conserver le calice utilisé lors de la dernière messe de Louis XVI, le 21 janvier 1793. Mais lequel est le vrai ?

Nous sommes le 21 janvier 1793. Enfermé à la prison du Temple, le roi Louis XVI s’apprête à être exécuté sur l’échafaud. Mais avant de rejoindre le Ciel, le monarque désire se préparer à paraître devant Dieu. La veille, il a demandé trois jours pour pouvoir accomplir son devoir de chrétien mais la requête lui avait été refusée. On lui concède uniquement le droit de se confesser auprès du prêtre de son choix. C’est l’abbé Edgeworth de Firmont, prêtre d’origine irlandaise et contre-révolutionnaire, que Louis XVI choisit pour l’accompagner durant ces dernières heures. Depuis 1791, ce dernier est le confesseur de Madame Elisabeth, sœur du roi. Le 20 janvier au soir, à 18h, l’abbé se présente — en habit civil, la soutane n’étant plus autorisée depuis avril 1792 — à la prison du Temple pour y demeurer jusqu’à l’exécution du roi. 

Louis XVI se prépare à assister à sa dernière messe

Le 21 janvier, Louis XVI est très matinal. Debout depuis 5h du matin, il se prépare en compagnie de Cléry, son valet de chambre, et exécute sa toute dernière confession à 6h du matin. Durant ces confidences privées, Cléry en profite pour aménager dans la chambre, à l’aide d’une commode, un modeste autel qui servira à l’abbé Firmont pour célébrer la dernière messe à laquelle assistera le roi. Une messe rendue possible grâce à l’abbé qui, la veille, a réussi à convaincre les commissaires de se procurer les objets liturgiques nécessaires à la célébration. À son arrivée à la prison, l’abbé n’ose venir avec une custode de peur que celle-ci soit profanée, mais aux Tuileries, on accède néanmoins à sa demande.

CALICE DE SAINT-URCIZELe calice de Saint-Urcize dans le Cantal.

© POP, Ministère de la Culture

Seule condition, les commissaires iront chercher eux-mêmes les objets et ornements sacerdotaux. Pour cela, ils se rendent dans l’église ouverte la plus proche, celle des Capucins du Marais, située à quelques rues, devenue aujourd’hui la cathédrale Sainte-Croix de Paris des Arméniens. À leur retour, ils confient à l’abbé les nappes, vases sacrés, hosties, vin et une magnifique chasuble d’or. Une fois revêtu de l’habit, et assisté de Cléry qui fait office de servant d’autel, l’abbé Firmont célèbre la messe et donne la communion au corps et au sang du Christ à Louis XVI qui la reçoit à genoux. À 8h, il est temps de partir. Le roi monte dans la voiture qui l’emmène vers son funeste destin. Sur l’échafaud, alors que le couperet s’apprête à tomber, l’abbé prononce ces derniers mots : « Fils de saint Louis, montez au Ciel ! » À 10h22, Louis XVI, 39 ans, a rejoint le Ciel. 

231 ans après sa mort, les quelques objets ayant côtoyé les dernières heures du roi demeurent de précieux et émouvants témoignages de la foi profonde qui a animé le roi jusque dans ses derniers instants. En témoigne la chasuble d’or conservée précieusement dans la sacristie de l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à Paris ou encore le dernier calice que les lèvres du roi ont effleuré. Le calice ou les calices… ?  Car l’Histoire nous apprend que deux églises en France se disputent l’authenticité du calice de cette dernière messe de Louis XVI. 

Deux calices

Deux calices donc, conservés bien loin l’un de l’autre. Le premier se trouve dans le Trésor de la petite église romane Saint-Pierre-et-Saint-Michel de Saint-Urcize dans le Cantal, au cœur de l’Aubrac. Il est abrité dans une petite niche du transept et protégé par une vitre blindée. Classé monument historique en 1980, ce calice, en argent et vermeil, est l’œuvre d’un orfèvre parisien du début du XVIIIe siècle. L’Histoire raconte, encouragée par un érudit local, qu’il aurait été donné par l’abbé Saint-Pée d’Amon à Pierre-Jean Ipcher, curé de Saint-Urcize, au début du XIXe siècle, en raison de leurs liens familiaux. Mais comment le calice a-t-il pu se retrouver dans les mains de ce fameux abbé Saint-Pée d’Amon ? Celui-ci l’aurait acheté par « l’entremise d’un ami », selon la notice historique du Ministère de la Culture. Bien que l’histoire soit belle, il s’avère peu probable qu’il s’agisse du vrai calice de Louis XVI et le manque de sources solides oblige à écarter une telle hypothèse. Les incohérences chronologiques, affichées dans l’église, confirment d’ailleurs le flou autour de cette histoire. La notice raconte que le calice aurait été offert en cadeau par l’abbé Saint-Pée d’Amon au curé de Saint-Urcize à l’occasion de sa toute première messe. Pourtant, si l’on s’attarde sur l’âge du curé de Saint-Urcize, celui-ci, né en 1761, a sans doute été ordonné prêtre à moins de 30 ans (comme il était courant à l’époque), soit dans les années 1780. Impossible donc, que sa toute première messe ait été célébrée après le 21 janvier 1793. 

La seconde église qui se défend de posséder le calice de Louis XVI est Notre-Dame des Victoires à Paris. Une hypothèse bien plus probable au regard de l’Histoire et des événements qui ont suivi l’exécution du roi. Interrogé par Aleteia, Noël Stassinet, qui a écrit un article sur le sujet dans la revue du Souvenir Chouan de Bretagne, est lui-même convaincu que le vrai calice est aujourd’hui conservé à Notre-Dame des Victoires. « Après l’exécution du roi, l’abbé Edgeworth de Firmont s’est enfui pour éviter les représailles. Les vêtements et objets liturgiques sont donc restés dans la prison du Temple et, on peut facilement imaginer qu’ils ont été récupérés par le prêtre de l’église des capucins du Marais. » Lors de la désaffectation de l’église, tous les objets sont alors dispersés dans les églises voisines et c’est sans doute, à cette époque, que le calice arrive à Notre-Dame des Victoires. 

Une calice remis entre les mains de Charles X ?

Également interrogée, l’archiviste de Notre-Dame des Victoires, évoque, quant à elle, une toute autre histoire. L’abbé Edgeworth de Firmont aurait lui-même donné le calice à l’archevêque de Reims qui l’aurait ensuite transmis au roi Charles X. C’est ensuite Xavier de Bourbon Parme, descendant du roi, qui en serait devenu propriétaire, par transmission familiale, avant que le calice ne soit remis entre les mains du cardinal Verdier, archevêque de Paris. « C’est le cardinal Verdier qui a décidé de mettre le calice à Notre-Dame-des-Victoires dans les années 1930 », raconte l’archiviste.  

Si le mystère demeure quant à la véritable destinée des objets sacrés, la présence de ces deux calices a le mérite de rappeler à nos mémoires, cette émouvante dernière messe du roi Louis XVI. Une messe simple et modeste qui a fait du roi, ce matin-là, non plus un souverain mais un chrétien ordinaire entièrement absorbé par ses devoirs religieux dans l’espoir de sauver son âme et dans l’attente imminente de sa rencontre avec Dieu.

https://fr.aleteia.org/2022/01/20/les-peripeties-du-calice-de-la-derniere-messe-de-louis-xvi/

https://fr.aleteia.org – site toujours aussi intéressant

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