2 Septembre 2023 Le Mont des Alouettes – Vendée

Jubilé de la Vendée : entretien avec Pascal Théry

Par Michel Janva le 27 août 2023

Jubilé de la Vendée : entretien avec Pascal Théry

Entretien exclusif avec Pascal Théry, Secrétaire général du Jubilé de la Vendée :

Bonjour Pascal Théry, Les lecteurs du Salon Beige vous connaissent déjà bien. Pouvez-vous nous présenter le Jubilé de la Vendée, l’événement que vous organisez avec un autre ami du Salon Beige, Grégoire Boucher, au Mont des Alouettes, samedi 2 septembre prochain ?

Pascal Théry : Il y a 200 ans, la duchesse d’Angoulême, Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI, fait une tournée en province. Après plus de 25 ans de bouleversements et de désolations, cette tournée, organisée à la demande de son oncle, Louis XVIII, est un symbole de réconciliation et d’espoir. Le 18 septembre 1823, elle honore plus de 10 000 combattants, vendéens et chouans, et demande la construction d’une chapelle du souvenir. Le Mont des Alouettes, « colline inspirée » de la Vendée, est un lieu d’élévation spirituelle comportant de nombreux symboles des traditions et de la foi. L’association Jubilé de la Vendée, créée pour commémorer cet événement, permet de réunir autour de cet objectif commun de nombreuses personnalités et associations qui gardent pour autant chacune leur spécificité en faisant toutes un travail remarquable.

C’est donc une grande fête d’amitié française à laquelle toutes les familles sont conviées ? Pouvez-vous nous dire comment se déroulera cette journée ?

Pascal Théry : Après deux cérémonies à la chapelle du souvenir en mémoire de la Duchesse d’Angoulême et à la stèle dédiée à son père, le bon roi martyre, nous aurons à 10h une Grand-Messe célébrée par Don Louis-Marie, le révérendissime Père-Abbé de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, puis à 12h des allocutions de différentes personnalités. Pour le déjeuner, des stands de produits régionaux et une buvette permettront de compléter un pique-nique à apporter. L’après-midi seront présentés un spectacle de danse traditionnelle et des chants par le célèbre ensemble Canto. À 18h nous vous proposons un cocktail de gala, Espace Herbauges aux Herbiers, au pied du Mont, et à 20h30 un concert spirituel offert par l’ensemble Lux Amoris dans l’église Saint-Pierre qui se trouve à côté. Une belle journée de mémoire, de prière, mais aussi festive et familiale à ne pas rater ! Vous trouverez toutes les informations sur le site www.jubiledelavendee.fr

Les célèbres Journées Chouannes sont organisées par Chiré ce même week-end en Vendée ; sera-t-il possible de participer aux deux événements ?

Pascal Théry : Nous avions à cœur de recevoir le Prince Louis de Bourbon, aînée de la maison de Bourbon et plus proche parent de Marie-Thérèse de France, et de son père Louis XVI, afin de commémorer avec éclat cet événement. Nous avions proposé d’autres dates mais c’est la seule qui a été possible. Nous vous encourageons donc à venir célébrer cet événement historique en Vendée le samedi, et à profiter du dimanche pour participer aux Journées Chouannes dans le Poitou qui est proche.

« Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest aujourd’hui pour un observateur extérieur ». Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement. » Paroles prophétiques du géant Alexandre Soljenitsyne, prononcée à Harvard, en 1978, quelques années avant sa venue au Mont des Alouettes, pour commémorer le bicentenaire des martyrs du génocide vendéen… Est-ce ce courage que vous voulez ranimer à l’occasion du Jubilé de la Vendée que vous organisez avec un certain panache le 2 septembre prochain, jour où l’Eglise commémore précisément les martyrs de septembre, au cœur de cette terre de géants et de genêts en fleur ?

Pascal Théry  : Vous avez cité le grand Soljenitsyne, prophète qui a bien décrit comment la Révolution française a été la matrice de toutes les pires révolutions dans le monde, notamment la Révolution bolchevique. Pour ranimer un courage je pense qu’il faut d’abord faire mémoire du courage des anciens, ce qui peut nous donner un peu de force. Je citerai le « Roi de la Vendée », François Athanase Charette, qui dans ses derniers jours déclarait à l’officier bleu le conduisant : « Monsieur, rien ne se perd jamais ». Sa famille présente avec nous ce jour-là sera un vivant témoignage de cette mémoire du courage. De cette « mémoire du future », pour rendre hommage au travail de notre infatigable ami Reynald Secher. Il faut en effet savoir se fixer des objectifs élevés, des valeurs qui nous transcendent, seuls capables de susciter un courage futur pouvant comporter de grands sacrifices. La présence des personnalités que la Providence nous permet de réunir samedi prochain nous montre cet idéal de civilisation chrétienne, de la France Fille aînée de l’Église qui, malgré toutes les apparences bien pesantes aujourd’hui, aura certainement bientôt un nouveau rôle à jouer pour défendre cette civilisation. N’en doutons pas. Et puis ne pas oublier le grand message de Sainte Jeanne d’Arc : pour espérer une victoire donnée par Dieu, il nous faut d’abord combattre !

On annonce beaucoup de monde au Mont des Alouettes samedi prochain. Pouvez-vous nous présenter rapidement qui seront les principales personnalités qui seront présentes, et les nombreuses associations et partenaires ?

Pascal Théry : Outre le Prince Louis de Bourbon et Dom Louis-Marie, nous aurons le Duc de Bauffremont, président de l’Institut de la Maison de Bourbon, des représentants du Souvenir Vendéen, de Mémoire du Futur, l’association de Reynald Secher, du Cercle Charrette, présidé par Yannick de Charette, du cercle Jean-Pierre Calloc’h du Morbihan, du cercle Chateaubriand, de l’ARLV, association royaliste légitimiste de Vendée, de l’UCLF, union des cercles légitimistes de France…

Nous aurons aussi notre cher et fidèle ami le père Argouarc’h, de la Sainte Croix de Riaumont, des écrivains, ainsi que des responsables politiques du département et des membres du clergé du diocèse qui ont été largement invités.

Un dernier mot pour les lecteurs du Salon Beige avant de les retrouver au Mont des Alouettes ?

Pascal Théry : Saint-Exupéry écrivait :

« Il n’y a qu’un problème, un seul de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien ».

Nous aurons la grande joie d’entendre ce chant grégorien lors de la Sainte-Messe du moine bénédictin. L’écrivain ajoutait :

« Quiconque porte dans le cœur une cathédrale à bâtir, est déjà vainqueur ».

Ce jour-là, le Mont des Alouettes sera notre cathédrale !

https://lesalonbeige.fr/jubile-de-la-vendee-entretien-avec-pascal-thery/

Réouverture de l’appartement intérieur de Marie-Antoinette

Les appartements privés de Marie-Antoinette, dont le second étage vient d’être entièrement restauré, sont à découvrir jusqu’au 9 juillet au château de Versailles.

À partir du 27 juin 2023, le château de Versailles propose au public de redécouvrir un ensemble de pièces parmi les plus secrètes de l’ancienne résidence royale : les cabinets intérieurs de la Reine. Le résultat de plusieurs années de recherches et de restauration permet aujourd’hui de retrouver la cohérence et la richesse d’un espace éminemment féminin se déployant sur deux étages du Château. 

Le cabinet de la Méridienne, la bibliothèque et le cabinet doré

Derrière les lambris dorés et les tentures de soierie du grand appartement de la Reine se cache, sur deux étages, un ensemble de pièces aux dimensions modestes et dont les fenêtres donnent sur de petites cours intérieures. Il s’agit du petit appartement de la Reine, que Marie-Antoinette commence à aménager à partir de 1774.

Le boudoir dit de la Méridienne, au premier étage, des appartements privés de Marie-Antoinette. © (Photo Château de Versailles, T. Garnier)

Le cabinet privé de Marie-Antoinette, dit « cabinet doré », au premier étage de ses appartements privés. © (Photo Château de Versailles, T. Garnier)

Le premier étage de ces espaces personnels comporte des pièces qui étaient réservées à l’usage de la souveraine. Un cabinet dit « de la Méridienne » – nommé ainsi en raison de l’ottomane placée dans une alcôve garnie de glaces au teint – fut aménagé en 1781 pour Marie-Antoinette. Cette pièce présente l’un des décors les plus précieux du Château, rappelant la félicité du couple royal au moment de la naissance de leur premier fils. Un long travail de recherche mené par la conservation a permis la restitution du dernier état textile de couleur lilas aux différents tons de vert qui ornait la pièce sous Marie-Antoinette.

La bibliothèque adjacente, récemment restaurée elle aussi, présente un décor d’une grande finesse, datant également de 1781 : dorures en trois tons, portes dissimulées par de fausses reliures et ingénieuses étagères soutenues par des crémaillières signent cette singulière pièce. Les restaurations du cabinet de la Méridienne et de la bibliothèque ont été rendues possibles grâce à un mécénat de la Société des Amis de Versailles.

Ensuite se trouve le grand cabinet intérieur ou cabinet doré. Marie-Antoinette y fit tendre en 1779 une soierie d’une richesse prodigieuse au décor de fleurs, arabesques et médaillons dorés, remplacée en 1784 par un nouveau décor de boiseries sculptées inspirées par l’égyptomanie naissante. Ce décor donna dès lors le nom de « Cabinet doré » à la pièce, qui bénéficia il y a quelques années d’une restauration complète.

Le second étage, un air de liberté

La salle à manger, au deuxième étage des appartements privés de Marie-Antoinette, une autre des pièces entièrement rénovées. © (Photo Château de Versailles, S. Giles)

Juste au-dessus du premier étage, la reine aménagea, dès 1774, un ensemble de petites pièces réservées à son usage ainsi qu’à ses premières femmes de chambre et à son service. Les deux étages étaient reliés par de petits escaliers, dont celui dit du Billard, situé derrière l’alcôve de sa Grande Chambre. Après une longue recherche archivistique sur l’usage et la hiérarchie de ces pièces ainsi que sur la toile de Jouy originale et sa production à cette époque, l’ensemble de ces pièces a été restauré, pourvu d’un nouveau décor textile et remeublé. 

Le public est invité à découvrir un nouvel aménagement évoquant la vie intime de Marie-Antoinette. Les espaces se composent ainsi : deux pièces « à la Reine », c’est-à-dire une salle à manger et un boudoir, un cabinet du Billard (un jeu dont la cour raffolait depuis Louis XIV) devenu salon de compagnie, trois pièces dévolues aux Premières femmes de chambre et trois pièces pour le service. La restitution des toiles de Jouy, élément central du réaménagement du deuxième étage, a été réalisée pour la plupart selon la technique traditionnelle au cadre plat, mettant en valeur la préservation des métiers d’art, grâce au mécénat et au savoir-faire de la Maison Pierre Frey. Ainsi, les pièces à la Reine sont par exemple décorées de la toile au Grand Ananas, l’une des plus belles productions de la Manufacture de Jouy au XVIIIe siècle. 

Ces pièces ont été remeublées avec de nouvelles acquisitions et un ensemble de meubles et d’objets d’art restaurés et regarnis. Chaque espace évoque un pan de vie de la souveraine : Madame Campan, sa Première femme de chambre, son entourage notamment les princesses de Chimay et de Lamballe, la famille royale et sa relation de grande proximité avec ses enfants. Une pièce présentera des échantillons de textiles du XVIIIe de ces cabinets, et une dernière pièce dédiée au souvenir de la souveraine.

Marie-Antoinette et son besoin d’intimité

Peu de temps après son arrivée à Versailles en 1770, Marie-Antoinette prit possession de l’appartement de Marie Leszczynska au premier étage ainsi que de quelques cabinets privés situés au revers. Audacieuse, d’un goût très sûr et consciente de son rang d’archiduchesse d’Autriche et de future reine de France, elle ordonna très tôt des travaux d’embellissement. Ses exigences et son impatience attirèrent même la désapprobation du Premier architecte du roi Ange Jacques Gabriel. 

Ces multiples aménagements qui se poursuivirent à un rythme croissant trahissaient aussi le besoin d’intimité d’une jeune femme vive et naturellement encline à l’indépendance. Dans ces cabinets, véritable lieu de vie de la reine, à l’accès contrôlé, Marie-Antoinette se reposait des fatigues de la cour et recevait ses enfants et un cercle d’amis choisis.

Jusqu’en 1788, elle n’aura de cesse de transformer, étendre, aménager, enjoliver ses cabinets, le décor étant sa vraie passion. Elle fit donner à ces pièces un ameublement des plus élégants, témoin de l’harmonie et de la perfection des arts décoratifs français à la fin de l’Ancien Régime.

“Ces salles, dans lesquelles seuls quelques amis et son entourage proche ont été admis, si petites qu’elles ne peuvent être vues que par des groupes de 10 personnes au maximum, respirent la légèreté”, a déclaré la présidente de Versailles, Catherine Pégard, au Guardian.

Antoinette, née archiduchesse d’Autriche avant de devenir la dernière reine de France, s’installe à Versailles à l’âge de 14 ans pour épouser son futur mari et roi, Louis XVI.

Après son couronnement en 1774, elle a commencé à superviser personnellement la rénovation de l’appartement, un processus ardu qui s’est poursuivi jusqu’en 1788, juste un an avant qu’elle ne soit forcée de quitter le palais avec son mari et ses enfants par des citoyens enragés.

(Louis a été guillotiné le 21 janvier 1793, Marie-Antoinette le 16 octobre.)

Informations pratiques

Programmation exceptionnelle
Durant deux semaines, le château de Versailles proposera 12 visites guidées par jour pour découvrir l’appartement intérieur de la Reine restauré et remeublé.
information et réservation : chateauversailles.fr

Dossier de presse

Téléchargement

https://www.chateauversailles.fr/presse/restaurations/reouverture-appartement-interieur-marie-antoinette

Madame Elisabeth

Élisabeth Philippine Marie Hélène de France

dite Mme ELISABETH

 La-princesse-meconnue-Madame-Elisabeth-fait-l-objet-d-une-exposition-a-Versailles_article_main

SA NAISSANCE

Née le 3.05.1764 à Versailles

SES PARENTS

Louis de France  dauphin , qui décède de la tuberculose, alors qu’elle a 1 an en 1765  et

Marie Josèphe de Saxe (2ème épouse) qui aura 8 enfants, et qui décède en 1767, alors qu’elle n’a que 3 ans. Décédés tous les 2 à l’âge de 36 ans. Elle était leur dernier enfant

Marie Josephe de Saxe

Par Jean Marc Nattier, Acquisition du Château de Versailles en Janvier 2013

SON DÉCÈS

Guillotinée le  10.05.1794 à PARIS  Place de la Révolution, à l’âge de 30 ans.
Son corps jeté dans une fosse commune du Cimetière des Errancis, ne pouvant être authentifié, les ossements exhumés furent placés aux catacombes de Paris, avec les autres condamnés.

LES FRÈRES ET SŒURS  de Madame ELISABETH :  8

– Marie-Thérèse de France    1746 – 1748   décédée  à 2 ans

–  Marie-Zéphirine de France   1750 – 1755

MARIE_~1

– Louis  Joseph – Xavier  de France Duc de Bourgogne 1751 – 1761 décédé à 10 ans

Louis Xavier de F

– Xavier de FRANCE   Duc d’Aquitaine 1753-1754 décédé à 1 an

– Louis Auguste de France    Duc de Berry  ( Louis XVI )             1754 – 1793

detailLouis_XVI

– Louis (futur Louis XVIII)  Comte de Provence 1755 – 1824

louis18france2Il émigre en 1791 et fut reconnu roi de FRANCE en 1814. Louis XVIII entreprend de mettre en place une monarchie constitutionnelle. Il décède le 16 septembre 1824 (voir sa fiche)

– Charles (Futur Charles X) Comte d’Artois 1757 – 1836 (voir sa fiche)

BRM174409

– Clotilde de France 1759 -1802

Reine de Sardaigne de 1796 à 1802 par son mariage avec Charles Emmanuel IV de Sardaigne.

Clotilde_de_France

SA VIE

Sœur cadette de Louis XVI,  orpheline de bonne heure à l’âge de 2 ans, son frère aîné lui servira de père. Elle sera très proche aussi de son frère le Comte d’Artois.

A 19 ans le roi lui offre le château de Montreuil; ayant appartenu à la Princesse de Guéméné, Gouvernante des enfants de France qui a du s’en séparer suite à la faillite de son mari; avec l’interdiction de pouvoir y dormir avant sa majorité à 25 ans (1789).

Chateau montreuil 1

Domaine de 8 ha, 21 chambres, avec laiterie, vacherie, fermes.., elle y passera ses journées, s’occupant des pauvres, loin du bruit et des intrigues de la cour. Elle y vit une vie saine, loin de la Cour,  où elle peut s’adonner  au dessin, à  la peinture,aux mathématiques,  au modelage sur cire d’images pieuses, elle s’initie aussi à l’imprimerie,  très bonne cavalière, elle fait beaucoup de promenades à cheval, aime d’ailleurs la chasse à courre. Généreuse, elle offrait aux orphelins le lait de sa laiterie, aimée de tout son entourage.

elisabeth3jj4

Il y a eu plusieurs projets de mariage dont celui de la marier au frère de Marie-Antoinette, l’Empereur Joseph II  d’Autriche, veuf de 20 ans son aîné, qu’elle décline, il y a toutefois peu de prétendants catholiques répondant aux critères souhaités; elle n’en a court, cette vie lui convient

Suite à des rumeurs pensant que Madame Elisabeth souhaite devenir religieuse, son frère lui propose  d’être l’abbesse de Remiremont, mais sachant que les chanoinesses ne prononçant pas de vœux, pouvaient sortir quand elles voulaient, cette institution était difficilement dirigeable du fait du statut des  pensionnaires, et elle ne se sentait pas d’attaque, car trop jeune,pour assurer une telle fonction,  elle refuse préférant restant auprès de sa famille.

Elle devient marraine du 4ème enfant de Louis XVI et de Marie-Antoinette,  née le 9/07/1786  Sophie Hélène Béatrice qui décédera le 19/05/1787

Le 16.07.1789, c’est Louis Joseph le dauphin, qui décède.

le Roi ordonne à son frère le Comte d’Artois, de fuir avec sa famille en suisse, puis à Turin

Très proche de ce frère, Elisabeth aurait pu s’enfuir avec lui, et rejoindre à Turin sa sœur Clothilde,  mariée au roi de Sardaigne,  mais elle a compris que sa place était à côté de son frère Louis, pour l’épauler, même en sachant qu’elle n’aurait pas beaucoup d’influence sur lui.

Elle échangera  de nombreux courriers avec son frère le Comte d’Artois, ses amies, et le Comte de Provence, pensant qu’ils pourraient leur venir en aide et les sauver..

05.10.1789, Mme Elisabeth est à Montreuil, on lui fait savoir que des émeutiers arrivent et qu’elle doit rejoindre Versailles.

De nombreuses tentatives d’évasion sont proposées au souverain qui les refuse à chaque fois. Il ne voit pas venir le péril.

Elle va le suivre aux Tuileries,  palais abandonné depuis la majorité de Louis XV, qu’il faudra réaménager, nettoyer, car insalubre.. sans confort, mais ils vivront là, tous ensemble pendant quelques mois.

17.07 1790 Constitution civile du clergé, la nouvelle Loi confisque les biens du clergé, ferme les couvents, et les monastères,  les prêtres sont obliger de prêter serment sinon ils  sont considérés comme réfractaires.

A cause de cette loi, beaucoup de familles et de proches de la famille royale se sont exilés, laissant le roi seul, face à l’ennemi.

20/06 1791  Fuite à VARENNE

 29.05.1792 : l’Assemblée décrète la dissolution de la garde constitutionnelle de 1500 hommes fidèles  au roi, qui préservait la famille royale. Ils sont remplacés par la Garde Nationale qui laisse entrer la foule qui circule devant les fenêtres en injuriant le Roi et la Reine si bien que le :

20 06.1792, cette foule fait irruption dans les appartements royaux, et oblige les membres de la famille Royale à porter le bonnet phrygien. Certains  voudront la tuer, la prenant pour Marie-Antoinette,  comprenant leur erreur, Madame Elisabeth tente un temps de se faire passer pour elle, pensant s’ils me tuent, cela sera toujours du temps de gagné pour sauver ma belle sœur.

« Pourquoi les détromper ? dit madame Elisabeth ; vous leur auriez épargné un plus grand crime. « . Cette hauteur d’âme, cette sérénité d’esprit ne se démentirent pas un seul instant.

 10.08.1792, des 8000 gardes en faction il en reste à peine 500, toute la nuit, cela a été la terreur, la décapitation… le meurtre et le pillage en tout genre. La famille royale n’est plus en sureté aux Tuileries, on la transfert d’abord à l’Assemblée,  puis au temple à partir du 13.08, où Mme Elisabeth s’occupera de l’instruction du Dauphin et de Mme Royale.

21.09.1792    La Monarchie est abolie en France. Sans pour autant proclamer la République. Le terme de République est finalement inséré par rectification du procès verbal, le lendemain, à la séance du 22 Septembre. La proclamation de la république se fit donc sans attendre que l’assemblée fut au complet, malgré l’absence d’environ 500 députés sur 745. Nous avons le témoignage du député Fockedey arrivé à Paris le 24 Septembre au matin et qui reçu sa carte d’entrée portant le numéro 304. Il n’y avait donc encore à ce jour que 304 députés en séance 2 jours après cette proclamation.(Source : Le livre noir de la révolution française)

Si jusqu’à présent Elisabeth étant la moins surveillée,  et arrivait à faire sortir des Tuileries sa correspondance codée avec ses frères, et ses amies. On leur ôte tout moyen de communiquer, papier, crayon, ciseau, fourchettes, couteaux, pas de médicaments non plus.. Ils vivent dans le plus grand dénuement. Elle arrive par des moyens détournés à communiquer avec son frère enfermé, sans moyen ni de lui parler, ni de le voir.

10.12.1792,  Lousi XVI est informé de son procès, débutant le 11.12, simulacre de procès,

17.01.1792   Le Verdict tombe et le couperet aussi le 21.01.1792.

03.07.1793  On enlève  à la Reine son fils Louis Charles,  pour le confier au cordonnier Simon

1.08.1793     Transfert de la Reine à la Conciergerie,

16.10.1793  Condamnation de la Reine Marie-Antoinette à la peine capitale, 8 mois après son mari.

Voici la lettre que la Reine Marie-Antoinette écrivit à Madame Elisabeth le 16 octobre 1793, à quatre heures et demie du matin :

« C’est à vous, ma sœur, que j’écris pour la dernière fois, je viens d’être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l’est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère ; comme lui innocente, j’espère montrer la même fermeté que lui dans ses derniers moments. Je suis calme comme on l’est quand la conscience ne reproche rien, j’ai un profond regret d’abandonner mes pauvres enfants ; vous savez que je n’existais que pour eux, et vous, ma bonne et tendre sœur ; vous qui avez, par votre amitié, tout sacrifié pour être avec nous. Dans quelle position je vous laisse ! « J’ai appris, par le plaidoyer même du procès, que ma fille était séparée de vous. Hélas ! la pauvre enfant, je n’ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre. Je ne sais pas même si celle-ci vous parviendra.

« Recevez pour eux deux ici ma bénédiction ; j’espère qu’un jour, lorsqu’ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins. Qu’ils pensent, tous deux, à ce que je n’ai cessé de leur inspirer ; que les principes et l’exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie, que leur amitié et leur confiance mutuelle en fera le bonheur. Que ma fille sente qu’à l’âge qu’elle a, elle doit toujours aider son frère par les conseils que l’expérience, qu’elle aura de plus que lui, et son amitié pourront lui inspirer ; que mon fils à son tour rende à sa sœur tous les soins, les services que l’amitié peut inspirer ; qu’ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union. Qu’ils prennent exemple de nous. Combien dans nos malheurs notre amitié nous a donné de consolations ; et dans le bonheur on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami. Et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille ! Que mon fils n’oublie jamais les derniers mots de son père, que je lui répète expressément, qu’il ne cherche jamais à venger notre mort.

« J’ai à vous parler d’une chose bien pénible â mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine ; pardonnez-lui, ma chère sœur , pensez à l’âge qu’il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu’on veut, et même ce qu’il ne comprend pas ; un jour viendra, j’espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. Il me reste à vous confier encore mes dernières pensées. J’aurais voulu les écrire dès le commencement du procès, mais outre qu’on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide que je n’en aurais réellement pas eu le temps.

« Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j’ai été élevée et que j’ai toujours professée ; n’ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas s’il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis, les exposerait trop s’ils y entraient une fois.

« Je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j’ai pu commettre depuis que j’existe. J’espère que, dans sa bonté, il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps, pour qu’il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j’aurai pu vous causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu’ils m’ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs.

« J’avais des amis, l’idée d’en être séparée pour jamais, et leurs peines, sont un des plus grands regrets que j’emporte en mourant ; qu’ils sachent du moins que jusqu’à mon dernier moment j’ai pensé à eux. Adieu, ma bonne et tendre sœur, puisse cette lettre vous arriver ; pensez toujours à moi, je vous embrasse de tout mon cœur ainsi que mes pauvres et chers enfants. Mon Dieu, qu’il est déchirant de les quitter pour toujours ! Adieu, adieu ! Je ne vais plus m’occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m’amènera peut-être un prêtre. Mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, [et que je le traiterai comme un être absolument étranger. »

 

Elle reste seule avec sa nièce Madame Royale,  à qui elle donnera de nombreux conseils, et encouragements, qui lui serviront quand elle se retrouvera seule après mai 1794, et jusqu’à sa libération en décembre 1795, date à laquelle celle-ci apprendra seulement le décès de sa tante.

09.05.1794   Elisabeth est emmenée pour son procès, la découverte de sa correspondance avec ses frères émigrés,  sera la cause de sa condamnation, pourtant elle faisait attention à détruire un maximum de preuves.

10.05.1794 :  Après 21 mois de captivité,  Condamnation à la peine capitale de la Princesse Elisabeth, elle reste droite et digne, elle comprend que tout est joué d’avance, les charges sont nulles, elle a juste 30 ans, il y a juste de 20 ans que son grand-père Louis XV est décédé (10.05.1774). C’est en demandant de quoi écrire à la Reine qu’elle  apprend le décès de sa belle-sœur, le 16 octobre précédent.

Elle va passer ses derniers moments à réconforter les 24 condamnés qui doivent être guillotinés le même jour qu’elle. Elle leur donne du courage pour affronter l’épreuve,  leur disant qu’ils doivent être bienheureux de quitter « cette terre où il n’y a aujourd’hui que tourments et douleurs », et qu’on ne leur demande pas de renier leur foi, mais seulement de quitter la vie terrestre. Les condamnés a l’appel de leur nom viendront tous saluer Mme Elisabeth, les femmes en lui demandant l’autorisation de l’embrasser, et les hommes, viendront s’incliner devant elle. Elle restera digne et donnera l’exemple comme son rang le lui ordonne.

Madame Elisabeth passera la dernière, son fichu de mousseline glisse. elle demanda alors à son bourreau « Au nom de la pudeur, couvrez-moi Monsieur ».

Suivant plusieurs témoignages au moment de son trépas « Une odeur de rose, rapporte Madame de Genlis, se répandit sur la place Louis XV. »

Son corps sera inhumé non pas au cimetière de la Madeleine, plein compte tenu du nombre de guillotinés, mais chemin des Errances ou se situait un jardin dit l’Enclos du Christ à cause de la présence d’un calvaire.  Son frère le Comte de Provence Louis XVIII en 1817, cherchera les restes de sa sœur afin de les transférer à la Basilique de Saint Denis,  en vain, l’identification s’avérant impossible, une pierre funéraire fut posée sur la fosse supposée, avec la mention « Ici repose Madame Elisabeth ».

Elle est restée jusqu’au bout attachée viscéralement à son frère, dont elle ne comprend pas toujours les atermoiements, et à qui elle voue une fidélité sans faille. Louis XVI dira d’ailleurs à son propos

« ma sœur dont la vie n’a été qu’affection, dévouement et courage »

Un exposition est en cours cette année dans son domaine de Montreuil dont vous trouverez les renseignements ci-dessous.

Après 1789, le château de Montreuil a été transformé en hôpital, puis découpé en plusieurs lots, des amoureux du domaine ont pu  grâce à leur persevérance, reconstituer ce domaine acquis ensuite par le Conseil Général des Yvelines , qui a pu l’ouvrir au public en 1994, L’orangerie a pu être acquise en 1997, pour servir entre autre de salle d’exposition au Conseil Général.

Madame Elisabeth, l’exposition

POrtrait

au Jardin de Versailles

Le Domaine de Versailles présente Madame Elisabeth, une exposition du

27 Avril 21 Juillet 2013   Horaires : 12h-18h30 | fermé le lundi
La princesse , sœur du roi Louis XVI, fut l’une des figures emblématiques de la cour et du village de Montreuil, où elle était propriétaire d’une demeure.

Madame Elisabeth, une princesse au destin tragique, l’exposition au Domaine de Versailles du 27 Avril au 21 Juillet 2013 revient sur le parcours de Elisabeth de France, sœur cadette de Louis XVI : toujours aux côtés du couple royal, Elisabeth de France ne s’est jamais mariée, ne souhaitant pas demeurer loin de ses proches.

Aussi, l’exposition se déroulera dans la Domaine de Madame Elisabeth, précisément dans sa demeure et dans l’Orangerie : entre les tenues de la princesse, les parfums d’intérieur et les mobiliers, nous sommes transportés dans l’intimité de Elisabeth de France tandis que la visite de l’Orangerie nous permet de mieux comprendre sa personnalité et l’époque dans laquelle elle vécut.

Princesse oubliée, son parcours n’en est pas moins unique : alors qu’enfant perturbée et dissipée, Elisabeth de France suit une noble éducation, et prendra goût pour l’étude des mathématiques et de la géographie. Elle deviendra propriétaire d’un Domaine aux alentours de la Cour, dans le village de Montreuil, où elle se fait remarquer par ses bonnes œuvres et actes de charité ; elle est alors surnommée  » la Bonne Dame de Montreuil « .

Elisabeth de France ne quittera jamais Louis XVI et Marie-Antoinette, et décédera sous la guillotine avant être enterrée dans une fosse commune…

Site de l’exposition Madame Elisabeth au Domaine de Versailles



Madame-elisabeth-l-exposition-au-jardin-de-versailles

Personnages-de-cour/epoque-louis-xvi/madame-elisabeth

L’exposition présente 135 œuvres, comme ce tableau où la princesse joue de la harpe ou ce buste la représentant. Le visiteur découvre aussi des objets de son quotidien : fauteuils bergères, chaise basse décorée et une table de jeu.

Dernière livre paru : Mme Elisabeth de Mme Anne Bernet

Livre Anne Bernet