MISE EN LUMIÈRE DES MANUSCRITS ENLUMINES DES DUCS de BOURBON

Chantilly : les Manuscrits des Ducs de Bourbon (XIVe-XVIe siècles) exposés

Du 7 octobre 2023 au 7 janvier 2024, le musée Condé à Chantilly présentera une exposition dédiée aux manuscrits enluminés des Ducs de Bourbon datant des XIVe et XVIe siècles. Cette collection représente une partie cruciale de l’histoire bibliophile de la fin du Moyen Âge.

ActuaLitté

Sur les 600 volumes que possédaient autrefois les ducs et duchesses de Bourbon, le musée en détient 50. Bien que cette collection soit moins renommée que celle du duc de Berry et moins vaste que celle des ducs de Bourgogne, elle reste l’une des plus prestigieuses de cette époque charnière entre le Moyen Âge et la Renaissance.

Entre François Ier et le Grand Condé

Originaires de la bibliothèque ducale de Moulins, ces volumes ont été amassés par la lignée princière des Bourbons de 1327 à 1523. Ils témoignent de l’importance croissante du livre comme symbole de pouvoir et de richesse à la cour. Ces œuvres soulignent la sagesse et la prospérité des princes et sont emblématiques de l’identité ducale.

Henri d’Orléans, duc d’Aumale, hérita de ces 50 volumes en 1830 après le décès du dernier prince de Bourbon-Condé. Alors que la majorité des livres des Bourbons avaient été confisqués par François Ier, ceux qui demeuraient à Moulins furent repris par le Grand Condé en 1661. Le duc d’Aumale a valorisé et enrichi cet héritage avec des ajouts, notamment le Diptyque de Jeanne de France, œuvre de l’atelier de Rogier van der Weyden, et il a intégré les symboles des Bourbons dans les décors du château de Chantilly.

/uploads/images/expoo-650432f3eb257182835410.jpg

Aujourd’hui, le musée Condé met en lumière cette collection, enrichie par des recherches récentes basées sur les inventaires antiques des Bourbons. Des prêts, notamment le Livre d’Heures de Jeanne de France et d’autres ouvrages précieux de la Bibliothèque nationale de France, complètent l’exposition, offrant un aperçu de la splendeur de la dernière grande bibliothèque princière du Moyen Âge et de la cour de Moulins.

À LIRE – Le rouleau d’interrogatoire des templiers exposé aux Archives Nationales

L’exposition est orchestrée par Mathieu Deldicque, directeur du musée Condé, et Marie-Pierre Dion, en charge des bibliothèques et des archives du musée, avec le soutien de Camille Olivier et Bernie Thabarant.

Retrouvez ci-dessous la présentation détaillée de l’exposition :

2023_LES-MANUSCRITS-DES-DUCS-DE-BOURBON_DP.pdf (chateaudechantilly.fr)

Crédits photo : Atelier de Roger van der Weyden (Tournai, vers 1400 – Bruxelles, 1464) Diptyque de Jeanne de France (volet gauche). Voir page 20 Flandre, milieu du XVe siècle (après 1452) Huile sur bois  Chantilly, musée Condé, PE 108 Provenance : John Fuller Russel, Greenhithe (†1884) ; acquis par le duc d’Aumale en 1885 © RMN Grand Palais – Domaine de Chantilly – Franck Raux / Saint Matthieu écrivant son évangile
Dans : Evangéliaire grec et latin du cardinal de Bourbon Paris, vers 1480 Manuscrit enluminé par François Le Barbier fils (actif à Paris entre 1480 et 1500) Voir page 21 © BnF 

source : Chantilly : les Manuscrits des Ducs de Bourbon (XIVe-XVIe siècles) exposés (actualitte.com)

Millénaire de l’église abbatiale (1023-2023) du MONT SAINT-MICHEL

L’Abbaye du Mont Saint-Michel classée patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979 a célébré toute l’année 2023 son millénaire, nous nous devions de nous arrêter le temps de la lecture ou re-lecture de l’histoire de ce monument, en ces 40ème journées européennes du patrimoine mais surtout en hommage à Saint-Michel fêté le 29 septembre.

Vous ferez certainement des découvertes.

DU 20 MAI AU 05 NOVEMBRE 2023 • EXPOSITION
La demeure de l’archange

Proposée par le Centre des monuments nationaux, sous le commissariat de Mathilde Labatut et de Brigitte Galbrun, l’exposition réunit objets et œuvres religieux, artistiques ou usuels qui éclairent la grande histoire de l’abbatiale du Mont Saint-Michel. Ces pièces exceptionnelles, dont certaines n’avaient jusqu’ici jamais été dévoilées au public, sont présentées du 20 mai au 5 novembre.

L’exposition présente également toutes les phases de construction et de restauration, et révèle les décors, les aménagements et le quotidien de celles et ceux qui ont édifié le coeur de l’un des bâtiments historiques les plus célèbres de l’Humanité.

En savoir plus : https://montsaintmichel.gouv.fr/programmation-du-millenaire/

Exposition sans supplément au droit d’entrée à l’abbaye.
Horaires d’ouverture habituels.
http://www.abbaye-mont-saint-michel.fr/

Mont-Saint-Michel : le millénaire de l’abbatiale témoigne de « la puissance symbolique » du rocher

Par Benoît Grossin

https://www.radiofrance.fr/franceculture/mont-saint-michel-le-millenaire-de-l-abbatiale-temoigne-de-la-puissance-symbolique-du-rocher-3751892

Publié le dimanche 10 septembre 2023 à 07h37

A 80 mètres au-dessus du niveau de la mer, l’église abbatiale du Mont-Saint-Michel accueille pour la première fois une exposition, dans son histoire millénaire.
A 80 mètres au-dessus du niveau de la mer, l’église abbatiale du Mont-Saint-Michel accueille pour la première fois une exposition, dans son histoire millénaire. © Radio France – Benoît Grossin

Fruit de multiples constructions et restaurations, l’abbatiale du Mont-Saint-Michel, dans son histoire mouvementée, a été transformée en prison après la Révolution. Selon le guide conférencier François Saint-James, elle se trouverait juste au-dessus du premier oratoire bâti en 709 par saint Aubert.

Temps fort des célébrations du millénaire de l’église abbatiale du Mont-Saint-Michel, le crâne de saint Aubert va rejoindre son reliquaire, une des pièces majeures de l’exposition « La demeure de l’archange », jusqu’au 5 novembre 2023 au sein même de l’église abbatiale; la première exposition jamais organisée sur place. Conservée dans la basilique d’Avranches, la relique du fondateur en 709 de l’abbaye doit être acheminée, portée en procession, à l’occasion de la fête de saint Aubert, ce dimanche 10 septembre.

Selon la légende, saint Aubert, évêque d’Avranches, aurait été sommé par l’archange Michel de construire le premier sanctuaire sur le Mont, avant que le bénédictin normand Hildebert II, entame en 1023, l’édification de l’église abbatiale qui reposerait en partie sur l’église primitive.

Grand lieu historique de pèlerinage, le célèbre et très touristique rocher de granit, planté au milieu d’une baie de 40 000 hectares, est aujourd’hui le site le plus fréquenté de France, en dehors de Paris, avec 2,8 millions de visiteurs dont 1,3 million pour l’abbaye. Depuis 1 000 ans, il est le théâtre d’incessantes constructions, reconstructions et restaurations, avec des périodes de déclin, marquées par des incendies et des effondrements.

« Après la fermeture de la prison, le Mont se refait une beauté verticale qu’achève la flèche néogothique couronnée par une statue de l’archange » : François Saint-James

Symbole de résistance nationale pendant la guerre de Cent Ans, l’abbaye du Mont-Saint-Michel, transformée en maison centrale de détention après la Révolution, « a sa légende noire« . Mais « la prison et ses prisonniers l’ont aussi sauvée de la destruction.« 

Entretien avec François Saint-James, historien de l’art et guide conférencier à l’abbaye du Mont-Saint-Michel depuis 1989.

Dans l’église Notre-Dame-sous-Terre située sous la nef romane de l'abbatiale, François Saint-James, guide conférencier de l’abbaye du Mont-Saint-Michel.
Dans l’église Notre-Dame-sous-Terre située sous la nef romane de l’abbatiale, François Saint-James, guide conférencier de l’abbaye du Mont-Saint-Michel. © Radio France – Benoît Grossin

L’église Notre-Dame-sous-Terre sur laquelle repose la nef romane de l’église l’abbatiale est la partie la plus ancienne de l’abbaye. Elle est au cœur des premières constructions menées par le fondateur du Mont-Saint-Michel, saint Aubert, dont le crâne présente un trou mystérieux ?

L’église Notre-Dame-sous-Terre date de la fin du Xe siècle. Elle aurait été construite tout de suite après l’installation des premiers moines bénédictins. En 709, Aubert, évêque d’Avranches, fonde une première église et y installe douze chanoines pour accueillir les pèlerins. D’abord nommé Mont-Tombe et vite rebaptisé Mont-Saint-Michel, l’îlot rocheux devient, après la consécration de cette première église, le 16 octobre 709, un des plus grands pèlerinages d’Occident, plus important probablement que Saint-Jacques-de-Compostelle.

La légende dit que l’archange saint Michel apparaît une première nuit à l’évêque Aubert en 708 et lui demande de construire une église en son honneur. La deuxième nuit, l’archange insiste, en apparaissant à nouveau en songe à l’évêque Aubert. Et puis la troisième nuit, l’archange, un peu las d’attendre la réaction de l’évêque Aubert, aurait, avec son doigt, appuyé un peu trop fort sur son crâne pour le convaincre. Ce crâne qui a été retrouvé ici par des moines, un peu après l’an 1000, est conservé à Avranches depuis la Révolution. Il comporte effectivement un trou de la taille d’un doigt sur le côté. Et on est parvenu récemment, grâce au carbone 14, à le dater très exactement de la fin du VIIe, début du VIIIe siècle. Tout indique statistiquement, avec 99 % de chance, que c’est bien le crâne de saint Aubert.

Une datation au carbone 14 a permis, en 2019, de confirmer l’âge du crâne perforé de saint Aubert, le fondateur de l’abbaye du Mont-Saint-Michel.
Une datation au carbone 14 a permis, en 2019, de confirmer l’âge du crâne perforé de saint Aubert, le fondateur de l’abbaye du Mont-Saint-Michel. – Brigitte Galbrun

Selon des manuscrits liturgiques conservés à Avranches, l’église Notre-Dame-sous-Terre occuperait l’emplacement de l’église de saint Aubert. La légende affirme que l’église primitive, l’église bâtie entre 708 et 709 par saint Aubert, était exactement à cet endroit. Nous sommes dans le cœur du Mont. Et effectivement, en 1961, des fouilles ont permis de découvrir derrière l’autel, dans le mur du Xe siècle, une maçonnerie grossière, une maçonnerie faite de blocs pris sur place, empilés par la main de l’homme. Pour Yves-Marie Froidevaux, l’architecte qui avait conduit les travaux de restauration de cette église, ces pierres, cachées pendant 1 000 ans, seraient peut-être tout ce qui resterait de l’oratoire édifié par saint Aubert, entre 708 et 709.

“Ce chef d’œuvre illustre la permanence de la dévotion vis-à-vis d’Aubert, la rupture avec la Révolution française et la volonté au XIXe siècle de développer de nouveaux pèlerinages” : Brigitte Galbrun, conservatrice des antiquités et objets d’art de la Manche et co-commissaire de l’exposition “La demeure de l’archange”

C’est le point de départ de ce qui va devenir l’abbatiale ?

C’est en effet à partir de ce premier oratoire circulaire, remplacé par cette église du Xe siècle que va être édifiée la grande église romane au XIe siècle. Nous avons une superposition des édifices, une superposition des constructions, depuis l’oratoire circulaire dont il ne reste que des pierres jusqu’à la grande nef romane posée sur l’église Notre-Dame-sous-Terre.

L’édification de la grande église romane a été financée par le duc de Normandie, après un incendie en 992. Le but est alors de remplacer les constructions du Xe siècle par la grande abbatiale posée au sommet du rocher. Cette église Notre-Dame-sous-Terre a donc été enterrée, au XIe siècle, sous la grande église romane, avant d’être redécouverte de façon spectaculaire au début du XXe siècle. Quand je suis arrivé ici, il y a plus de trente ans, les vieux guides racontaient que l’architecte Paul Gout avait, en 1909, traversé la voûte et retrouvé cet endroit oublié. Non, cela ne s’est pas du tout passé ainsi. Paul Gout a dégagé des gravats, des maçonneries, ouvert la porte qui était condamnée depuis des siècles. Mais il a surtout observé les murs et découvert, avec la présence ici de briques dans la tradition gallo-romaine, qu’il s’agit donc de la partie la plus ancienne aujourd’hui debout de l’abbaye.

Cette église du Xe siècle, relativement étroite, a donc été remplacée par une église extrêmement audacieuse puisque posée à la pointe du rocher qui fait à peu près 80 mètres de haut. Et pour poser cette église, un peu comme l’arche de Noé, il a fallu édifier trois cryptes contre les pentes du rocher, à partir de 1023. D’abord la crypte du chœur à l’Est, puis la crypte Sud qui est sensiblement contemporaine. La crypte Nord est apparue quelques années après, puisque le chantier avançait d’Est en Ouest, au fur et à mesure des démolitions des édifices antérieurs. Mais de ces trois premières cryptes édifiées au XIe siècle, il ne nous en reste que deux aujourd’hui. Le chœur roman, malheureusement, s’est effondré pendant la guerre de Cent Ans.

L'entrée de l’abbaye est protégée depuis la fin du XIVe siècle par une barbacane et un puissant châtelet. Pendant la guerre de Cent Ans, quand le Mont a été transformé en une place forte, une ordonnance de Charles V interdisait à quiconque d’aller au-delà avec ses armes.
L’entrée de l’abbaye est protégée depuis la fin du XIVe siècle par une barbacane et un puissant châtelet. Pendant la guerre de Cent Ans, quand le Mont a été transformé en une place forte, une ordonnance de Charles V interdisait à quiconque d’aller au-delà avec ses armes. © Radio France – Benoît Grossin

La guerre de Cent Ans, de 1337 à 1453, a été une période de grands bouleversements. Avant la reconstruction du chœur de l’abbatiale, le Mont-Saint-Michel est devenu un lieu imprenable ?

Pendant la guerre de Cent Ans, la Normandie est « LE » champ de bataille où s’affrontent les Anglais et les Français. Les Anglais occupent la Normandie pendant une trentaine d’années. De 1420 à 1450, la Normandie est anglaise, sauf le Mont-Saint-Michel. Le Mont va résister aux Anglais et cette résistance héroïque, glorifiée par la suite, a frappé les esprits de l’époque. On raconte que Jeanne d’Arc avait l’espoir de venir prier Saint-Michel. La résistance du Mont, pendant les trente années du siège, a été un des grands moments de la résistance nationale.

Le Mont devient une véritable forteresse avec des fortifications spectaculaires qui subsistent en partie aujourd’hui : la Tour Claudine, la Tour du Nord, la Tour Béatrix.. tout un chapelet de tours. La barbacane du châtelet date de 1394. Elle a donc été construite au milieu du conflit. Et alors que les Anglais commencent le siège du Mont, le chœur roman s’effondre en 1421. Il faudra attendre 1450, la fin de la guerre, la fin du siège, au moment où les Anglais rembarquent à Cherbourg après la terrible défaite de Formigny, près de Bayeux, pour que le chantier reprenne.

Mais lorsqu’on a refait le pavage du chœur pour le retour de la vie monastique, il y a un peu plus de cinquante ans, on a découvert, sous les piliers gothiques, les vieux piliers romans. L’effondrement de 1421 pourrait donc être en fait l’effondrement non pas du chœur, mais de la voûte du chœur. Et trente ans après, on veut réécrire une page glorieuse de l’histoire architecturale du Mont. On ne veut pas seulement remplacer le vieux chœur roman qui est en ruine par une nouvelle construction. On veut reconstruire entièrement l’abbatiale en gothique flamboyant. On veut remplacer la vieille église romane par une nouvelle église pour attirer les pèlerins. On obtient d’ailleurs des indulgences du pape. On connaît une série d’indulgences qui sont accordées aux pèlerins qui financeront le chantier de construction. Et puis, malheureusement, la générosité des rois et la générosité des pèlerins n’ont peut-être pas été assez importantes. Et on a eu du mal, cinquante ans après le début du chantier, dans les années 1500, à poser les voûtes du chœur.

Le reste de l’église romane a donc été conservée et aujourd’hui, nous en sommes ravis. C’est formidable d’avoir à la fois la vieille nef romane construite au XIe siècle et le beau chœur gothique flamboyant. Je dis à mes visiteurs que cette église est un livre de pierre où l’on peut lire toute l’histoire du monde et aussi toute l’évolution de l’architecture médiévale, depuis les premières pierres de la nef en 1023 jusqu’à la pose des voûtes du chœur, 500 ans plus tard.

Chef d'oeuvre de l'art gothique, le choeur de l’abbatiale a été élevé en 1521, un siècle après l'effondrement du choeur roman, au sommet du Mont-Saint-Michel.
Chef d’oeuvre de l’art gothique, le choeur de l’abbatiale a été élevé en 1521, un siècle après l’effondrement du choeur roman, au sommet du Mont-Saint-Michel. © Radio France – Benoît Grossin

À partir du XVIᵉ siècle et jusqu’à la fin du XVIIIᵉ siècle, le Mont-Saint-Michel n’est plus un lieu de pèlerinage incontournable et connaît une grande décadence, avec des incendies, des effondrements ?

Oui, le XVIe siècle est une période terrible de l’histoire de France, avec les guerres de religion. L’abbaye entre effectivement dans une période de déclin. Il y a de moins en moins de moines. Les abbés sont plus intéressés par les revenus du monastère que par autre chose et les bâtiments sont très peu entretenus. Et on voit tout au long du XVIIe et encore au XVIIIe siècle, des procès entre les moines et l’abbé pour effectuer des restaurations. Les Mauristes, installés ici par la famille de Lorraine en 1622, vont essayer de relancer le pèlerinage, de relancer les études, la théologie, mais sans grand succès. Alors que la plupart des rois, de Saint-Louis à François Ier, entre le XIIIe et le XVIᵉ siècle, avaient plié le genou devant l’archange protecteur de la France, le temps n’est plus au grand pèlerinage. Les rois ne viennent plus au Mont-Saint-Michel et les bâtiments s’effondrent.

En 1776, un incendie provoqué par la foudre ravage la nef et juste avant la Révolution, les derniers moines, poussés par les ingénieurs des Ponts et Chaussées, vont raser la moitié de la nef. La silhouette de l’abbaye est donc redessinée. Une des deux tours du XIIe siècle disparaît et le Mont prend cette forme pyramidale qu’on lui connaît aujourd’hui. Cette période de décadence se prolonge pendant tout le XIXᵉ. À la Révolution, les derniers moines sont chassés.

https://montsaintmichel.gouv.fr/programmation-du-millenaire/

JUBILE DE LA VENDEE 2 Septembre 2023 – Photos

Quelques photos du Prince Louis de Bourbon, Duc d’Anjou, venu commémorer en famille avec son épouse la Princesse Marguerite et leurs 4 enfants : La Princesse Eugénie, les Jumeaux les Princes Louis et Alphonse et le Prince Henri; les 200 ans de la Chapelle du Souvenir, souhaitée par la Duchesse Angoulême, au Mont des Alouettes, en l’honneur des soldats de la grande guerre et des martyrs de la Vendée

REMERCIEMENTS DU PRINCE

« Quelle joie d’avoir pu passer cette fin d’été en Vendée en famille avant la rentrée des classes et la reprise pour chacun d’entre nous. Il y a exactement deux cents ans, le Roi Louis XVIII, mon aïeul, celui qui, en 1795, dès l’annonce connue de la mort du Roi Louis XVII, avait assumé, contre vents et marées, la permanence de la royauté française, demande à sa nièce, fille du Roi Martyr, de venir en Vendée. J’ai pu revoir cette terre meurtrie de l’Ouest où j’étais déjà venu à plusieurs reprises avec toujours autant d’émotion. La Vendée permet de comprendre la grandeur d’une région qui a su tout donner pour conserver ses valeurs. Merci à vous tous de votre présence et que l’esprit de la Vendée continue à animer les Français pour affronter les combats du futur »

Très belle messe célébrée par le Révérend Père Abbé du Barroux, Dom Louis-Marie de Geyer d’Orth.

MESSAGE DES ORGANISATEURS DU JUBILE DE LA VENDEE ET RETROSPECTIVE

Le Jubilé a été un franc succès !
Plus de 1500 participants, sous un soleil magnifique.

​Un grand moment de joie et d’unité autour de nos invités.

Un grand moment de ferveur en union de prières grâce à la très belle messe célébrée par le Révérend Père Abbé du Barroux, en présence de de Mgr. le Duc d’Anjou qui nous a fait l’honneur de venir avec sa famille.
Un grand moment de compréhension de notre histoire grâce aux belles allocutions évoquant le sens de cette fête.
Un grand moment d’émotion avec la remise des cadeaux à la famille du Prince, symbole de l’attachement de la Vendée et de la France au premier descendant des rois qui ont fait cette France.
Et grand moment de fête familiale et populaire avec de  nombreuses animations.

​Un grand merci à tous ceux qui sont venus passer la journée au Mont des Alouettes, merci à tous les intervenants et exposants,

et enfin merci à tous ceux qui ont travaillé d’arrache-pied depuis des mois pour que ce Jubilé ait lieu.

Rétrospective

https://www.jubiledelavendee.fr/retrospective

VIDEO : Ci-dessous

https://www.facebook.com/reel/336219455496464

https://www.facebook.com/groups/louis20/posts/10160829006664378/https://www.facebook.com/photo?fbid=2080098339040708&set=g.67445049377

Mémoire : Histoire de la Chapelle du Souvenir sur le Mont des Alouettes – 18/09/1823 / 02/09/2023 :

Message de Monseigneur le Duc d’Anjou pour la fête de Saint Louis, ce 25 Août 2023

Depuis plusieurs années, j’ai pris l’habitude de m’exprimer, au titre de la tradition royale que je représente, en ce jour symbolique du 25 août, qui est celui de la fête de saint Louis, mon aïeul Louis IX, Roi de France. Cette date, en fin de pause estivale, correspond aussi à la reprise avec le souhait partagé d’entrevoir le profil des prochains mois.

La tâche de gouverner étant liée essentiellement à celle de prévoir, Louis IX nous rappelle sans cesse l’exemple même d’un souverain attentif, proche de son peuple, modèle universel des gouvernants placés au service de ceux qu’ils ont le lourd devoir d’administrer. Le Roi sage et juste, saint et humain tout à la fois.

Pour cette année 2023, les turbulences du premier semestre avec son cortège de violences semblent s’être un peu éloignées. La France a besoin de ce répit et le moment semble propice pour reprendre des forces et retrouver une sérénité dont elle semble avoir grand besoin.

Parvenue à la fin d’un cycle politique commencé dans les années 1960-70, la France a progressivement vu sa souveraineté amoindrie, son rôle diplomatique diminué, ses industries sacrifiées au jeu d’une mondialisation mal comprise, son système éducatif malmené, ses services publics bradés au point de disparaître plus ou moins dans nombre de territoires.

Ainsi, l’amoindrissement de sa souveraineté — cet élément essentiel qui a été le cœur de l’action des rois de France, des premiers jusqu’à Charles X — a fait que la voix de la France est de moins en moins audible dans le concert des nations. Un exemple nous est donné depuis deux ans sur le théâtre européen, où, dans un contexte compliqué, deux pays s’affrontent dans une guerre fratricide, sans que la France ait su trouver le moyen de délivrer le message « sage et juste » qui aurait pu être donné par elle dans une saine appréciation de tous les aspects du conflit, notamment face aux autres enjeux qui existent dans le monde.

Quant aux évènements de ces dernières semaines survenus en Afrique ils amènent également à déplorer la faiblesse diplomatique de la France, et son absence de grand dessein. Sa voix pourrait être entendue en regard de sa connaissance séculaire de ce continent et de la situation créée par le maintien d’une immigration de masse, fruit d’une pauvreté endémique. Vis-à-vis de cette dernière, rien de porteur d’avenir n’est proposé pour lui trouver un remède et, par conséquent, la situation d’ensemble du phénomène migratoire empire. Or, c’est bien à l’échelle internationale que des solutions doivent être apportées en permettant à tous les peuples de trouver sur place les moyens de leur développement. Tout est possible quand il y a une volonté ; si nous évoquons les aspects alimentaires, pensons aux nations qui, comme la Chine et l’Inde, ont su maîtriser progressivement leurs destins en partant de situations d’une extrême pauvreté. La France, forte de son expérience doit pouvoir œuvrer pour apporter sa contribution à la recherche de solutions adaptées pour les pays concernés.

Quant à la crise sociale, elle perdure. Née il y a cinq ans, avec les Gilets Jaunes, dans les provinces, celles de la France profonde et lucide, abandonnées — les territoires périphériques de la république — elle n’a connu qu’un déni de la part des autorités qui se sont contentées d’une répression féroce et de quelques aumônes. Mais rien de profond. Les Français attendaient des mesures structurelles et la prise en compte de leurs réels besoins en matière de commerces et de services publics de proximité, de possibilités de se déplacer. Rien n’a été résolu tant les gouvernants semblent continuer à ignorer les difficultés de la vie quotidienne de la majorité des Français, alors que de nouvelles normes sont constamment imposées, venant incessamment compliquer cette vie quotidienne. Il est donc à craindre que la crise sociale, loin de s’amoindrir, continue et que, très particulièrement, les zones délaissées des secteurs urbains continuent de faire l’objet de pillages et de violences. Ne devons-nous pas avoir conscience, de ce point de vue, du mauvais cadrage de politiques ayant conduit parfois à aggraver, plutôt qu’atténuer, les difficultés soulevées, notamment en renforçant les communautarismes, contribuant à attiser en certains territoires une haine de la France dont les conséquences semblent lourdes.

Mais notre devoir à tous est de ne pas désespérer. Même attaquée au plus profond d’elle-même, même incomprise, voire trahie parfois par certains de ses enfants ingrats et ignorants, la France a toujours su manifester dans l’histoire une formidable capacité de réaction.

Or les signes d’une reprise sont nombreux à apparaître çà et là. Et, comme avec Jeanne d’Arc, l’héroïne de 19 ans, c’est assurément de sa jeunesse que notre pays verra poindre son renouveau.

De plus en plus, et cela dans tous les domaines d’activité, de jeunes initiatives émergent. Dans le domaine de l’instruction, le développement de nouveaux établissements d’enseignement libres, incluant la création d’établissements de troisième cycle, survient en vue d’atténuer les carences par trop manifestes d’un système public, non dépourvu de qualités, mais n’en pouvant plus de réformes permanentes et de la perte toujours affichée de sa mission de transmission des savoirs.

Dans le domaine de la famille, les jeunes et les jeunes couples sont également en pointe dans les combats pour la vie. Ils recréent des familles nombreuses et sont les premiers à se proposer pour lutter contre l’abandon des personnes âgées. De nouvelles structures sociales (maisons de retraites, lieux de soins palliatifs) apparaissent à leur initiative, structures dans lesquelles la personne humaine est mise au centre, et non pas les impératifs de gestion, de finance et de profits. Ce sont également des jeunes qui, non seulement entreprennent, mais surtout innovent en explorant les secteurs nouveaux nées des technologies et en pratiquant des modes de gestion novateurs. Sans omettre qu’ils sont désormais nombreux à ne pas hésiter de se tourner vers les carrières du service armé, avec les obligations de dévouement et de sacrifice que ces carrières sous-tendent. Enfin déjà certains se dirigent vers l’administration publique et les structures politiques avec, là aussi, une volonté affichée de se mettre au service du bien commun, en tirant un trait sur des décennies d’individualisme exacerbé et d’influences d’idéologies néfastes. Ainsi, ils préparent les réformes institutionnelles qui s’imposeront peu à peu pour préparer l’avenir de la France.

Il va de soi que j’encourage toutes ces initiatives, admiratif des efforts qu’elles expriment. Elles sont porteuses d’avenir.

Voilà le message d’espoir que je souhaite, en particulier, partager avec tous les Français en cette fête de saint Louis et en cette rentrée 2023.

Louis, duc d’Anjou

2 Septembre 2023 Le Mont des Alouettes – Vendée

Jubilé de la Vendée : entretien avec Pascal Théry

Par Michel Janva le 27 août 2023

Jubilé de la Vendée : entretien avec Pascal Théry

Entretien exclusif avec Pascal Théry, Secrétaire général du Jubilé de la Vendée :

Bonjour Pascal Théry, Les lecteurs du Salon Beige vous connaissent déjà bien. Pouvez-vous nous présenter le Jubilé de la Vendée, l’événement que vous organisez avec un autre ami du Salon Beige, Grégoire Boucher, au Mont des Alouettes, samedi 2 septembre prochain ?

Pascal Théry : Il y a 200 ans, la duchesse d’Angoulême, Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI, fait une tournée en province. Après plus de 25 ans de bouleversements et de désolations, cette tournée, organisée à la demande de son oncle, Louis XVIII, est un symbole de réconciliation et d’espoir. Le 18 septembre 1823, elle honore plus de 10 000 combattants, vendéens et chouans, et demande la construction d’une chapelle du souvenir. Le Mont des Alouettes, « colline inspirée » de la Vendée, est un lieu d’élévation spirituelle comportant de nombreux symboles des traditions et de la foi. L’association Jubilé de la Vendée, créée pour commémorer cet événement, permet de réunir autour de cet objectif commun de nombreuses personnalités et associations qui gardent pour autant chacune leur spécificité en faisant toutes un travail remarquable.

C’est donc une grande fête d’amitié française à laquelle toutes les familles sont conviées ? Pouvez-vous nous dire comment se déroulera cette journée ?

Pascal Théry : Après deux cérémonies à la chapelle du souvenir en mémoire de la Duchesse d’Angoulême et à la stèle dédiée à son père, le bon roi martyre, nous aurons à 10h une Grand-Messe célébrée par Don Louis-Marie, le révérendissime Père-Abbé de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, puis à 12h des allocutions de différentes personnalités. Pour le déjeuner, des stands de produits régionaux et une buvette permettront de compléter un pique-nique à apporter. L’après-midi seront présentés un spectacle de danse traditionnelle et des chants par le célèbre ensemble Canto. À 18h nous vous proposons un cocktail de gala, Espace Herbauges aux Herbiers, au pied du Mont, et à 20h30 un concert spirituel offert par l’ensemble Lux Amoris dans l’église Saint-Pierre qui se trouve à côté. Une belle journée de mémoire, de prière, mais aussi festive et familiale à ne pas rater ! Vous trouverez toutes les informations sur le site www.jubiledelavendee.fr

Les célèbres Journées Chouannes sont organisées par Chiré ce même week-end en Vendée ; sera-t-il possible de participer aux deux événements ?

Pascal Théry : Nous avions à cœur de recevoir le Prince Louis de Bourbon, aînée de la maison de Bourbon et plus proche parent de Marie-Thérèse de France, et de son père Louis XVI, afin de commémorer avec éclat cet événement. Nous avions proposé d’autres dates mais c’est la seule qui a été possible. Nous vous encourageons donc à venir célébrer cet événement historique en Vendée le samedi, et à profiter du dimanche pour participer aux Journées Chouannes dans le Poitou qui est proche.

« Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest aujourd’hui pour un observateur extérieur ». Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement. » Paroles prophétiques du géant Alexandre Soljenitsyne, prononcée à Harvard, en 1978, quelques années avant sa venue au Mont des Alouettes, pour commémorer le bicentenaire des martyrs du génocide vendéen… Est-ce ce courage que vous voulez ranimer à l’occasion du Jubilé de la Vendée que vous organisez avec un certain panache le 2 septembre prochain, jour où l’Eglise commémore précisément les martyrs de septembre, au cœur de cette terre de géants et de genêts en fleur ?

Pascal Théry  : Vous avez cité le grand Soljenitsyne, prophète qui a bien décrit comment la Révolution française a été la matrice de toutes les pires révolutions dans le monde, notamment la Révolution bolchevique. Pour ranimer un courage je pense qu’il faut d’abord faire mémoire du courage des anciens, ce qui peut nous donner un peu de force. Je citerai le « Roi de la Vendée », François Athanase Charette, qui dans ses derniers jours déclarait à l’officier bleu le conduisant : « Monsieur, rien ne se perd jamais ». Sa famille présente avec nous ce jour-là sera un vivant témoignage de cette mémoire du courage. De cette « mémoire du future », pour rendre hommage au travail de notre infatigable ami Reynald Secher. Il faut en effet savoir se fixer des objectifs élevés, des valeurs qui nous transcendent, seuls capables de susciter un courage futur pouvant comporter de grands sacrifices. La présence des personnalités que la Providence nous permet de réunir samedi prochain nous montre cet idéal de civilisation chrétienne, de la France Fille aînée de l’Église qui, malgré toutes les apparences bien pesantes aujourd’hui, aura certainement bientôt un nouveau rôle à jouer pour défendre cette civilisation. N’en doutons pas. Et puis ne pas oublier le grand message de Sainte Jeanne d’Arc : pour espérer une victoire donnée par Dieu, il nous faut d’abord combattre !

On annonce beaucoup de monde au Mont des Alouettes samedi prochain. Pouvez-vous nous présenter rapidement qui seront les principales personnalités qui seront présentes, et les nombreuses associations et partenaires ?

Pascal Théry : Outre le Prince Louis de Bourbon et Dom Louis-Marie, nous aurons le Duc de Bauffremont, président de l’Institut de la Maison de Bourbon, des représentants du Souvenir Vendéen, de Mémoire du Futur, l’association de Reynald Secher, du Cercle Charrette, présidé par Yannick de Charette, du cercle Jean-Pierre Calloc’h du Morbihan, du cercle Chateaubriand, de l’ARLV, association royaliste légitimiste de Vendée, de l’UCLF, union des cercles légitimistes de France…

Nous aurons aussi notre cher et fidèle ami le père Argouarc’h, de la Sainte Croix de Riaumont, des écrivains, ainsi que des responsables politiques du département et des membres du clergé du diocèse qui ont été largement invités.

Un dernier mot pour les lecteurs du Salon Beige avant de les retrouver au Mont des Alouettes ?

Pascal Théry : Saint-Exupéry écrivait :

« Il n’y a qu’un problème, un seul de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien ».

Nous aurons la grande joie d’entendre ce chant grégorien lors de la Sainte-Messe du moine bénédictin. L’écrivain ajoutait :

« Quiconque porte dans le cœur une cathédrale à bâtir, est déjà vainqueur ».

Ce jour-là, le Mont des Alouettes sera notre cathédrale !

https://lesalonbeige.fr/jubile-de-la-vendee-entretien-avec-pascal-thery/