Joyeux Noël

Domenico Ghirlandaio (1449 – 1494) – Sainte Trinité  Florence

Le président et les membres du Conseil d’Administration de Présence du Souvenir Bourbonien en Lyonnais vous souhaitent une sainte et belle  fête de Noël entouré de tous ceux qui vous sont chers, remplie de paix, d’amour, de partage et d’espoir

L’Armée de Louis XIV et de Louis XV

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Conférence

L’Armée de Louis XIV et de Louis XV

par Monsieur Jean-Pierre BOIS

agrégé d’histoire, docteur ès lettres.

Le samedi 26 novembre 2016 à 14h15

Nous avons écouté avec énormément d’intérêt la conférence du Professeur Jean Pierre BOIS sur les armées de Louis XIV et de Louis XV. Nous avons passé un moment agréable au cœur de l’Histoire de France. C’est un sujet passionnant, très bien décrit avec beaucoup de détails savoureux par l’orateur.

 Nous vous indiquons ci dessous le détail de son œuvre :

  • Les Vieux, Fayard, 1989

  • Les anciens soldats dans la société française au XVIIIe siècle, Économica, 1990

  • Histoire des 14 juillet 1789-1919, Ouest-France, 1991

  • Maurice de Saxe, Fayard, 1992

  • Les Guerres en Europe, 1494-1792, Belin, 1993

  • Bugeaud, Fayard, 1997

  • Fontenoy 1745, Économica, 1996

  • Louis XV arbitre de l’Europe, 1999

  • L’Europe à l’époque moderne, Armand Colin, 1999

  • De la paix des rois à l’ordre des empereurs. 1714-1815, Nouvelle Histoire des relations internationales, tome 3, Seuil, 2003 prix de Loire Atlantique décerné par l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire

  • Dumouriez : Héros et proscrit, Perrin, 2005

  • Don Juan d’Autriche, Tallandier, 2008

  • La Fayette, Perrin, 2015.

  • La Paix, histoire politique et militaire.  Perrin 2012

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Louis de Bourbon à Reims

Lundi 10 octobre 2016

En la cathédrale de Reims, le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, a assisté à une cérémonie d’hommage aux rois qui s’y sont fait sacrer. (Source : Vexilla Galliae)

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La présidentielle est un spectacle de gladiateurs » interview du Docteur Philippe PICHOT BRAVARD par le Rouge et le Noir


pichot-bravardPhilippe Pichot-Bravard : « Les Français sont des orphelins de Saint Louis »

Source : https://www.lerougeetlenoir.org

R&N : La pensée unique interdit de débattre des grandes questions…

Philippe Pichot-Bravard : Aujourd’hui, il est permis de débattre sur les questions secondaires, sur les questions purement techniques, sur les aspects accessoires des grandes questions. Il est interdit de discuter des grandes questions elles-mêmes. Ainsi, dans une ville, il est permis de se demander si la nouvelle mosquée aura deux ou trois mille places, si elle sera construite dans tel quartier de la ville ou dans tel autre ; il est même permis de discuter sur la couleur de ses murs, blanc ou vert ; mais il est interdit de discuter du bien-fondé de la construction d’une mosquée dans la ville, car si vous vous y risquiez, l’étiquette infamante d’« islamophobe » vous exposerait immédiatement au pilori médiatique.
Au cours de la prochaine élection présidentielle, il sera interdit de discuter la pertinence de la politique migratoire. Il sera interdit de contester l’esprit de mai 1968 et les réformes qu’il a inspirées, notamment la récente loi Taubira dénaturant le mariage. Il sera interdit de remettre en cause l’avortement et son remboursement intégral par la sécurité sociale. Il sera interdit de discuter du bien-fondé de la politique commerciale de libre-échange. Il sera interdit de douter des bienfaits de la monnaie unique. Il sera interdit de critiquer l’Union européenne et son oligarchie bureaucratique si sensible aux arguments des groupes de pression, des entreprises multinationales et des grandes banques. Il sera interdit de réclamer la suppression des subventions versées aux associations idéologiques de copains.
En réalité, il n’y aura pas de débat parce que la puissance souveraine a été transférée à des instances supranationales, parce que la pensée est emprisonnée dans un carcan idéologique, parce que les dés sont pipés de sorte à porter à la tête de l’État le candidat préalablement choisi par les forces oligarchiques qui sont les véritables maîtres de notre pays.

R&N : Pouvez-vous nous donner un exemple ?

Philippe Pichot-Bravard : Illustration de cette absence de véritable débat ? Au printemps dernier, le Parlement, avec une discrétion remarquable a voté une loi permettant au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel de mesurer les temps de parole des candidats à l’élection présidentielle non pas de manière égale mais en fonction du résultat obtenu par ces candidats lors de la dernière élection et de la cote que leur attribuent discrétionnairement les instituts de sondage.
Ainsi, la compétition est légalement verrouillée ; seuls les quatre ou cinq candidats présentés par les « grands partis » pourront se faire entendre à la télévision et à la radio. Les autres ne pourront qu’essayer de contourner l’obstacle au moyen d’Internet, sans pouvoir d’ailleurs échapper, au pilonnage de sondages, dont le rôle principal est de conditionner les électeurs et de canaliser leur choix vers ceux qu’ils leur désignent comme « favoris ». Cette loi illustre à quel point la démocratie française est un trompe-l’œil qui maquille de plus en plus mal la réalité oligarchique de notre gouvernement.

R&N : Les Français ne demeurent-ils pas attachés au pouvoir de choisir le chef de l’État  ?

Philippe Pichot-Bravard : Les Français demeurent en effet attachés au pouvoir qui leur a été donné en 1962 de choisir le chef de l’État. Pourtant, ce pouvoir est un leurre. Aujourd’hui le pouvoir n’est plus exercé par la présidence de la République et par le Parlement mais par des instances supranationales, comme le groupe Bilderberg ou la Commission Trilatérale, fondée en 1973 par Rockefeller et Kissinger, véritable parlement oligarchique, composé d’hommes politiques, de grands patrons, de financiers de haut vol, cooptés, qui, deux fois l’an, se réunit pour déterminer les grandes axes de la « gouvernance mondiale ». Le président du Conseil européen dut ainsi subir de la part de cette commission un véritable entretien d’embauche avant d’être nommé. « Ce sont eux qui nous gouvernent », confia un jour à Philippe de Villiers le Premier Ministre François Fillon (Le Moment est venu de vous dire ce que j’ai vu, p. 322). Et Villiers d’ajouter : « En 2015, Alain Juppé a été agréé au Bilderberg qui s’est réuni en Autriche » (p. 323).
Le scénario de l’élection de 2017 est donc écrit. Les journalistes aux ordres et les instituts de sondage sont là pour guider, par leurs chiffres trafiqués et leurs commentaires, le vote des Français. Et chacun aura remarqué à quel point ils sont complaisants avec Alain Juppé, une complaisance dont l’ampleur n’a d’égale que le passif politique de l’ancien ministre des affaires étrangères (Rwanda, 1994 ; Libye, 2011). En janvier 2012, la décision des agences de cotation de dégrader la note de la France manifestait la volonté des milieux financiers d’affaiblir la candidature de Nicolas Sarkozy au profit de celle de François Hollande. Au même moment, le système médiatique s’acharnait sur le même Nicolas Sarkozy de manière aussi outrée qu’il l’avait porté aux nues en 2007. Il est très rare que le système oligarchique n’atteigne pas son objectif.

R&N : Existe-t-il une alternative bénéfique à la Cinquième République  ?

Philippe Pichot-Bravard : La France traverse aujourd’hui une crise de régime. Les institutions de la cinquième République, à force d’avoir été déformées, sont complètement usées, ce qui n’a rien d’étonnant : établies dans un contexte particulier, elles ne se sont pas adaptées aux situations nouvelles qui sont apparues. Le personnel politique est lui aussi usé, à bout de souffle, à court d’idées. Et les plus jeunes n’échappent pas à cette usure. Ils sont, au bout de cinq ou dix ans de vie publique encore plus usés que ne l’étaient certains vieux briscards des années quatre-vingts qui avaient quarante ans de carrière derrière eux  ! Ceux qui prétendent nous gouverner n’ont aucune vision, aucune liberté de parole, aucun sens du bien commun. Ils sont le plus souvent très éloignés des réalités de la vie quotidienne. Ils sont incapables d’imaginer les solutions pragmatiques et efficaces qui permettraient de répondre aux besoins réels des Français. Au contraire, trop souvent au cours de ces dernières années, ils ont donné aux Français le sentiment qu’ils les méprisaient. Trop souvent, ils nous ont trompés. Trop souvent, ils nous ont mentis. Ce mensonge généralisé a tué la confiance. Aujourd’hui, en France, plus personne n’a confiance en qui que ce soit. Non seulement le gouvernement est profondément déconsidéré, mais l’opposition l’est presque autant. La majorité des Français n’attendent rien d’elle.
Cette crise de régime suscite depuis quelques années une réflexion constitutionnelle. Certains préconisent une sixième République, laquelle ressusciterait en fait la quatrième dont nous savons à quel point elle fut impuissante à apporter des solutions efficaces aux difficultés que connaissait notre pays. Tout se passe comme si nous n’avions le choix qu’entre une république présidentielle et une république d’assemblée. Or il existe une autre voie possible qui pourrait permettre de porter remède à quelques-uns des maux qui minent notre société : la royauté tempérée, c’est-à-dire une royauté soumise au respect de lois fondamentales. Nous ne devrions pas négliger d’explorer cette possibilité.

R&N : Qu’est-ce qu’un Roi pourrait apporter à la France ?

Philippe Pichot-Bravard :
1-Le Roi incarne le principe de légitimité sans lequel l’autorité est sans cesse exposée à la discussion, à la contestation. Il incarne le principe d’autorité, dont l’absence se fait cruellement sentir. Il incarne un lien de transcendance sans lequel il n’y a pas d’autorité solide. Les Français doivent pouvoir estimer et respecter leur chef d’État. La détestation et le mépris qui entoure la personne du chef de l’État depuis plus de dix ans est gravement dommageable.
2-Le Roi incarne la continuité de l’État. Les gouvernements passent. Le Roi reste. Songez à la Reine Elizabeth qui règne sur le Royaume-Uni depuis plus de soixante-quatre ans. De par cette continuité, sa vision porte beaucoup plus loin, d’autant plus loin qu’il travaille pour la génération qui lui succédera. La royauté permettrait de s’extraire de l’immédiateté médiatique et d’inscrire l’action politique dans la durée.
3- Le Roi incarne l’unité nationale. Contrairement au président de la République qui est tributaire des forces qui l’ont porté à la magistrature suprême, qui ne représente qu’une minorité de Français, le Roi tient sa couronne de l’application mécanique des lois fondamentales de succession. Il est donc indépendant des forces politiques, médiatiques et financières. Contrairement au président de la République, il n’est pas l’homme d’un camp mais l’homme de la Nation toute entière. Il est, au-dessus des intérêts particuliers divergents, qu’il peut arbitrer, le garant du bien commun. Il ordonne les intérêts particuliers à la réalisation du bien commun.
4-Le Roi a pour mission de veiller à la préservation de l’indépendance nationale et à la défense vigilante des intérêts de la Nation. On l’a souvent oublié : les lois fondamentales du royaume avaient jadis pour objet principal de garantir l’indépendance de la Couronne, tant à l’égard des puissances extérieures, qu’à l’égard des intérêts particuliers, des grandes féodalités. Les règles de succession, ainsi que le principe d’inaliénabilité du domaine et les libertés de l’Église gallicane, avaient d’abord pour but de garantir cette indépendance. La monarchie est le régime qui permet le mieux à la France de tenir son rang dans le concert des nations et d’y défendre une vision géopolitique propre, conforme à son histoire et à ses intérêts. Songez au surcroît de prestige et de puissance que la Reine d’Angleterre procure au Royaume-Uni en étant placée à la tête du Commonwealth, en coiffant, outre la couronne d’Angleterre et d’Écosse, les couronnes du Canada, d’Australie et de Nouvelle-Zélande  ! Lorsque l’on sait dans quelles conditions les gouvernements successifs ont, depuis 1990, bradé la souveraineté de la France, l’abandonnant à des institutions supranationales, au mépris de la volonté exprimée par le peuple, lorsque l’on réalise la nullité profonde de la politique étrangère menée par la France depuis plusieurs décennies lorsque l’on mesure l’influence exorbitante, destructrice, des grandes puissances financières, véritables nouvelles féodalités, nous ne pouvons que déplorer amèrement que la France n’ait pas à sa tête un homme indépendant, qui ne tienne son pouvoir de personne ici bas, un homme qui soit le gardien vigilant de la souveraineté française, qui puisse faire obstacle aux abandons de souveraineté, un homme qui confierait le soin de nos relations extérieures à des diplomates chevronnés ayant une vision claire des intérêts géopolitiques en présence, la volonté de faire entendre la voix de la France et non d’être les porte-voix d’intérêts allogènes.
5-Le Roi est le garant de la justice. Autrefois, toute la symbolique royale, toutes les institutions monarchiques étaient imprégnées de cette idée. De la justice qu’il servait, le Roi tirait sa légitimité. La justice nourrissait l’amitié qui le liait à ses peuples. La justice fortifiait la paix civile. Elle en était la condition. De ce devoir de justice, est né au XIIIe et au XIVe siècle, notre État de Justice, lointain ancêtre d’un État de Droit qui n’en est que la pâle copie, un État de Droit qui ne permet pas de faire régner la justice dans la société, qui applique des normes formelles sans se soucier de rechercher la solution la plus équitable, un État de Droit qui, par ailleurs, ne permet pas à la société française de se défendre efficacement contre ceux qui lui font la guerre.
La première mission est de faire régner la justice dans la société. Veiller à préserver les principes de la justice, à assurer l’indépendance effective de la magistrature, notamment des juges nommés au sein du conseil constitutionnel, à faire respecter l’autorité du droit naturel afin que la loi soit toujours juste, et non le caprice de majorités de contrebande, placerait le Roi dans la continuité historique de la mission justicière assumée pendant mille ans par ses ancêtres. Ce faisant, la royauté permettrait de couronner la définition de l’État de Droit en lui donnant la consistance qui lui fait encore défaut, tout en le dépouillant des scories idéologiques qui le défigurent et le privent d’efficacité face aux ennemis de la société.
6-La royauté permettrait ainsi de surmonter la crise de confiance qui affaiblit profondément notre pays depuis plusieurs décennies. Pour rétablir la confiance, il n’y a qu’une seule solution : il faut que ceux qui gouvernent s’appliquent, de manière exemplaire à faire régner dans le pays la justice. Seule une royauté statutaire, indépendante, encadrée par le Droit, ordonnée au règne de la justice, peut y parvenir.
Aujourd’hui, les Français, consciemment ou inconsciemment, sont des orphelins de Saint Louis. Lire la suite…

Le duc et la duchesse d’Anjou aux Invalides

louis-xx-invalides-1Ce dimanche 18 septembre 2016, par un temps agréable de fin d’été, avait lieu la messe annuelle de la Fondation de l’Hôtel des Invalides. J’arrive vers 10h30 devant la grande façade de ce gigantesque palais des Invalides, voulu par Louis XIV en reconnaissance de la haute valeur du sang répandu par ses soldats pour le Royaume de France, et entre dans la file de visiteurs que passe au détecteur de métal un impressionnant service de sécurité. Je dois ajouter que cette année, cette célébration coïncidait avec les Journées du Patrimoine, qui déplacent toujours les foules. Je traverse le parterre avant, entre dans la cour d’honneur et longe le déambulatoire pour accéder à l’entrée de la Cathédrale Saint-Louis des Invalides.

Des chevaliers de l’Ordre de Malte, dont leur Président pour la France, Son Excellence le comte de Beaumont-Beynac, des chevaliers de l’Ordre du Saint-Sépulcre, le Président de l’Institut de la Maison de Bourbon, prince Charles-Emmanuel de Bauffremont, accompagné de son épouse, le Secrétaire général de l’Institut de la Maison de Bourbon, Monsieur Laurent de la Rosière, en habit de chevalier de l’Ordre de Malte et son épouse et des membres du Secrétariat du duc d’Anjou, dont la baronne Bernard Hüe, sont présents devant l’entrée.

J’entre et trouve la Cathédrale Saint-Louis comble, les portes drapeaux entourent l’allée centrale et, sur l’estrade du Choeur, dix sonneurs du Rallye Atlantique se tiennent en formation circonflexe, le dos à l’assemblée, prêts à sonner.

A 11h00 exactement, vérifiant l’adage à la lettre, Monseigneur le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou et Chef de la Maison Royale de France, entre dans la Cathédrale et est conduit par un officiel dans les stalles de chêne sculpté situées à la droite de l’Autel. Sitôt après, les sonneurs précités sonnent « Chant d’Entrée » de la messe de Saint-Hubert, les portes drapeaux et l’assemblée se lèvent et la procession se présente qui voit se succéder des chevaliers des Ordres de Malte et du Saint-Sépulcre, le général d’armée Bertrand Ract-Madoux, Gouverneur des Invalides et le collège clérical précédé de la Croix, des cierges et de l’encens. Les Ordres hospitaliers et militaires se placent à la gauche de Monseigneur le duc d’Anjou, le Gouverneur des Invalides à sa droite et Monseigneur Luc Ravel, évêque aux Armées Françaises, prend place sur la cathèdre située dans le Chœur.

Le temps de Pénitence s’achève à peine que j’ai la joie de voir, avec toute l’assistance, Madame la duchesse d’Anjou, conduite par un officiel, rejoindre sa place au côté de son époux dans les stalles. J’eus le délicieux plaisir d’entendre quelques murmures d’âmes sœurs de la mienne : « C’est la Reine… », qui eurent la vertu de desserrer un instant l’étreinte de l’obéissance … Venue spécialement d’Espagne pour assister à la célébration de cette solennité annuelle, elle dut composer avec le retard d’une heure que prit son avion et qui causa ce très léger retard. Au temps de Pénitence, donc, succède le temps de la Parole et Monseigneur Ravel prononce une Homélie magnifique que je vais tenter de vous résumer :

« Les Invalides, combien d’armées ?

Combien de divisions de courage et d’abnégation hantent ces murs ?

Quelle énergie considérable de sacrifices accumulés pour unir ensemble une communauté nationale !

Nous sommes en guerre ! Les tragiques événements de Nice ou le martyre du Père Hamel nous l’ont assez rappelé cet été.

La doctrine sociale de l’Eglise en matière politique aborde cette question de l’identité face à la communauté nationale. L’identité s’incarne dans l’individu, la famille, les groupements de pensée,… qui sont autant d’éléments qui constituent la société civile. Mais cette identité n’est concevable que dans l’édification d’une communauté plus vaste dans laquelle tous les acteurs conjuguent leurs forces en vue d’un bien commun toujours plus développé.

Bien sûr, les hommes sont différents et parfois, les circonstances pourraient les  amener à se diviser. C’est pourquoi, afin qu’elle ne se disloque pas, apparaît la nécessité d’une autorité publique chargée de maintenir cette communauté politique, notre Patrie, notre Nation, qui partage, quoiqu’il arrive, le même destin !

Un mot est à souligner : la conjugaison des forces vers le bien commun. Cette conjugaison est la convergence des énergies scientifiques, militaires, politiques,… mais également spirituelles et religieuses en un faisceau indestructible au service perpétuel de l’homme individuel inscrit dans le cadre d’une communauté politique.

Cet effort de convergence est une grande tâche à réaliser, mais elle nous donnera la solidité de l’unité !

Pour conclure, retournons à cette première lettre de Saint Paul à Timothée. Lorsque Saint Paul écrit cette épître à Timothée, nous sommes sous le règne de Néron et les persécutions sont à leur commencement. Mais quel est son conseil ?

« Avant tout, je recommande de prier, implorer, supplier et remercier Dieu pour tous les hommes, pour les chefs d’Etat et pour ceux qui exercent des responsabilités afin que nous puissions mener une vie calme et tranquille dans l’union avec le Christ et la dignité » (1 Tim 2. 1-2) »

Naturellement, quand l’on songe que Saint Paul appelait à prier pour les chefs d’Etat, même sous Néron, notre tâche nous apparaît soudain presque dérisoire…

Mais revenons à cette belle célébration. Bientôt, après avoir ré-exprimé notre Foi et prié pour le Monde, l’Eglise et la France, les sonneurs du Rallye Atlantique nous gratifient de la sonnerie « Offrandes » au moment de la quête. Il s’agit d’une sonnerie « à réponse » où deux sonneurs sonnent d’abord du haut de la tribune d’orgues et reçoivent une réponse des dix autres qui se trouvent aux pieds de la tribune, devant la porte d’entrée de la Cathédrale.

L’instant culminant de la Sainte Messe se produit, où la consécration transfigure les oblats en Corps et Sang de notre Sauveur ! A chaque élévation, la sonnerie « la Prière » emplit la Cathédrale de l’éclatante voix de ses cuivres ! Quelle merveille !

La Communion s’achève, Monseigneur Ravel prononce la bénédiction d’envoi et l’assemblée se tourne vers le pilier de la travée se trouvant à la gauche de l’Autel pour entamer un Salve Regina en adressant son regard à la statue de la très digne Mère de Dieu nous présentant son enfant, notre Sauveur.

louis-xx-invalides-2Le Rallye Atlantique sonne le « Chant final » et la procession de sortie s’effectue ainsi : sortent successivement les porte-drapeaux, les Invalides, le collège clérical, les Ordres hospitaliers et militaires, Monseigneur le duc d’Anjou et Madame, duchesse d’Anjou, les personnalités civiles parmi lesquelles j’ai aperçu Madame Hélène Carrère-d’Encausse, Secrétaire perpétuel de l’Académie Française et Monsieur Patrick de Carolis, les ordres constitués et enfin le reste de l’assemblée.

Je me dirige alors vers les sonneurs du Rallye Atlantique pour les féliciter chaleureusement des sonneries de très haute qualité qu’ils nous avaient offertes lors de cette célébration et leur en demander l’intitulé. Monsieur Nicolas Dromer, qui les dirige, me remercie de mes compliments et m’indique qu’il s’agissait des sonneries de la Messe de Saint-Hubert écrite par Hubert Heinrich et que leur formation venait de remporter, pour la cinquième fois, le championnat international de sociétés de trompes de chasse qui avait lieu à La Motte-Beuvron les 3 et 4 septembre dernier. Je ne l’en félicitais que davantage, enchanté que leur excellence répondît si parfaitement à la qualité des princes présents…

Nous nous dirigeons alors vers une salle perdue dans le dédale du plan craticulaire de cet immense palais, où le général d’armée Bertrand Ract-Madoux, Gouverneur des Invalides, entame son discours par ces mots : « Monsieur l’amiral…, représentant de Monsieur le Président de la république, Monseigneur, Madame,… » et défile ensuite une longue litanie remerciant de leur présence Monsieur le sénateur…, représentant de Monsieur le Président du Sénat, Monsieur le député…, représentant de Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale…

louis-xx-invalides-3Je ne saurais vous traduire quelle satisfaction ce m’est toujours de constater que la première place, exceptée celle institutionnelle réservée à la têtedu régime, aussi inconsistante soit-elle, est conservée par de hautes autorités de l’Etat au duc et à la duchesse d’Anjou, incarnation actuelle du Sang sacré de nos Rois et du Principe royal attaché à l’Aîné des Capétiens, auxquels un respect séculaire reconnaît encore la préséance sur les représentants du Parlement et de tous les autres corps de l’Etat…

Monsieur le Gouverneur nous rappelle que, depuis 346 ans, tous les successeurs de Louis XIV, Capétiens ou non…, eurent à cœur de soutenir l’institution des Invalides et que 2016 sera l’année de la rénovation des Invalides. Il nous indique que, dans quelques mois, les Invalides verront s’accroître leur niveau de coordination avec les hôpitaux militaires d’Ile de France. Puis conclut en nous informant que, toujours très réactif à l’actualité, les Invalides partageant leur grande expérience des blessures de guerre, accueillent désormais les victimes des attentats qui ensanglantent notre pays. Le discours s’achève par une demande plus gaie : celle d’applaudir les trois athlètes membres de l’équipe des athlètes handisport de l’institution des Invalides qui sont revenus de Rio décorés de trois médailles d’or ! Cette demande fut agréée avec un enthousiasme communicatif !

Le Gouverneur des Invalides présente ensuite au duc et à la duchesse d’Anjou plusieurs invalides en fauteuil que le couple princier salue, l’un après l’autre, d’une poignée de main éclairée d’un chaleureux sourire.

Commence alors la longue procession des hommages que nous, royalistes fidèles, infligeons à chaque fois à ceux que nous reconnaissons pour notre Roi et notre Reine… Je n’y ai pas dérogé… Ce qui me permit de remercier Monseigneur le duc d’Anjou de son manifeste proprement royal du 25 août « Louis XX s’adresse aux Français » ! Merci Monseigneur !

Je vous relaterai encore un dernier détail et abandonnerai la plume pour cette fois-ci. Alors que nous étions dans l’une des cours intérieures des Invalides, adjacente à la salle du discours, les sonneurs de trompes du Rallye Atlantique sonnèrent spécialement pour le duc et la duchesse d’Anjou venus les féliciter. La sonnerie terminée, chacun se découvrit de la bombe de chasse dont il était coiffé et la retint sur son bras, en signe de respect à l’insigne dignité de celui et celle pour lesquels ils venaient de jouer et qui les applaudissaient !

Le duc et la duchesse d’Anjou se retirent alors sous les applaudissements et des voix proclament, devant des officiers quelque peu interdits, « Vive le Roi ! », « Vive la Reine ! ».

Franz de Burgos

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Source : La lettre hebdomadaire de Vexilla Galliae.