S.A.R. le Prince Rémy de BOURBON PARME – LYON Janvier 2022

Compte-rendu de la visite de son Altesse Royale le Prince Rémy de BOURBON PARME

venu comme chaque année présider la messe anniversaire de la mort du Roi Louis XVI

Le 21 et 22 Janvier 2022 à Lyon

           

        C’est avec un très grand plaisir que nous avons eu l’honneur d’accueillir Son Altesse Royale le Prince Rémy de BOURBON PARME, venu représenter SAR le Prince Louis, Duc d’Anjou, Chef de la Maison de France et la Princesse Marie Marguerite, Duchesse d’Anjou lors de la messe anniversaire des 229 ans de l’exécution du Roi Louis XVI.

          Nous avons visité le Vendredi après-midi, à pied malgré le froid piquant les principaux sites de la ville de Lyon dirigés par un guide cultivé et passionné.    

          Le lendemain Le Prince Rémy de BOURBON PARME a été reçu à la Basilique Saint Bonaventure par le Recteur le Père Patrick ROLLIN. Les trompes de chasse de la Diane Lyonnaise ont animé la nef ou les Lyonnais étaient venus nombreux pour témoigner de leur attachement au Roi martyr.

         Enfin le déjeuner a réuni les plus fidèles autour du Prince. L’Association Présence du Souvenir Bourbonien tient à remercier ici vivement toutes les personnes qui se sont déplacées ce Samedi 22 Janvier 2022 ainsi que toutes celles qui ont contribué de près ou de loin au succès de cette journée. 

      

           

Sermon du 22 janvier 2022

pour l’anniversaire de la mort de Louis XVI

Basilique de Saint-Bonaventure – LYON

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Monseigneur[1], monsieur le Recteur[2], mes biens chers frères,

En ce 21 janvier 1793, glacial et terrible ; au milieu d’une foule déchainée, hystérique et devant les représentants de la Convention, le Roi Capétien, Louis seizième du nom, gravissait les marches de l’échafaud sans qu’on l’y aide, sans qu’on l’y force : « Comme un agneau immolé qu’on mène à l’abattoir ».

« Il se fit alors un grand silence » sur la place, pourtant noire de monde… Un silence assourdissant … Le même silence qui se fit au Golgotha le Vendredi Saint… Le silence de ceux qui, d’un coup ! comprennent la portée terrifiante de ce qui se passe…

Un silence de stupeur pour avoir osé défier Dieu. Un silence de remord avant même d’être passé à l’acte.

Ce même silence que le monde et l’histoire entretient encore aujourd’hui sur le meurtre du roi de France.

Le souverain, debout, rappelle alors son innocence, offre son pardon et prie… Mais les tambours de Santerre couvrent ses derniers mots. Il est 10h22, le bourreau Sanson actionne le couperet de la guillotine. Louis XVI est décapité ; il avait 38 ans…

Mes biens chers frères, ce n’est pas seulement un homme que la convention voulait tuer mais bien la France chrétienne que la Révolution voulait éliminer.

Ce n’est pas simplement la monarchie qu’on a voulu faire disparaître à tout jamais, mais bien toute une civilisation tissée par les nombreux siècles de chrétienté.

Tel était bien le but premier de cette révolution mortifère et sanglante : détruire le passé, se couper des racines, faire disparaître ces siècles qui ont fait de la France la fille ainée de l’Eglise et l’éducatrice des peuples.

Malgré ce choc, ce traumatisme, cette blessure dans l’histoire de notre pays, nous voici ce matin, non pas au pied de l’échafaud mais au pied de l’autel ; pour assister non plus au sacrifice du roi mais au sacrifice du Dieu fait homme pour nous sauver. Et là se trouve toute notre espérance.

En effet, Louis XVI, par l’offrande de sa vie, s’est offert en victime, en réparation pour tant de sacrilèges et d’outrages fait au Royaume de France. C’est ce qui fera dire au pape Pie VI quelques jours plus tard : « Ô jour de triomphe pour Louis XVI, à qui Dieu a donné et la patience dans les tribulations, et la victoire au milieu de son supplice ! Nous avons la ferme confiance qu’il a heureusement échangé une couronne royale toujours fragile, et des lys qui se seraient flétris bientôt, contre cet autre diadème impérissable que les anges ont tissé de lys immortels. »

Oui, n’oublions pas que le sacrifice de notre souverain a été offert en union avec les milliers de victimes de la Révolution qui forment aujourd’hui au ciel cette cohorte de saints martyrs, qui veillent et soutiennent notre pays.

Mais voyez-vous, ce sacrifice royal a été accepté par Dieu seulement parce qu’avant lui, un roi mais aussi un Dieu est venu s’offrir en sacrifice, sacrifice parfait et agréable.

Non par la guillotine mais par la croix. Non seulement pour le royaume de France mais bien pour toutes les âmes dont nous faisons partis.

Et aujourd’hui même, bien chers frères, de nouveau nous assistons, nous participons à ce même sacrifice, réactualisé par le sacrement de l’Eucharistie, sur cet autel.

Jésus vrai Dieu et vrai homme, vient de nouveau pour nous sauver nous et notre pauvre pays qui ne cesse de s’effriter. Et c’est justement quand tout s’écroule qu’on voit qu’il n’y a que Dieu qui tient et tous ceux qui s’appuient sur Dieu.

Voilà pourquoi, notre espérance pour notre pays, ce trouve aujourd’hui en Jésus, en Jésus crucifié et ressuscité pour nous.

Notre force pour continuer à combattre contre l’esprit du monde qui ne cherche qu’à détruire la civilisation chrétienne pour laquelle est mort Louis XVI, notre force se trouve uniquement dans le Christ qui cherche à régner tous les jours un peu plus dans notre âme afin de régner un peu plus dans notre société.

Car qu’est-ce que la chrétienté, sinon, un pays où les âmes sont en état de grâce ? Car une âme qui s’élève, élève le monde.

Mes frères, pour que la mort du roi puisse porter encore du fruit, en notre époque troublée, à nous de vivre, de transmettre ce qui a amené notre roi sur l’échafaud : le règne du Christ dans notre société. Et nous devons commencer par notre propre conversion et cela chaque jour en laissant de plus en plus de place au Bon Dieu. Voilà l’héritage que nous laisse encore aujourd’hui le digne successeur de St Louis. C’est ainsi que nous pourrons être fiers d’être les descendants, de par le sang ou de par l’adoption, descendant de ce souverain héroïque qui nous a montré l’exemple jusqu’au bout, lui qui était prêt à paraître devant son Roi et Seigneur.

Seigneur, nous vous implorons pour l’âme de votre serviteur Louis, que vous avez fait sortir de ce monde ; ordonnez aux anges de l’introduire dans le paradis sa patrie, récompense de tous ceux qui ont vécu dans la foi et l’espérance de cette vie éternelle.


[1] SAR le prince Remy de Bourbon Parme, représentant SAR le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou et chef de la Maison de Bourbon.

[2] Monsieur l’abbé Patrick Rollin, recteur de la basilique Saint-Bonaventure à Lyon.