Nous souhaitons bonne fête à Monseigneur Louis de Bourbon Duc d’Anjou, le 25 Août 2024
LA VILLE D’ AIGUES MORTES ET SAINT LOUIS (LOUIS IX)
Pour la 36e édition de la Saint-Louis à Aigues-Mortes, la cité replonge dans l’ambiance médiévale jusqu’au dimanche 25 août.
Aigues-Mortes (Gard) vit au temps des chevaliers durant trois jours. La 36e édition de la fête de la Saint-Louis a débuté vendredi 23 août et s’achèvera ce dimanche 25 août. Des milliers de visiteurs se pressent dans l’ancien port du Royaume de France pour rendre hommage à son fondateur : le roi Louis IX, plus souvent appelé Saint-Louis.
Pour la dernière journée de fête, vous pouvez profiter du marché médiéval et la Taverne, ainsi que le défilé historique et la remise des clés vers 10h30. Les festivités se termineront avec le spectacle pyrotechnique et la reconstitution de l’embarquement de Saint-Louis.

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HISTOIRE DE LA VILLE AIGUES MORTES
VIIIème siècle – Un hameau au milieu des marécages
L’histoire critique se borne à ignorer l’époque des premiers habitants d’Aigues-Mortes. Elle nous assure du moins qu’au VIIIème siècle Charlemagne protège la côte en érigeant, en 791, la tour Matafère, au milieu des marécages pour la sûreté des pêcheurs et des ouvriers des salins. On avance que la signalisation et la transmission des nouvelles n’étaient pas étrangères à l’érection de cette tour chargée de donner l’alerte, en cas d’arrivée d’une flotte, à la célèbre tour de Nîmes, la tour Magne.
La vocation de la tour Matafère passa du plan guerrier au plan spirituel quand l’empereur d’Occident l’octroie à l’abbaye de Bénédictins, consacrés à l’Opus Dei et dont les incessantes psalmodies, de jour et de nuit, font désigner leur couvent du titre de Psalmody ou Psalmodi. Ce couvent existe en 812, date d’une dotation faite par le nîmois Badila à l’abbaye.
Le XIIème siècle est celui de l’extension du port d’Aigues-Mortes. Déjà, d’Alexandrie et de Gênes beaucoup de navires viennent et de longue date, s’abriter dans cette anse naturelle, dont le vrai créateur et rénovateur est le roi Louis IX.
Agde et Saint Gilles dépendent de Raymond VII, Marseille de Charles D’Anjou, Montpellier du Roi d’Aragon. Au roi de France n’appartient directement aucun port de la Méditerranée. Le roi doit nécessairement s’implanter durablement en Languedoc, qui depuis le traité de Paris de 1229 fait partie de la mouvance du royaume. Les raisons militaires sont liées à la politique internationale du moment. Les possessions franques d’Orient sont mises en péril par les efforts de reconquête musulmane, et Louis IX que la maladie a mené aux portes de la mort, fait vœu d’aller délivrer le Tombeau du Christ que les Infidèles ont reconquis. Une seconde raison d’ordre international le décide à faire choix du territoire d’Aigues-Mortes. La querelle belliqueuse de la papauté et de l’Empire Germanique dure depuis 150 ans, enflammant régulièrement la politique européenne. Or, le port de Saint Gilles, bâti sur le bras occidental du Rhône et qui aurait pu accueillir les troupes d’embarquement, a l’inconvénient, outre celui de ne pouvoir accueillir les gros navires, de servir de frontière entre la Provence et le Languedoc. C’est aussi la frontière de l’Empire Germanique. Louis IX a épousé Marguerite de Provence, l’une des filles du comte de Provence, impliqué dans ce conflit.
Il décide donc que la Croisade sera française et partira d’un port français. Il utilisera ses projets pour ouvrir un grand port méditerranéen dépendant directement de la couronne de France.
Au XIIIème siècle, les Templiers possèdent de vastes pâturages et marais sur l’Istel, parfois à moins de cinq cents mètres de la mer. Ils y ont creusé un nouveau port afin de remplacer celui de leur baylie de Saint Gilles qui s’ensable. En 1240, ils ont d’ailleurs mis ce port à la disposition du Comte de Champagne Thibault VI, roi de Navarre, qui y embarque ses troupes pour la Croisade. Ils connaissent donc l’endroit et ses capacités; ils sont aussi familiers du Roi et celui-ci se fie à leur expérience.
De fait, le Grand Maître du Temple Renaud de Vichiers, ami de Louis IX, abandonne alors sa charge pour se consacrer à l’organisation de la Croisade. La puissance et les connaissances techniques du Temple sont mises au service du royal projet.
Toutefois, le tout petit hameau d’Aigues-Mortes, les terres et les étangs environnants appartiennent à l’abbaye de Psalmody.
A la demande de Louis IX, les bénédictins acceptent d’échanger ce territoire d’Aigues-Mortes (Aigues = eaux : les Eaux-Mortes du marais qui ont donné leur nom à la ville). Ils reçoivent en contrepartie une importante somme d’argent et de vastes terres arables appartenant à la couronne dans la région de Sommières.
L’endroit est habité, malgré les conditions climatiques et sanitaires difficiles, par une population clairsemée de pêcheurs et de sauniers (ramasseurs de sel), vivant dans des cabanes en roseau. Le village est créé de toute pièce sur un terroir dépourvu d’un urbanisme organisé. Il est établi entre le 2ème et le 3ème cordon littoral, à proximité immédiate des étangs de Marette et de la ville. Pour attirer de futurs habitants et commerçants, Louis IX donne une charte de coutume à la ville nouvelle en 1246. Cette charte accorde maints privilèges, exemptant les personnes qui s’établissent dans ce lieu insalubre, des tailles (impôt sur le revenu), d’emprunts forcés, de péages et des taxes portuaires. Très vite affluent des Catalans de Montpellier, des Provençaux, des Italiens et surtout des Génois et des Pisans. On estime alors la population à environ 15000 personnes. Cette charte de coutume, la seule donnée durant tout le règne de Saint Louis, est confirmée par son fils Philippe III Le Hardi et par 14 de ses successeurs. Toutes les confirmations font état des salines et des étangs situés au sud d’Aigues-Mortes, entre la ville et la mer.
XIII° siècle – début de la fortification d’Aigues-Mortes
Un point de départ pour les CROISADES.
Dès 1244, l’architecte Eudes de Montreuil dresse les premiers plans du port et de la ville. Le chroniqueur Jean de Joinville, Sénéchal de Champagne, qui doit devenir le minutieux historien du roi Louis IX, insiste sur le fait que le roi Louis collabore quotidiennement avec son architecte. Pendant quatre ans, toute la contrée se consacre à cette œuvre immense. Non sans conflits. Il a fallu imposer la corvée royale à des régions entières, jusqu’au delà d’Alès. Cette obligation se prolongeant, elle provoque des mutineries. Il faut transiger et offrir la suppression de tous les Impôts et tailles, des péages et des gabelles à ceux qui continueront à travailler.
Louis IX vient s’installer à Aigues-Mortes parmi les troupes croisées qui arrivent chaque jour, vers le début du mois de juillet 1244. Il s’installe dans une vaste demeure que les Templiers ont mise à sa disposition – on la montre encore au siècle dernier sous le nom de « l’oustaou dai Crousa » le logis des Croisés – il est accompagné de sa femme Marguerite de Provence, de ses deux frères Robert d’Artois et Charles d’Anjou. Tous les grands seigneurs et barons de France doivent l’y rejoindre.
Pourtant, après quatre ans et maintenant que la croisade va s’embarquer, Aigues-Mortes n’existe toujours pas. Certes on s’est d’abord consacré à l’aménagement des ports. Plus de sept cents bâtiments de mer doivent y charger provisions, chevaux et hommes d’armes tout en restant à l’abri d’une violence des flots. Ceci représente déjà un énorme ouvrage, presque achevé celui-là. De la ville et de ses remparts, on ne trouve que les deux premiers étages de la Grosse Forte Tour (plus tard appelée Tour de Constance), principale défense du port. Mais il a fallu creuser le sol spongieux à vingt mètres de profondeur pour y planter les pilotis de soubassement. La tour ne porte pas encore son phare mais il est déjà prévu, tel qu’il fonctionnera pendant des siècles.
Le départ est imminent. Tous les croisés sont arrivés ainsi que les écuyers, les palefreniers et autres hommes à fourrage. Se trouvent également dans la région les constructeurs du port et de la ville ainsi que les marins des galères, huissières et nefs ; en tout une masse qu’on peut évaluer raisonnablement à quelques 70 000 hommes et 20 000 chevaux. La croisade campe jusqu’au delà de Maguelone.
Au pied de la « Grosse Forte Tour » battent les eaux de l’Étang du Port (étang actuel de la Marette) tandis qu’au sud s’élargissent l’étang du Levant à droite et l’étang du Roy à gauche, puis encore vers l’ouest au loin, l’étang du Repausset. Ceux-ci possèdent un étiage beaucoup plus élevé qu’à l’époque moderne si bien que, d’une part, ils communiquent facilement avec la mer et, d’autre part, ils lèchent les limites d’Aigues-Mortes au sud et à l’est ; à preuve la tour de l’Organeau (deux anneaux d’amarrage).
La flotte compte six à sept cents bâtiments. Les plus grandes nefs génoises arrivées au mois de juillet, le « Saint Esprit », le « Paradis », la « Lombarde » ont 32 mètres de long, 9 mètres de large et 8 mètres de haut avec deux sous ponts permettant ainsi d’entasser trois étages de passagers. De Arles et de Marseille viennent notamment la nef du roi la « Montjoie », amarrée côte à côte avec la « Reine » et la « Demoiselle ». Mais tous les chantiers de Barcelone à Gênes ne suffisent pas et les hommes du roi doivent louer partout des bateaux complémentaires et particulièrement signer des contrats de nolis pour les huissières. Celles-ci, traînées sur les plages, ouvrent totalement l’arrière de leur carène et reçoivent les chevaux, logés sur deux étages, vastes écuries navigantes dans lesquelles les montures des croisés se serrent flanc à flanc.
Au delà du port et des étangs, des dizaines de milliers de tentes, des multitudes de bannières et de gonfanons s’étendent bien au-delà de l’horizon visible. Tous les grands seigneurs de France-la-Douce, les noms connus des grandes familles, les gentilshommes et barons venus de l’étranger campent quelque part dans les marais sur vingt kilomètres alentours.
Louis IX, sa femme et leur suite entendent l’office solennel dans l’église d’Aigues-Mortes avant le départ. Ensuite, ils franchissent la passerelle de la « Montjoie » et déjà par tous les chenaux des étangs donnant sur la mer, les centaines de galères et de voiliers débouchent dans la Méditerranée et prennent leur place d’escadre… une escadre de 600 bâtiments et plus.
Le vent est d’abord contraire. Deux jours durant la flotte patiente, attend les brises favorables. Le 27 août 1248 seulement, le convoi géant s’ébranle vers le sud, vers Chypre où, depuis deux ans, les voiliers de France entassent les provisions nécessaires à l’expédition.
Tandis que les voiles s’effacent à l’horizon, le travail reprend pour la ville. La Grosse Forte Tour est terminée trois ans plus tard.
Au retour de la croisade, ils sont contraints de débarquer à Hyères en raison de la tempête.
Louis IX qui n’a plus guère qu’un souffle de vie et malgré l’opposition de son entourage, repart le 3 juillet 1270 pour sa dernière expédition. Faisant voile vers Tunis, il espère convertir les musulmans et le Sultan de Tunis. L’armée y attrape la peste et le lundi 25 août 1270, il meurt lui aussi atteint de cette terrible maladie, après s’être fait porter sur un lit de cendres. Il est canonisé le 11 août 1297 par Boniface VIII sous le règne de Philippe le Bel.
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Saint Louis – Louis IX

